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Amsterdam et le sujet épineux des touristes du cannabis

Amsterdam ne sait plus comment conjuguer tourisme et cannabis. La capitale des Pays-Bas et sa maire Femke Halsema souhaitent réguler l’afflux de touristes dans ses coffee-shops, ces fameux cafés où il est possible d’acheter et consommer du cannabis. Une pratique pas tout à fait légale, mais tolérée, qui a notamment fait la renommée de la ville auprès d’un certain type de visiteurs, qui profitent de leur venue pour s’essayer sans crainte au cannabis.

Mais après la période de crise sanitaire et de confinement liée au Covid-19, le retour de ces touristes dans les rues d’Amsterdam provoque une certaine forme de lassitude, voire de la colère, chez les habitants. Ces derniers se plaignent de nuisances, notamment aux abords du quartier rouge, connu notamment pour la prostitution et la possibilité de se procurer des drogues douces. Ainsi, le débat est rude et certains élus plaident pour une interdiction des fameux coffee-shops aux touristes.

Des résidents appellent à « arrêter la folie » 

C’est notamment le cas de la maire écologiste Femke Halsema. Elle estime que ces établissements sont « une porte dérobée vers le crime ». Car si la possession et la consommation de cannabis sont tolérées à Amsterdam, la culture commerciale n’est pas légale. Ainsi, nombre de coffee-shops utilisent des moyens d’approvisionnement illégaux, via des réseaux parallèles, qui peuvent être liés à la grande criminalité.

Els Iping, membre du groupe de résidents « Stop de Gekte » (« arrêtez la folie ») et anciennement au parti travailliste, estime de son côté que « les dealers viennent pour les touristes et les touristes viennent pour les coffee-shops ». Un cercle vicieux que les habitants d’Amsterdam veulent faire cesser. Et ils en auraient potentiellement les moyens légaux, car une loi nationale existe déjà limitant l’accès à ces établissements aux seuls résidents. Mais à Amsterdam, elle n’a jamais été appliquée. C’est pourtant ce que souhaitait la maire Femke Halsema.

Une forte opposition au critère de résidence

Mais l’édile amstellodamoise fait face à une forte opposition politique, y compris dans son propre camp. La plupart des groupes politiques locaux est contre la mise en place du critère de résidence. Le criminologue et chercheur spécialisé dans les drogues, Ton Nabben, doute de l’efficacité de la mesure. « Vous aurez une situation où vous arriverez à Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam, et les dealers vous demanderont si vous voulez acheter quelque chose parce que vous ne pourrez pas aller dans un coffee-shop », estime-t-il.

De plus, l’efficacité de la mesure est contestée aux Pays-Bas, où elle a déjà été appliquée, notamment dans la ville de Maastricht depuis une dizaine d’années. L’offre s’est juste déplacée. Et il semblerait que le tourisme du cannabis est largement surestimé. Une étude a démontré que moins de la moitié des touristes venait à Amsterdam pour y consommer du cannabis. Et que 24% d’entre eux continueraient à venir même si le cannabis leur était interdit.

Bataille d’arguments à Amsterdam

Une véritable bataille d’arguments s’engage donc dans la capitale néerlandaise. Rob Hofland et son groupe politique, opposés au critère de résidence, prévoient « un transfert massif vers le commerce de rue » si la mesure est mise en place. « Nous pensons qu’il n’est pas judicieux d’opter pour des millions de transactions de drogues illégales ».

Il propose, en revanche, des mesures de contrôle plus strictes pour les coffee-shops. « Nous pourrions demander à inspecter les livres de compte. Les cafés qui refusent, nous pouvons les surveiller plus strictement. Les cafés qui participent, nous pouvons leur donner des avantages, comme avoir un stock plus important ». Mais pour Femke Halsema, ces propositions n’ont pas vocation à réduire la demande, ce qu’elle souhaite. Selon elle, la mise en place du critère de résidence répondrait à cette problématique.

Mais pour le moment, la maire d’Amsterdam fait face à une forte opposition du conseil municipal. Elle ne perd pourtant pas espoir et laisse « mijoter » cette perspective…

 

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