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Au Maroc, un cannabis thérapeutique porteur d’espoir

Au Maroc, une loi adoptée en 2021 est censée encadrer l’usage industriel et médical du cannabis. L’idée ? Prendre position sur le marché du cannabis légal et mettre un frein aux trafiquants. Le tout en faisant sortir de son carcan économique la vallée du Rif, connue depuis longtemps pour être une région productrice de chanvre, où la plante est tolérée, malgré son interdiction officielle. Si le projet n’en est qu’à ses débuts, il est porteur d’espoir pour tous les agriculteurs locaux, pour qui la situation est de plus en plus difficile.

En effet, comme le mentionne l’AFP, « les revenus agricoles annuels du cannabis sont passés d’environ 500 millions d’euros au début des années 2000 à moins de 325 millions d’euros en 2020 », d’après une étude du ministère de l’intérieur marocain publiée en mai 2021. « On reste attaché à cette plante et pourtant, elle ne nous rapporte plus rien. Plus personne n’en veut », regrette une cultivatrice d’Azila, dans la commune au nom bien connu de Ketama.

Au Maroc, des conditions difficiles pour les cultivateurs

Pourtant, le Maroc reste le premier producteur mondial de haschich selon l’ONU. Mais « on est loin des années fastes. On vivote dans des conditions difficiles », se désolent les cultivateurs, à l’image de ce qu’il se passe dans la région du Pondoland, en Afrique du Sud. « Le marché a drastiquement chuté… Il ne nous reste plus que la prison », lâche Karim, avec un sourire d’ironie. La faute à une demande en baisse, mais également au manque d’eau, après une sécheresse historique.

« L’agriculteur a toujours été le maillon faible de la chaîne. Nous payons les pots cassés, mais la légalisation peut être une issue », estime cet agriculteur de 44 ans. Ces derniers ne perçoivent que « 4% du chiffre d’affaires du circuit illégal ». Un chiffre qui pourrait monter à 12% sur le marché légal, selon des estimations officielles de 2021. Mais le temps presse et les cultivateurs s’impatientent. « À l’heure actuelle, rien n’a changé pour nous. On est toujours considéré comme des malfrats, des criminels, alors que nous ne sommes que des agriculteurs… »

Vallée du Rif Maroc
Vallée du Rif – Maroc

Un processus qui prend du temps

Les autorités marocaines, de leur côté, se veulent rassurantes. Les institutions dédiées se mettent peu à peu en place, avec notamment la création de l’agence de régulation du cannabis (Anrac), en juin 2022, qui sera en charge du contrôle toute la chaîne, de la production à la commercialisation. « Il est important de ne pas se précipiter », expliquent-elles. En mettant en avant « des étapes à respecter ». La carte est d’abord donnée aux industriels du Maroc, mais aussi à l’international.

Des entreprises vouées à la transformation du cannabis « à des fins thérapeutiques ». Les candidats intéressés, puis sélectionnés, exposeront alors leurs demandes et besoins. Une fois cette étape passée, les cultivateurs pourront se manifester auprès de l’agence nationale et « se constituer en coopératives ». « L’autorisation de la culture de cannabis n’est octroyée que dans la limite des quantités nécessaires pour répondre aux besoins des activités de fabrication de produits à des fins médicales, pharmaceutiques et thérapeutiques ».

Une autorisation de culture très localisée ?

Et ces autorisations devraient être très localisées. En effet, « seuls les habitants des provinces du Rif d’Al Hoceina, Chefchaouen et Taounate seront autorisés à faire pousser du chanvre ». On estime que 80 000 à 120 000 familles vivent des cultures du cannabis dans le Nord-Est du Maroc, avec environ 55 000 hectares cultivés. « Le travail de médiation est compliqué pour des raisons procédurales, explique Soufiane Zahlaf, représentant des villageois d’Azila. Mais si la démarche des autorités est inclusive, alors de belles choses peuvent être réalisées ».

En attendant, les habitants des zones concernées prennent leur mal en patience, tout en fondant de gros espoirs dans la légalisation du cannabis thérapeutique au Maroc, où la plante est cultivée depuis des siècles. Un savoir-faire qui sera un gros avantage une fois que toutes les conditions seront réunies.

 

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