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Cannabis thérapeutique : la colère grimpe chez les patients

La France a lancé en mars 2021 sa première expérimentation sur le cannabis thérapeutique. Un projet censé durer deux ans et prendre donc fin en mars 2023. Et qui n’avait pas pour but de prouver les effets thérapeutiques du cannabis, mais d’organiser sa future prescription et distribution auprès de certains patients. « L’objectif principal n’est pas d’évaluer l’efficacité du cannabis thérapeutique mais de valider les conditions d’accès, de prescription et de dispensation », expliquait Nicolas Authier, président du comité de suivi à l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).

3 000 personnes devaient participer à l’expérimentation à la française du cannabis thérapeutique et les attentes étaient fortes. Mais ces deniers ont récemment appris la prolongation pour un an de l’expérience, jusqu’au printemps 2024. À ce rythme, la France n’est pas près de rejoindre la vingtaine de pays européens déjà engagés sur le sujet, comme l’Allemagne, le Portugal ou encore l’Italie. Et les associations de patients commencent à perdre de patience face à ce que Le Monde nomme un « imbroglio ».

Des justifications floues qui passent mal

Le report à 2024 de la fin de l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France n’est pas encore gravé dans la roche. Mais des députés devraient déposer un amendement en ce sens au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023. Et les débats à l’assemblée sont prévus à partir du 20 octobre. Au ministère de la santé, on explique que « l’expérimentation n’est pas allée aussi loin que prévu, la crise sanitaire qui en a retardé le démarrage l’explique en partie ».

On avance aussi un nombre de patients qui n’a pas encore atteint les 3000, comme prévu initialement. « Les résultats sont insuffisants en termes de patients, pour l’instant, pour avoir des résultats qui sont solides », avance le ministre François Braun. On se questionne aussi sur « le déploiement du produit », ainsi que son « statut ». Parallèlement, le rapport d’évaluation de l’expérimentation du cannabis thérapeutique, remis aux autorités, n’a pas encore été rendu public, accentuant l’impatience et l’incompréhension des associations de patients.

Une expérimentation pourtant déjà positive

« Avec 2 100 patients inclus, le nombre est suffisant pour valider l’efficacité de l’expérimentation », plaide pourtant Nicolas Authier. « 1 400 patients sont encore traités aujourd’hui » et 100 à 200 rejoignent l’expérimentation du cannabis thérapeutique chaque mois. « L’expérience est positive, plusieurs patients voient leurs symptômes apaisés. Certains réduisent aussi les doses d’autres médicaments », témoigne de son côté Laure Copel, cheffe du service des soins palliatifs à Paris, au sein du groupe hospitalier Diaconesses-Croix-Saint-Simon.

« Cela semble améliorer le sommeil, l’appétit, les troubles anxieux. S’il n’est pas un très bon antalgique, c’est un excellent traitement pour le patient douloureux car sa qualité de vie est le plus souvent améliorée », ajoute-t-elle. « C’est une nouvelle classe thérapeutique intéressante qui n’a pas d’équivalent ». Des réserves sont émises cependant quant à l’aspect psychotrope et/ou addictogène de certains médicaments à base de cannabis, mais Nicolas Authier prévient : « On cherche à soulager sans nuire avec des médicaments, pas à faire une légalisation déguisée du cannabis ».

D’autres barrières bloquent le cannabis thérapeutique

Surtout, le président du comité de suivi voudrait « un engagement de la part du ministère de la santé, il est nécessaire de déconstruire toutes ces idéologies, tous ces fantasmes autour de ce produit ». Et les associations de patients de se questionner sur « le volontarisme politique ». Car il semblerait que les désaccords soient nombreux au sein du gouvernement sur le sujet du cannabis thérapeutique. « Le sujet reste clivant au sein même de la majorité, et c’est à se demander si c’est le ministère de l’intérieur ou celui de la santé qui décide », souffle un médecin au Monde.

La colère monte donc chez les malades face à ce temps perdu. « Nous demandons, dès la fin de l’expérimentation, la mise à disposition de médicaments à base de cannabis, conditionnée à une prescription de produits remboursés », explique Mado Gilanton, présidente de l’association Apaiser. « Dans certains centres antidouleur, aujourd’hui, on nous rapporte des temps d’attente de deux ans. Le gouvernement devrait le savoir, lui qui s’est engagé à améliorer l’accès aux soins. Ces patients qui souffrent, combien de temps va-t-il leur falloir attendre encore ? »

 

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