Toute commande passée avant 15h est expédiée le jour-même (du lundi au vendredi)

La filière du chanvre cherche des agriculteurs

La filière du chanvre, notamment dans le secteur industriel, se cherche des bras ! Avec plus de 20 000 hectares cultivés sur le territoire, la France est l’un des premiers producteurs mondiaux de chanvre. Pourtant, dans le pays, la plante est très loin de son âge d’or. En 1860, on en comptait 176 000 hectares sur nos terres. Si la production s’est par la suite effondrée, le chanvre revient petit à petit en odeur de sainteté. Mais il y a du retard à rattraper.

Car après le tout pétrole et le tout coton, les avantages du chanvre industriel ressurgissent, comme s’ils avaient été un temps oubliés. Sa facile croissance, son faible besoin en eau, l’utilisation de toutes ses parties… Tous ces points, avec les enjeux liés au réchauffement climatique, captent l’attention des agriculteurs et producteurs. La filière du chanvre se renforce, mais cherche maintenant des bras en plus pour satisfaire une demande en forte croissance.

Journées portes ouvertes et découverte du chanvre

Pour permettre à la filière du chanvre de croître, d’attirer agriculteurs et producteurs, et répondre aux besoins, il faut intéresser. C’est pour cette raison qu’aux Brouzils, en Vendée, la Cavac (Coopérative agricole Vendée approvisionnement céréales) a organisé une journée chanvre, comme le raconte Ouest-France.

Le premier objectif ? Faire découvrir, ou redécouvrir, la plante aux milles vertus. Elle est « relativement autonome, peu demandeuse en eau [et] assure une rotation bénéfique contre la reproduction des bioagresseurs ».

« L’intérêt de cette plante, c’est qu’elle recouvre rapidement le sol et empêche les mauvaises herbes de se développer », explique Nicolas Danieau, du Gaec (groupement agricole d’exploitation en commun) La Mitonnière. « La population mondiale augmente, il faudra la nourrir et trouver des solutions. Or, le chanvre n’a pas besoin de produits phytosanitaires et demande très peu d’eau », ajoute, à L’Éveil Normand, Ludovic Rivière, un des pionniers de la filière du chanvre dans l’Eure.

Démontrer l’utilité du chanvre

Hervé Pottier, directeur de la Cavac biomatérieux, liste quant à lui les nombreux débouchés. « Nous travaillons le chanvre depuis quatorze ans et nous avons acquis pas mal de connaissances. La fibre est utilisée pour l’isolation des maisons, dans la construction automobile, la papeterie et le textile. La chènevotte, qui est la partie bois de la tige de chanvre, sert pour le paillage, la litière animale ou encore les enduits chaux-chanvre dans le bâtiment. Nous travaillons également le béton de chanvre… » La filière du chanvre est riche et diversifiée.

Mais le chanvre est aussi bénéfique à d’autres cultures. Comme l’expérimente la Cavac. « Le blé cultivé après du chanvre obtient systématiquement une meilleure fertilité, avec cinq à dix quintaux à l’hectare en plus. Par ailleurs, le chanvre offre la possibilité de semer le blé en semis direct car son pouvoir recouvrant aura bien nettoyé le sol des adventices (mauvaises herbes, ndlr). On économise ainsi des charges de mécanisation », explique Nicolas Danieau.

« Depuis mars, nous menons ici différents essais : sur la fertilisation azotée, sur la date et la densité des semis, sur des variétés plus ou moins productives, sur l’impact positif ou négatif du couvert végétal semé entre le blé et le chanvre », ajoute Antoine Moinard, qui travaille au service agronomie de la Cavac.

La filière du chanvre veut lutter pour la planète

La faible consommation en eau du chanvre, ainsi que l’absence d’usage de pesticides, est aussi un atout environnemental. D’abord en période de sécheresse. « J’ai 65 hectares de lin et j’ai peur de ne pas pouvoir le récolter, s’inquiète Ludovic Rivière. Nous avons semé au mois de mars et nous n’avons pas eu une goutte d’eau pendant un mois. Il faut que la plante lève à 65-70 cm. Autrement, on ne peut pas teiller ».

Le chanvre, de son côté, « résiste bien à la sécheresse », confie Damien Odienne, lui aussi exploitant dans l’Eure. « Je sème différentes cultures pour réduire les risques liés au climat et aux aléas type ravageurs ou maladies. En bio, nous avons moins de possibilités d’agir ». Pour Ludovic Rivière, cela va plus loin : « Si chaque agriculteur en semait de trois à cinq hectares, nous aurions un levier pour lutter contre le réchauffement climatique ».

Et les choses commencent à bouger. « Aujourd’hui, la filière du chanvre est importante. On accompagne les agriculteurs pour changer leur modèle économique », conclue Hervé Pottier.

 

Bannière pub Fleur CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Lire Plus

07 Oct 2022
VIH et séropositivité : le CBD et le cannabis à l’étude [GREENEWZ]
06 Oct 2022
Au Maroc, un cannabis thérapeutique porteur d’espoir [GREENEWZ]
05 Oct 2022
La Suisse veut lancer un projet de vente de cannabis [GREENEWZ]