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À New York, réinsertion dans le cannabis pour d’anciens condamnés

En avril 2021, New York devenait le 15e État américain à légaliser le cannabis, quelque temps après son voisin, le New Jersey. Le potentiel est énorme : un marché estimé à 4,6 milliards de dollars, avec une marge de croissance de 1 milliard de dollars par an. Le gouverneur de New York en 2021, Andrew Cuomo, en attendait 350 millions de dollars de recettes fiscales annuelles.

Dans l’une des villes les plus célèbres du monde, l’enjeu économique se pare d’un enjeu social. Car l’octroi des licences commerciales ne se fera pas sans réflexion. Et près d’un an et demi après la légalisation, l’État a seulement ouvert cet été le dépôt des dossiers. Mais il existe certaines particularités.

Un potentiel économique énorme pour New York

La légalisation du cannabis, c’est un potentiel énorme au niveau de l’emploi. La création de 30 000 à 60 000 emplois est espérée. Alors avec l’ouverture des candidatures, beaucoup essayent de se faire connaître. Les Échos racontent une rencontre avec Alex et sa société Wise Herb, qui tient un stand à Prospect Park, à Brooklyn. Il y présente ses produits : des fleurs, un baume à lèvres.

« On ne vend rien, on donne juste des échantillons pour faire connaître notre entreprise », précise-t-il, en démontrant les qualités d’un baume  qu’il donne aussi à sa grand-mère. Moyennant 2000 dollars, il pourra déposer un dossier pour, peut-être, obtenir une licence pour commercialiser ses produits issus du cannabis.

Le principe de « réparation sociale »

Mais un principe inédit vient avec cette autorisation commerciale : « favoriser ceux qui ont été condamnés (ou un membre de leur famille) pour détention de marijuana ». Derrière ce projet, un objectif de réinsertion, mais surtout de « justice sociale » avec l’idée de « réparation sociale » envers certaines minorités ethniques.

« À New York comme dans le reste du pays, les Afro-Américains et les Hispaniques ont été historiquement surreprésentés dans les arrestations pour possession de cannabis, alors que la consommation de cette drogue est loin d’être aussi radicalement marquée », écrivent Les Échos. Car aux États-Unis, les statistiques ethniques existent et les situations en fonction de l’origine sont mesurées avec précision.

« Un début insuffisant »

Rashawn Ray, sociologue à l’université du Maryland, explique la réflexion de l’État fédéral. « La logique, c’est que les Noirs sont exclus de la croissance économique du cannabis après avoir été incarcérés pour cette raison pendant si longtemps ». D’où l’idée de réparation sociale, alors que la question « des conséquences de l’esclavage sur l’évolution socio-économique des Afro-Américains est toujours vive » aux États-Unis.

« Il reste à voir quel sera l’impact de cette mesure. Ce n’est pas suffisant, mais c’est un début. Il est important de s’attaquer simultanément à l’incarcération de masse et aux inégalités économiques », estime Rashawn Ray. D’autres partagent cet avis, jugeant les mesures locales insuffisantes, comme William Darity, professeur de politique publique à Duke, partisan d’actions beaucoup plus larges.

Du cannabis légal pour financer les réparations

Ainsi à New York, avoir fait l’objet d’une condamnation liée au cannabis peut donner un « bonus » sous forme de réparation sociale « défendu par l’État ». Et le secteur du cannabis légal finance d’autres initiatives du genre ailleurs dans le pays. « À Evanston, près de Chicago (Illinois), ce sont aussi les recettes issues du cannabis qui doivent financer des réparations pour les Afro-Américains victimes de la politique du logement dans les années 1960 ».

Une part des marchés publics est également réservée aux entreprises détenues par des minorités ethniques avec le Disadvantaged Business Enterprise, tandis que l’ancien maire Bill de Blasio a créé, avant son départ « une commission sur la justice raciale ».

En attendant, Les Échos prennent l’exemple de Jeremy Rivera, « sorti de prison en 2018 après une condamnation pour détention de drogue » et désormais « consultant dans le secteur de la construction », qui remplit parfaitement deux des conditions pour obtenir une licence de commercialisation de cannabis à New York : « avoir été condamné pour un délit lié à la marijuana et avoir détenu et exploité une entreprise rentable pendant au moins deux ans ».

 

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