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Légaliser le cannabis, un « non-sens et une grave faute sanitaire » ?

Si la France décidait de légaliser le cannabis, commettrait-elle une « erreur irresponsable » ? C’est l’avis de deux médecins, les Professeurs Jean-Pierre Goullé, toxicologue, et Jean-Paul Tillement, exprimé dans une tribune publiée par Le Quotidien du Médecin. Alors que des voix s’élèvent au plus haut niveau de l’État, notamment au Sénat et à l’Assemblée, pour étudier les questions de légalisation et/ou dépénalisation de la plante consommée de manière récréative, ces deux membres des académies nationales de médecine et de pharmacie se placent à l’opposé.

Une prise de parole qui fait donc suite à celle d’un groupe d’une cinquantaine de sénateurs français, à la rentrée 2022, affirmant dans Le Monde que « légaliser le cannabis donnera les moyens d’agir plus efficacement pour protéger davantage nos citoyens », alors que plus de 18 millions de personnes disent avoir déjà expérimenté le cannabis dans notre pays au moins une fois dans leur vie et que 5 millions l’ont fait dans l’année. Ce qui fait du cannabis la substance illicite la plus consommée en France, selon un rapport de l’Assemblée Nationale.

Deux médecins vent-debout contre la légalisation

Les Professeurs Goullé et Tillement, eux, ne sont pas du tout de cet avis. Ils estiment que légaliser le cannabis ne protègera pas les Français, comme le pensent les sénateurs, et « certainement pas leur santé ». Ils jugent que « cette proposition va manifestement à l’encontre d’une protection sanitaire », mais pas seulement. Les deux médecins battent en brèche les arguments avancés en matière de santé, mais aussi au niveau social ainsi que sur le plan criminel. Bien sûr, en tant que professionnels de la santé, leur volonté de tenir la population éloignée de produits stupéfiants, addictifs et psychotropes est logique. Mais tous leurs arguments ne se valent pas.

Les groupes criminels resteront… criminels

« L’idée que légaliser le cannabis permettrait d’avoir la « paix dans les quartiers » est un leurre car les trafiquants se sont déjà investis dans la vente de toutes les autres drogues », écrivent Goullé et Tillement. Il est vrai que les activités des groupes criminels et du grand banditisme ne cesseront pas avec une légalisation du cannabis. « Il semble que les activités des groupes criminels transnationaux n’aient pas fondamentalement été remises en cause », indiquait l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) dans un rapport de 2017, complété en 2021, réalisé à la suite de la légalisation aux États-Unis.

Un « effet de report » vers d’autres drogues est « possible », juge Danièle Jourdain-Menninger, ancienne présidente de la Midelca.  » »Dans la mesure où il s’agit de réseaux mafieux », elle estime qu’il est logique d’envisager pour certains un recentrage  »autour d’autres activités illicites » », écrit LCI. Un fait inhérent à ces groupes criminels. Car « rien n’a démontré qu’il y avait un transfert de consommation et de trafic du cannabis vers la cocaïne et autre drogue ».

Légaliser le cannabis, un « marchepied » vers d’autres drogues ?

S’il ne semble pas y avoir de véritable « report » des trafics, le marché noir du cannabis resterait majoritaire dans les pays qui ont légalisé, estiment les deux professionnels de santé. « L’idée d’un cannabis d’État légalisé à l’image du Canada, avancé également comme un argument pour la légalisation, est aussi un autre leurre car le marché illicite reste encore majoritaire dans ce pays », font-ils remarquer. C’est faux, selon Statistique Canada qui, après quatre ans de légalisation, estime le poids du marché légal à 68%, avec pour objectif d’atteindre 80% en 2028.

« L’argument de légaliser le cannabis pour « protéger la société » est non seulement un leurre, mais aussi un total non-sens : le cannabis est le marchepied de la diffusion massive des autres drogues qui apparaissent », pestent les Pr. Goullé et Tillement. Un point de vue difficile à prouver. Professeure à l’école d’économie de Toulouse, Emmanuelle Auriol « a constaté l’absence totale de « l’effet passerelle ». Une théorie selon laquelle la consommation de cannabis serait un tremplin conduisant à d’autres drogues, potentiellement plus nocives ou addictives. Il n’en est rien. On n’assiste pas à une demande en hausse pour l’héroïne, la cocaïne ou d’autres substances du fait de légaliser le cannabis », note LCI.

Des arguments sur la santé qui se comprennent

C’est sur le point de la santé que les arguments de Goullé et Tillement se comprennent le mieux. Ils ne souhaitent pas voir un autre « fléau », après « le tabac et l’alcool », être légalement commercialisé en France. Avec ce que cela peut impliquer en termes de santé mentale, cognitive, voire de sécurité routière. Mais là encore, il y a quelques raccourcis. « Rappelons que le tabac est responsable de 75 000 décès chaque année et que pour consommer du cannabis, il faut fumer », affirment les deux professionnels. Pas forcément, pourrait-on rétorquer. Fumer du cannabis mélangé à du tabac est une pratique totalement absente des habitudes hors de France, et notamment en Amérique du Nord.

Reste effectivement que ce mode de consommation par combustion est nocif. Mais légaliser le cannabis permet également de proposer d’autres produits, à inhaler, ingérer, comme des huiles, des produits de vape, ou des vaporisateurs. Le débat reste ouvert !

 

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