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Du chanvre et du CBD pour nourrir les animaux d’élevage ? [GREENEWZ]

Du chanvre et du CBD pour les animaux d'élevage ?

Du chanvre et du CBD pour nourrir les animaux d’élevage ?

Donner du chanvre et du CBD à manger aux animaux d’élevage et au bétail, une idée folle ? Les États-Unis réfléchissent sérieusement à la question, dans un pays où le cannabis, et en particulier le chanvre agricole et industriel, retrouve ses lettres de noblesse. En 2021, plus de 21 000 hectares de chanvre ont été plantés aux USA, quasiment autant que la surface cultivée en France qui est, rappelons-le, l’un des plus gros producteurs européens.

Au-delà des usages classiques de la plante, pour la production de cannabis récréatif ou thérapeutique, dans la construction, l’isolation, le textile ou encore l’alimentation, les États-Unis cherchent à découvrir, ou redécouvrir, les nombreux bénéfices du chanvre. Dans l’Illinois, par exemple, comme nous l’avons déjà évoqué, on plante du chanvre pour aider à la dépollution d’un lac. Mais les universitaires de tout le pays cherchent de nouvelles opportunités afin qu’aucun élément de la plante ne soit gâché.

Du chanvre pour nourrir des agneaux ?

Des scientifiques du College of Agricultural Science, de l’Oregon State University, se sont par exemple demandé que faire de la biomasse de chanvre usagé. Ce sous-produit de la plante est en fait ce qu’il reste du chanvre une fois passé par un processus d’extraction des cannabinoïdes, comme le CBD. La biomasse de chanvre usagé n’a que peu de valeur sur le marché. Le professeur Serkan Ates et son équipe ont donc cherché un moyen d’utiliser à bon escient ce sous-produit.

Leur idée ? Tout simplement nourrir des agneaux avec du chanvre et notamment cette biomasse. Et ainsi tenter de prouver que ce type d’alimentation peut convenir aux animaux d’élevage, sans conséquence sur leur santé ou la qualité de leur viande ou de leur lait pour les individus concernés. « À notre connaissance, notre étude est la première à évaluer les effets de l’alimentation du bétail avec de la biomasse de chanvre usagé », a estimé Serkan Ates.

Pas de conséquence néfaste observée sur le bétail

Pour leur étude, les chercheurs ont donné à des agneaux mâles une alimentation dont la biomasse de chanvre usagé représentait 10% de leur alimentation totale – pour un premier groupe – et 20% de l’alimentation totale pour un second groupe. Puis, une période de retrait de quatre semaines a été observée, durant laquelle le chanvre était exclu de l’alimentation des animaux. Enfin, à l’issue de cette expérimentation, ils ont évalué la santé, le poids, analysé la qualité de la viande, les caractéristiques de la carcasse des agneaux.

Résultat ? « La qualité nutritionnelle de la biomasse de chanvre usagé est équivalente à celle de la farine de luzerne », communément donnée aux agneaux. Ces derniers digèrent d’ailleurs mieux ce nouvel aliment. Aucun effet sur le poids des animaux n’a été observé, ni sur la qualité de la viande. La façon dont a été affecté le métabolisme des animaux « n’est pas préjudiciable » et la capacité anti-oxydante a été améliorée. Seul bémol : la capacité du foie à extraire ou métaboliser un médicament a été diminuée.

« Bien que des recherches supplémentaires soient encore nécessaires, la biomasse de chanvre usagé peut être considérée comme un aliment sûr pour les ruminants et une bonne alternative à la farine de luzerne pour le bétail, surtout si elle présente un avantage économique », a conclu Serkan Ates.

Et les cannabinoïdes dans tout ça ?

Parallèlement, au Kansas, des chercheurs ont voulu observé les effets des cannabinoïdes sur les animaux d’élevage. Et en particulier du CBD, présent dans l’alimentation en chanvre sous sa forme naturelle, le CBD-A. Du chanvre enrichi a donc été donné à huit vaches de la race Holstein, tandis qu’un groupe témoin était composé de huit autres individus. Une dose journalière d’environ 5,5 mg de CBDA par kilogramme de poids corporel était contenue dans l’alimentation des animaux – une alimentation composée, donc, d’un mélange contenant du chanvre.

Et les échantillons de sang prélevés ont montré que les niveaux de stress de ces vaches avaient baissé. Mais cet apaisement était aussi visible dans le comportement des animaux : ces derniers ont passé beaucoup plus de temps allongés, preuve d’une certaine détente, que leurs homologues du groupe témoin. La digestion du chanvre ne suscite là aussi aucune inquiétude, au contraire, et ne laisse aucune trace de cannabinoïdes dans la viande ou le lait.

Reste à mener d’autres études complémentaires pour convaincre la FDA. Car la Food and Drug Administration n’autorise pas encore l’usage du chanvre dans l’alimentation des animaux d’élevage. Mais l’intérêt croissant du secteur agricole pour la plante devrait rapidement faire évoluer la situation.

 

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La filière du chanvre cherche des agriculteurs en France [GREENEWZ]

La filière du chanvre cherche des agriculteurs

La filière du chanvre cherche des agriculteurs

La filière du chanvre, notamment dans le secteur industriel, se cherche des bras ! Avec plus de 20 000 hectares cultivés sur le territoire, la France est l’un des premiers producteurs mondiaux de chanvre. Pourtant, dans le pays, la plante est très loin de son âge d’or. En 1860, on en comptait 176 000 hectares sur nos terres. Si la production s’est par la suite effondrée, le chanvre revient petit à petit en odeur de sainteté. Mais il y a du retard à rattraper.

Car après le tout pétrole et le tout coton, les avantages du chanvre industriel ressurgissent, comme s’ils avaient été un temps oubliés. Sa facile croissance, son faible besoin en eau, l’utilisation de toutes ses parties… Tous ces points, avec les enjeux liés au réchauffement climatique, captent l’attention des agriculteurs et producteurs. La filière du chanvre se renforce, mais cherche maintenant des bras en plus pour satisfaire une demande en forte croissance.

Journées portes ouvertes et découverte du chanvre

Pour permettre à la filière du chanvre de croître, d’attirer agriculteurs et producteurs, et répondre aux besoins, il faut intéresser. C’est pour cette raison qu’aux Brouzils, en Vendée, la Cavac (Coopérative agricole Vendée approvisionnement céréales) a organisé une journée chanvre, comme le raconte Ouest-France.

Le premier objectif ? Faire découvrir, ou redécouvrir, la plante aux milles vertus. Elle est « relativement autonome, peu demandeuse en eau [et] assure une rotation bénéfique contre la reproduction des bioagresseurs ».

« L’intérêt de cette plante, c’est qu’elle recouvre rapidement le sol et empêche les mauvaises herbes de se développer », explique Nicolas Danieau, du Gaec (groupement agricole d’exploitation en commun) La Mitonnière. « La population mondiale augmente, il faudra la nourrir et trouver des solutions. Or, le chanvre n’a pas besoin de produits phytosanitaires et demande très peu d’eau », ajoute, à L’Éveil Normand, Ludovic Rivière, un des pionniers de la filière du chanvre dans l’Eure.

Démontrer l’utilité du chanvre

Hervé Pottier, directeur de la Cavac biomatérieux, liste quant à lui les nombreux débouchés. « Nous travaillons le chanvre depuis quatorze ans et nous avons acquis pas mal de connaissances. La fibre est utilisée pour l’isolation des maisons, dans la construction automobile, la papeterie et le textile. La chènevotte, qui est la partie bois de la tige de chanvre, sert pour le paillage, la litière animale ou encore les enduits chaux-chanvre dans le bâtiment. Nous travaillons également le béton de chanvre… » La filière du chanvre est riche et diversifiée.

Mais le chanvre est aussi bénéfique à d’autres cultures. Comme l’expérimente la Cavac. « Le blé cultivé après du chanvre obtient systématiquement une meilleure fertilité, avec cinq à dix quintaux à l’hectare en plus. Par ailleurs, le chanvre offre la possibilité de semer le blé en semis direct car son pouvoir recouvrant aura bien nettoyé le sol des adventices (mauvaises herbes, ndlr). On économise ainsi des charges de mécanisation », explique Nicolas Danieau.

« Depuis mars, nous menons ici différents essais : sur la fertilisation azotée, sur la date et la densité des semis, sur des variétés plus ou moins productives, sur l’impact positif ou négatif du couvert végétal semé entre le blé et le chanvre », ajoute Antoine Moinard, qui travaille au service agronomie de la Cavac.

La filière du chanvre veut lutter pour la planète

La faible consommation en eau du chanvre, ainsi que l’absence d’usage de pesticides, est aussi un atout environnemental. D’abord en période de sécheresse. « J’ai 65 hectares de lin et j’ai peur de ne pas pouvoir le récolter, s’inquiète Ludovic Rivière. Nous avons semé au mois de mars et nous n’avons pas eu une goutte d’eau pendant un mois. Il faut que la plante lève à 65-70 cm. Autrement, on ne peut pas teiller ».

Le chanvre, de son côté, « résiste bien à la sécheresse », confie Damien Odienne, lui aussi exploitant dans l’Eure. « Je sème différentes cultures pour réduire les risques liés au climat et aux aléas type ravageurs ou maladies. En bio, nous avons moins de possibilités d’agir ». Pour Ludovic Rivière, cela va plus loin : « Si chaque agriculteur en semait de trois à cinq hectares, nous aurions un levier pour lutter contre le réchauffement climatique ».

Et les choses commencent à bouger. « Aujourd’hui, la filière du chanvre est importante. On accompagne les agriculteurs pour changer leur modèle économique », conclue Hervé Pottier.

 

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