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Le chanvre textile veut revenir sur le devant de la scène [GREENEWZ]

chanvre textile

Le chanvre textile veut revenir sur le devant de la scène

Premier producteur européen de la « plante aux mille vertus », la France veut développer le chanvre textile. La culture de cette plante représente 22 000 hectares, soit 37% des surfaces européennes. Notre pays se classe même au troisième rang mondial pour la culture de chanvre. Une forme de « reconquête », comme l’écrit Ouest-France, alors qu’elle avait quasiment disparu dans les années 1960, après une très longue et importante exploitation les siècles précédents.

Utilisée dans bien des secteurs, la plante veut désormais prendre une part plus importante dans l’industrie textile. « Les surfaces ont été multipliées par trois en dix ans. On s’attend à ce qu’elles doublent d’ici à cinq ans. 50 millions d’euros seront investis dans les prochaines années pour construire de nouvelles chanvrières, augmenter les capacités de production », explique au quotidien du grand ouest Franck Barbier, président de Interchanvre et cultivateur lui-même.

Le chanvre textile largement minoritaire dans nos vêtements

Le chanvre textile apparaît donc comme un débouché à « forte valeur ajoutée » et la plante conquérir d’autres secteurs que ceux du bâtiment ou du bien-être. La « demande croissante de vêtements éthiques » et les enjeux environnementaux poussent le chanvre textile à se développer. « La fibre est travaillée pour la rendre suffisamment fine et de même longueur que le coton. Le résultat, appelé « chanvre cotonisé », permet d’intégrer la filière textile », décrypte Franck Barbier. De plus, « le chanvre a un impact environnemental cinq à huit fois plus faible que le coton. Il n’a besoin d’aucun pesticide ni d’irrigation ».

Mais il va falloir de gros efforts pour s’imposer dans un secteur où le coton et les fibres synthétiques représentent l’immense majorité de la production. Le coton représente 30% des matières utilisés pour concevoir des vêtements, les fibres synthétiques 69%. Pour le chanvre textile, c’est seulement… 0,1%. « Nous sommes à un niveau statistiquement si faible qu’il se situe sous les radars des flux du textile mondial », analyse Damien Durand, de la confédération européenne du lin et du chanvre.

Les grandes marques de plus en plus intéressées

Pourtant, de grandes marques se tournent vers cette plante, comme Levi’s, Zara ou Tommy Hilfiger, qui souhaitent intégrer le chanvre textile à leurs jeans. En France, la marque Le slip français a créé son premier sous-vêtement en chanvre. « Un sous-vêtement 100 % en chanvre, il faut oublier pour la douceur. Nous avons mis au point un fil composé à 30 % de chanvre et 70 % de lyocell. Cela a demandé beaucoup de recherche et développement, car le fil est plus épais. Il a fallu baisser le rythme des machines et tricoter moins vite », analyse Léa Marie, directrice industrielle de la marque.

« Le chanvre est capable de répondre à plusieurs utilisations que l’on ne soupçonnait pas », juge de son côté Franck Barbier. « Nous menons des recherches sur les variétés pour le textile pour obtenir du fil adapté aux chemises par exemple, ou encore pour réduire le coût des process. Le chanvre textile a un grand avenir. » Et les marques commencent à changer leur fusil d’épaule, après des décennies à dénigrer la plante.

« Nous avons rencontré des marques qui ne voulaient pas entendre parler du chanvre, mais cela a changé », explique pour sa part Mathieu Ebbesen-Goudin, fondateur de la coopérative VirgoCoop, à Fashion Network. « C’est un peu comme pour les légumes : on refusait les produits difformes, alors qu’aujourd’hui c’est presque gage de qualité. Le chanvre a encore des enjeux de régularité, des défauts et grosseurs, mais il répond à une attente réelle des consommateurs qui veulent du naturel, de l’authentique. »

Un avenir prometteur ?

La part du chanvre textile dans la production de vêtements devrait donc croître de manière significative dans les années à venir. Mais il faudra se montrer patient, car la plante revient de loin. L’avenir semble tout de même se conjuguer avec le chanvre dans le secteur du textile. « En vingt-cinq ans, je n’ai jamais vu un engouement aussi fort. On est en train de recréer quelque chose qui avait disparu. Tout réapprendre demande du temps. Mais on y vient ! », se réjouit Benoit Savourat, dirigeant de la Chanvrière, dans l’Aube.

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Un « faux départ » pour la fleur de CBD française ? [GREENEWZ]

Faux départ pour la fleur de CBD française

Un « faux départ » pour la fleur de CBD française ?

C’était la première année de récolte officielle pour la fleur de CBD 100% française, pourtant la question d’un « faux départ » se pose, estime Ouest-France. En cause ? Une récolte assez maigre et malgré tout une difficulté à écouler les stocks. Alors que le CBD est présent en France depuis plusieurs années, cette première récolte et son usage restent très timides. Mais est-ce si étonnant pour un secteur qui navigue encore largement à vue, à cause d’un flou juridique toujours bien présent et qui tarde à être éclairci.

Seulement 300 à 500 hectares pour la fleur française

Ce faux départ se voit premièrement dans le nombre d’hectares cultivés en France destinés au marché du CBD. 300 à 500 hectares de cannabis ont poussé en France cette année pour la première récolte officielle, même si certains n’avaient pas attendu le feu vert pour planter. C’est peu, notamment quand on compare ces quelques centaines d’hectares avec les plus de 20 000 destinés au chanvre industriel dans l’Hexagone.

Les chiffres sont fournis par l’Uivec, le « syndicat professionnel rassemblant les acteurs économiques de poids intéressés par l’exploitation du cannabidiol », qui fait néanmoins remarquer que la culture de fleurs de CBD est plutôt équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. Pourtant, le CBD a largement conquis le pays, avec des centaines de boutiques et points de vente aux quatre coins de la France. On pourrait donc croire que cette petite récolte a été néanmoins facile à écouler. Mais là aussi, c’est un faux départ.

Un faux départ entre prudence et timidité

Alors comment expliquer qu’il soit difficile de vendre ce CBD, alors que six millions de Français disent l’avoir déjà essayé, sous forme de fleurs brutes, d’huile, de produits alimentaires ou cosmétiques ? Le tout alors que la grande distribution semble avoir dopé le marché, notamment l’alimentaire, et que les professionnels attendent un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros pour 2022, après les 200 millions de l’année 2021.

Le coût est une première réponse à ce faux départ et à la difficulté qu’ont les agriculteurs à écouler leur marchandise. Les isolats de CBD, couramment utilisés pour la fabrication d’huiles et de produits alimentaires, coûtent « trois à quatre fois moins chers » aux États-Unis, indique l’Uivec. Il en va de même pour la fleur de CBD, dont la Suisse s’est fait experte, produite dans de nombreux pays d’Europe depuis plusieurs années, qui bénéficient donc d’une certaine expérience en la matière.

Un flou juridique qui pèse lourd

Pour remédier à ce premier problème et apprendre de ce faux départ, l’Uivec travaille à la création d’un label CBD français, notamment avec des acteurs comme Interchanvre et l’Afnor, normé et encadré. Malgré tout, la « filière navigue toujours dans le flou juridique, qui gène davantage les opérateurs français (…) que les entreprises étrangères ». Elle attend encore la décision du Conseil d’État sur la légalité de l’arrêté de décembre 2021, tandis que « l’autorité européenne de sécurité des aliments doit statuer sur les demandes d’autorisation de la molécule comme ingrédient alimentaire ». De quoi expliquer la frilosité de la grande distribution notamment.

« En l’absence de cadre réglementaire stable, il est difficile de s’engager auprès d’un agriculteur », a regretté Claire Guignier, responsable des affaires publiques du Synadiet (syndicat national des compléments alimentaires) à l’occasion du congrès de l’Uivec. Mais en attendant, la filière fait avec une certaine tolérance nationale. « Des mesures transitoires » sont en cours de négociation avec « l’administration française », explique le président de l’Uivec Ludovic Rachou, qui espère voir germer « une doctrine de contrôle » au cours de l’année 2023. Parallèlement, le Sénat pousse de son côté le gouvernement à rapidement encadrer le marché du chanvre et réglementer celui du CBD.

 

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Le béton de chanvre démontre petit à petit sa valeur [GREENEWZ]

Béton de chanvre

Le béton de chanvre démontre petit à petit sa valeur

Le béton de chanvre commence à se faire une place dans le monde de la construction et de la rénovation. Un matériau d’un genre nouveau, qui n’est pourtant pas une découverte récente, tant les qualités du chanvre et de ses fibres sont connues de longue date. Mais les promoteurs et entrepreneurs du bâtiment l’utilisent de plus de plus, à mesure que les prix des matériaux habituels augmentent, et que la notion d’éco-responsabilité entre petit à petit dans les têtes. Cela se traduit, notamment en France, par une multiplication des initiatives incluant très largement le chanvre dans le processus de conception.

Qu’est-ce que le béton de chanvre ?

Le béton de chanvre est un mélange de chènevotte – de la paille de chanvre -, de chaux et d’eau, qui se transforme après séchage en un matériau aussi dur que le ciment, en pesant seulement un sixième de son poids. Il est également plus souple que le béton classique. On peut utiliser le béton de chanvre en enduit, pour le remplissage des constructions ou des murs à structure de bois. On en fait aussi des dalles pour des chapes isolantes, pour les planchers ou l’isolation des toitures. Il laisse parallèlement respirer les murs, ce qui en fait un excellent allié contre l’humidité. Le tout étant, de plus, biodégradable et issu d’une agriculture responsable qui répond aux enjeux environnementaux.

Rénover avec du béton de chanvre

Matériau moins cher à produire, avec des qualités inestimables, et bio-sourcé, le béton de chanvre convainc de plus en plus dans le bâtiment. Ainsi, dans le Nord, le premier bailleur social des Hauts-de-France, Maisons & Cités, a pris la décision de réhabiliter 24 000 logements du bassin minier d’ici 10 ans grâce notamment au béton de chanvre. « Une réflexion autour d’une alternative aux isolants classiques et 5 années d’expérimentation ont identifié le béton de chanvre comme le matériau le plus adapté aux habitations traditionnelles en briques, dominantes sur le territoire », peut-on lire dans La Voix du Nord.

Pour Franck Mac Farlane, responsable recherche et expertise de Maisons & Cités, « l’objectif est de prouver aux acteurs du bâtiment que cela marche, d’autant plus que le chanvre a une durée de vie très longue ». 115 logements ont déjà été rénovés de la sorte à Pecquencourt, et 40 le seront prochainement à Onnaing (59). « En parallèle nous menons une démarche collaborative en travaillant avec les locataires sur l’usage du logement, la manière d’occuper le logement réhabilité », afin que l’expérimentation ne s’arrête pas à la conception, mais que l’usage parle également.

Développer une filière régionale

« Notre objectif est de favoriser l’émergence d’une filière régionale pour qu’il y ait une réappropriation du chanvre par toute la chaîne de construction et, par la suite, une réduction des coûts qui permettrait de généraliser cette pratique. L’enjeu est donc de parvenir à réunir l’ensemble des acteurs autour de la table parmi lesquels agriculteurs, entreprises de transformation, entreprises de BTP, organismes de formation et partenaires sans oublier les habitants, dernier maillon de la chaîne, qui vivront dans ces logements, pour bâtir une véritable filière régionale du chanvre à usage du BTP d’ici 5 ans », espère Franck Mac Farlane.

Quelques kilomètres au sud, Amiens Métropole fait venir son chanvre de Champagne-Ardennes, première région productrice de France, pour un chantier inédit. La construction d’une nouvelle médiathèque, en bois et béton de chanvre, de près de 1000 m2, est un projet de grande ampleur, qui se veut une vitrine régionale. Pour cela, « nous utilisons une projection mécanique », explique Raphaël Giralt directeur général du maître-d’oeuvre. « La pâte de chaux et le chanvre se rencontrent dans la lance à air comprimé », qui projet le béton de chanvre dans des coffrages.

Du chanvre dans tout le processus

« À Amiens, les restes de projection sont récupérés et revalorisés sous forme banchée pour constituer l’absorbant acoustique de la salle d’action culturelle », précise Le Moniteur. Preuve que rien ne se perd avec le chanvre, et que le développement d’une filière solide est d’une importance capitale à l’avenir. Le Sénat a récemment appelé le gouvernement à orienter ses réflexions en ce sens.

 

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Guillaume Gontard, le sénateur premier soutien du cannabis [GREENEWZ]

Guillaume Gontard fait entrer le chanvre au Sénat

Guillaume Gontard, le sénateur premier soutien du cannabis en France

Le sénateur de l’Isère, Guillaume Gontard, 51 ans, a décidé de faire entrer le chanvre et le cannabis par la grande porte du Sénat. Président, au sein de la haute chambre, du groupe écologiste, solidarité et territoires depuis 2020, l’élu n’a eu de cesse de mettre en avant les qualités du chanvre, en particulier dans le secteur industriel, pour le développement d’une production et d’une énergie vertes, mais pousse également pour une meilleure réglementation du marché du CBD, ainsi que pour une légalisation du cannabis, qu’il soit médical ou récréatif. Alors que le gouvernement semble ralentir toutes les avancées de ce type, Guillaume Gontard a réussi à faire bouger les choses au Sénat.

« L’écologie implique de penser avec son environnement, ses ressources et ses limites », a-t-il déclaré, à propos de son engagement principal. Passé de maire du Percy (Isère), où il fut élu à 36 ans, au rôle de sénateur en 2017, Guillaume Gontard voit en sa position une occasion unique de faire évoluer certaines lignes. Car au Sénat, « on travaille en profondeur sur des sujets transversaux, qui n’ont pas nécessairement de couleur politique », se réjouissait-il à l’issue de son élection en 2017, au micro de France Bleu.

Le chanvre et le cannabis, des sujets d’avenir

C’est dans ce cadre que Guillaume Gontard a fait du chanvre l’un des « fils rouges de [s]on mandat ». Pour développer la filière, il a mené un projet de résolution historique, tout récemment adopté au Sénat, à une immense majorité (179 voix pour, 7 contre). « Depuis 2018, je me mobilise notamment pour une clarification règlementaire permettant la légalisation complète des produits CBD et l’encadrement de leur production en France. Je me mobilise aussi pour l’accompagnement de la filière chanvre, indispensable à la transition écologique notamment dans les secteurs du bâtiment ou du vêtement », explique-t-il dans un entretien accordé au Cannabiste.

L’élu espère notamment que « le gouvernement revoit sa copie » sur le sujet du CBD, afin de « légaliser les produits au cannabidiol sans attendre la décision de la justice administrative », alors que le jugement du Conseil d’État sur l’arrêté de décembre 2021 – suspendu en janvier – se fait toujours attendre. Cependant, sur le sujet du CBD, le gouvernement reste « seul maître. Cette résolution est le maximum de ce que je peux effectuer comme parlementaire », reconnait Guillaume Gontard, qui assure qu’il continuera « de plaider pour en finir avec cette réglementation absurde ».

Guillaume Gontard souhaite légaliser le cannabis

Concernant le cannabis, celui qui est actuellement interdit, chargé en THC, Guillaume Gontard prône la légalisation. « Comme l’immense majorité des écologistes, je suis favorable à la légalisation du cannabis avec un encadrement public sur le modèle de celui du tabac (revendeurs agréés, fiscalité spécifique, interdiction de la publicité, etc…). C’est une indispensable mesure de santé publique pour contrôler les produits mis sur le marché et pour déployer une prévention efficace vis-à-vis des consommateurs. C’est aussi une mesure de sécurité pour stopper les trafics, diminuer le nombre de réseaux criminels et apaiser des quartiers entiers. »

Parallèlement, Guillaume Gontard aimerait voir le taux de THC autorisé dans les produits au CBD relevé à 1% (actuellement 0,3% en Europe). « La résolution invite à élargir le catalogue des variétés de chanvre autorisées à toutes celles contenant 1% ou moins de THC. J’y suis donc favorable. » Malheureusement, la résolution du sénateur n’a aucun pouvoir de contrainte. « Elle invite le gouvernement à revoir la réglementation mais ne peut pas le contraindre. »

Et sur la question du CBD, « on va se retrouver dans une situation étrange où le gouvernement refuse d’exercer son pouvoir et laisse la justice trancher. Cela étant dit, vu la rapidité avec laquelle le Conseil d’Etat a suspendu les dispositions de l’arrêté qui interdisait la vente au détail de fleurs de chanvre, on peut espérer que son jugement « au fond » soit bénéfique pour la filière. » En attendant, Guillaume Gontard maintient le cannabis – sous toutes ses formes – dans les débats au sein des plus hautes instances du pays.

 

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Transformer le chanvre en énergie verte, c’est possible ! [GREENEWZ]

Transformer le chanvre en énergie verte

Transformer le chanvre en énergie verte, c’est possible !

Transformer le chanvre en énergie verte, c’est l’idée un peu folle de Jean Foyer, le président de Qairos Energies, une start-up basée dans la Sarthe. Son projet d’usine de transformation de chanvre en hydrogène vient d’être récompensé au salon des maires à Paris. Le jeune entrepreneur a hérité du coup de coeur du jury dans la catégorie « énergies renouvelables ». Pour lui, « c’est une grande fierté d’être reconnu au niveau national comme producteur d’énergies renouvelables », a-t-il réagi auprès de France Info.

« C’est un projet qu’on mène depuis trois ans d’arrache-pied pour montrer qu’on peut faire des énergies renouvelables sur le territoire grâce aux agriculteurs. Ce qui a été retenu, c’est le caractère inédit entre production de gaz vert et monde agricole. C’est le côté innovant, inédit et industriel de la solution qui a été mis en avant », se réjouit le président de la société basée à Loué. D’autant que l’hydrogène qu’il compte produire est plébiscité par l’État pour « décarboner le secteur industriel ».

Transformer le chanvre en hydrogène : oui mais comment ?

L’usine pour transformer le chanvre en hydrogène se situe à Trangé, près du Mans, mais n’est pas encore fonctionnelle. Prévue pour un démarrage d’activité en 2022, elle attend toujours les autorisations nécessaires au lancement. Jean Foyer, lui, est prêt. Il fait pousser son chanvre sans « concurrencer les cultures vivrières. Je m’inscris en tête d’assolement, en début de culture là où les terres ne sont pas utilisées. Le chanvre fait reposer la terre puisqu’il la nourrit ». Le tout dans un rayon de 35 km autour de la ville du Mans, avec l’appui des agriculteurs.

Puis vient le moment de transformer le chanvre. « Le chanvre sera transformé par gazéification. On va le broyer et le chauffer à très haute température. L’action de la température transformera ce chanvre en gaz, qui va ensuite être séparé pour faire du méthane, de l’hydrogène et du CO2 », explique Jean Foyer. Il espère une production d’environ 40 gigawatt-heure chaque année, de quoi chauffer 10 000 foyers et fournir l’énergie nécessaire aux déplacements de leurs habitants.

« Le méthane pourrait être utilisé par des industriels ou pour chauffer des bâtiments. C’est pourquoi Qairos Energies travaille en étroite collaboration avec des entreprises sarthoises et Gaz de France (GDF). Quant au CO2, il est très utilisé dans l’agroalimentaire, notamment pour faire des bulles dans des boissons. Il pourrait donc être acheté par des entreprises d’agroalimentaire locales », écrit France Info.

Produire de l’hydrogène vert

Transformer du chanvre en gaz, c’est une avancée majeure dans l’optique d’énergies vertes. « L’hydrogène, c’est une des solutions pour réussir notre transition énergétique. Pour être propre, ça dépend de son mode de production. Si on produit de l’hydrogène avec du charbon ou du pétrole, l’hydrogène ne sera pas très propre. Avec le chanvre, c’est un cycle très court du carbone, ça pousse en trois mois et demi. En plus, c’est une graine pour nourrir les animaux », détaille Jean Foyer, qui aimerait néanmoins que les choses s’accélèrent, notamment au niveau de l’État. Car si son idée est prometteuse et maintenant reconnue, il reste encore quelques doutes à lever.

« Comme tout mode de production, il faut bien analyser les enjeux, les impacts, les gisements. La grosse incertitude qui me reste, c’est ce rachat des molécules de gaz énergétique qui vont être produits. Et là, en fait, c’est toute une filière qui est en attente. À partir du moment où on aura une validation par l’Etat de la reconnaissance du mode de production de gaz divers, on pourra dérouler. Mais personne aujourd’hui ne sait quand est ce que ce mécanisme de soutien sera présent », explique l’entrepreneur sarthois.

Mais son usine pour transformer le chanvre en gaz sera opérationnelle tout de suite. Celui qui s’est vu remettre son prix par Schneider Electric, GRDF et le maire du Mans, Stéphane Le Foll, garde bon espoir : « J’ai beaucoup de signaux positifs. » Transformer le chanvre en gaz pour produire des énergies vertes, voilà un argument de plus en faveur de la plante qui pousse en France sur plus de 20 000 hectares.

 

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Les 32 tonnes de cannabis saisies étaient-elles du chanvre légal ? [GREENEWZ]

32 tonnes saisies en Espagne

Les 32 tonnes de cannabis saisies étaient-elles en fait du chanvre légal ?

« L’opération « Jardines » menée depuis plusieurs semaines en Espagne a permis de saisir 32 tonnes de têtes de cannabis, ce samedi 5 novembre. Un record mondial selon la police », peut-on lire dans les colonnes de La Dépêche. « Pas de Guinness book pour ce record : la police espagnole a annoncé samedi avoir mis la main sur 32 tonnes de têtes de cannabis, soit « la plus grande saisie de cette substance au niveau international », au terme d’une enquête ayant entraîné l’arrestation de vingt personnes », nous dit de son côté Le Parisien.

Toute la presse française, à la suite d’une dépêche de l’AFP, s’est faite l’écho de cette incroyable prise de la Guardia Civil, la police espagnole. L’équivalent de 1,1 millions de plants de cannabis saisis, une vingtaine de personnes interpellées… L’organisation « contrôlait l’ensemble du processus de production et de distribution de la drogue », expliquent les autorités espagnoles. Le crime organisé à grande échelle et un énorme coup pour la police contre les trafics.

32 tonnes de cannabis… légal ?

Mais la Guardia Civil aurait-elle été plus vite que la musique ? Deux semaines après l’opération, la question se pose très sérieusement. Pour le patron de l’entreprise E-Canna, Francisco Carbo, elle ne se pose même pas. L’homme d’affaires espagnol a vu son nom et celui de sa société publiés partout dans la presse, les faisant passer pour un véritable gang. Mais lui l’affirme : le cannabis saisi n’a rien d’illégal, il s’agit de chanvre au taux de THC quasi-nul, comme ce que produit E-Canna depuis octobre 2021.

Soraya Calvo, directrice administrative de l’entreprise, raconte l’opération de police à BusinessCann. « Ils sont arrivés cagoulés et armes à la main, obligeant tout le monde à s’allonger sur le sol, comme si nous étions des trafiquants de drogue. C’était inutile, nos portes sont toujours ouvertes et nous rendons compte d’absolument tout ce qui entre et sort d’E-Canna », dit-elle, estimant même que la police s’est trompée en annonçant 32 tonnes saisies : il n’y en avait selon elle que 25.

L’entreprise apporte les preuves de son innocence

 » Il y a une persécution nationale concernant la criminalisation et la stigmatisation du cannabis », juge Francisco Carbo. « Pour eux, tout ce qui concerne le chanvre est un délit et comme ce n’est pas le cas, les autorités commettent des abus. Ce qui se passe ici, c’est de la prévarication », c’est-à-dire un grave manquement des autorités. Mardi 15 novembre, le patron d’E-Canna a comparu pour la première partie du procès. Il a fourni toutes les preuves à la justice, qui a décidé de ne pas détruire les 32 tonnes (ou 25 ?) de fleurs et de permettre à E-Canna de poursuivre ses activités.

Le discours de Francisco Carbo ? « Si c’est de la drogue et que je suis un criminel, arrêtez-moi demain. Mais si ce n’est pas de la drogue, libérez les fleurs demain. » L’homme d’affaires reste serein et sûr de son fait. « Avant même de faire l’objet d’une enquête de la part des forces de l’État, je suis allé devant les tribunaux et j’ai dit : « Messieurs, voici mon activité. Voici mes documents. Si c’est un crime, mettez-moi en prison ». »

Les résultats des analyses très attendus

Malgré tout, le président de E-Canna reste surpris des méthodes employées par les autorités espagnoles. « Je m’attendais à une attaque frontale, avec des inspections normales. Je n’ai jamais imaginé que cette attaque viendrait de derrière, avec une accusation sortie de nulle part et qui ne tient absolument pas la route », regrette-t-il. L’analyse des échantillons testés parmi les 32 tonnes saisies devraient déterminer avec précision les taux de cannabinoïdes présents dans les plantes. On saura alors si le cannabis d’E-Canna est légal ou non.

Francisco Carbo, lui, ne compte pas lâcher le business du chanvre. « Je ne vais pas abandonner une industrie qui est en pleine croissance et qui a un potentiel économique important, qui est sur le point d’être professionnalisée, car si nous, qui sommes des professionnels, fuyons, elle restera stigmatisée pour toujours. »

 

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Le développement de la filière du chanvre approuvé par le Sénat [GREENEWZ]

Le développement de la filière du chanvre approuvé au Sénat

Le développement de la filière du chanvre approuvé par le Sénat

Le groupe écologiste au Sénat a vu sa proposition de développement de la filière du chanvre et d’une meilleure réglementation du CBD adoptée, le 17 novembre 2022. Guillaume Gontard, porteur de cette proposition et président du groupe écologiste de la haute assemblée, s’est félicité de cette avancée sur le sujet du chanvre et du cannabis légal, qu’il considère comme « l’un des fils rouges de [s]on mandat ». Le texte a largement été soutenu dans l’hémicycle, avec179 voix pour et seulement 7 contre.

Bien sûr, cette résolution n’oblige en rien le gouvernement, mais « elle marque l’expression d’un souhait ou d’une préoccupation des parlementaires », explique Public Sénat. Et c’est en effet un projet porté de longue date par le groupe écologiste, appuyé par plusieurs forces politiques de tous bords, qui est largement à l’origine des débats sur le développement de la filière du chanvre, mais également de la filière du CBD, beaucoup plus sujet de controverse.

Un développement de la filière du chanvre nécessaire

Encore une fois, les nombreux atouts de la plante ont servi d’arguments forts pour pousser au développement de la filière. « Les débouchés sont considérables, mais largement sous exploités, a rappelé l’élu de l’Isère. La France est le troisième producteur mondial de chanvre. Le premier européen avec seulement 22 000 hectares […] La culture du chanvre ne nécessite pas de produits phytosanitaires, ni d’irrigation. Elle restructure et dépollue les sols et s’inscrit donc opportunément dans les rotations de cultures. »

Pour le sénateur socialiste Gilbert-Luc Devinaz, la filière du chanvre est un « pilier de la réindustrialisation écologiquement responsable. Qu’il s’agisse de filière de construction locale, des industries textiles, du développement des bioplastiques plus légers et compostables, d’une filière papier réinventée, du développement des produits cosmétiques, pharmaceutiques et de bien-être ». De quoi pousser rapidement au développement de la filière quand, en termes d’hectares cultivés, la France est en avance sur ses voisins européens.

Le gouvernement a confiance dans le chanvre…

Le groupe Les Républicains espère aussi le développement de la filière, notamment en termes économiques. Laure Darcos a par exemple regretté « l’impossibilité pour les maîtres d’ouvrage de valoriser financièrement le béton de chanvre par le biais des certificats d’économie d’énergie […] les maîtres d’œuvre ne peuvent donc pas prétendre aux aides de l’Etat au titre de la rénovation de l’habitat ». Des points qu’il est important de vite modifier pour pleinement intégrer le chanvre dans l’économie française.

Du côté du gouvernement, on admet que la « diversité des soutiens montre l’importance du sujet », comme l’a déclaré Dominique Faure, secrétaire d’État à la ruralité. « Sans en partager la totalité des préconisations, en particulier s’agissant de la réglementation des produits issus du chanvre, le gouvernement se saisira de cette résolution pour poursuivre et accélérer les réflexions indispensables pour un développement maîtrisé et ambitieux de la filière », a-t-elle ajouté, exprimant également l’attention du ministère de l’agriculture.

…Mais pas dans le CBD

Dominique Faure l’a bien exprimé, elle ne partage pas toutes les recommandations du Sénat. « Si le cannabidiol (l’une des principales substances actives du chanvre) n’est pas classé comme un stupéfiant, il s’agit quand même d’une substance psychoactive dont les risques pour la santé sont encore en cours d’analyse » […] Il n’a pas été établi que le CBD est dangereux mais il n’a pas non plus été établi scientifiquement dans quelle limite de consommation, il ne l’est pas […] Seule la science doit éclairer nos décisions », dit-elle à ce sujet.

« Le CBD n’entraîne pas d’addiction et les effets psychotropes sont inexistants, rétorque l’écologiste Thomas Dossus. Pourtant cette confusion règne au sommet de l’Etat […] Il faut cesser d’urgence cette confusion entretenue à dessein dans des buts moraux car des emplois et une filière agricole, industrielle ainsi que commerciale, sont en jeu ». Dont « plus de 30 000 emplois », estime-t-il.  « Il ne s’agit pas de contourner le débat sur la législation du cannabis. Il faut avoir une attitude rationnelle », souhaite de son côté la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Le développement de la filière du chanvre avance donc, mais celui du CBD reste flou.

 

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La Croatie pense au chanvre industriel pour sortir de la crise [GREENEWZ]

La Croatie pense au chanvre industriel

La Croatie pense au chanvre industriel pour sortir de la crise

Après la crise économique de 2008, la Croatie a été l’un des pays d’Europe les plus touchés par celle du Covid-19 en 2020. Sur les bords de l’Adriatique, on relève petit à petit la tête, alors que l’un des moteurs économiques du pays, le tourisme, avait cessé pendant de long mois. Après avoir retrouvé la croissance en 2021, la Croatie pense désormais au chanvre industriel afin de se positionner comme une puissance forte en la matière sur un marché européen en plein boum.

Directeur de la coopérative Dom konoplje, Mihael Zlovolic est persuadé que la culture massive de chanvre industriel ne peut que faire un bien fou, économiquement, à la Croatie. « Je suis convaincu que si tout ce projet était réalisé correctement et si des investissements systématiques étaient faits dans l’industrie à un niveau plus large, nous serions en mesure de nous débarrasser de toutes les dettes du pays et de sortir de la crise économique dans le mandat d’un seul gouvernement. Tout cela avec l’aide du chanvre industriel », lance-t-il dans les colonnes de Dnevnik, un quotidien industriel.

Un nécessaire cadre pour le chanvre industriel en Croatie

Mais pour y arriver, la Croatie doit encore s’ouvrir au chanvre, du côté des autorités notamment, qui ont tendance à rester dans un schéma très conservateur. « Il y a des cas où des gens se sont retrouvés au tribunal et où le juge n’était pas au courant des dernières modifications apportées à la loi sur la prévention de l’abus de drogues. Sans parler de la police. Mais je dois les féliciter, nous coopérons activement avec la police et les inspecteurs compétents qui nous aident beaucoup, mais il y a souvent des fonctionnaires qui voient un plant de cannabis et pensent immédiatement à la drogue », explique Mihael Zlovolic.

« Ces cas se produisent le plus souvent dans les petites communautés où non seulement les fonctionnaires ne connaissent pas le cadre juridique, mais où ils subissent également la pression de la population locale. Nous vivons encore dans une société conservatrice qui, lorsqu’elle voit quelqu’un planter un champ de chanvre industriel, réagit souvent de manière négative », poursuit le président, dont la coopérative réunit bon nombre des producteurs de chanvre croate.

Éduquer les Croates au chanvre

Il y a donc tout un travail d’éducation au chanvre à effectuer en Croatie. « Tout d’abord, il y a tellement de cas où les gens volent sans vergogne les plantes des petits producteurs que c’est devenu quelque chose qui doit être pris en compte dans le coût de production », regrette Mihael Zlovolic. Un phénomène que l’on croise aussi chez nous en France, où les vols de plants de chanvre industriel ou de CBD se multiplient, parfois avec une confusion du côté des voleurs, qui pensent subtiliser du cannabis chargé en THC quand il s’agit de CBD, ou en CBD quand il s’agit de chanvre industriel.

« Nous devrions travailler à éduquer la population et à fournir une base saine pour le développement de l’industrie croate du chanvre. L’objectif est de former une sorte de portail internet et de centre de connaissances et d’informations, où les personnes qui possèdent des connaissances et des compétences avérées seront en mesure d’éduquer tout le monde – non seulement les producteurs et les cultivateurs, mais aussi les gens ordinaires – parce que le chanvre est l’avenir », explique le directeur de la coopérative croate.

Un vrai désir de se lancer dans le chanvre en Croatie

Pour ce dernier, la Croatie est une terre prometteuse pour le chanvre. « Nous avons les connaissances, nous avons les conditions et nous le faire. Surtout quand vous avez ds personnes qui ont aussi une telle volonté et un tel désir de se lancer. La question est maintenant de savoir comment faire en sorte que les gens ordinaires le reconnaissent », s’interroge Mihael Zlovolic.

 

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Les pellets de chanvre, une alternative pour se chauffer ? [GREENEWZ]

Pellets de chanvre ou pellets de bois ?

Les pellets de chanvre, une alternative pour se chauffer ?

Les pellets de chanvre seraient-il la bonne alternative pour passer l’hiver au chaud ? Une option non négligeable pour les possesseurs de poêle à granules, qui voient les prix monter en flèche et les jours se refroidir. Et avec la situation actuelle, le pessimisme règne quant à l’hiver approchant. Le coût de l’énergie, comme l’électricité, les appels à la sobriété en raison de la situation internationale, les enjeux climatiques avec un hiver fait d’inconnu, sont autant de questions que se posent au quotidien les Français. Et pour y répondre, des nouvelles alternatives apparaissent.

Et ce notamment grâce au chanvre. Ses avantages sont nombreux et il revient au goût du chanvre, tant ses usages sont multiples. Il est facile à cultiver, peu demandeur en eau, pousse sans herbicide ni pesticide. Sa récolte est peu coûteuse et toutes les parties de la plante peuvent être utilisées. Les graines sont une source inépuisable pour l’alimentation notamment. Son huile sert par exemple l’industrie cosmétique, tandis que ses fibres sont utiles au secteur du textile, de la construction, de l’isolation…

Des pellets de chanvre à partir de biomasse

Mais le chanvre produit aussi de la biomasse, qu’on peut définir comme étant ce qu’il va rester de la plante après que toutes ses parties ont été transformées. Ces résidus, mélange fibreux de feuilles et de tiges, peuvent notamment servir de nourriture aux animaux d’élevage, comme nous avons pu déjà l’aborder, mais aussi être transformés, notamment en pellets de chanvre. L’entreprise nord-américaine eHemp House en produit et le Canada se fait spécialiste en la matière. La firme explique qu’avec « un acre (soit 0,4 hectare) de chanvre, vous obtiendrez dix tonnes de biomasse de chanvre ».

Celle-ci peut donc être transformée en pellets de chanvre, similaires à ceux que l’on fabrique en bois, notamment à partir des résidus dans les scieries. Mais avec la popularité des poêles à pellets et l’augmentation du prix des matières premières, la facture commence à être salée. Certains se tournent alors vers les pellets de lin, mais la demande est forte et les producteurs ne peuvent parfois pas assurer derrière. Et les prix augmentent. Ainsi, les pellets de chanvre pourraient être une bonne option et ils présentent de nombreux avantages.

Les nombreux avantages des granulés de chanvre

Avec les avantages liés à la culture du chanvre évoqués plus tôt, on peut ajouter le coût et l’empreinte de production du chanvre, bien plus économique et écologique de ceux du bois. Les pellets de chanvre ont donc un prix de vente inférieur. Mais ils sont loin d’être de moins bonne qualité que les pellets de bois. Au contraire, ils produisent notamment moins de cendres, seulement 2% contre environ 6% pour le bois. Et leur pouvoir calorifère est équivalent, ça chauffera donc autant avec du chanvre !

De plus, « les granulés de chanvre ne produisent pas de formations de mâchefer car la température de fusion des cendres du chanvre est similaire à celle du bois », explique les producteurs. Les pellets de chanvre ne sont pas non plus plus corrosifs que ceux en bois. Enfin, pour les personnes possédant déjà des poêles à granulés ou à pellets, il ne sera pas nécessaire de changer de brûleur. C’est donc un format plus économique qui comporte les mêmes avantages que le bois, avec quelques atouts en plus.

Un avenir radieux pour le chanvre

Seul petit bémol, pour le moment les pellets de chanvre ne courent pas les rues et il est parfois difficile d’en trouver. Mais en France, plus gros producteur européen de chanvre, c’est aussi une nouvelle alternative pour les cultivateurs. La transformation de la biomasse de chanvre en pellets est un atout de plus qui prouve bien que toutes les parties de la plante peuvent être utilisées, à des fins de nourriture pour animaux ou d’une source de chauffage plus économique. L’avenir semble radieux pour le secteur et une plante dont on redécouvre les nombreuses qualités.

 

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La Canebière, une histoire du chanvre à Marseille [GREENEWZ]

La Canebière, histoire du chanvre à Marseille

La Canebière, une histoire du chanvre à Marseille

La Canebière, célèbre artère marseillaise, est connue dans la monde entier. Son nom résonne aux oreilles de chacun, comme celui du Vieux Port par exemple. On le lit, on l’entend un peu partout, y compris dans certains chants des supporters de l’Olympique de Marseille, le club local, comme dans les textes de certains chanteurs et rappeurs. Mais la Canebière, tout le monde ne le sait pas, tire son nom du cannabis. Mais pas de celui qui se vend illégalement sous le manteau, ou légalement dans les boutiques du CBD !

En effet, le nom de Canebière évoque ici surtout le chanvre, et son aspect agricole ou industriel. Le nom lui-même est tiré de la plante. Il viendrait des termes canebiera et canebe en provençal, signifiant « chènevière », littéralement « le lieu où pousse le chanvre », lui même tiré du latin cannabis, dérivé – si l’on remonte encore plus loin – d’un mot thrace ou scythe, qui a donné kanab en persan, puis kannabis en grec ! Pour Marseille et sa Canebière, il faut remonter au XIVe siècle, période à laquelle la culture du chanvre va croître dans la région.

Au Moyen-Âge, du chanvre sur la Canebière ?

Mais comment sait-on que du chanvre était cultivé sur le lieu désormais appelé Canebière ? Grâce notamment aux travaux d’historiens, et plus précisément à ceux de Philippe Ponel, paléo-entomologiste à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE). Ce chercheur et son équipe se sont en effet penchés sur le lieu en y appliquant leur spécialité, l’étude des insectes à travers les âges. Lors du creusement du parking Charles de Gaulle à Marseille, ils ont récupéré de nombreux échantillons de sédiments.

« Entre le XIVe et le XVIIe siècle, soit la période que nous avons étudiée, le site où se trouve aujourd’hui la Canebière était une zone de campagne située à l’extérieur des limites de la ville », explique en préambule le scientifique. En croisant les résultats de son équipe avec ceux de paléo-palynologues, spécialistes des pollens, ils ont pu reconstituer ce qu’ils appellent le « paysage » local au tournant du Moyen-Âge et de l’époque moderne.

Une « culture diffuse » du chanvre à Marseille

Ainsi, grâce à leurs études, les chercheurs ont pu prouver qu’à l’emplacement de la Canebière poussaient des pins d’Alep, des figuiers, mais également… du chanvre. La découverte de pollens de chanvre dans des quantités importantes décrit donc une « culture diffuse » du chanvre sur la Canebière. Ces résultats sont parfaitement compatibles avec d’autres sources historiques, qui démontrent qu’un probable chantier naval se tenait à l’emplacement de l’actuel Quai des Belges à Marseille.

Nous l’avons déjà évoqué, notamment avec les manufactures de Locronan en Bretagne : le chanvre servait à l’époque à la conception de cordages et de voiles pour les navires. En 1296, le comte de Provence Charles II obtient de la ville une concession afin d’y installer des chantiers navals, comme l’ont prouvé les travaux de Marc Bouiron et Louis-François Gantes publiés en 2001. La culture du chanvre sert alors ces chantiers et va perdurer pendant environ 400 ans, avant que les terrains ne soient vendus à des promoteurs et que la construction de nouveaux quartiers débutent.

Du chanvre à… la bière !

Pourtant, la première mention du terme Canebière retrouvée par les historiens ne date que de 1672, « dans une délibération du Conseil tenu par le Bureau des Affaires de l’Agrandissement chargé de vendre les terrains, de dresser et faire exécuter les plans d’urbanisation ». L’origine du mot liée au chanvre va même être détournée par les marins anglophones. Au début du XXe siècle, ces derniers traduisaient Canebière par « can-o-beer » (« cannette de bière »), en raison des nombreux débits de boisson présents sur l’artère.

Le lien entre chanvre et Canebière a alors été peu à peu oublié, jusqu’aux récents travaux des historiens. Mais l’artère marseillaise est restée célèbre ! Ce n’est d’ailleurs pas le seul lieu en France qui tire son nom du chanvre et du cannabis. On peut notamment penser aux villes de Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), Chennevières-lès-Louvres (Val-d’Oise), ou Chenevières (Meurthe-et-Moselle), qui tirent toutes leur nom de la culture locale du chanvre.

EN BONUS : retrouvez sur le site de l’INA la vidéo « L’histoire de la Canebière », tirée d’une émission de 1960, à cette adresse !

 

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Au Sénat, un groupe veut promouvoir la filière du chanvre [GREENEWZ]

Au Sénat, le chanvre fait parler

Au Sénat, un groupe veut promouvoir la filière du chanvre

Le chanvre a le vent en poupe et, au Sénat, on souhaite lui donner encore plus d’élan. Ainsi, un groupe d’une cinquantaine de sénateurs, mené par l’écologiste Guillaume Gontard, a publié une tribune fin septembre pour affirmer sa volonté de promouvoir et développer la filière du chanvre, notamment industriel. Plus qu’une tribune, c’est « une proposition de résolution pour le développement économique de la filière et l’amélioration de la réglementation des produits issus du chanvre » qui a été déposée par la cinquantaine de sénateurs français de tous bords politiques.

L’idée première, c’est d’enfin clarifier la situation et la position de la France vis-à-vis du chanvre. Premier producteur européen, avec environ 22 000 hectares cultivés, notre pays jongle toujours entre un flou juridique autour des produits tels que le CBD et ses dérivés, une vieille image diabolisée de la plante et la forte répression qui va avec, et les enjeux environnementaux vis-à-vis desquels le chanvre peut avoir un grand rôle à jouer.

Loin d’être un « effet de mode »

Pour la cinquantaine de membres du Sénat, remettre le chanvre au goût du jour n’a rien d’un « effet de mode ». Car « tout est bon dans le chanvre », une plante jugée « magique » par Myriam Laïdouni-Denis, conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes. Une expression qui n’est peut-être pas des plus heureuses, car il n’y a rien de magique dans le chanvre, c’est plutôt une plante vertueuse. « Une plante historique », plutôt qu’une « plante à la mode », plaide avec plus de mesure Guillaume Gontard. Rappelons-le, en 1840, on comptait quelques 176 000 hectares de chanvre cultivés en France.

Ainsi, le Sénat appelle le gouvernement à un meilleur encadrement de la filière, afin que la culture du chanvre soit « facilitée ». À l’heure actuelle, « une question de normes », selon le sénateur de l’Isère, freine le secteur. Une question épineuse à laquelle le gouvernement ne semble pas capable de répondre à l’heure actuelle, confondant trop souvent THC et CBD, cannabis psychotrope et plante inoffensive. Et subissant l’opposition du ministère de l’intérieur, y compris dans le domaine du cannabis thérapeutique.

Donner les moyens à la filière du chanvre

Pour sortir de ce carcan de confusion – entretenu parfois sciemment -, le groupe de sénateurs souhaite d’abord mettre en évidence les possibilités offertes par le chanvre dans les domaines environnementaux et industriels. Une plante qui « restructure » et « aère » les sols, explique Guillaume Gontard, « qui pousse vite, résiste à la sécheresse parce que très peu gourmande en eau, ne réclame pas d’apports en produits chimiques », ajoute Le Figaro. C’est aussi « un puits de carbone » selon l’écologiste Daniel Salmon, et une opportunité de reconversion agricole.

Textile, papier, construction, isolation, cosmétique, voire même alimentation des animaux d’élevage… On peut tout faire ou presque avec le chanvre, qui peut intégrer l’industrie automobile ou l’effort éolien, avec la fibre de chanvre pour succéder à la fibre de verre. Mais pour cela, il faut un « énorme travail de structuration de la filière ». C’est-à-dire « créer la demande, ouvrir le marché, normer tout ça ». Mais aussi des investissements, car la transformation du chanvre nécessite la mise en place d’outils particuliers.

La question des fleurs toujours floue, regrettent des membres du Sénat

Mais au-delà de ces usages industriels du chanvre, les membres du Sénat souhaite aussi une clarification de la politique menée au sujet des fleurs et feuilles de la plante, notamment sur la question du CBD. « On est toujours dans un flou juridique », regrette Guillaume Gontard, dix mois après l’arrêté d’interdiction de vente recalé par le Conseil d’État. Pourtant, « la manne financière, représentée par la culture du chanvre CBD serait une bouffée d’oxygène pour les agriculteurs français », estime le sénateur.

En attendant, le groupe ayant déposé la proposition tente de mettre en valeur les usages industriels du chanvre, en visitant notamment des entreprises du secteur, impliquées dans le béton de chanvre par exemple, ou encore, dans le Nord, la rénovation de logements d’une cité minière, dont la nouvelle isolation sera faite grâce à la plante. En espérant que les coûts baissent au fur et à mesure que les moyens sont donnés au secteur d’exister.

 

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Du chanvre et du CBD pour nourrir les animaux d’élevage ? [GREENEWZ]

Du chanvre et du CBD pour les animaux d'élevage ?

Du chanvre et du CBD pour nourrir les animaux d’élevage ?

Donner du chanvre et du CBD à manger aux animaux d’élevage et au bétail, une idée folle ? Les États-Unis réfléchissent sérieusement à la question, dans un pays où le cannabis, et en particulier le chanvre agricole et industriel, retrouve ses lettres de noblesse. En 2021, plus de 21 000 hectares de chanvre ont été plantés aux USA, quasiment autant que la surface cultivée en France qui est, rappelons-le, l’un des plus gros producteurs européens.

Au-delà des usages classiques de la plante, pour la production de cannabis récréatif ou thérapeutique, dans la construction, l’isolation, le textile ou encore l’alimentation, les États-Unis cherchent à découvrir, ou redécouvrir, les nombreux bénéfices du chanvre. Dans l’Illinois, par exemple, comme nous l’avons déjà évoqué, on plante du chanvre pour aider à la dépollution d’un lac. Mais les universitaires de tout le pays cherchent de nouvelles opportunités afin qu’aucun élément de la plante ne soit gâché.

Du chanvre pour nourrir des agneaux ?

Des scientifiques du College of Agricultural Science, de l’Oregon State University, se sont par exemple demandé que faire de la biomasse de chanvre usagé. Ce sous-produit de la plante est en fait ce qu’il reste du chanvre une fois passé par un processus d’extraction des cannabinoïdes, comme le CBD. La biomasse de chanvre usagé n’a que peu de valeur sur le marché. Le professeur Serkan Ates et son équipe ont donc cherché un moyen d’utiliser à bon escient ce sous-produit.

Leur idée ? Tout simplement nourrir des agneaux avec du chanvre et notamment cette biomasse. Et ainsi tenter de prouver que ce type d’alimentation peut convenir aux animaux d’élevage, sans conséquence sur leur santé ou la qualité de leur viande ou de leur lait pour les individus concernés. « À notre connaissance, notre étude est la première à évaluer les effets de l’alimentation du bétail avec de la biomasse de chanvre usagé », a estimé Serkan Ates.

Pas de conséquence néfaste observée sur le bétail

Pour leur étude, les chercheurs ont donné à des agneaux mâles une alimentation dont la biomasse de chanvre usagé représentait 10% de leur alimentation totale – pour un premier groupe – et 20% de l’alimentation totale pour un second groupe. Puis, une période de retrait de quatre semaines a été observée, durant laquelle le chanvre était exclu de l’alimentation des animaux. Enfin, à l’issue de cette expérimentation, ils ont évalué la santé, le poids, analysé la qualité de la viande, les caractéristiques de la carcasse des agneaux.

Résultat ? « La qualité nutritionnelle de la biomasse de chanvre usagé est équivalente à celle de la farine de luzerne », communément donnée aux agneaux. Ces derniers digèrent d’ailleurs mieux ce nouvel aliment. Aucun effet sur le poids des animaux n’a été observé, ni sur la qualité de la viande. La façon dont a été affecté le métabolisme des animaux « n’est pas préjudiciable » et la capacité anti-oxydante a été améliorée. Seul bémol : la capacité du foie à extraire ou métaboliser un médicament a été diminuée.

« Bien que des recherches supplémentaires soient encore nécessaires, la biomasse de chanvre usagé peut être considérée comme un aliment sûr pour les ruminants et une bonne alternative à la farine de luzerne pour le bétail, surtout si elle présente un avantage économique », a conclu Serkan Ates.

Et les cannabinoïdes dans tout ça ?

Parallèlement, au Kansas, des chercheurs ont voulu observé les effets des cannabinoïdes sur les animaux d’élevage. Et en particulier du CBD, présent dans l’alimentation en chanvre sous sa forme naturelle, le CBD-A. Du chanvre enrichi a donc été donné à huit vaches de la race Holstein, tandis qu’un groupe témoin était composé de huit autres individus. Une dose journalière d’environ 5,5 mg de CBDA par kilogramme de poids corporel était contenue dans l’alimentation des animaux – une alimentation composée, donc, d’un mélange contenant du chanvre.

Et les échantillons de sang prélevés ont montré que les niveaux de stress de ces vaches avaient baissé. Mais cet apaisement était aussi visible dans le comportement des animaux : ces derniers ont passé beaucoup plus de temps allongés, preuve d’une certaine détente, que leurs homologues du groupe témoin. La digestion du chanvre ne suscite là aussi aucune inquiétude, au contraire, et ne laisse aucune trace de cannabinoïdes dans la viande ou le lait.

Reste à mener d’autres études complémentaires pour convaincre la FDA. Car la Food and Drug Administration n’autorise pas encore l’usage du chanvre dans l’alimentation des animaux d’élevage. Mais l’intérêt croissant du secteur agricole pour la plante devrait rapidement faire évoluer la situation.

 

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La filière du chanvre cherche des agriculteurs en France [GREENEWZ]

La filière du chanvre cherche des agriculteurs

La filière du chanvre cherche des agriculteurs

La filière du chanvre, notamment dans le secteur industriel, se cherche des bras ! Avec plus de 20 000 hectares cultivés sur le territoire, la France est l’un des premiers producteurs mondiaux de chanvre. Pourtant, dans le pays, la plante est très loin de son âge d’or. En 1860, on en comptait 176 000 hectares sur nos terres. Si la production s’est par la suite effondrée, le chanvre revient petit à petit en odeur de sainteté. Mais il y a du retard à rattraper.

Car après le tout pétrole et le tout coton, les avantages du chanvre industriel ressurgissent, comme s’ils avaient été un temps oubliés. Sa facile croissance, son faible besoin en eau, l’utilisation de toutes ses parties… Tous ces points, avec les enjeux liés au réchauffement climatique, captent l’attention des agriculteurs et producteurs. La filière du chanvre se renforce, mais cherche maintenant des bras en plus pour satisfaire une demande en forte croissance.

Journées portes ouvertes et découverte du chanvre

Pour permettre à la filière du chanvre de croître, d’attirer agriculteurs et producteurs, et répondre aux besoins, il faut intéresser. C’est pour cette raison qu’aux Brouzils, en Vendée, la Cavac (Coopérative agricole Vendée approvisionnement céréales) a organisé une journée chanvre, comme le raconte Ouest-France.

Le premier objectif ? Faire découvrir, ou redécouvrir, la plante aux milles vertus. Elle est « relativement autonome, peu demandeuse en eau [et] assure une rotation bénéfique contre la reproduction des bioagresseurs ».

« L’intérêt de cette plante, c’est qu’elle recouvre rapidement le sol et empêche les mauvaises herbes de se développer », explique Nicolas Danieau, du Gaec (groupement agricole d’exploitation en commun) La Mitonnière. « La population mondiale augmente, il faudra la nourrir et trouver des solutions. Or, le chanvre n’a pas besoin de produits phytosanitaires et demande très peu d’eau », ajoute, à L’Éveil Normand, Ludovic Rivière, un des pionniers de la filière du chanvre dans l’Eure.

Démontrer l’utilité du chanvre

Hervé Pottier, directeur de la Cavac biomatérieux, liste quant à lui les nombreux débouchés. « Nous travaillons le chanvre depuis quatorze ans et nous avons acquis pas mal de connaissances. La fibre est utilisée pour l’isolation des maisons, dans la construction automobile, la papeterie et le textile. La chènevotte, qui est la partie bois de la tige de chanvre, sert pour le paillage, la litière animale ou encore les enduits chaux-chanvre dans le bâtiment. Nous travaillons également le béton de chanvre… » La filière du chanvre est riche et diversifiée.

Mais le chanvre est aussi bénéfique à d’autres cultures. Comme l’expérimente la Cavac. « Le blé cultivé après du chanvre obtient systématiquement une meilleure fertilité, avec cinq à dix quintaux à l’hectare en plus. Par ailleurs, le chanvre offre la possibilité de semer le blé en semis direct car son pouvoir recouvrant aura bien nettoyé le sol des adventices (mauvaises herbes, ndlr). On économise ainsi des charges de mécanisation », explique Nicolas Danieau.

« Depuis mars, nous menons ici différents essais : sur la fertilisation azotée, sur la date et la densité des semis, sur des variétés plus ou moins productives, sur l’impact positif ou négatif du couvert végétal semé entre le blé et le chanvre », ajoute Antoine Moinard, qui travaille au service agronomie de la Cavac.

La filière du chanvre veut lutter pour la planète

La faible consommation en eau du chanvre, ainsi que l’absence d’usage de pesticides, est aussi un atout environnemental. D’abord en période de sécheresse. « J’ai 65 hectares de lin et j’ai peur de ne pas pouvoir le récolter, s’inquiète Ludovic Rivière. Nous avons semé au mois de mars et nous n’avons pas eu une goutte d’eau pendant un mois. Il faut que la plante lève à 65-70 cm. Autrement, on ne peut pas teiller ».

Le chanvre, de son côté, « résiste bien à la sécheresse », confie Damien Odienne, lui aussi exploitant dans l’Eure. « Je sème différentes cultures pour réduire les risques liés au climat et aux aléas type ravageurs ou maladies. En bio, nous avons moins de possibilités d’agir ». Pour Ludovic Rivière, cela va plus loin : « Si chaque agriculteur en semait de trois à cinq hectares, nous aurions un levier pour lutter contre le réchauffement climatique ».

Et les choses commencent à bouger. « Aujourd’hui, la filière du chanvre est importante. On accompagne les agriculteurs pour changer leur modèle économique », conclue Hervé Pottier.

 

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Le Japon dévoile son passé de terre de chanvre au musée [GREENEWZ]

Une exposition retrace les liens du Japon avec le cannabis

Le Japon dévoile son passé de terre de chanvre au musée

Aujourd’hui, le Japon vit un moment compliqué de son histoire avec le cannabis. Le pays possède des lois très strictes quant à l’usage et la possession de cannabis et n’autorise pas plus son utilisation dans le cadre médical et thérapeutique. La plante jouit plutôt d’une mauvaise réputation et les cultures industrielles se font, elles aussi, rares. Pourtant, le Japon et le chanvre ont, par le passé, partagé une riche histoire commune. Une exposition retrace ces liens forts tissés avec la plante au pays du soleil levant.

Le Japon, ancienne terre de chanvre

Si vous passez par Barcelone, n’hésitez pas à faire un tour au Hash Marihuana & Hemp Museum. L’antenne catalane de ce musée d’Amsterdam fête ses dix ans en 2022 et propose, pour l’occasion, une exposition sur le chanvre au Japon, intitulée Cannabis Japonica. Celle-ci offre « un fascinant voyage dans le monde de la mode vestimentaire japonaise mettant en lumière les liens culturels du Japon avec la plante de cannabis ».

C’est donc au regard de vêtements, pièces de tissus et accessoires que l’exposition permet de découvrir un pan de l’histoire du pays. « Cannabis Japonica révèle les liens profonds de l’archipel avec la plante de cannabis et son rôle essentiel dans la création de vêtements uniques et magnifiques d’une grande importance culturelle », informe le musée.

L’apprenti qui voulait devenir ninja

Pour démontrer ces « liens profonds » entre le chanvre et le Japon, l’exemple donné est celui d’une histoire traditionnellement racontée aux enfants. Elle décrit l’entraînement au saut des apprentis ninja, où le chanvre tient le rôle principal. « L’étudiant ninja plante un lot de chanvre lorsqu’il commence sa formation et s’efforce de sauter par-dessus les plantes tous les jours », commence l’histoire.

« Au début, ce n’est pas un défi, mais le chanvre croît très vite, tout comme la capacité de saut du ninja. À la fin de la saison de croissance, le guerrier peut sauter au-dessus de pieds de chanvre de 3 à 4 mètres de haut », se conclut-elle. Une image qui dépeint surtout une époque où le cannabis prenait une place importante au sein de la société japonaise, ce que l’exposition Cannabis Japonica propose de découvrir.

Chigusa no hana, Kono Bairei, 1890
Chigusa no hana, Kono Bairei, 1890

Une matière première commune mais précieuse

Le musée invite donc dans cette époque où le chanvre poussait communément dans l’archipel. « À l’approche du printemps, chaque ménage rural plantait quatre à cinq rangées de graines de chanvre. Le tout dans le but principal d’en récolter les fibres. « Le chanvre cultivé était la principale source de fibres de la famille pour le tissage des vêtements. Et c’était aussi une importante source de revenus, car les marchands de la ville achetaient les meilleures fibres de chanvre ».

Grâce au tissage du chanvre, les Japonais ont fabriqué de superbes étoffes, du quotidien ou d’apparat, pour toutes les classes de la société. « Ce chanvre aux qualités soyeuses a été utilisé pour créer les vêtements les plus précieux, des kimonos d’été aux armes de samouraï » en passant par les « vêtements des prêtres shintoïstes ». Des pièces que le Hemp Museum de Barcelone met parfaitement en valeur, le tout accompagné de belles archives iconographiques et photographiques.

« Au soleil couchant
Sur le chanvre fauché
Une averse de passage »

Haïku de Masaoka Shiki

Le chanvre, une affaire de femmes au Japon

Tous les aspects de la culture du chanvre sont abordés. Notamment le lien spécial entre le femmes japonaises et la plante. « Chaque aspect du travail lié au chanvre, de la plantation au tissage, était le travail des femmes. Et cela a continué à être le cas pendant l’ère Meiji, lorsque le Japon est rapidement devenu un empire industrialisé ».

Comme au sein de nombreux pays industrialisés au XXe siècle, le cannabis et le chanvre vont largement être supplantés par le pétrole, notamment dans le secteur textile avec l’arrivée du nylon. Il va aussi être diabolisé, interdit et lourdement puni. Aujourd’hui, un consommateur de cannabis dans l’archipel risque jusqu’à cinq ans de prison.

L’exposition Cannabis Japonica est à voir à Barcelone au Hash Marihuana & Hemp Museum jusqu’au 26 février 2023. L’entrée est gratuite !

 

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Hildegarde de Bingen et son usage du chanvre au Moyen-Âge [GREENEWZ]

Hildegarde de Bingen

Hildegarde de Bingen et son usage du chanvre au Moyen-Âge

L’utilisation de la plante appelée communément cannabis n’est pas récente. Et Hildegarde de Bingen, moniale et abbesse (mais pas seulement) allemande du XIIe, a participé à donner au chanvre ses lettres de noblesse. Si la plante est connue depuis déjà des millénaires, les écrits de Hildegarde de Bingen vont servir de référence en la matière pendant longtemps.

Ses connaissances botaniques, médicales, mais aussi sa forte spiritualité accompagnée de sa part de mystique nous permettent de mieux comprendre comment et pourquoi le cannabis était utilisé au Moyen-Âge, le tout étant consigné dans une de ses oeuvres majeures : Physica ou De la nature.

Qui est Hildegarde de Bingen ?

Hildegarde de Bingen est une personnalité singulière de l’Église catholique. Elle naît vers 1098 dans l’actuelle Hesse, au coeur de l’Allemagne d’aujourd’hui. Dixième enfant d’une famille noble, elle fut, dès sa naissance, vouée au service de Dieu par ses parents. Elle « fut offerte à l’état religieux » à huit ans, et reçoit le voile à 14 ou 15 ans. En 1136, elle est élue abbesse du monastère de Disibodenberg, avant de fonder l’abbaye de Rupertsberg entre 1147 et 1150.

Dès son plus jeune âge, Hildegarde de Bingen est prise de visions. « Dans la troisième année de mon âge, j’ai vu une telle lumière que mon âme en a été ébranlée, mais à cause de mon enfance je n’ai rien pu en dire », écrit-elle. Plutôt réticent au sujet des femmes visionnaires, la papauté reconnait néanmoins les dons de cette « véritable mystique », grâce notamment à l’appui de Bernard de Clairvaux.

L’oeuvre de Hildegarde

« Femme cultivée, spirituellement élevée et capable d’affronter avec compétence les aspects liés à l’organisation de la vie » d’une abbaye, Hildegarde de Bingen profite de son savoir, de sa position et de ses visions pour rédiger de nombreuses oeuvres, notamment théologiques.

Mais ses écrits sont très variés : poésie, musique, médecine… L’abbesse aborde alors bien des thématiques. « Tout ce que j’ai écrit en effet lors de mes premières visions, tout le savoir que j’ai acquis par la suite, c’est aux mystères des cieux que je le dois (…) Ma vision, ce sont les yeux intérieurs de mon esprit, et les oreilles intérieures qui me l’ont transmise », explique-t-elle.

Le chanvre dans Physica

Voyante et guérisseuse, Hildegarde de Bingen est considérée comme la première naturaliste d’Allemagne. Elle étudie la nature et la médecine grâce à d’anciens récits savants, des coutumes populaires et sa propre expérience. Les jardins du monastère lui donnent un accès direct aux plantes. Elle réunit ce savoir dans Physica, une compilation de description de plus de 300 plantes et de dizaines d’animaux. Ses écrits ont des visées thérapeutiques, Hildegarde décrit donc les effets des plantes sur le corps humain.

Et le cannabis a toute sa place. Elle dit notamment de sa graine qu’elle « contient la santé et, pour les gens en bonne santé, le chanvre constitue une saine nourriture ; dans l’estomac, il est léger et utile, parce qu’il diminue quelque peu les écoulements d’humeurs, et on peut le digérer facilement, et il diminue les humeurs mauvaises et renforce les bonnes ».

Une bandelette de chanvre est excellente pour panser les ulcères et les plaies.

Elle ajoute : « À celui qui a la tête en bonne santé et le cerveau plein, il ne fait point de mal ». Autre conseil ? « Une bandelette de chanvre est excellente pour panser les ulcères et les plaies, parce qu’il y a en elle une chaleur modérée ». Il « réconforte et remet en place » l’estomac si on l’utilise sur le ventre dans un linge chaud. Mais attention, « si on a la tête fatiguée et le cerveau vide, et que l’on mange du chanvre, celui-ci provoquera facilement une légère douleur dans la tête ».

Sainte Hildegarde de Bingen

Maux de ventre, de tête… Les écrits de Hildegarde de Bingen nous renseignent sur les pratiques du Moyen-Âge, dont l’usage du cannabis que l’on retrouverait dans les jardins médicinaux des monastères. La vie bien remplie de cette femme unique prend fin en 1179. Mais elle sera canonisée et nommée Docteur de l’Église en 2012, par le pape Benoît XVI.

 

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Dans l’espace, le cannabis prend de l’altitude ! [GREENEWZ]

Du cannabis dans l'espace ?

Dans l’espace, le cannabis prend de l’altitude !

Envoyer du cannabis dans l’espace, une idée de fou ? L’entreprise américaine Redwire Corporation s’apprête à envoyer du chanvre dans les étoiles pour le cultiver au sein de la station spatiale internationale. Mais ce n’est pas la première fois que la plante est envoyée dans l’espace. Et l’objectif n’est pas d’alimenter les astronautes en produits psychotropes, loin de là !

Ce sont bien les effets de l’espace qui sont étudiés par les scientifiques et les astronautes. L’apesanteur, son absence notamment, la micro-gravité, et d’autres facteurs pourraient agir sur les plantes et les cultures. Et c’est ce qu’on essaye de démontrer depuis maintenant plusieurs années. Petite histoire des voyages spatiaux du cannabis !

En 2017, du cannabis à 32 km du plancher des vaches !

La première véritable incursion du cannabis dans l’espace a eu lieu en 2017. Associé au dispensaire de Scottsdale, Herban Planet a voulu tenter l’expérience d’envoyer de la marijuana dans les étoiles. Pour ce faire, Herban Planet a collaboré avec des scientifiques mais surtout avec Sent Into Space, une entreprise spécialisée dans… l’envoi de diverses choses dans l’espace !

C’est ainsi que quelques grammes de Girl Scout Cookie ont fait le grand voyage. « Nous voulons voir quels effets ces conditions défavorables peuvent avoir sur le cannabis. UV, rayonnement solaire, congélation… Tous ces phénomènes peuvent avoir un effet sur l’échantillon », expliquait alors le docteur Chris Rose. Accroché à un ballon météorologique, le cannabis est donc parti pour 32 km d’ascension !

Bien sûr, nous sommes aux États-Unis, les 450 grammes de cannabis ont ensuite été vendus sous le nom de Space Weed Bros, une variété… stratosphérique !

Les plantes subissent-elles des mutations dans l’espace ?

Sans doute un peu plus sérieusement, l’expérience menée en 2020 avait elle aussi un but scientifique, mais sans l’idée de faire le buzz ou du business. Pour déterminer si l’absence de gravité pouvait altérer  génétiquement ou faire muter des organismes végétaux, la société de biotechnologie agricole Front Range Biosciences a également envoyé du cannabis dans l’espace.

480 cultures de cellules végétales ont ainsi été placées dans un incubateur spécialement conçu pour l’espace et acheminées vers la station spatiale internationale via SpaceX. « C’est la première fois que quelqu’un étudie les effets de la microgravité et des vols spatiaux sur les cultures de cellules de chanvre et de café, déclarait Jonathan Vaught, cofondateur de Front Range Biosciences.

« Il existe des données scientifiques pour soutenir la théorie selon laquelle les plantes, dans l’espace, subissent des mutations. C’est l’occasion de voir si ces dernières se maintiennent une fois sur Terre, et s’il y a de nouvelles applications commerciales. » Après un mois dans l’espace, les cultures ont fait le retour sur la terre ferme et font toujours l’objet d’analyses.

Faire pousser des plantes dans l’espace, un défi important

Mais une nouvelle étape se prépare. Après l’envoi de cannabis et de cellules végétales, il est temps de faire pousser du chanvre dans l’espace. C’est l’objectif de Redwire et Dewey Scientific pour une expérimentation qui débutera au printemps 2023. Du chanvre industriel sera donc cultivé dans une serre pendant 60 jours à bord de la station spatiale internationale.

« Redwire Greenhouse élargira les possibilités de découvertes scientifiques afin d’améliorer la production végétale sur Terre et de permettre des recherches essentielles pour la production végétale dans l’espace, au profit des futurs vols spatiaux habités de longue durée », a expliqué Dave Reed, directeur des opérations de la firme.

« Les cultures dans l’espace seront un point critique pour les futures missions d’exploration, car les plantes fournissent de la nourriture, de l’oxygène et peuvent récupérer l’eau. La recherche sur la production végétale dans l’espace va fournir des informations essentielles pour les missions Artemis de la NASA et au-delà », a-t-il conclu. Rendez-vous en 2023 !

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Utiliser du chanvre au jardin pour un potager parfait ! [GREENEWZ]

Utiliser du chanvre au jardin

Utiliser du chanvre au jardin pour un potager parfait !

Quand on pense au chanvre, on s’imagine ces plants de cannabis aux très intéressantes propriétés, comme leur capacité à nettoyer les sols ou leur faible besoin en eau. Mais utiliser du chanvre est possible de bien des manières. Nous avons déjà évoqué le cas de la ville de Decatur, qui va tenter de dépolluer son lac grâce à des plantations de chanvre. Mais la plante permet aussi de prévenir, avant de guérir. Et peut être utilisée directement dans votre jardin !

Du chanvre un peu partout en France

Le chanvre est cultivé un peu partout en France. Et pas seulement pour le secteur du CBD, bien au contraire. Car toutes les parties de la plante peuvent être utilisées. En cosmétique, pour les parties sommitales. Dans le bâtiment, pour l’isolation notamment, pour le corps de la plante. Ou pour faire du paillage, avec la partie basse aussi appelée chènevotte. Ainsi, on compte donc quelques 20 000 hectares de chanvre dans l’Hexagone.

Mais certaines des utilisations de la plante restent méconnues. France Info prend notamment l’exemple de l’entreprise Géochanvre, basée en Bourgogne. Elle s’est spécialisée dans la confection de toiles de chanvre « destinées au jardin et aux entreprises du paysage ». Leur atout principal ? Éloigner les mauvaises herbes. Mais pas seulement, utiliser du chanvre sous forme de toiles permet de garder un sol plus frais.

Utiliser du chanvre dans son jardin, quels avantages ?

Gérald Bayette, directeur de Géochanvre, explique le concept. « Nos toiles s’utilisent partout où vous ne souhaitez pas avoir de mauvaises herbes. Concrètement, vous pouvez l’étaler dans une allée. Les produits sont disponibles sous forme de dalles, de disques de 2 à 3 millimètres d’épaisseur. Nous fabriquons aussi des rouleaux d’un poids maximum de 20 kg. C’est facile à porter et à dérouler ».

Toile de paillage en chanvre
Toile de paillage en chanvre/Adobe Stock.

Et dans un potager, rien de plus simple. Utiliser du chanvre vous permet « d’entourer vos plantations de fraises, de tomates, de tous les légumes ». Mais les toiles de chanvre sont aussi prisées à plus grande échelle. « Nous travaillons aussi pour l’agroforesterie, précise Gérald Bayette. En 2021, nous avons fourni de la toile pour 400 km de plantations de haies. Les toiles sont pré-percées et il suffit de glisser les plants à l’intérieur des trous ».

De plus, les toiles de chanvre permettent, comme nous l’évoquions, de maintenir un sol frais. Son pouvoir isolant entraîne une baisse significative de la température. Certaines études ont prouvé « qu’en pleine canicule à 45°C, une dalle posée au pied d’un végétal fait chuter cette température de 15°C ».

Du chanvre pour remplacer le plastique ?

Utiliser du chanvre sous cette forme offre également une réponse à certains enjeux écologiques. « En termes d’éthique et de ligne de conduite, c’est pour nous la solution pour remplacer le plastique, utilisé dans les jardins et espaces verts. Cette réflexion nous a aussi amenés à fabriquer des produits dérivés en créant, par exemple, des sacs végétaux qui ont une longue durée de vie. En fin de vie, ces produits rejoignent le compost ou les déchets verts ».

Une forme, également, de retour aux sources, quand la France du XIXe siècle cultivait sur ses terres quelques 176 000 hectares de chanvre, en 1860. Puis, le tout plastique est passé par là, et le retour aux alternatives végétales et écologiques se fait très difficilement, malgré des enjeux majeurs.

De nouvelles alternatives

La production de Géochanvre va croissante. Au point d’ouvrir un deuxième site dans le sud-ouest de la France. Et de diversifier son activité. Une litière pour les animaux de compagnie sous forme de tapis. Des plages arrières pour les voitures. Mais aussi « des moquettes pour l’événementiel. Quand un salon est terminé, cette moquette rejoint le compost ou (…)  est redécoupée pour être utilisée par les maraîchers ». Des débouchés nombreux et une belle alternative pour de nombreux secteurs.

 

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Du chanvre pour dépolluer le lac Decatur dans l’Illinois [GREENEWZ]

Du chanvre pour dépolluer le lac Decatur

Du chanvre pour dépolluer le lac Decatur dans l’Illinois

Améliorer la qualité de l’eau ? Utiliser du chanvre pour assainir et dépolluer un lac dans l’Illinois, aux États-Unis ? C’est le projet de la ville de Decatur, située dans l’État de l’Illinois, entre Chicago et Saint-Louis. Pour ses 70 000 habitants, Decatur bénéficie d’un lac artificiel, créé en 1920, avec pour but d’alimenter la ville en eau.

Mais ce réservoir de 11 km², partie intégrante du paysage de la municipalité, pose plusieurs coûteux problèmes aux dirigeants locaux. L’utilisation du chanvre pourrait néanmoins régler la situation du lac Decatur.

À Decatur, un lac pollué

En 1920, Decatur met en place la création d’un lac artificiel. Ce dernier doit notamment servir l’industrie liée au maïs. Le traitement du maïs, en particulier sa transformation en éthanol, est en effet très gourmand en eau. Les industriels de la région voient donc du meilleur oeil cet important projet. En 2007, 76% de l’eau du lac Decatur étaient utilisés à des fins commerciales et industrielles. Cependant, au fil des décennies, des problèmes ont commencé à émerger.

En effet, les bassins versants du lac Decatur sont occupés par des terres agricoles, d’où provient du limon qui se dépose au fond du réservoir. Le limon, c’est le produit de l’érosion des terres des bassins versants, des particules minérales très fines. Elles peuvent se déposer dans le lit des rivières ou des fleuves, comme rester en suspension dans l’eau, la rendant ainsi trouble.

En raison également des cultures en amont, les niveaux de nitrate dans le lac Decatur sont élevés et peuvent entraîner la prolifération d’algues riches en azote et potentiellement dangereuses pour l’humain et l’animal.

Du chanvre pour éviter un autre coûteux dragage ?

La pollution du lac Decatur pose donc de nombreux problèmes, pour l’activité industrielle comme touristique du site. Le tout coûte très cher à la ville de Decatur et à l’État. En 2018, un projet de dragage des limons et algues s’est terminé. Il a duré quatre ans et, s’il a permis d’augmenter la capacité du lac de 30%, il a coûté la bagatelle de 91 millions de dollars. D’où l’idée d’utiliser du chanvre.

Mais comment ? Tout simplement en en plantant dans certaines zones ciblées, notamment vers les sous-bassins versants. Car le chanvre est une plante dont les racines ont des propriétés particulièrement intéressantes. Dans un premier temps, couvrir des espaces nus avec du chanvre permet de limiter l’érosion des sols, donc potentiellement du limon. Avec des sols plus stables, l’écoulement naturel emportera moins de particules.

Parallèlement, avec du chanvre, on peut dépolluer les sols. Les racines de la plante sont un excellent filtre qui permet notamment d’éliminer certains métaux lourds. Dans le cas de Decatur, le projet vise à réduire l’azote nitrique présent en bout de chaîne dans les eaux du lac. On estime que les plantations de chanvre pourraient réduire de 50% les sédiments et de 20% l’azote nitrique à Decatur.

« Accélérer l’industrie du chanvre » en montrant ses avantages

Et le projet plait. Decatur a reçu une aide fédérale de près de 10 millions de dollars de la part du ministère américain de l’agriculture. Il est par ailleurs soutenu par la NHA, National Hemp Association, et la HIF, Hemp Innovations Foundation, deux importants organismes qui agissent pour l’industrie du chanvre et son développement.

En accord avec la ville et l’association des cultivateurs de chanvre de l’Illinois, la NHA assure que « ce projet donnera un coup d’accélérateur à l’industrie du chanvre dans l’Illinois, tout en démontrant les avantages environnementaux et économiques » de l’utilisation de la plante.

« C’est une opportunité excitante de continuer nos efforts d’amélioration de la qualité des eaux du lac Decatur », s’est pour sa part réjouie Jennifer Gunter, responsable de la gestion du réservoir. Ce projet, étalé sur cinq ans, fait partie des « stratégies innovantes », en bonne « intelligence environnementale », que promeut la NHA, notamment dans le Midwest américain.

 

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Locronan, cité bretonne du chanvre et des tisserands [GREENEWZ]

Locronan, cité du chanvre et des tisserands

Locronan, cité bretonne du chanvre et des tisserands

À Locronan, dans le Finistère, une riche histoire se présente aux yeux des passants. Dans cette petite cité bretonne de 800 âmes, et notamment autour de la Place de l’Église, de superbes demeures en granit témoignent de son passé prospère. On peut notamment y découvrir l’Hôtel de la Compagnie des Indes ou encore le Bureau des Toiles, bâtis au cours du XVIIe siècle. Deux noms qui évoquent ce qui donna ses lettres de noblesse à Locronan : le tissage des toiles et des voiles de lin, mais surtout de chanvre.

L’essor des toiles de chanvre de Locronan

C’est vers la fin du Moyen-Âge, au XIVe siècle, que la petite cité de Locronan commence son essor. Le climat de la Bretagne d’alors, ses nombreux cours d’eau, favorisent la culture du chanvre et du lin. Les tisserands transforment les plantes en toiles, puis les toiles en voiles pour équiper les bateaux. Mais Locronan bénéficie d’un contexte encore plus favorable. En effet, la cité attire de nombreux pèlerins en raison du prestige de Saint-Ronan et de la présence de son tombeau, notamment lors de la Troménie, une fête et tradition annuelle.

Locronan acquiert parallèlement la faveur des Ducs de Bretagne, qui lui accordent de nombreux privilèges et avantages fiscaux. Enfin, la cité bénéficie de la proximité du port de Pouldavid, aujourd’hui sur la commune de Douarnenez. Le chanvre, quant à lui, pousse en abondance dans les environs. Il est acheminé à Locronan, où s’installent petit à petit tisserands et marchands. La manufacture de toiles prend peu à peu son essor et les voiles de Locronan, robustes et d’excellente qualité, sont de plus en plus réputées.

Une renommée internationale

Aux XVIe et XVIIe siècles, la renommée de la manufacture de Locronan atteint son apogée. Ses voiles sont exportées dans toute l’Europe et acquièrent le surnom d’olonnes (ou poldavi/pouldavi, de Pouldavid), car vendues par les marchands finistériens sur les côtes vendéennes, notamment à La-Chaume-d’Olonne ou Saint-Gilles-d’Olonne. Mais elles restent aussi en Bretagne, où Penmarc’h est l’un des principaux ports d’armement européens, notamment pour la flotte commerciale.

De là, elles vont équiper les vaisseaux de la marine royale française, de nombreux navires anglais, mais aussi ceux de la compagnie des Indes, qui s’installe directement dans la cité bretonne. On dit aussi que les voiles de chanvre de Locronan équipaient l’invincible armada espagnole et les caravelles de Christophe Colomb.

Enfin, déformé par l’usage, on trouve notamment en Angleterre le terme « lockram » pour désigner une toile de chanvre ou de lin plus ou moins fine. Une déformation de Locronan, que l’on retrouve d’ailleurs dans Coriolan, de Shakespeare.

Une production de grande qualité…

Le succès des toiles de Locronan attire dans la cité marchands, artisans, tisserands, petite noblesse et petite bourgeoisie assurant une certaine prospérité. Le XVIIe siècle marque la constitution du patrimoine architectural encore visible aujourd’hui, notamment autour de l’église Saint-Ronan, avec de belles demeures de granit. En 1751, on compte encore 151 métiers à tisser à Locronan sur les 406 que compte la région.

Le sérieux des artisans se reflète dans la qualité des toiles, le tout encadré, au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, par un véritable cahier des charges émis par le Conseil d’État du Roi. La production passe par le Bureau des Toiles qui atteste de leur conformité et de leur qualité.

Arrêt du Conseil d'Etat du Roi 1742 Locronan
Arrêt du Conseil d’État du Roi, 1742. ©Wikimedia Commons

…Qui décline peu à peu

Mais rapidement, au cours du XVIIIe siècle, l’activité décline. En 1764, la cité doit faire face à la concurrence de la nouvelle manufacture royale de Brest, mais également à celle des toileries de Vitré et des noyales, un peu plus à l’Est. En 1771, un inspecteur des manufactures explique également ce déclin par « la mauvaise filature et de mauvais procédés de fabrication ». La condition des tisserands devient très difficile, si bien qu’on ne compte plus que 15 métiers à tisser à Locronan en 1813.

L’abandon progressive des voiles dans la marine, le développement du tissage mécanique et la disparition progressive de l’artisanat finissent d’achever l’activité et la prospérité de la cité, qui tombe peu à peu dans l’oubli. Un oubli qui a néanmoins permis la conservation du patrimoine architectural de Locronan, devenu l’un des plus beaux villages de France. Le dernier tisserand de Locronan, lui, a cessé son activité en 1914.

Pour en savoir plus, rendez-vous à Locronan !

 

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Greenboyz CBD version 2 : nouveaux prix, nouveaux produits, nouveau site !

Greenboyz CBD version 2 nouveau site

Greenboyz CBD version 2 : nouveaux prix, nouveaux produits, nouveau site !

Greenboyz CBD version 2, c’est parti ! Bienvenue sur notre nouvelle boutique en ligne. Après maintenant deux ans d’existence, il était temps pour Greenboyz CBD de faire peau neuve. Nous vous retrouvons donc dès à présent avec plaisir sur greenboyz.fr avec le plein de nouveautés. Une identité visuelle plus en accord avec les standards actuels. Une expérience d’utilisation et une navigation facilitée, mettant en valeur nos produits au CBD et au chanvre bien-être.

De nouvelles rubriques font également leur apparition chez Greenboyz. Elles accueillent notamment des produits inédits de notre tout nouveau catalogue. Vous retrouverez évidemment nos fleurs de CBD, nos résines 100% made in France, mais aussi des cosmétiques, huiles pour animaux, ou les incontournables de la CBD Food ! Toutes ces nouveautés viennent avec une baisse importante de nos prix, ainsi qu’un programme de fidélité

Une toute nouvelle boutique en ligne

Il fallait bien se l’avouer un jour ou l’autre : notre site commençait à prendre un coup de vieux ! Afin de vous faciliter la vie et de rendre plus agréable votre visite chez Greenboyz, nous avons décidé de vous proposer la nouvelle mouture sur laquelle vous naviguer actuellement.

Notre page d’accueil met en lumière nos offres du moment, ainsi que nos tous meilleurs produits au CBD. Sur Greenboyz CBD version 2, nous avons voulu mettre un coup de projecteur sur nos fleurs et résines. C’est par de belles photos que vous ferez votre première rencontre avec la plante. Mais vous retrouverez également, grâce à un nouveau système de rubrique coloré, nos huiles de CBD, nos gélules, nos e-liquides, et de nouvelles catégories de produits que nous vous détaillerons plus loin dans cet article.

De plus, votre espace personnel a été revu. De nouvelles icônes vous guident et nous l’avons rendu plus ergonomique. Même chose pour votre panier et votre parcours d’achat. Cette refonte devrait rendre votre navigation plus facile, claire et agréable.

Greenboyz CBD version 2 : des baisses de prix folles !

La meilleure nouvelle de ce nouveau site Greenboyz CBD version 2 est sans doute là : vous allez profiter d’une baisse générale de nos prix de près de 20%. Toutes nos fleurs et résines de CBD voient leur prix réduit drastiquement. Mais toujours avec des produits de grande qualité. Vos fleurs et résines préférées ne changent pas, elles coûtent juste moins cher !

Nous avons également baissé les prix de nos huiles de CBD Broad Spectrum, en renvoyant l’étendue de notre gamme, et vous découvrirez bientôt de nouvelles huiles au cannabidiol pour enrichir cette catégorie phare. Enfin, sachez que la livraison est désormais offerte au-delà de 30 € d’achat ! Et toujours l’opportunité de trouver un ticket d’or dans chacun de vos colis, vous faisant bénéficier d’une réduction spéciale !

Des baisses de prix folles

Votre fidélité enfin récompensée !

Ces nouveaux tarifs vont de pair avec la mise en place d’un programme de fidélité. Désormais, vos achats sur notre boutique en ligne Greenboyz CBD vous rapporteront des points que vous pourrez utiliser à votre guise pour bénéficier de réductions. Le système est très simple. Vous dépensez 10 euros sur greenboyz.fr, vous bénéficiez d’un point de fidélité. Ce point a une valeur de 1 euro et vous pourrez l’utiliser comme bon vous semble pour réduire la facture d’une prochaine commande.

Bien sûr, vous pouvez cumuler les points comme vous l’entendez et les économiser. Votre récapitulatif est disponible dans la rubrique « mon compte » et votre crédit sera affiché à chaque commande. Au terme d’une commande ou dès la sélection de votre produit, vous verrez également combien de points vous rapporte votre achat.

Votre fidélité récompensée

Des nouveaux produits au CBD vous attendent !

De nouvelles catégories de produits font leur apparition sur greenboyz.fr ! Nos rubriques traditionnelles – Fleurs de CBD ou Huiles de CBD – se voient enrichies de petites nouveautés, comme la délicieuse Gorilla Glue, ou nos huiles Broad Spectrum 30% et 40%. Mais vous pouvez dorénavant découvrir notre gamme de produits cosmétiques au chanvre et au CBD, du lait de corps à l’huile de massage, en passant une crème pour les mains. Des gels arnica ou aux 10 agents actifs vous attendent également.

Votre estomac n’est pas en reste avec la CBD Food : des bonbons, des cookies et d’autres produits alimentaires pour faire le plein de CBD. Enfin, nos amis à quatre pattes ne sont pas oubliés. En effet, nous avons créé une gamme de produits au CBD pour animaux, 100% bio et 100% française. Et ce, afin de rendre le quotidien de nos chats et chiens un peu plus facile en leur donnant une arme pour lutter contre un éventuel stress ou certains troubles du comportement.

Votre nouveau webshop Greenboyz CBD version 2 n’attend plus que vous !

Voilà un petit tour d’horizon des changements et nouveautés apportés à notre boutique CBD ! N’hésitez pas à vous promener sur le site pour en découvrir d’autres, comme une page Infos CBD au rythme de publication désormais quotidien, pour vous tenir au courant de l’actualité du chanvre et du CBD. Nous espérons que cette nouvelle version de notre e-boutique vous plaira et serons constamment à votre écoute pour améliorer votre expérience chez Greenboyz et vous proposer de nouveaux produits de qualité !