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Le cannabis médical légal aide 342 000 malades en Europe [GREENEWZ]

342 000 consommateurs de cannabis médical en Europe.

Le cannabis médical légal aide 342 000 malades en Europe

342 000 Européens utilisent du cannabis médical légalement sur notre continent. Dans un rapport publié récemment par Prohibition Partners, analystes du secteur du cannabis, et Cannabis Health, on apprend que désormais, la majorité des Européens vit dans des pays où le cannabis médical est autorisé et distribué légalement. Le nombre de patients augmente, mais l’accès à des produits médicamenteux à base de cannabis reste très limité et parfois difficiles quand on ne souffre pas de pathologies très ciblées.

Où utilise-t-on du cannabis médical en Europe ?

Le chiffre de 342 000 consommateurs européens de cannabis médical est en hausse. On estime à près de 100 000 personnes cette augmentation en 2022. Et les organismes responsables de l’étude pensent qu’on attendra 500 000 patients à la fin de l’année 2023. Ces douze derniers mois, la hausse la plus significative nous vient du Royaume-Uni, qui passe de 13 000 à 32 000 consommateurs de cannabis médical. L’Allemagne est quant à elle la véritable locomotive de l’Europe en la matière, avec près de 170 000 personnes qui se voient prescrire du cannabis thérapeutique.

Suivent ensuite l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Danemark et la République Tchèque, et de manière moins significative des pays comme l’Irlande, que nous avons évoquée dans un précédent article. Parallèlement, la France expérimente le cannabis thérapeutique depuis mars 2021, avec une capacité de 3000 patients. Mais l’essai, qui devait durer deux ans, a été prolongé jusqu’en 2024, au grand dam des associations de malades.

Quel avenir pour le cannabis thérapeutique en Europe ?

Le rapport de Prohibition Partners mentionne qu’une croissance de plus de 500% du nombre de consommateurs de cannabis médical est attendu en Europe d’ici cinq ans. Et il pointe l’Allemagne et le Royaume-Uni comme les « marchés clés » du continent. Cependant, les experts notent que des millions de personnes ont encore recours au marché illégal pour se fournir en cannabis qu’elles utilisent à des fins thérapeutiques. Mais ils voient également la libéralisation du marché du cannabis récréatif comme un potentiel atout pour le cannabis médical.

Cependant, la légalisation du cannabis dit « à usage adulte » ou « récréatif » dans plusieurs pays ne va-t-elle pas entraîner une baisse de la consommation de cannabis médical médicamenteux ? Non, estiment les analystes, qui pointent la dissociation entre ces deux usages et la séparation nette des marchés. En d’autres termes, cannabis médical et récréatif seront clairement séparés, dans la manière de prescrire et de vendre les produits. Au contraire de l’Amérique du Nord et notamment des États-Unis, où le marché a commencé par la vente de cannabis sous ordonnance dans des officines, où les deux usages se sont vite mélangés.

Bientôt un autre regard sur le cannabis ?

« En ce qui concerne l’Europe, certains obstacles majeurs sont en train d’être résolus », se réjouit Stephen Murphy, PDG de Prohibition Partners. Par exemple, au Royaume-Uni et en Allemagne, les dispensaires de cannabis médical aident vraiment à surmonter la bureaucratie à laquelle sont confrontés les patients pour trouver des médecins, des produits et des pharmacies appropriés pour obtenir des médicaments. »

« Enfin, les programmes pilotes mis en place dans des pays comme le Danemark ou la France sont essentiels, car ils constituent des portes d’entrée pour que le cannabis médical légal soit normalisé avant qu’un accès plus large puisse vraiment se développer », même si cela prend du temps. « Il est étonnant de voir à quel point l’accès des patients au cannabis médical a progressé ces dernières années, mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour qu’il devienne une réalité pour les malades partout sur le continent. »

 

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À Coutances, le cannabis médical force les portes du tribunal [GREENEWZ]

Coutances tribunal cannabis

À Coutances, le cannabis médical force les portes du tribunal

En Normandie, à Coutances, se déroule un procès un peu particulier. Celui d’un homme de 51 ans, nommé Philippe, poursuivi pour « usage, importation, détention, transport de cannabis ». Mais cette affaire est bien différente des habituels procès liés aux stupéfiants et notamment au cannabis. En effet, Philippe est surtout poursuivi pour avoir conçu « des gélules et des huiles à base de la plante pour un usage médical », écrit Libération. On lui reproche également, donc, « l’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et la distribution de médicaments non autorisés ». Déjà condamné plus jeune pour usage et possession de cannabis, Philippe, à Coutances, risque 20 ans de prison.

À Coutances, une affaire un peu particulière

Le procès qui se tient à Coutances est assez hors du commun. Et pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut retracer la vie de Philippe. Au tribunal « sous son faible poids, ses jambes tremblent », relate le quotidien. Car Philippe est atteint de fibromyalgie, une maladie diagnostiquée en 1979. Pire, depuis 20 ans, il sait que son sang est infecté, « après avoir été trop longtemps exposé au styrène, un liquide chimique toxique ». Depuis des années, il se soigne donc au cannabis.

Devant le tribunal de Coutances, Philippe explique son parcours. Il découvre les bienfaits thérapeutiques du cannabis à 18 ans, lors d’un voyage à Amsterdam et d’une rencontre avec un homme atteint de sclérose en plaques. L’automédication fait donc son bonhomme de chemin dans la tête du Normand, et ses parents l’autorisent à cultiver quelques plants à domicile. « C’était soit l’autoculture, soit je le laissais aller dans les cités, acheter et fumer de la merde », explique sa mère, 79 ans. « Son père s’est assuré qu’il fasse pousser à la maison, sans rien ajouter dedans, et bien suivre ce qu’il consommait ».

Une famille brisée par la maladie

Le temps passe et Philippe se perfectionne. Il développe un certain savoir-faire, s’équipe, et créer des gélules de 0,4 mg, contenant en moyenne 0,1 mg de THC, ainsi que des huiles destinées à « aider aussi des proches, des amis, des gens qui souffrent ». Car la vie de famille de Philippe, à Coutances, est marquée par les drames. Sa soeur décède à 39 ans d’un cancer du cerveau. Son oncle d’un cancer du pancréas, ses grands-parents d’un cancer de la gorge. En 2012, son père « abandonne et se laisse mourrir », touché par une seconde tumeur au cerveau.

En 2016, la mère de Philippe, Anne, se voit diagnostiquer un lymphome dans la gorge et une tumeur sur le rein. « Philippe déménage pour s’occuper nuit et jour de sa mère ». Il raconte : « Elle n’avait pas mangé depuis deux mois. Je n’ai plus de famille, ils sont tous morts d’un cancer, j’ai pris le taureau par les cornes, je lui ai donné un peu d’huile. Une heure après, elle m’a demandé à manger ». Philippe fournit ainsi plusieurs personnes, jusqu’en 2019…

« Comme s’ils recherchaient un terroriste »

Cet été-là, Philippe attend une livraison de biomasse venant de Suisse. À la seconde où il se saisit du paquet, une trentaine de gendarmes et douaniers interviennent, car le cannabis affiche 0,57% de THC, au-dessus des 0,2% autorisés alors, avec des chiens renifleurs et « mitraillettes au poing comme s’ils recherchaient un terroriste ». Le chien est perdu, il sent du cannabis partout. Les forces de l’ordre découvrent le laboratoire de Philippe et se demandent s’il « fabrique de la meth ». « Pendant les 10 premières heures, ils m’ont traité comme la pire des saloperies ».

Son avocate, face au tribunal de Coutances, plaide. « Vous dites que mon client n’est pas médecin et donc qu’il ne peut pas faire de prescriptions. Or en réalité, personne ne peut prescrire du cannabis. Les médecins ne font que renvoyer les patients vers des gens comme Philippe. Le temps des malades n’est pas le temps de la justice ».

La procureure a requis une peine de trois ans de prison dont un avec sursis, l’interdiction d’exercer une activité paramédicale pendant 5 ans et l’obligation d’indemniser les « victimes », entendre ici les malades aidés par Philippe. Aucun n’est venu à la barre, ni pour l’accabler ni pour le soutenir. « Tous avaient peur de témoigner. Ces personnes continuent d’utiliser du cannabis ». Verdict attendu le 14 décembre.

 

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