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Quiz CBD #1 : testez vos connaissances sur le chanvre et le CBD !

Quiz CBD chanvre cannabis

Quiz CBD #1 : testez vos connaissances sur le chanvre et le CBD !

Depuis maintenant de nombreux mois, Greenboyz vous informe sur le CBD et le chanvre. Nous vous proposons donc un Quiz CBD afin de tester vos connaissances ! Ce tout premier questionnaire devrait vous permettre de réviser les bases concernant le cannabidiol, mais aussi les autres cannabinoïdes et le cannabis en général. Science, histoire, botanique, chimie, législation… Ce premier Quiz CBD est un véritable petit tour d’horizon de l’univers du chanvre ! Et d’ailleurs, pas de piège : toutes les réponses aux questions peuvent être trouvées sur greenboyz.fr !

Et comme une récompense fait toujours plaisir, Greenboyz vous offre l’occasion de gagner plusieurs lots grâce à vos bonnes réponses. En effet, jusqu’au vendredi 6 mai, les trois personnes avec les meilleurs scores se verront offrir un lot au choix, parmi plusieurs gains possibles. 10 grammes de fleurs de CBD de votre choix parmi la Banana Kush, la Watermelon Cookie et la Strawberry Diesel. Ou encore un flacon d’huile de CBD Broad Spectrum à 20% ou deux flacons d’huiles à 10%. Au-delà du vendredi 6 mai 2022, vous pourrez toujours répondre au quiz, mais uniquement pour le plaisir. Bonne chance !

Si le Quiz CBD n’apparait pas ou ne s’affiche pas correctement, cliquez sur ce lien.

Et n’oubliez pas, si vous avez un doute, la page « infos » de Greenboyz est là pour vous. Toutes les réponses figurent dans nos articles, alors si vous êtes assidus, vous ne devriez avoir aucun mal à vous en sortir avec une note parfaite ! Notez bien la date du vendredi 6 mai 2022, dernier jour pour tenter de remporter l’un des trois lots mis en jeu pour ce quiz. En effet, les trois meilleurs pourront choisir entre des fleurs de CBD ou des huiles de CBD ! Et en cas d’égalité, nous tirerons au sort les trois vainqueurs parmi les meilleurs scores. C’est à vous de jouer !

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Reportages CBD : la sélection vidéo de Greenboyz

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Reportages CBD : la sélection vidéo de Greenboyz

Avec l’arrivée en force du cannabidiol dans le quotidien des Français, les reportages sur le CBD se sont multipliés, à la télévision comme sur internet. Les médias généralistes s’emparent massivement du sujet. Car le chanvre bien-être n’est pas forcément un sujet simple pour tout le monde. Et voir des boutiques et CBD Shop fleurir partout dans les centres-villes peut intriguer. Par souci de vulgarisation, d’analyse de l’actualité et, tout simplement, d’information, de nombreux documentaires et reportages viennent décrypter ce tout nouveau marché. Qu’est-ce que le CBD ? À quoi sert-il ? Quelles sont les différences avec le THC ? Des médias comme Arte, France Télévision ou encore Public Sénat tentent de répondre à ces questions, mais ouvrent aussi plus amplement le débat sur le sujet du cannabis et du chanvre. Greenboyz vous propose une sélection de reportages et documentaires bien ficelés sur le CBD, à regarder sans faute !

Reportages CBD : Élise Lucet le nez dans les fleurs

Devenue la terreur des politiques et hommes d’affaires aux pratiques illégales ou immorales, Élise Lucet, célèbre journaliste et présentatrice de France Télévision, est allée mettre son nez dans les fleurs de CBD. Mais rassurez-vous, elle n’est pas venue avec son équipe pour faire tomber votre CBD Shop favori ! Non, pour Envoyé Spécial, la journaliste s’est intéressée au sujet du moment : le cannabidiol. « Je ne connais pas le CBD, il faut m’expliquer », lance d’entrée de jeu l’ex-présentatrice du journal télévisé. Prétexte simple pour la réalisation d’un reportage à valeur de découverte pour le grand public. De cette question basique, l’équipe d’Élise Lucet va dérouler plusieurs thèmes en rapport avec le cannabidiol. Rencontre avec des consommateurs, avec une franchise, avec la filière agricole et les producteurs, tout est passé en revue. Même l’idée d’un CBD militant est évoqué, au travers de l’épineuse question de la législation.

Un « zoom sur un paradoxe français », entre un business qui a déjà explosé et un vieux principe de prohibition, montrant bien la façon dont l’État ne sait sur quel pied danser. Ce reportage CBD de fin 2021 montre le statut compliqué du chanvre et du cannabis en France, que l’arrêté de début 2022 n’a su éclaircir. Ce fut même l’inverse, le gouvernement proposant l’autorisation de la culture du chanvre pour le CBD, mais avec une interdiction de la vente de fleurs en parallèle.

Pour regarder « La Folie du CBD » d’Envoyé Spécial, rendez-vous sur le site de France TV en cliquant ici !

Reportages CBD : sur Arte, le chanvre au cœur du débat

La chaîne franco-allemande Arte est bien connue pour ses nombreux documentaires et reportages toujours très intéressants. Le CBD n’y échappe pas, Arte réalisait en effet en fin d’année 2021 une série de documentaires consacrés à ce sujet d’actualité. Une façon simple et rapide d’en apprendre plus sur le business du CBD, mais pas seulement. Le chanvre dans son intégralité est aussi à l’honneur.

Dans un premier temps, Arte propose une analysé du marché du CBD. Avec, forcément, un regard plus européen que purement français. Dans son reportage « Le CBD, une substance qui nous veut du bien ? », la chaîne évoque la façon dont le cannabidiol a conquis l’Europe et son potentiel économique énorme, plutôt que son potentiel sur la santé. Malgré ce titre un peu à côté du réel contenu, le documentaire explique bien ce qu’est le CBD et comment il peut créer des emplois, notamment du point de vue allemand de la question. Économie, politique, mentalités… les thèmes abordés sont particulièrement actuels et bien amenés. On se rend notamment compte que nos voisins allemands sont confrontés à des problématiques à la fois similaires et différentes des nôtres.

https://www.youtube.com/watch?v=2Y23dBhh2_A

Coup de projecteur sur le chanvre

Parallèlement à ce premier reportage CBD, Arte propose également un coup de projecteur sur la plante en elle-même, le chanvre. Alors que la France est le premier producteur européen de chanvre industriel, il est important de comprendre en quoi cette plante peut être une belle promesse d’avenir après avoir été longtemps diabolisée. Robuste, écologique, facile à cultiver, le chanvre est bien moins gourmand que nombre de nos cultures modernes, comme le coton. Il est aussi utile dans de nombreux domaines. L’alimentation, la cosmétique, la construction, le textile… Le chanvre, ce n’est pas que le CBD et le THC. C’est surtout une plante cultivée depuis des millénaires. Arte vous amène donc en France, chez un producteur de chanvre, avec ses ambitions, ses idéaux et ses problématiques. Le tout avec la question centrale de l’enjeu climatique et environnemental dans l’agriculture moderne.

https://www.youtube.com/watch?v=qAhW0uyqxy4

Chez Public Sénat, le cannabis est un enjeu de société

Légaliser le cannabis ? Seulement à des fins médicales et thérapeutiques ? L’interdire tout bonnement ? Public Sénat, dans une série de reportages, aborde avec précision ces thèmes de société. Si le premier documentaire débute avec le point de vue du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin – « La drogue, c’est de la merde » -, l’enquête de Public Sénat sur la légalisation du cannabis à usage médical va, heureusement, bien plus loin que ce simple constat ! On nous emmène effectivement à la rencontre de malades, dont le cannabis parvient à soulager certaines douleurs. Des témoignages particulièrement touchants, qui mettent en lumière des souffrances souvent invisibilisées. L’enjeu politiques et les combats militants sont aussi abordés, avec des intervenants de la classe dirigeante et du monde scientifique. Un reportage très complet, pour s’éloigner un peu du CBD mais rester dans l’univers du cannabis.

https://www.youtube.com/watch?v=4R8-0iOvcPs

Dans un second temps, Public Sénat va plus loin en abordant directement la question de la légalisation du cannabis. Après une courte introduction sous forme de reportage, vous trouverez dans la vidéo un très intéressant débat. Derrière la question « Légaliser le cannabis : idée neuve ou idée courte ? », ce sont une avocate, un psychiatre addictologue, un professeur d’économie et une auteure qui débattent d’un sujet que de nombreux candidats à l’élection présidentielle évoquent. Contexte politique, sanitaire, économique, voire éthique et moral, tous les aspects sont abordés avec sérieux par des experts dans leur domaine. Un débat clair et calme, où chacun peut expliquer en profondeur les enjeux d’une légalisation du cannabis.

https://www.youtube.com/watch?v=pQIYHAiFHa0

Bonus : Le CBD dans Popcorn

Les streameurs aussi s’intéressent au CBD. Autour de Domingo dans l’émission Popcorn, Marie Palot, Ponce et Zack Nani débattent de cette nouvelle mode. De la découverte du produit aux effets, en passant par les expériences de chacun(e), ce court échange permet de comprendre comment le CBD a conquis les villes et certains consommateurs. Sujet abordé en toute légèreté, sans langue de bois, cette chronique aide à porter un regard sur le cannabidiol et ce que chaque personne peut y trouver de bénéfique. Une discussion entre potes agréable à suivre. Huile, fleurs de CBD, CBD pour animaux, mais aussi les questions d’anxiété, de substitut au THC, d’utilisation pour les sportifs… En une dizaine de minutes, vous saurez tout du potentiel du CBD. Des témoignages enrichissants !

https://www.youtube.com/watch?v=rlMBbnILx4k

Avec la sélection de reportages CBD de Greenboyz, vous savez désormais tout sur le cannabidiol, le chanvre, et tous les enjeux économiques, politiques, sanitaires ou encore écologiques qui y sont liés. Au cœur de l’actualité, le CBD a aussi conquis les médias, de la télévision à Twitch !

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Le chanvre industriel, « résolument une plante d’avenir »

le chanvre industriel

Le chanvre industriel, « résolument une plante d’avenir »

La France est le premier producteur européen de chanvre industriel. Cette plante se cultive sur toute la planète, depuis maintenant des millénaires. Et très tôt, on a compris que le chanvre était réellement une plante multi-usages. Aussi bien pour ses fibres, ses graines que pour ses fleurs, le cannabis a rendu de fiers services tout au long de l’Histoire. Que cela soit pour fabriquer les cordages et voiles des navires de Christophe Colomb ou pour imprimer les Bibles de Gutenberg. Malgré une campagne de diabolisation au cours de la première partie du XXe siècle, qui a considérablement réduit la surface de production mondiale, le chanvre revient en force. Et notamment en France, où on en cultive de plus en plus. Mais qu’est-ce qu’est réellement le chanvre industriel ? De quoi parle-on et que peut-on bien faire d’utile, de nos jours, avec cette plante ?

Le chanvre industriel, qu’est-ce que c’est ?

L’expression « chanvre industriel » est utilisée en France notamment pour différencier les cultures de chanvre destinées principalement à l’industrie de la graine et de la fibre, du cannabis utilisé pour ses bienfaits. Mais en réalité, il existe quatre types de productions de chanvre. Un usage donc industriel, grâce aux graines et aux fibres. Un usage que l’on pourrait appeler « bien-être », donnant les produits, principalement au CBD, que vous retrouvez chez Greenboyz. Mais il existe également une production de cannabis à but médical ou thérapeutique, dans les pays qui l’autorisent ou l’étudient. Et enfin, un cannabis « social » à usage adulte, qu’on nomme couramment « récréatif » et actuellement encore interdit en France. Dans le langage courant, nous avons pris l’habitude d’appeler « cannabis » la plante illégale dans notre pays et « chanvre » la plante légale. C’est pourtant la même : le cannabis sativa L.

Et si l’expression « chanvre industriel » reste relativement récente, la culture du cannabis est connue depuis des millénaires. La plante aurait été domestiquée dès le Néolithique, ce qui en fait une des premières cultivées par l’Homme. On retrouve en Asie des poteries accompagnées de fibres de chanvre datées de 10 000 ans. Des cordelettes annonciatrices de l’avenir radieux du chanvre dans le domaine textile. Plus tard, durant l’Antiquité, on retrouve encore le chanvre dans le monde romain. Et notamment chez nous, en Gaule. Des sites de rouissage du chanvre se trouvaient dans le sud de la France. Le Moyen-Âge va continuer sur cette lancée, avec un usage important du chanvre dans la voilerie et la corderie, puis dans le papier. Parallèlement, on transforme les graines de chanvre en huile et les usages psychotropes ou thérapeutiques de la plante se multiplient.

À quoi sert le chanvre industriel aujourd’hui ?

De nos jours, l’industrie du chanvre utilise principalement les fibres de la plante. Elles se destinent toujours à la confection de textile, notamment pour la production de vêtements. De la fibre au fil, le chanvre est tissé, coloré et sert à la confection de chaussettes, de serviettes, de pantalons… D’ailleurs, les premiers jeans, en denim, étaient fabriqués à base de chanvre. Mais c’est aujourd’hui le secteur du bâtiment et de la construction qui s’est emparé d’une grande partie de la production de chanvre industriel. On trouve notamment des briques de chanvre, car la plante a aussi d’excellentes propriétés isolantes. On utilise bien sûr toujours le chanvre en huile, alimentaire ou cosmétique. Mais d’autres domaines prometteurs sont concernés : plastique biodégradable, biocarburant, papier… Les horizons pour le chanvre, sa culture et sa production sont nombreux. Pourtant, la plante est encore très minoritaire dans tous ces secteurs.

Quels sont les avantages de la plante et de sa culture ?

Quand on s’y penche de plus près, on se rend compte que la culture du chanvre présente énormément d’avantages. Pour Pascal Mortoire, directeur général de la Chanvrière, dans l’Aube, c’est « résolument une plante d’avenir ». Mais pour quelles raisons ? Tout d’abord, pour son mode de culture. Le chanvre ne requiert aucun pesticide, aucun engrais et très peu d’eau (cinq fois moins que le coton, par exemple). Une production écologique qui en font la plante bio par excellence. Mais certaines de ses propriétés ne sont pas compatibles avec tous les débouchés. En effet, le chanvre est un dépolluant naturel pour les sols. Il peut donc être chargé en métaux lourds ou en pesticides à l’issue de sa croissance. Selon les débouchés, il est donc important d’adopter une culture bio. Néanmoins, le chanvre a aussi une très grande capacité d’absorption du CO2. Son empreinte carbone est extrêmement faible.

Écologique, le chanvre est également un matériau robuste. Il est bien plus solide que le coton. C’est un puissant isolant thermique et phonique, des qualités recherchées dans la construction et le textile. La recyclabilité de la plante est importante. Pour des vêtements, du papier, mais également des biocarburants ou des plastiques biodégradables. Henry Ford, précurseur dans le secteur automobile, envisageait d’ailleurs la création d’une voiture à la carrosserie en fibres de chanvre et roulant au biocarburant. Mais pourquoi, malgré tous ces avantages, ne voit-on pas plus de vêtements en chanvre dans les rayons ?

Comment les lobbies ont tenté de tuer le chanvre industriel

Pour comprendre la position minoritaire du chanvre dans l’industrie, il faut remonter quelques décennies en arrière. Dans les années 1930, le chanvre devient « l’ennemi numéro 1 pour les Américains », relate France 3 Champagne-Ardenne. Ces derniers « favorisent le coton et le nylon », ainsi que le pétrole. Les États-Unis vont alors tout mettre en œuvre pour tuer l’industrie du chanvre. À l’aide d’une « taxation agressive et d’une campagne qui assimile le chanvre au cannabis », les Américains vont diaboliser le chanvre et l’écarter au profit des magnats du pétrole, du coton, de l’industrie forestière. En 1937, une loi « instaure la taxation de la production, du commerce ainsi que de l’usage industriel et médical du chanvre : le Marihuana Tax Act. Le chanvre décline alors rapidement. En France, on passe de 176 000 hectares cultivés en 1840 à 3400 seulement en 1939.

Un retour en force ?

Depuis, les choses ont changé. En 15 ans, les États-Unis ont fait exploser leur importation de chanvre, passant de 1,4 million de dollars à 11,5 millions. La France est de son côté le premier producteur européen de chanvre industriel. « Il y a environ 18 000 hectares de chanvre cultivés, dont 10 500 hectares en Champagne Ardenne », explique à France 3 Stéphane Borderieux, président de la fédération nationale des producteurs de chanvre. En 25 ans, il a quadruplé son exploitation. Écologique, durable, recyclable, le chanvre retrouve donc peu à peu ses lettres de noblesse.

Dans la plus grande usine de transformation des fibres de chanvre, dans l’Aube, une coopérative regroupant 515 producteurs, Pascal Mortoire, déclare : « C’est une plante qui pourra se glisser à l’intérieur de tous nos vêtements, de tous nos tissus, parce qu’elle a déjà eu cette place auparavant et qu’elle n’attend que nous, les utilisateurs et les consommateurs, pour reprendre cette place naturelle ». Reste que dans l’industrie textile, le coton écrase tout, avec ses 100 millions de tonnes produites chaque année, soit 100 fois plus que le chanvre…

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Le chanvre dans l’Antiquité, une plante aux mille usages

Le chanvre dans l’Antiquité

Le chanvre dans l’Antiquité, une plante aux mille usages

Le cannabis est une plante millénaire. À chaque période historique, elle joue un rôle important. Le chanvre dans l’Antiquité, comme au Moyen-Âge, aux époques moderne et contemporaine, est utilisé de différentes façons par de nombreuses civilisations. Ses vertus accompagnent le développement des peuples qui se transmettent les savoirs. Comme ce fut le cas pour la période du Moyen-Âge, Greenboyz se penche désormais sur une autre ère : l’Antiquité. Un long temps historique d’environ quatre millénaires. Il débute vers 3300 avant Jésus-Christ, avec le développement ou l’adoption de l’écriture comme tournant depuis la préhistoire. Il se conclut vers 500 après JC, avec la chute de l’empire romain d’Occident. Tout au long de l’Antiquité, le chanvre fait des apparitions dans les textes. Mais il laisse également des traces physiques qui font le bonheur des archéologues.

Petit rappel historique

De la diffusion du cannabis de l’Orient vers l’Occident, on sait de plus en plus de choses. La plante, originaire de l’Asie Centrale, se diffuse vers l’Ouest de la fin de la préhistoire et de l’Âge de Bronze au début de l’Antiquité. Les migrations, la maîtrise de l’équitation, les routes commerciales vont participer à la propagation du chanvre au Moyen-Orient et dans la sphère eurasiatique. Dès 5500 avant JC, on trouve des traces de semis de chanvre dans le Thuringe, au cœur de l’actuelle Allemagne. La plante est pourtant utilisée en Asie depuis bien plus longtemps. On la trouve déjà à Taïwan, dans des poteries, en -8000. Les premières mentions écrites de la plante sont, quant à elle, plus tardives. Plusieurs indices de l’utilisation du chanvre dans l’Antiquité nous aident à retracer son histoire et ses usages.

L’usage médicinal du cannabis dans l’Antiquité

Cette première trace écrite nous vient d’Égypte. Sous le règne d’Amenhotep Ier, au XVIe siècle avant JC, on rédige un important traité médical. Le papyrus Ebers, c’est son nom, est un document essentiel encore difficile à décrypter. Certains passages restent énigmatiques et des substances mentionnées n’ont pu être identifiées. Cependant, il marque les débuts d’une pensée médicale, voire pharmacologique, dans un monde encore dominé par le spirituel parfois teinté de magie. Malgré ses côtés mystérieux, le papyrus Ebers fait cependant mention du chanvre. On y évoque notamment l’huile de chènevis (huile de graines de chanvre) pour soigner les inflammations vaginales.

En Chine, la médecine se transmet oralement entre -3000 et le début de notre ère. C’est à ce moment qu’on commence à compiler les savoirs en un ouvrage appelé Shennong bencao jing. On parlait alors du cannabis comme un remède naturel particulièrement important. Au Ier siècle après JC, on utilisait le chanvre en Chine pour soigner une centaine de maladies. Parallèlement, dans le monde gréco-romain, le médecin et botaniste Dioscoride décrit le kannabis emeros dans son ouvrage De Materia Medica. Il dit : « Le cannabis (…), mangé en grande quantité, empêche de concevoir des enfants. Le jus de la plante verte est bon contre le mal d’oreille ».

On retrouve également des usages médicinaux du chanvre au Proche-Orient datant du IVe siècle. Des résidus carbonisés découverts dans un tombeau contenaient un composant du cannabis. Le tout à proximité d’un corps d’une très jeune fille enceinte. Les chercheurs ont estimé que la plante avait été administrée par inhalation pour soulager des douleurs et tenter de faciliter l’accouchement, en vain.  

Le chanvre dans l’Antiquité : des usages psychotropes et liturgiques ?

Selon les usages du chanvre dans l’Antiquité, la frontière entre drogue et médicament est fine. Il est d’ailleurs très simple de comprendre cette ambivalence grâce aux écrits chinois. Au IIIe siècle, sous la dynastie des Han, le chirurgien Hua Tao opère ses patients sous anesthésie grâce au cannabis. Le mot chinois pour anesthésie se compose d’ailleurs des idéogrammes désignant le chanvre et l’ivresse. Et en effet, le grec Hérodote nous renseigne, dès -450, sur les usages psychotropes du cannabis. L’historien décrit des séances de « fumigation collective » chez les Scythes. Ce peuple d’Eurasie, de cavaliers nomades, dressaient des tentes en laine serrée dans lesquelles se déroulaient des bains de vapeur à partir de fleurs de chanvre.

Plus tard, au sein de l’empire romain, le Grec Galien (129-201 env.) prévient : « Certains mangent les graines [de cannabis] frites avec des sucreries. (…) Les graines apportent une sensation de chaleur et si consommées en grandes quantités, affectent la tête en lui envoyant des vapeurs chaudes et toxiques ».

Le chanvre dans la sphère religieuse et spirituelle ?

Enfin, l’usage liturgique et religieux du chanvre reste sujet à débat. Dans la Bible hébraïque, notamment le livre de l’Exode, on décrit la fabrication d’huile sacerdotale à partir d’huile d’olive, de myrrhe, de cinnamone aromatique et de canne aromatique. Cette dernière mention pose question. Faut-il traduire le mot hébreu qannabbôs en cannabis ? C’est le débat qui agite les linguistes. Dans l’Exode, Moïse doit oindre la tente des convocations de cette huile. On comprend alors l’aspect religieux que pourrait prendre le chanvre dans certains contextes. Et les recherches menées en 1936 et 1980 semblent accréditer cette thèse.  

Le chanvre dans l’Antiquité : déjà au service du textile

Le chanvre dans l’Antiquité ne s’utilise pas seulement comme plante médicinale ou psychotrope. Elle est aussi, très tôt, utilisée pour ses propriétés textiles. Chez les Hébreux, l’usage textile du chanvre à l’époque de la Bible hébraïque est aujourd’hui documenté. En 1929, un archéologue russe, Sergueï Ivanovitch Roudenko, découvre des preuves de cet usage textile chez les Scythes. Dans la vallée de Pazyryk, en Sibérie, Roudenko trouve notamment des vêtements de chanvre. Au Ier siècle, Dioscoride, toujours lui, écrit : « Le cannabis est une plante de grande utilité qui permet de tresser des cordes très solides ». Cette utilisation particulière du chanvre n’est pas nouvelle. Il y a 10 000 ans déjà, à Taïwan, on confectionnait des cordelettes de chanvre.

Mais en Occident, on va peu à peu cultiver le chanvre dans ce but précis. La romanisation joue d’ailleurs un rôle important dans ce processus. Certains sites en Gaule révèlent que la culture du cannabis est antérieure à la romanisation. On trouve des sites dans le Sud-Ouest, comme à Marseille. Cependant, dès le IIe siècle, Rome va développer la culture du chanvre en Gaule. On trouve par exemple en Isère un site de rouissage. Celui-ci servait à la décomposition partielle de la plante pour en obtenir les fibres, donc pour produire des textiles ou cordages. Dans son Histoire naturelle, Pline l’Ancien donne d’ailleurs de précieux conseils relatifs à la culture du chanvre. Quand le planter ? Quand récolter ? Quelles variétés choisir ? Tout ce savoir sera réutilisé plus tard, au Moyen-Âge, par Charlemagne.

Le chanvre tient une place importante dans l’Histoire

Préhistoire, âge de Bronze, Antiquité, Moyen-Âge, époques moderne et contemporaine… Le chanvre tient une place importante au sein de toutes les périodes historiques. En se penchant sur les découvertes des historiens et archéologues, on comprend à quel point cette plante a aidé aux développements de certaines civilisations. Les usages sont multiples, de la sphère thérapeutique à la sphère religieuse, en passant évidemment par le textile. Le chanvre dans l’Antiquité devient une plante-monde. Elle apparaît en Occident, amenée d’Orient, et ne va plus quitter le monde connu. Elle va même accompagner les expéditions vers le Nouveau Monde à la fin du Moyen-Âge, sous la forme des voileries et cordages des navires de Christophe Colomb…

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Le chanvre au Moyen-Âge, jalon d’un tournant de l’Histoire

Le chanvre au Moyen-Âge

Le chanvre au Moyen-Âge, jalon d’un tournant de l’Histoire

Le chanvre au Moyen-Âge a une histoire très dense. Cette plante accompagne, depuis plusieurs millénaires, l’être humain et participe à son évolution. On a récemment découvert que le cannabis nous est connu depuis bien plus longtemps qu’on ne le croyait. Une histoire si ancienne qu’elle nous emmènerait 12 000 ans dans le passé, date désormais fortement présumée de sa domestication par l’homme. Au Moyen-Âge, c’est-à-dire pour simplifier, entre 500 et 1500 après JC, le chanvre et le cannabis s’imposent en France, sur le continent européen, mais pas seulement. L’influence de l’Asie sur la péninsule arabique amène de nouveaux savoirs et des innovations adoptées en Occident. Artisanat, économie, santé, commerce… Les domaines où on croise le chanvre au Moyen-Âge sont nombreux. Retraçons ensemble mille ans d’une période considérée à tort comme un « âge médiocre », qui fut un tournant de l’Histoire. Et le cannabis n’y est pas pour rien !

Un bref rappel historique

Chinois, Égyptiens, Scythes, Grecs, Romains… De l’Asie à l’Europe, le chanvre a traversé les siècles et les régions du monde. On le cultive pour ses fleurs, ses graines, ses fibres. L’historien grec Hérodote, en 450 avant JC, l’évoque pour son usage textile, notamment chez les Scythes. Ainsi, on comprend que la diffusion du cannabis s’est faite de l’Est vers l’Ouest. C’est d’ailleurs en Asie centrale qu’on place désormais l’origine de la plante. L’Occident, de son côté, a très vite compris les capacités et l’utilité du chanvre. On retrouve des preuves de son emploi chez les peuples germaniques au début de l’Antiquité. Principalement pour la fabrication de vêtements ou de cordage. Et, bien sûr, les Romains ne sont pas en reste. Pline L’Ancien (né en 23, mort en 79), dans son Histoire Naturelle, donne de précieux conseils sur la culture du chanvre.

Le chanvre au Moyen-Âge : une riche histoire

Est-ce par le biais de Rome que la culture du chanvre a fait son apparition en Gaule, au sein de la future France ? Pas tout à fait. On sait qu’au IIe siècle, les Romains introduisent sa culture en Gaule, avec également le seigle, la vesce ou la gesse. Cependant, des découvertes archéologiques dans le Sud de la France indiquent que la culture du chanvre en Gaule existait avant la romanisation. Il est pourtant probable que l’organisation romaine de l’espace ait grandement contribué à une présence plus massive du chanvre dans les cultures. D’ailleurs, du déclin et de la chute de l’Empire Romain, entre les IIIe et Ve siècles, à l’émergence des empires, monarchies et principautés locaux européens, et une vraie résurgence du chanvre au début du IXe siècle, celui-ci n’a pas été oublié.

Charlemagne relance la culture du chanvre au Moyen-Âge

La barbe de Charlemagne était fleurie comme le dit la légende. De fleurs de CBD ? Sans doute pas, mais on aime à le penser ! C’est plutôt en signe de sagesse que cette célèbre figure historique a été affublée de ce surnom. Il semble que cela soit d’ailleurs à lui que l’on doit la mise en place d’une culture importante du chanvre à la fin du premier tiers du Moyen-Âge. Vers 800, Charlemagne émet le Capitulaire de Villis, un acte législatif destiné à ses gouverneurs locaux. Le texte contient des ordres ou des recommandations. Mais également la liste d’une centaines de plantes dont la culture est conseillée. On peut d’ailleurs lire : « Quid de lana, lino, vel canava ». Autrement dit, « qu’en est-il de la laine, du lin et du chanvre ? » Pour le roi des Francs et futur empereur, le chanvre est une plante stratégique.

Le chanvre laisse son empreinte en France

Et ce pour plusieurs raisons. Textile, cordage, voilerie… À une époque où le coton est encore inconnu en Occident, le chanvre se révèle être une plante particulièrement utile. Sa fibre est un véritable gage de prospérité. Et sa culture se développe au point qu’on en trouve encore les traces dans les noms de certains lieux. Par exemple, à la fin du Moyen-Âge, à Marseille, une zone de la cité était destinée à la production de chanvre. Elle fournira les corderies et voileries marseillaises. Elle prendra plus tard, au XVIIe siècle, le nom de Canebière. Un toponyme qui vient tout simplement du provençal canebe, signifiant cannabis. La ville était alors l’un des ports chanvriers les plus importants au monde.

Plus au Nord, les cultures de chanvre prennent le nom de « chennevières ». Une appellation tirée elle-aussi du latin cannabis. Aujourd’hui, on appelle chènevis les graines de chanvre, dont on tire notamment de l’huile. Au Moyen-Âge, ces « chennevières » du Nord-Est de la France servent également la batellerie avec cordages et voiles. Et elles laissent une marque dans le paysage. Dans le Val-de-Marne, la ville de Chennevières-sur-Marne en est la preuve. Son nom apparaît pour la première fois dans des textes du XIIe siècle, tout simplement en raison de la forte production de chanvre de la région. En effet, péniches et bateaux plats mouillaient sur la Marne à Chennevières. D’où un fort besoin de fibres de chanvre, corderies et voileries, qui plus est sur un important axe commercial fluvial. Aujourd’hui, les habitants de Chennevières-sur-Marne s’appellent les Canavérois et des feuilles de chanvre figurent sur le blason de la ville.

Blason de Chennevières-sur-Marne

Ailleurs aussi, au Moyen-Âge, le chanvre s’impose…

Au-delà du continent européen, le chanvre est omniprésent au Moyen-Âge. À la fin du IXe siècle, Rhazès, médecin persan, décrit l’action du cannabis et son potentiel thérapeutique. Le monde arabe également s’y intéresse de près et diffuse son savoir. On se penche notamment sur les effets de cette plante sur l’organisme humain, ses vertus médicinales. Les savants musulmans et la présence arabe dans le Sud de l’Europe (du VIIe jusqu’au XVe siècle) participent à la popularité du chanvre, y compris dans la sphère chrétienne. On y traduit les écrits arabes en latin. L’abbesse allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) cultive dans le jardin de son couvent une plante au nom de cannabus, contre les nausées et les maux d’estomac. Des plans de jardins de monastères témoignent également de la culture d’un chanvre plus médicinal qu’industriel.

Enfin, n’oublions pas les écrits de Marco Polo, marchand vénitien célèbre pour ses voyages. Au XIIIe siècle, il relate les récits qu’il entend au Moyen-Orient. Notamment celui relatant la vie d’Hassan Ibn al-Sabbah, de sa forteresse d’Alamût et de son ordre guerrier. Des guerriers au sujet desquels, Marco Polo parle de « certain breuvaige à boire, par le moyen duquel ilz estoient incontinent troublez de leur esperit, & venoient à dormir profondément ». Il n’en faudra pas plus pour que des auteurs des XIXe et XXe siècles s’en emparent et créent la fameuse légende des guerriers haschischins, qui aurait donné le terme « assassin ».

« Des haschischins semblables à ceux qui, du haut des tours d’Alamoun, au signe du chef, se précipitaient dans le vide. »

Théophile Gautier, Le Club des Haschischins, 1846.

Les savants arabes, point de départ d’un tournant en Europe

Mais les savants arabes n’ont pas seulement décrit, analysé, étudié les effets du chanvre. Eux aussi ont de nombreuses connaissances sur ses usages en terme d’artisanat. Dès le VIIIe siècle, ils apprennent de prisonniers de guerre chinois les secrets de fabrication du papier, à la suite de la bataille du Talas (751). L’écorce de mûrier et la fibre de chanvre en sont les deux matériaux de base. Cette technique se perfectionne alors et sert à la diffusion de nombreux manuscrits, dont le Coran, ainsi que des textes scientifiques, philosophiques ou littéraires. Dans le monde chrétien, l’écriture va continuer à se faire sur des parchemins en matière animale, notamment le vélin. Mais petit à petit, le papier de chanvre se développe, jusqu’à faire date.

On donne souvent la date de 1492 et la « découverte » de l’Amérique comme la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance. Mais le basculement d’une ère à l’autre s’est fait petit à petit et une autre date marque l’Histoire. Un peu plus tôt, en 1455, Gutenberg achève la première Bible imprimée en Europe. Sur… du papier de chanvre. Un tournant historique pour les techniques de l’écrit et sa diffusion massive.

Le chanvre participe à la marche de l’Histoire

La fin du XVe siècle est donc déterminante dans notre Histoire et le chanvre y prend une place importante. Les deux événements de l’époque reconnus aujourd’hui comme des tournants doivent beaucoup au chanvre. Côté Gutenberg pour le papier de ses Bibles imprimées. Côté Christophe Colomb pour les voiles qui équipent ses caravelles faisant route vers les Indes. En effet, la voilerie des navires de Colomb provient alors de France. Et plus précisément de Locronan. La cité finistérienne prospère grâce à sa manufacture. Elle produit voiles, cordages et gréements pour les flottes les plus puissantes d’Europe, notamment l’Invincible Armada de Philippe II d’Espagne. Un véritable âge d’or pour le chanvre. Et une bénédiction au Moyen-Âge.