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Les néocannabinoïdes passés à la loupe par le Canada [GREENEWZ]

Les néocannabinoïdes passés au cribe.

Les néocannabinoïdes passés à la loupe par le Canada

Méconnus, les néocannabinoïdes arrivent sur le marché légal dans certaines régions du monde. Mais leur nouveauté et le manque de données les concernant poussent les autorités sanitaires à prendre leurs précautions. C’est notamment le cas au Canada, où plusieurs provinces ont suspendu la distribution de certains produits, notamment ceux contenant du delta-8 THC, très proche du THC traditionnel (delta-9), en attendant les conseils de Santé Canada.

Le delta-8 THC est naturellement présent dans la plante, mais cette molécule issue du cannabis s’y trouve en taux très faibles. Plusieurs laboratoires en conçoivent néanmoins, souvent à partir de CBD, pour fabriquer des produits comme des liquides de vape ou comestibles. Mais ce néocannabinoïde, comme on l’appelle, reste psychotrope et donc potentiellement dangereux, tout en étant méconnu scientifiquement.

Un néocannabinoïde méconnu

Au Canada, donc, en attente de l’évaluation de l’organe de santé, certaines provinces ont pris les devants. L’Ontario ou la Colombie britannique ont annoncé suspendre toute approbation de nouveaux produits contenant du delta-8 THC. « Le delta-8-THC est un néocannabinoïde enivrant (comprendre « psychotrope ») et l’un des nombreux cannabinoïdes trouvés ou produits naturellement par la plante de cannabis », explique Santé Canada.

« Les produits à base de cannabis contenant du delta-8-THC présentent des risques potentiels pour la santé et la sécurité qui peuvent être similaires à ceux du delta-9-THC, dont certains peuvent être graves ou mettre la vie en danger. Les produits contenant des niveaux élevés de delta-8 THC ont peu ou pas d’antécédents d’utilisation, de sorte que la compréhension scientifique et médicale de leurs effets biologiques et des risques pour la santé est encore en développement », décrypte l’organisme canadien.

Quand Santé Canada se penche sur l’affaire

« Santé Canada commande actuellement des projets de recherche préliminaires chez les rongeurs pour commencer à comparer les effets psychoactifs de divers cannabinoïdes autres que le delta-9-THC. Cela aidera à mieux informer l’équivalence d’intoxication de ces cannabinoïdes non-delta-9 THC au delta-9-THC. Les données générées par ce projet et d’autres projets potentiels sur ce sujet pourraient aider à éclairer les efforts d’éducation et de sensibilisation du public, les évaluations des risques potentiels ainsi que toute politique ou réglementation concernant ces substances », peut-on lire chez StratCann.

« Les résultats de ce projet pilote initial sont attendus au cours de l’année civile 2023 » et « Santé Canada surveille de près l’émergence de produits contenant des niveaux élevés de delta-8 THC, ainsi que des produits pouvant contenir des niveaux élevés d’autres nouveaux cannabinoïdes enivrants, sur le marché canadien ». Président de Dynaleo, producteur canadien de cannabis, Michael Krestell voit tout de même cette prudence d’un bon oeil : « Nous sommes ravis que tout le monde adopte une approche mesurée voit quelle est l’expérience réelle avec le produit sur le marché. »

Un produit récent et pas très populaire

Malgré tout, Krestell regrette que le Canada voit ces produits à travers le prisme américain. « Je pense que le problème auquel nous sommes confrontés ici au Canada, c’est que la catégorie delta-8 est examinée injustement sous l’angle de ce qui se passe dans les marchés non réglementés, très précisément aux États-Unis. Nous comprenons que les régulateurs et les distributeurs provinciaux recherchent une meilleure compréhension et nous pensons qu’il est important d’avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe », a-t-il ajouté.

Et puis, le manque d’éducation au produit se fait sentir à chaque étape de la chaîne. Produit méconnu, ce néocannabinoïde a été peu mis en valeur par les producteurs et, donc, ensuite, par les vendeurs. Et il ne connaît qu’une faible popularité. « Je pense que (les producteurs) doivent faire beaucoup plus d’éducation, non seulement pour les clients mais aussi pour les vendeurs. Ils ne nous ont même jamais dit que c’était disponible », regrette Omi Sahota, qui gère deux établissements en Ontario.

Santé Canada donne ses premiers conseils

Si le résultat des expérimentations de Santé Canada ne sera rendu public que plus tard dans l’année, l’organisme a quand même fait quelques recommandations. « Bien qu’il n’y ait actuellement aucune exigence légale similaire pour d’autres cannabinoïdes enivrants comme le delta-8-THC, Santé Canada recommande fortement que la quantité totale de cannabinoïdes enivrants ne dépasse pas les limites réglementaires fixées pour le delta-9 THC, et que des tests et des descriptions précises du contenu enivrant de néocannabinoïde soit clairement indiqué sur les étiquettes des produits. »

En attente donc, de données plus précises sur ce néocannabinoïde, Santé Canada se calque sur les taux de THC traditionnel. Mais l’organisme est clair : il « continuera de surveiller les effets et les risques de tous les produits à base de cannabis, y compris les produits à forte teneur en delta-8 THC, et prendra les mesures appropriées si nécessaire ».

 

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L’AMA maintient le cannabis sur la liste des produits dopants [GREENEWZ]

L'AMA maintient le cannabis comme produit interdit

L’AMA maintient le cannabis sur la liste des produits dopants

L’AMA, l’agence mondiale antidopage, avait déclaré en septembre 2021 sa volonté de réexaminer la présence du cannabis, et surtout du THC, dans la liste des produits interdits. La question s’était notamment posée à la suite de la suspension de la sprinteuse américaine, Sha’Carri Richardson, lors des Jeux Olympiques de Tokyo, ayant eu lieu à l’été 2021, après un an de report dû à la pandémie de Covid-19. Face aux vives réactions, l’AMA avait décidé de réfléchir à la question.

Quatre ans après avoir retiré le CBD de la liste des produits interdits, l’agence mondiale antidopage a montré sa volonté d’évolution en fonction des pratiques et des nouvelles habitudes, mais pas au détriment de l’égalité et de l’équité sur le plan de compétition sportive de haut niveau. C’est pourquoi, fin septembre 2022, l’AMA a décidé du maintien du cannabis, en visant particulièrement le THC, sur la liste des dopants.

Le cas Sha’Carri Richardson entraîne une nouvelle réflexion

Alors pourquoi l’AMA a-t-elle souhaité revoir sa position sur le cannabis ? Le débat a été remis sur la table à la suite de la suspension de la sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson, à la veille des Jeux Olympiques de Tokyo, en 2021. Grande chance de médaille d’or sur 100 mètres mais privée de JO, la jeune femme de 22 ans avait alors reconnu avoir consommé du cannabis à la suite du décès de sa mère. « Je suis humaine, avait-elle déclaré. Je présente toutes mes excuses pour ne pas avoir su comment contrôler mes émotions pendant cette période ».

Mais l’affaire avait pris une nouvelle tournure après la réaction du président des États-Unis, Joe Biden. « Les règles sont les règles et chacun doit savoir ce qu’elles impliquent », avait commenté le démocrate de 79 ans. « La question de savoir si les règles devraient rester telles qu’elles sont, c’est un autre problème. Mais en attendant, les règles sont les règles ». Une évolution des mentalités aux USA, où un tiers des États a légalisé le cannabis, qui a poussé l’AMA à réagir à son tour.

Une question « pas simple » pour l’AMA

L’agence mondiale antidopage a donc pris son temps ces douze derniers mois pour interroger des experts, des athlètes et effectuer une revue de la littérature scientifique au sujet du cannabis et du THC. Et la réponse de l’institution est claire : le THC reste sur liste des produits dopants et donc interdits. Une décision qui n’a pas été l’évidence même. « Déterminer comment le THC devrait être traité dans un contexte sportif n’est pas simple », a déclaré Olivier Niggli, directeur général de l’AMA.

L’organisation « est consciente de la diversité des opinions et des perceptions liées à cette substance dans le monde, et même dans certains pays. L’AMA est également consciente que les quelques demandes de retrait du THC de la liste des interdictions ne sont pas soutenues par l’examen approfondi des experts (…) et que les lois de nombreux pays – ainsi que les lois et politiques réglementaires internationales générales – appuient le maintien du cannabis sur la liste à l’heure actuelle ».

L’AMA rappelle sa clémence au sujet du THC

Le THC reste donc sur la liste des produits interdits. Mais l’agence rappelle les règles actuelles. « Le THC est interdit en compétition seulement, et uniquement lorsque la concentration urinaire dépasse un seuil de 150 ng/mL ». Un taux qui, selon l’AMA, « correspondrait à un sportif aux facultés significativement affaiblies ou une consommation fréquente ».

De plus, l’institution rappelle également avoir « considérablement » réduit la durée de suspension en cas de contrôle positif. Celle-ci « est passée de deux (voire quatre) ans auparavant, à aussi peu qu’un mois aujourd’hui pour les sportifs qui peuvent démontrer que la consommation de THC a eu lieu hors compétition et sans lien avec la performance sportive ». Comme ce fut le cas pour Sha’Carri Richardson.

Mais l’AMA est consciente que la question du cannabis est en constante évolution. Elle « prévoit de poursuivre ses recherches dans ce domaine en lien avec les effets potentiels du THC sur la performance, son impact sur la santé des sportifs et aussi en ce qui concerne les perceptions du cannabis par les sportifs, les experts et d’autres personnes dans le monde entier ».

 

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Des permis de conduire retirés pour simple usage de CBD ? [GREENEWZ]

Permis de conduire retirés après usage de CBD

Des permis de conduire retirés pour simple usage de CBD ?

Des permis de conduire qui sautent pour usage de stupéfiants ? Des automobilistes uniquement consommateurs de CBD sanctionnés ? En France, conduire après avoir consommé du CBD peut vous faire courir des risques. Pourtant, le cannabidiol, une des molécules non-psychotropes du cannabis, ne provoque a priori aucun effet pouvant altérer le discernement et donc la conduite d’un véhicule. Alors comment des consommateurs de CBD se retrouvent en infraction, avec une amende, un retrait de points et un passage au tribunal ?

C’est la question que se posent de plus en plus d’automobilistes. Le CBD, de plus en plus prisé pour ses vertus anxiolytiques et relaxantes, peut également contenir des traces de THC, l’agent psychoactif du cannabis. Cependant, en France, un taux de THC strictement inférieur à 0,3% est toléré dans les produits au CBD. Un taux bien trop faible pour provoquer quelconques effets psychotropes, comme la perte de réactivité ou une altération de la perception.

Des automobilistes contrôlés positifs au THC

Pourtant, des mauvaises surprises attendent certains automobilistes et leurs permis de conduire. « Il y a un an, de retour de la plage avec mon copain, je me suis fait contrôler par des gendarmes », raconte Marine, la vingtaine, au Parisien. « Après l’alcootest négatif, ils m’ont fait un test salivaire qui, lui, s’est révélé positif ». Elle assure pourtant ne consommer que du CBD sous forme de fleurs et constate le résultat positif du test « à sa grande surprise ».

Auprès des gendarmes, elle joue la carte de l’honnêteté. « À la question : consommez-vous du cannabis ? J’ai répondu : non, mais du CBD oui. » Marine accepte alors de passer un second test du même genre, seulement un peu plus précis. Malheureusement, quelques jours plus tard, le résultat tombe : également positif. Son permis de conduire est alors, de fait, suspendu. « Et sa voiture a été saisie », ajoute BFM.

Des permis de conduire qui sautent et la colère des usagers

La jeune femme, quant à elle, ne décolère pas. À la presse, elle explique être consommatrice quotidienne de CBD et l’utiliser pour se sevrer du THC et du cannabis illégal. « On le sent que c’est inoffensif. Quand je consomme le soir avant de me coucher, je ne suis pas défoncée. Ça me détend oui, je reproduis le geste également, mais il n’y a aucun effet psychotrope ». Mais Marine ne se laisse pas faire, saisit un avocat et prépare son passage au tribunal, en mai dernier, soit près de dix mois après son contrôle routier.

Elle se munit d’un test urinaire négatif, différenciant bien CBD et THC et obtient une relaxe. Mais ce n’est pourtant pas la fin de l’histoire pour la jeune femme. En effet, le parquet décide… de faire appel. Pour son avocat, le problème remonte à six ans, lorsque décision a été prise de concentrer les efforts des forces de l’ordre sur les tests salivaires, laissant de côté analyse sanguine et urinaire, qui permettent pourtant d’obtenir des résultats précis, différenciant bien les différentes molécules.

De longues procédures et un flou au détriment des automobilistes

Pour Maître Antoine Régley, saisi de plusieurs cas similaires, c’est « la conséquence d’une politique pénale qui mise sur le chiffre. Cela revient à faire peser une injustice inacceptable sur les consommateurs de CBD, un produit légal ».

Du côté de la Sécurité routière, le mot d’ordre est le suivant : dans le doute, s’abstenir ! « La conduite sous l’emprise de CBD n’est pas pénalisée, et même si la consommation est autorisée, elle peut entraîner une présence de THC dans la salive et dans l’organisme du conducteur et donc matérialiser l’infraction. La conduite après consommation de CBD peut être déconseillée ».

Du côté de l’avocat, on plaide bien sûr pour un retour rapide à la possibilité de « demander une analyse complémentaire sanguine ou urinaire rapide afin de dédouaner les conducteurs qui prennent du CBD ». Une manière simple d’éviter des « suspensions provisoires » de permis de conduire, et la saisie de tribunaux « pour rien ». « Ainsi, l’innocence est prouvée immédiatement ». Sans qu’un conducteur ait à subir les conséquences d’un premier contrôle positif.

 

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CBD ou THC ? Quand la confusion règne, tout le monde y perd

CBD ou THC ? La confusion règne

CBD ou THC ? Quand la confusion règne, tout le monde y perd

CBD ou THC ? Les forces de l’ordre et la justice françaises commencent à mesurer à quel point la confusion entretenue par les autorités et un manque d’encadrement peuvent poser problème. Depuis novembre 2020 et la décision de la Cour européenne de justice dans l’affaire Kanavape, la vente de CBD est légale en France. Cependant, un véritable encadrement de la filière peine à voir le jour. La politique répressive menée par le gouvernement n’affiche toujours aucun résultat positif. Et l’arrêté ministériel du 30 janvier 2021, tentative de cadrer le secteur, a été suspendu par le Conseil d’Etat. Ce, en raison du point sensible de l’interdiction de la vente de fleurs de CBD.

Le flou demeure donc en France, pendant que les boutiques se multiplient. Le Monde estimait récemment à 2500 le nombre de CBD Shops dans le pays, sans compter la vente en ligne. Et à laisser une telle situation perdurer, on permet à de mauvaises pratiques – que l’on voyait venir – d’émerger, de s’installer, de se multiplier… Jusqu’à créer des situations potentiellement dangereuses pour le consommateur comme pour les acteurs de la filière. Il suffit, pour s’en rendre compte, de jeter un petit coup d’œil à la presse de ces dernières semaines.

Les faits divers, reflets d’une situation étrange

Dans cet article, nous allons vous parler de plusieurs faits divers, où la confusion entre CBD et THC est de mise. Bien sûr, la question de la bonne ou mauvaise foi des personnes ennuyées par le justice va se poser et souvent rester sans réponse ! Nous vous laisserons vous faire une idée. Mais nous souhaitons surtout mettre en avant les problèmes engendrés par des mois de flou et de manque d’encadrement de la filière.

Au volant, CBD ou THC ?

Notre premier exemple nous mène en Haute-Garonne. Plus précisément du côté de Luscan, petite commune aux porte des Pyrénées. Nous sommes le 9 octobre 2021 en début de matinée, relate La Dépêche. Un homme circule avec sa femme et ses enfants quand il fait l’objet d’un contrôle routier. Double problème : il conduit alors que son permis a été annulé et il est positif au THC, la molécule psychotrope du cannabis. Il n’en est malheureusement pas à son coup d’essai. La Dépêche fait part de 11 mentions sur son casier judiciaire, notamment des « délits routiers » dont « des conduites sous alcool et stupéfiants ». En récidive, l’homme sait qu’il risque gros.

Pourtant, au sujet du cannabis, il a une explication. « Je ne comprends pas pourquoi je suis positif. Je fume du CBD, un à deux joints par jour. Le CBD est autorisé, il est en vente libre », déclare-t-il au tribunal. La substitut du procureur lui répond : « Certes, sur les stupéfiants, vous êtes de bonne foi. Mais il y avait dans votre organisme 11 nanogrammes de THC ». L’avocat, lui, défend son client et pointe l’ambiguïté autour du CBD. « Les consommateurs sont tentés par un produit qui a pignon sur rue et représente pour beaucoup un moyen de transition pour arrêter [le THC]. Il est difficile de comprendre la limite sur les taux », plaide-t-il.

Dans la confusion, le doute s’installe

Mensonge ou non du prévenu, cette situation expose plusieurs problèmes. Celui, connu de longue date, des tests salivaires, qui sortent positifs parfois des jours après la consommation de stupéfiants. Il est parallèlement possible que l’homme ici soit de bonne foi. Et qu’il soit victime de mauvaises pratiques, que nous avons déjà évoquées dans un précédent article. En effet, il n’est pas rare de trouver sur le marché français des produits au cannabidiol dont le taux de THC ne respecte pas la norme française et européenne. Celui-ci doit être strictement inférieur à 0,2%. Mais on trouve des produits vendus comme tels affichant en réalité 1% de THC. Selon les consommations, il est donc possible de sortir positif d’un test salivaire. Et ce, sans penser une seconde être en possession d’un produit trop chargé en THC. Le manque d’encadrement et de contrôle de la filière se fait donc sentir ici.

« C’est du CBD ! » L’excuse à la mode ?

C’est souvent en raison du flou artistique que le doute est permis. Consommateur de CBD piégé par une filière mal encadrée ou consommateur de THC avec une nouvelle bonne excuse pour essayer de s’en tirer ? Certains tentent le coup, comme cet habitant d’Aujac, dans le Gard. Toulouse Infos relate l’histoire de ces gendarmes en patrouille, qui discernent des pieds de cannabis dans un jardin. Interrogé, le résident explique que ce sont bien ses plantes, mais qu’il s’agit de CBD. « Testés sur place, il n’en est rien puisqu’il s’agit en fait de plants de cannabis », disent les gendarmes. Comprendre « de cannabis chargé en THC », évidemment… Ici, les forces de l’ordre ont pu facilement tester et constater que les 22 pieds, les 5 en train de sécher, l’herbe et les feuilles étaient illégaux.

Car s’il est généralement possible de dénouer le vrai du faux, cela peut néanmoins prendre du temps. Plus de temps qu’avec les outils adaptés. Ouest-France raconte la mésaventure d’un membre d’un groupe de musique devant se produire au festival 7e Vague, en Vendée. À la descente du train, un dispositif de gendarmerie attend les voyageurs, avec une équipe cynophile. « Notre coéquipier a attiré l’attention du chien », explique l’un des artistes. Confirmation d’un gendarme : « On a trouvé une petite quantité d’herbe en sa possession ». Mais l’homme est formel : c’est du CBD ! Cependant ici, pas de test pratique sur place pour discerner CBD et THC, comme par exemple ceux dont est équipée la police suisse. Direction le poste pour une vérification. La fin de l’histoire ne dit pas s’il s’agissait bien de CBD…

CBD ou THC ? Des pistes pourtant évidentes pour en finir

Au regard de ces quelques exemples, tous parus dans la presse au cours de la dernière semaine de mai 2022, on voit bien à quel point le manque d’encadrement de la filière et de volonté des autorités de le faire après une vraie réflexion peut mener à des situations inutiles. Au lieu de vouloir interdire la fleur de CBD, pourquoi ne pas équiper les forces de l’ordre de tests « à la suisse ». Il suffirait alors de 30 secondes pour faire la différence entre CBD et THC. Par ailleurs, sans encadrement, les mauvaises pratiques prolifères. Comme la vente de CBD avec un taux de THC de 1% et donc parfaitement illégal. Une vraie réglementation, moderne, en accord avec son temps et les pratiques actuelles des consommateurs de CBD, se fait toujours attendre…

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Le HHC, ce qu’il faut savoir sur ce « nouveau » cannabinoïde…

HHC, ce qu'il faut savoir

Le HHC, ce qu’il faut savoir sur ce « nouveau » cannabinoïde…

Les amateurs de CBD ont peut-être vu débarquer, sur certains sites e-commerce, un nouveau produit : le HHC. Un nouveau cannabinoïde, à l’instar du CBD et du THC ? Oui et non. En tout cas, un nouveau sigle à connaître ! Car le HHC, de son nom complet hexahydrocannabinol, vous risquez d’en entendre beaucoup parler dans les mois à venir. Même s’il est connu depuis de nombreuses années, son arrivée sur le marché est très récente et a créé de sacrés remous dans le secteur du cannabis. Car la molécule fait débat. On en connaît très peu à son sujet, si ce n’est qu’elle est potentiellement aussi, voire plus puissante que le THC. Ses effets sont méconnus. Quant à l’aspect légal, il est encore plus flou. Et pourtant, le HHC fait son trou, y compris en France. Greenboyz vous explique tout sur ce phénomène.

Le HHC, qu’est-ce que c’est ?

Le HHC n’est pas la dernière découverte dans le domaine des cannabinoïdes, loin de là. Il a été synthétisé pour la première fois dès les années 1940 par Roger Adams (dont nous avons déjà parlé ici). Le chercheur a pour cela ajouté des molécules d’hydrogène au THC. De ce processus d’hydrogénation a découlé le HHC. Celui-ci n’a pas fait preuve d’une grande attention, les études se concentrant par la suite sur le THC et le CBD. Mais récemment, les fabricants se sont emparés de ce « néo-cannabinoïde » pour le commercialiser comme alternative au THC. Présent en très faible quantité à l’état naturel, au sein des graines et du pollen des plants de cannabis mâles, le HHC aujourd’hui subit de nombreuses manipulations humaines en laboratoire dans son processus de création. Il n’est donc pas extrait du cannabis.

C’est pour cela qu’on parle de « néo-cannabinoïde », par opposition aux phyto-cannabinoïdes, présents à l’état végétal naturel, et aux endocannabinoïdes synthétisés par notre organisme. En laboratoire, on utilise donc un extrait de cannabis concentré en THC qu’on met sous pression avec de l’hydrogène. Les doubles liaisons carbone du THC sont rompus sous l’effet de l’hydrogénation et le HHC est ainsi créé. On obtient alors deux versions, le HHC 9R et le HHC 9S. Le ratio entre les deux impacte sur la puissance du produit final, mais c’est bien le HHC 9R qui se lie aux récepteurs CB1 de notre système endo-cannabinoïde, comme le fait le THC connu pour ses effets psychoactifs.

« Le HHC n’est pas une molécule sur laquelle vous tomberez dans une plantation de cannabis. Ce qui est requis pour le créer est très éloigné de ce qui peut être fait sur un site de production classique, cela n’a rien à voir ».

Dr. Markus Roggen, chercheur allemand, président de Delic Labs.

Quels sont les effets du HHC ?

Si la structure chimique du HHC est très proche de celle du THC, on en sait finalement très peu sur ce cannabinoïde. Ses effets semblent assez proches de ceux du THC, avec euphorie, modification de l’humeur, de la perception, appétit, fatigue, enivrement… Et sa puissance semble elle-aussi varier en fonction de sa fabrication et du produit fini. Une chose est sûre, on en sait très peu. Les témoignages sont souvent contradictoires. On lit parfois que le HHC est potentiellement 1000 fois plus puissant que le THC, similaire à la morphine, ou qu’il a des effets 20% moins intenses que le THC. Et ceux qui vendent des produits au HHC restent très vagues sur ces fameux effets, notamment le potentiel psychoactif. Quant à une éventuelle dangerosité, c’est encore plus vague. Les études sont si rares qu’on ne sait rien des possibles conséquences sur la santé.

Le processus de création pose déjà question. Cette molécule, qui n’est pas une substance naturelle, est semi-synthétique. Sa fabrication implique des manipulations humaines et suggère l’utilisation de produits chimiques. Le processus d’hydrogénation peut inclure des catalyseurs, notamment des métaux lourds comme le nickel, le palladium ou le platine. Des substances qui peuvent être cancérigènes. En outre, on ignore tout des effets à court, moyen et long termes de la consommation de HHC, dont les produits dérivés peuvent prendre désormais de nombreuses formes. E-liquides, concentrés, bonbons, mais aussi résines et fleurs sont maintenant disponibles sur de nombreux sites.

Le HHC est-il légal ?

On vous a raconté en long et en large le flou artistique qui a entouré l’arrivée du CBD sur le marché. Un produit pourtant bien étudié, non addictif, non psychotrope. Alors imaginez un peu la situation dans laquelle nous nous retrouvons avec le HHC. Un cannabinoïde de laboratoire, qui semble très comparable au THC, mais qui n’est pas du THC… au sujet duquel on ignore tout ou presque ! Ce qui semble certain, c’est que le HHC se vend pour ses effets très proches du THC et pour profiter du vide légal dû à la méconnaissance de ce nouveau produit. Et ce, si l’on omet le cadre légal, sans aucun recul scientifique ou presque. Vous sentez la polémique arriver ? On vous comprend !

Il y a fort à parier que le sujet du HHC arrive très rapidement sur la table en France. Le CBD, pourtant inoffensif, ne passe déjà pas pour le gouvernement. Le HHC, lui, joue encore plus avec la limite, qu’elle soit morale, éthique, ou légale. Peut-on cependant dire que le HHC est légal tant qu’il n’est pas illégal ? Rien n’est moins sûr. Aux Etats-Unis, par exemple, le Federal Analogue Act considère les substances analogues aux substances dangereuses comme telles. En France, le THC est illégal, les risques encourues sont donc grands. Et malgré le flou qui entoure le produit, c’est la certitude de longues et pénibles procédures qui attend ceux qui ne passeront pas entre les mailles du filet.

Trop méconnu, trop flou, trop risqué

Aucune norme, aucun certificat ne vient encadrer la fabrication du HHC. Très peu d’études sont disponibles sur le sujet et certains laboratoires peuvent se montrer peu scrupuleux. Consommer du HHC, c’est prendre un risque pour sa santé avec des produits potentiellement nocifs. C’est aussi courir un risque légal. Le vide juridique n’est pas gage de sécurité, au contraire. Surtout, il ne faut pas se voiler la face. Si le HHC se vend et gagne en popularité, c’est bien pour ses effets similaires au THC. C’est en réalité un cannabis illégal en France qui tait son nom. Et dont on sait très peu de choses. Alors méfiance.

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Le CBD et l’addiction : nouvel espoir face aux dépendances

CBD et lutte contre les addictions

Le CBD et l’addiction : un nouvel espoir contre les dépendances ?

On ne compte plus les bienfaits du cannabidiol. Pouvoir relaxant, anti-stress, anti-inflammatoire, lutte contre les douleurs chroniques… Ce cannabinoïde, l’un des plus présents dans la plante appelée communément cannabis, n’est désormais plus à présenter. Et si vous le découvrez, nous vous conseillons de jeter à œil à nos précédents articles sur le sujet. Si le CBD fut découvert dans les années 1960, il n’en reste pas moins un sujet d’études récent. Pour autant, la recherche scientifique avance à grands pas. Tous les jours, on en découvre un peu plus à son sujet. Mais qu’en est-il avec le CBD et l’addiction ? La cannabidiol crée-t-il une dépendance, comme son cousin illégal le THC ? Agit-il sur certaines addictions aux conséquences souvent destructrices, comme celles à la nicotine, à l’alcool, aux opiacés ? C’est ce que nous allons tenter d’expliquer dans cet article.

Qu’est-ce que l’addiction ?

Tout d’abord, il faut comprendre de quoi on parle quand on évoque l’addiction. Celle-ci peut prendre bien des formes. On peut être « addict », dépendant, à des substances ou des pratiques. De nos jours, de nouvelles formes d’addiction se développent, liées notamment à certaines pratiques. Les jeux d’argent, le sexe et/ou la consommation de pornographie, en font par exemple partie. Un usage et une consommation excessifs, irraisonnés, entraînent des dépendances dites « comportementales » qu’il est très difficile de combattre. Mais nous aborderons ici les addictions à des substances : la nicotine, l’alcool, les opiacés ou encore le cannabis illégal riche en THC.

L’Institut nord-américain des drogues (NIDA) donne la définition suivante : « L’addiction est une affection cérébrale chronique, récidivante, caractérisée par la recherche et l’usage compulsifs de drogue, malgré la connaissance de ses conséquences nocives ». Plusieurs critères entrent alors en compte. Les instances internationales en donnent le détail dans un manuel, le Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders (DSM). On y trouve « la perte de contrôle de soi, l’interférence de la consommation sur les activités scolaires ou professionnel, ou encore la poursuite de la consommation malgré la prise de conscience des troubles qu’elle engendre ». Onze critères ont été établis, permettant de jauger l’addiction de faible à sévère.

Le CBD est-il une substance addictive ?

Le THC, l’un des cannabinoïdes les plus présents dans le cannabis, provoque de sévères formes d’addiction. On pouvait alors naturellement se demander s’il n’en allait pas de même avec le CBD. Bien que non-psychotrope, le cannabidiol, encore souvent méconnu, a souvent pâti de cette confusion avec le THC. Effectivement, un pas peut être facilement franchi entre le CBD et l’addiction. C’est pourtant une erreur. Car l’addiction au cannabis illégal est bien due au THC. C’est cette molécule qui donne au cannabis son caractère illicite et le classifie comme stupéfiant.

Le THC agit sur le système de récompense de notre cerveau, engendrant ce besoin de consommation. En France, sa présence dans les produits du chanvre à un taux égal ou supérieur à 0,2% est strictement interdite. On comprend facilement pourquoi. Arrêter sa consommation est difficile. L’accoutumance engendre un besoin toujours plus important. De même que le temps passé à essayer de s’en procurer, abandonnant toute autre source de plaisir que celle provoquée par cette substance psychoactive.

De son côté, le CBD ne crée pas cette dépendance. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) l’a affirmé. Les études menées en 2017 au sujet du cannabidiol donnent des résultats très clairs. La dépendance au CBD est quasi inexistante. « Les preuves actuelles montrent que le cannabidiol n’est pas susceptible d’être dangereux en cas de surconsommation, ni de créer une dépendance comme pour les autres cannabinoïdes, tels que le tétrahydrocannabinol (THC) par exemple », écrivent les experts. Ce rapport a été un grand pas en avant vers la démocratisation du CBD. Il a permis de mettre fin à cette confusion. En un mot comme en cent, le CBD et l’addiction, c’est non ! Mais au-delà de ce nécessaire éclaircissement scientifique, d’autres études vont encore plus loin.

Le CBD et l’addiction : un atout de plus dans la lutte contre les dépendances

Le CBD et l’addiction ne font donc pas bon ménage. Et c’est tant mieux ! Maintenant ce fait scientifiquement établi, les recherches ont pu s’orienter vers un autre domaine. Capable de réguler le système endocannabinoïde, notre équilibre interne, le CBD offre de belles promesses. Notamment quant à la lutte contre certaines addictions.

Le CBD pour se sevrer du THC ?

Cannabinoïde addictif et psychoactif, le THC est majoritairement responsable de l’addiction au cannabis. Il provoque de multiples symptômes. Des problèmes comportementaux, comme ceux évoqués en début d’article, mais aussi psychologiques et physiologiques. Le manque peut entraîner des soucis d’insomnie, de dépression, de nervosité, d’agressivité, ou encore des tremblements ou des nausées. Le CBD, lui, aurait le pouvoir de neutraliser les effets du THC. Une étude menée dès 2013 tend à démontrer cela. Le CBD inhiberait les symptômes paranoïaques et réduirait les symptômes psychotiques. Il agirait aussi sur notre mémoire, en ce sens où il réduirait le besoin de revenir au THC. Si les études doivent encore être menées pour confirmer ces premiers résultats, les promesses du CBD pour lutter contre l’addiction au THC sont enthousiasmantes. Nombreux sont d’ailleurs les consommateurs de cannabis illégal se tournant vers le CBD et le chanvre bien-être pour se sevrer du THC.

Le CBD et l’addiction à l’alcool et à la nicotine

L’alcool et le tabac font partie des fléaux de ce monde. L’alcool, directement ou indirectement, est responsable d’environ 45 000 décès annuels en France. Le tabac, lui, provoque la mort de 75 000 personnes par an dans l’Hexagone, soit environ 13% des décès annuels dans notre pays (hors période de covid). Le CBD pourrait aider à combattre ces dépendances et leurs effets dévastateurs. En effet, la cannabidiol pourrait protéger les cellules de notre organisme des dommages de l’alcool. Ceci grâce à « l’autophagie », favorisant la régénération cellulaire. Mais le CBD pourrait également soulager les symptômes liées au sevrage. Il aiderait à diminuer la consommation d’alcool et les risques de rechutes. Ceci notamment en améliorant la qualité du sommeil et en combattant l’insomnie.

Il en va de même pour le CBD et l’addiction à la nicotine. Le cannabidiol pourrait en effet être d’une grande aide pour le sevrage tabagique. Ses effets relaxants calment l’irritabilité liée à l’arrêt de la cigarette. Il réduirait le manque en agissant sur l’anandamide. Ceci procurerait un sentiment de « satiété psychologique », diminuant ainsi tout simplement l’envie de fumer et le plaisir qui en découle.

Le CBD et la dépendance aux opiacés

Antidouleurs puissants, les opiacés sont également particulièrement addictifs. On y trouve des molécules aux noms bien connus, telles la morphine ou la codéine. Mais également des dérivés entrant dans la classification des produits stupéfiants, à l’image de l’héroïne. L’addiction aux opiacés peut provoquer des problèmes de santé parfois très graves. Elle affecte notamment les fonctions cardiaques ou respiratoires. Son sevrage est très difficile et entraîne des symptômes comme l’anxiété, l’irritabilité, des douleurs musculaires ou osseuses, une certaine agitation… Mais aussi des problèmes comportementaux comme ceux évoqués plus tôt. Les bienfaits du CBD aident à diminuer ces symptômes. Le cannabidiol permettrait aussi de rétablir l’équilibre de nos récepteurs opioïdes, démontré par une étude de 2006. On découvre également en 2019 un autre point intéressant. Le CBD contribuerait parallèlement à réduire le manque provoqué par le sevrage, en contrecarrant les effets gratifiants des opiacés.

Le CBD et l’addiction, de belles promesses à confirmer

Les études concernant le CBD et l’addiction sont encore à un stade émergeant. Des recherches scientifiques complémentaires restent nécessaires. Mais les premiers résultats évoqués par les experts sont très prometteurs. À terme, combattre les addictions via l’usage du cannabidiol pourrait devenir un fait établi. Se sevrer des substances addictives est, quoi qu’il en soit, très difficile et l’avis du corps médical est primordial. En conclusion, il est cependant important de retenir que le CBD n’est pas une substance addictive et ne provoque aucune dépendance. Sa consommation pourrait être d’un grand secours pour les personnes souffrant d’autres addictions. À condition, bien sûr, de ne pas y adjoindre une substance addictive. C’est pour cela, par exemple, qu’il est strictement déconseillé de fumer des fleurs et des résines de CBD. Outre la combustion, mauvaise pour la santé, l’ajout fréquent de tabac entraîne de fait une addiction à la nicotine. Alors attention !