Cannabis thérapeutique : la colère grimpe chez les patients
La France a lancé en mars 2021 sa première expérimentation sur le cannabis thérapeutique. Un projet censé durer deux ans et prendre donc fin en mars 2023. Et qui n’avait pas pour but de prouver les effets thérapeutiques du cannabis, mais d’organiser sa future prescription et distribution auprès de certains patients. « L’objectif principal n’est pas d’évaluer l’efficacité du cannabis thérapeutique mais de valider les conditions d’accès, de prescription et de dispensation », expliquait Nicolas Authier, président du comité de suivi à l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).
3 000 personnes devaient participer à l’expérimentation à la française du cannabis thérapeutique et les attentes étaient fortes. Mais ces deniers ont récemment appris la prolongation pour un an de l’expérience, jusqu’au printemps 2024. À ce rythme, la France n’est pas près de rejoindre la vingtaine de pays européens déjà engagés sur le sujet, comme l’Allemagne, le Portugal ou encore l’Italie. Et les associations de patients commencent à perdre de patience face à ce que Le Monde nomme un « imbroglio ».
Des justifications floues qui passent mal
Le report à 2024 de la fin de l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France n’est pas encore gravé dans la roche. Mais des députés devraient déposer un amendement en ce sens au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023. Et les débats à l’assemblée sont prévus à partir du 20 octobre. Au ministère de la santé, on explique que « l’expérimentation n’est pas allée aussi loin que prévu, la crise sanitaire qui en a retardé le démarrage l’explique en partie ».
On avance aussi un nombre de patients qui n’a pas encore atteint les 3000, comme prévu initialement. « Les résultats sont insuffisants en termes de patients, pour l’instant, pour avoir des résultats qui sont solides », avance le ministre François Braun. On se questionne aussi sur « le déploiement du produit », ainsi que son « statut ». Parallèlement, le rapport d’évaluation de l’expérimentation du cannabis thérapeutique, remis aux autorités, n’a pas encore été rendu public, accentuant l’impatience et l’incompréhension des associations de patients.
Une expérimentation pourtant déjà positive
« Avec 2 100 patients inclus, le nombre est suffisant pour valider l’efficacité de l’expérimentation », plaide pourtant Nicolas Authier. « 1 400 patients sont encore traités aujourd’hui » et 100 à 200 rejoignent l’expérimentation du cannabis thérapeutique chaque mois. « L’expérience est positive, plusieurs patients voient leurs symptômes apaisés. Certains réduisent aussi les doses d’autres médicaments », témoigne de son côté Laure Copel, cheffe du service des soins palliatifs à Paris, au sein du groupe hospitalier Diaconesses-Croix-Saint-Simon.
« Cela semble améliorer le sommeil, l’appétit, les troubles anxieux. S’il n’est pas un très bon antalgique, c’est un excellent traitement pour le patient douloureux car sa qualité de vie est le plus souvent améliorée », ajoute-t-elle. « C’est une nouvelle classe thérapeutique intéressante qui n’a pas d’équivalent ». Des réserves sont émises cependant quant à l’aspect psychotrope et/ou addictogène de certains médicaments à base de cannabis, mais Nicolas Authier prévient : « On cherche à soulager sans nuire avec des médicaments, pas à faire une légalisation déguisée du cannabis ».
D’autres barrières bloquent le cannabis thérapeutique
Surtout, le président du comité de suivi voudrait « un engagement de la part du ministère de la santé, il est nécessaire de déconstruire toutes ces idéologies, tous ces fantasmes autour de ce produit ». Et les associations de patients de se questionner sur « le volontarisme politique ». Car il semblerait que les désaccords soient nombreux au sein du gouvernement sur le sujet du cannabis thérapeutique. « Le sujet reste clivant au sein même de la majorité, et c’est à se demander si c’est le ministère de l’intérieur ou celui de la santé qui décide », souffle un médecin au Monde.
La colère monte donc chez les malades face à ce temps perdu. « Nous demandons, dès la fin de l’expérimentation, la mise à disposition de médicaments à base de cannabis, conditionnée à une prescription de produits remboursés », explique Mado Gilanton, présidente de l’association Apaiser. « Dans certains centres antidouleur, aujourd’hui, on nous rapporte des temps d’attente de deux ans. Le gouvernement devrait le savoir, lui qui s’est engagé à améliorer l’accès aux soins. Ces patients qui souffrent, combien de temps va-t-il leur falloir attendre encore ? »
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Au Sénat, un groupe veut promouvoir la filière du chanvre
Le chanvre a le vent en poupe et, au Sénat, on souhaite lui donner encore plus d’élan. Ainsi, un groupe d’une cinquantaine de sénateurs, mené par l’écologiste Guillaume Gontard, a publié une tribune fin septembre pour affirmer sa volonté de promouvoir et développer la filière du chanvre, notamment industriel. Plus qu’une tribune, c’est « une proposition de résolution pour le développement économique de la filière et l’amélioration de la réglementation des produits issus du chanvre » qui a été déposée par la cinquantaine de sénateurs français de tous bords politiques.
L’idée première, c’est d’enfin clarifier la situation et la position de la France vis-à-vis du chanvre. Premier producteur européen, avec environ 22 000 hectares cultivés, notre pays jongle toujours entre un flou juridique autour des produits tels que le CBD et ses dérivés, une vieille image diabolisée de la plante et la forte répression qui va avec, et les enjeux environnementaux vis-à-vis desquels le chanvre peut avoir un grand rôle à jouer.
Loin d’être un « effet de mode »
Pour la cinquantaine de membres du Sénat, remettre le chanvre au goût du jour n’a rien d’un « effet de mode ». Car « tout est bon dans le chanvre », une plante jugée « magique » par Myriam Laïdouni-Denis, conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes. Une expression qui n’est peut-être pas des plus heureuses, car il n’y a rien de magique dans le chanvre, c’est plutôt une plante vertueuse. « Une plante historique », plutôt qu’une « plante à la mode », plaide avec plus de mesure Guillaume Gontard. Rappelons-le, en 1840, on comptait quelques 176 000 hectares de chanvre cultivés en France.
Ainsi, le Sénat appelle le gouvernement à un meilleur encadrement de la filière, afin que la culture du chanvre soit « facilitée ». À l’heure actuelle, « une question de normes », selon le sénateur de l’Isère, freine le secteur. Une question épineuse à laquelle le gouvernement ne semble pas capable de répondre à l’heure actuelle, confondant trop souvent THC et CBD, cannabis psychotrope et plante inoffensive. Et subissant l’opposition du ministère de l’intérieur, y compris dans le domaine du cannabis thérapeutique.
Donner les moyens à la filière du chanvre
Pour sortir de ce carcan de confusion – entretenu parfois sciemment -, le groupe de sénateurs souhaite d’abord mettre en évidence les possibilités offertes par le chanvre dans les domaines environnementaux et industriels. Une plante qui « restructure » et « aère » les sols, explique Guillaume Gontard, « qui pousse vite, résiste à la sécheresse parce que très peu gourmande en eau, ne réclame pas d’apports en produits chimiques », ajoute Le Figaro. C’est aussi « un puits de carbone » selon l’écologiste Daniel Salmon, et une opportunité de reconversion agricole.
Textile, papier, construction, isolation, cosmétique, voire même alimentation des animaux d’élevage… On peut tout faire ou presque avec le chanvre, qui peut intégrer l’industrie automobile ou l’effort éolien, avec la fibre de chanvre pour succéder à la fibre de verre. Mais pour cela, il faut un « énorme travail de structuration de la filière ». C’est-à-dire « créer la demande, ouvrir le marché, normer tout ça ». Mais aussi des investissements, car la transformation du chanvre nécessite la mise en place d’outils particuliers.
La question des fleurs toujours floue, regrettent des membres du Sénat
Mais au-delà de ces usages industriels du chanvre, les membres du Sénat souhaite aussi une clarification de la politique menée au sujet des fleurs et feuilles de la plante, notamment sur la question du CBD. « On est toujours dans un flou juridique », regrette Guillaume Gontard, dix mois après l’arrêté d’interdiction de vente recalé par le Conseil d’État. Pourtant, « la manne financière, représentée par la culture du chanvre CBD serait une bouffée d’oxygène pour les agriculteurs français », estime le sénateur.
En attendant, le groupe ayant déposé la proposition tente de mettre en valeur les usages industriels du chanvre, en visitant notamment des entreprises du secteur, impliquées dans le béton de chanvre par exemple, ou encore, dans le Nord, la rénovation de logements d’une cité minière, dont la nouvelle isolation sera faite grâce à la plante. En espérant que les coûts baissent au fur et à mesure que les moyens sont donnés au secteur d’exister.
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En France, le cannabis médical prend un peu trop son temps
La France a lancé, en mars 2021, sa première expérimentation autour du cannabis médical légal. Une première entrée dans le monde du cannabis thérapeutique pour notre pays, qui accuse un retard certain vis-à-vis de ses voisins en la matière. Inaugurée en grandes pompes par Olivier Véran, alors ministre de la santé, à Clermont-Ferrand, cette expérience devait durer deux ans et concerner près de 3000 patients. Ces derniers avaient alors la possibilité de bénéficier de traitement au cannabis, sous forme notamment d’huile et en vaporisation.
Ce projet avait déjà pris bien du retard. Devant être lancé fin 2019, il avait dû attendre plus d’un an pour voir finalement le jour. En cause, la pandémie de Covid-19 mais aussi des problèmes d’approvisionnement. Fournir les vaporisateurs, former les médecins, tout ceci a pris du temps et a finalement retardé le lancement. Mais enfin, après un an et demi d’expérimentation et à six mois de la fin du projet, la mise au point se fait au sujet du cannabis thérapeutique.
Il faudra encore attendre pour la légalisation
Malheureusement et comme pressenti, la fin de l’expérimentation, et donc la mise légale sur le marché, a été reportée. L’association Santé France Cannabis, qui regroupe des acteurs des différents secteur de la future filière française du cannabis médical, a en effet préconisé le prolongement d’un an de l’expérimentation. La raison avancée ? « Laisser le temps nécessaire à la filière de s’organiser », peut-on lire dans une note adressée aux députés.
La crainte de Santé Cannabis France, c’est de voir le pays se fournir à l’étranger, plutôt que de faire bénéficier une filière franco-française. Il y aurait en effet un risque que « la généralisation de l’usage de ces médicaments ou la prorogation de l’expérimentation ne soient, dans les conditions actuelles, favorables aux acteurs étrangers au détriment de la filière française ».
La grogne des patients
La confirmation de la prolongation de l’expérimentation est venue de la Direction générale de la santé. Censée prendre fin en mars 2023, l’expérience durera bien jusqu’en mars 2024. Mais dans un premier temps, l’annonce a été faite aux industriels. Les patients, quant à eux, n’ont été prévenus que trois jours plus tard. Une « maladresse » de la Direction générale de la santé, dénoncée par les associations.
Celles-ci « regrettent vivement n’avoir été ni consultées, ni même informées de cette décision, avant que celle-ci n’ait fuité dans la presse par un communiqué des représentants de la filière agro-industrielle. Cette méthode est symptomatique du peu de considération dont bénéficient les malades dans cette décision ». Mais plus encore, c’est ce nouveau report qui met en colère les associations.
Les associations de patients montent au créneau
Pour elles, « les motifs invoqués pour prolonger l’expérimentation, à savoir l’impréparation de la filière agro-industrielle française et le risque de prise de positions d’acteurs étrangers sur le marché, ne sauraient en aucun cas dicter notre politique sanitaire ».
Elles ajoutent, dans un communiqué : « Privilégier des intérêts économiques à l’amélioration de la santé et de la qualité de vie de dizaines de milliers de malades souffrant de symptômes chroniques et lourdement invalidants constitue une rupture dangereuse avec l’éthique de santé publique et ne serait-ce que la doctrine du « quoi qu’il en coûte » adoptée au moment de la crise du Covid-19 ».
La France se tient tout de même prête
Il semblerait donc que la légalisation du cannabis thérapeutique en France doive attendre. Tout comme les malades, qui ne pourront sans doute pas en bénéficier avant, au plus tôt, fin 2024. Parallèlement, les entreprises françaises se tiennent prêtes. Dans le cadre de projets de recherche et développement, une société angevine travaille déjà à produire des médicaments à base de cannabis. « Objectif, écrit France 3, être prêt fin 2023 en vue de la généralisation d’une filière 100% française ».
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Des permis de conduire retirés pour simple usage de CBD ?
Des permis de conduire qui sautent pour usage de stupéfiants ? Des automobilistes uniquement consommateurs de CBD sanctionnés ? En France, conduire après avoir consommé du CBD peut vous faire courir des risques. Pourtant, le cannabidiol, une des molécules non-psychotropes du cannabis, ne provoque a priori aucun effet pouvant altérer le discernement et donc la conduite d’un véhicule. Alors comment des consommateurs de CBD se retrouvent en infraction, avec une amende, un retrait de points et un passage au tribunal ?
C’est la question que se posent de plus en plus d’automobilistes. Le CBD, de plus en plus prisé pour ses vertus anxiolytiques et relaxantes, peut également contenir des traces de THC, l’agent psychoactif du cannabis. Cependant, en France, un taux de THC strictement inférieur à 0,3% est toléré dans les produits au CBD. Un taux bien trop faible pour provoquer quelconques effets psychotropes, comme la perte de réactivité ou une altération de la perception.
Des automobilistes contrôlés positifs au THC
Pourtant, des mauvaises surprises attendent certains automobilistes et leurs permis de conduire. « Il y a un an, de retour de la plage avec mon copain, je me suis fait contrôler par des gendarmes », raconte Marine, la vingtaine, au Parisien. « Après l’alcootest négatif, ils m’ont fait un test salivaire qui, lui, s’est révélé positif ». Elle assure pourtant ne consommer que du CBD sous forme de fleurs et constate le résultat positif du test « à sa grande surprise ».
Auprès des gendarmes, elle joue la carte de l’honnêteté. « À la question : consommez-vous du cannabis ? J’ai répondu : non, mais du CBD oui. » Marine accepte alors de passer un second test du même genre, seulement un peu plus précis. Malheureusement, quelques jours plus tard, le résultat tombe : également positif. Son permis de conduire est alors, de fait, suspendu. « Et sa voiture a été saisie », ajoute BFM.
Des permis de conduire qui sautent et la colère des usagers
La jeune femme, quant à elle, ne décolère pas. À la presse, elle explique être consommatrice quotidienne de CBD et l’utiliser pour se sevrer du THC et du cannabis illégal. « On le sent que c’est inoffensif. Quand je consomme le soir avant de me coucher, je ne suis pas défoncée. Ça me détend oui, je reproduis le geste également, mais il n’y a aucun effet psychotrope ». Mais Marine ne se laisse pas faire, saisit un avocat et prépare son passage au tribunal, en mai dernier, soit près de dix mois après son contrôle routier.
Elle se munit d’un test urinaire négatif, différenciant bien CBD et THC et obtient une relaxe. Mais ce n’est pourtant pas la fin de l’histoire pour la jeune femme. En effet, le parquet décide… de faire appel. Pour son avocat, le problème remonte à six ans, lorsque décision a été prise de concentrer les efforts des forces de l’ordre sur les tests salivaires, laissant de côté analyse sanguine et urinaire, qui permettent pourtant d’obtenir des résultats précis, différenciant bien les différentes molécules.
De longues procédures et un flou au détriment des automobilistes
Pour Maître Antoine Régley, saisi de plusieurs cas similaires, c’est « la conséquence d’une politique pénale qui mise sur le chiffre. Cela revient à faire peser une injustice inacceptable sur les consommateurs de CBD, un produit légal ».
Du côté de la Sécurité routière, le mot d’ordre est le suivant : dans le doute, s’abstenir ! « La conduite sous l’emprise de CBD n’est pas pénalisée, et même si la consommation est autorisée, elle peut entraîner une présence de THC dans la salive et dans l’organisme du conducteur et donc matérialiser l’infraction. La conduite après consommation de CBD peut être déconseillée ».
Du côté de l’avocat, on plaide bien sûr pour un retour rapide à la possibilité de « demander une analyse complémentaire sanguine ou urinaire rapide afin de dédouaner les conducteurs qui prennent du CBD ». Une manière simple d’éviter des « suspensions provisoires » de permis de conduire, et la saisie de tribunaux « pour rien ». « Ainsi, l’innocence est prouvée immédiatement ». Sans qu’un conducteur ait à subir les conséquences d’un premier contrôle positif.
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Les plants de CBD attirent les convoitises… et les voleurs !
Depuis plusieurs mois, la France a commencé à produire ses propres plants de CBD. Des agriculteurs se sont pris au jeu, d’autres se sont insérés dans la brèche et, alors que le pays était déjà le plus gros producteurs de chanvre industriel d’Europe, des champs sont désormais destinés uniquement à la production de cannabidiol. Et à la différence du chanvre industriel, les plants de CBD ont cette particularité qu’ils ressemblent comme deux gouttes d’eau à des pieds de cannabis chargés en THC.
En 2021, on estimait le marché du CBD à près de 400 millions d’euros en France. De quoi attirer les convoitises. Et plus encore quand on sait à quel point le marché du cannabis illégal pèse lourd sur notre territoire. Les Français sont en effet parmi les plus gros consommateurs de cannabis illégal en Europe. Entre ces deux marchés, légal et illégal, certains peuvent y voir un moyen de faire des affaires de manières peu scrupuleuses… et les vols se multiplient.
Des plants de CBD dérobés en Vendée
Le quotidien Ouest-Francerelate notamment ce vol, survenu dans la nuit du 16 au 17 septembre. À Moutiers-sur-le-Lay, trois associés ont eu une très mauvaise surprise. Leur parcelle de plants de CBD est passée, en un an, de 1500 à 8000 pieds. « On a fait pratiquement un hectare », explique Arnaud, l’un des exploitants. Deux variétés de cannabis légal ont été plantées, et l’une d’entre elles, à la croissance plus rapide, est arrivée à maturité, prête pour la récolte.
Quelques vols sont alors intervenus, poussant les exploitants à placer des caméras de surveillance. Les champs avaient donc été visités, mais le vol a pris une nouvelle ampleur à la mi-septembre. Un samedi matin, les associés ont trouvé une de leurs parcelles « décimée », écrit le quotidien du Grand Ouest. « Ils ont pris plusieurs centaines de pieds. On était dégoûtés. On a bossé dur, tout ça pour que ça profite à d’autres », relate, dépité, Arnaud.
Un préjudice de près de 10 000 euros
Pour les associés, qui s’étaient déjà fait dérober une cinquantaine de plants de CBD l’an passé, le préjudice est très important. Ils pensent à des voleurs « bien organisés ». Une caméra de surveillance a également disparu, mais elle a pu transmettre des images. Déjà, la veille du vol, elle avait filmé un véhicule entrant dans leur champs. Le lendemain, « 100 pieds volés, c’est 10 000 € de chiffre d’affaires qui disparaissent ».
« On a l’habitude de curieux qui volent un ou deux pieds pour s’amuser. Mais un vol de cette ampleur, cela veut dire que ça s’organise », estime pour sa part François-Guillaume Piotrowski, président de l’association française des producteurs de cannabinoïdes. Déjà, en 2021, des vols importants avaient eu lieu, notamment dans la Vienne. Et ce, de manière régulière.
Des voleurs déterminés
« On ne vit plus, avait témoigné à laNouvelle République un exploitant. On s’est lancé là-dedans depuis un an pour le challenge, mais là, ce n’est pas possible. La charge de travail est déjà très importante pour cette production, et là on est en plus en permanence en train de regarder les caméras. Dimanche, j’ai fait deux courses poursuites ».
Une détermination des voleurs qui inquiète. « On a prévenu les gendarmes et on a fait une course-poursuite à trois voitures, mais rien ne les arrête, même quand les gendarmes font un barrage sur la nationale, ils ne s’arrêtent pas, ça devient hallucinant ! »
Que font les voleurs des plants de CBD ?
La question qui se pose est la suivante : que font les voleurs des plants de CBD. Difficile de les réinjecter dans le circuit classique, quand ce cannabis légal doit faire l’objet de tests en laboratoire pour s’assurer de sa faible teneur en THC. Les voleurs pourraient donc revendre ce CBD en le faisant passer pour du cannabis chargé en THC. En toute connaissance de cause… ou non. En 2021, « plusieurs centaines de pieds (de CBD, ndlr) avaient été dérobées dans une serre de culture. Les gendarmes ont interpellé un individu : il pensait qu’il s’agissait de cannabis », chargé en THC…
Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
La filière du chanvre, notamment dans le secteur industriel, se cherche des bras ! Avec plus de 20 000 hectares cultivés sur le territoire, la France est l’un des premiers producteurs mondiaux de chanvre. Pourtant, dans le pays, la plante est très loin de son âge d’or. En 1860, on en comptait 176 000 hectares sur nos terres. Si la production s’est par la suite effondrée, le chanvre revient petit à petit en odeur de sainteté. Mais il y a du retard à rattraper.
Car après le tout pétrole et le tout coton, les avantages du chanvre industriel ressurgissent, comme s’ils avaient été un temps oubliés. Sa facile croissance, son faible besoin en eau, l’utilisation de toutes ses parties… Tous ces points, avec les enjeux liés au réchauffement climatique, captent l’attention des agriculteurs et producteurs. La filière du chanvre se renforce, mais cherche maintenant des bras en plus pour satisfaire une demande en forte croissance.
Journées portes ouvertes et découverte du chanvre
Pour permettre à la filière du chanvre de croître, d’attirer agriculteurs et producteurs, et répondre aux besoins, il faut intéresser. C’est pour cette raison qu’aux Brouzils, en Vendée, la Cavac (Coopérative agricole Vendée approvisionnement céréales) a organisé une journée chanvre, comme le raconte Ouest-France.
Le premier objectif ? Faire découvrir, ou redécouvrir, la plante aux milles vertus. Elle est « relativement autonome, peu demandeuse en eau [et] assure une rotation bénéfique contre la reproduction des bioagresseurs ».
« L’intérêt de cette plante, c’est qu’elle recouvre rapidement le sol et empêche les mauvaises herbes de se développer », explique Nicolas Danieau, du Gaec (groupement agricole d’exploitation en commun) La Mitonnière. « La population mondiale augmente, il faudra la nourrir et trouver des solutions. Or, le chanvre n’a pas besoin de produits phytosanitaires et demande très peu d’eau », ajoute, à L’Éveil Normand, Ludovic Rivière, un des pionniers de la filière du chanvre dans l’Eure.
Démontrer l’utilité du chanvre
Hervé Pottier, directeur de la Cavac biomatérieux, liste quant à lui les nombreux débouchés. « Nous travaillons le chanvre depuis quatorze ans et nous avons acquis pas mal de connaissances. La fibre est utilisée pour l’isolation des maisons, dans la construction automobile, la papeterie et le textile. La chènevotte, qui est la partie bois de la tige de chanvre, sert pour le paillage, la litière animale ou encore les enduits chaux-chanvre dans le bâtiment. Nous travaillons également le béton de chanvre… » La filière du chanvre est riche et diversifiée.
Mais le chanvre est aussi bénéfique à d’autres cultures. Comme l’expérimente la Cavac. « Le blé cultivé après du chanvre obtient systématiquement une meilleure fertilité, avec cinq à dix quintaux à l’hectare en plus. Par ailleurs, le chanvre offre la possibilité de semer le blé en semis direct car son pouvoir recouvrant aura bien nettoyé le sol des adventices (mauvaises herbes, ndlr). On économise ainsi des charges de mécanisation », explique Nicolas Danieau.
« Depuis mars, nous menons ici différents essais : sur la fertilisation azotée, sur la date et la densité des semis, sur des variétés plus ou moins productives, sur l’impact positif ou négatif du couvert végétal semé entre le blé et le chanvre », ajoute Antoine Moinard, qui travaille au service agronomie de la Cavac.
La filière du chanvre veut lutter pour la planète
La faible consommation en eau du chanvre, ainsi que l’absence d’usage de pesticides, est aussi un atout environnemental. D’abord en période de sécheresse. « J’ai 65 hectares de lin et j’ai peur de ne pas pouvoir le récolter, s’inquiète Ludovic Rivière. Nous avons semé au mois de mars et nous n’avons pas eu une goutte d’eau pendant un mois. Il faut que la plante lève à 65-70 cm. Autrement, on ne peut pas teiller ».
Le chanvre, de son côté, « résiste bien à la sécheresse », confie Damien Odienne, lui aussi exploitant dans l’Eure. « Je sème différentes cultures pour réduire les risques liés au climat et aux aléas type ravageurs ou maladies. En bio, nous avons moins de possibilités d’agir ». Pour Ludovic Rivière, cela va plus loin : « Si chaque agriculteur en semait de trois à cinq hectares, nous aurions un levier pour lutter contre le réchauffement climatique ».
Et les choses commencent à bouger. « Aujourd’hui, la filière du chanvre est importante. On accompagne les agriculteurs pour changer leur modèle économique », conclue Hervé Pottier.
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Des sénateurs français veulent légaliser le cannabis
« Intenable ». C’est par ce terme que des sénateurs français ont qualifié la situation entourant le cannabis dans le pays. Ils sont 31 sénateurs, issus du groupe socialiste, écologiste et républicain, à signer une tribune dans Le Monde, plaidant pour la légalisation du cannabis. Sous la houlette de Gilbert-Luc Devinaz, le groupe de sénateurs français annonce lancer une concertation dans le but de déposer une proposition de loi légalisant le cannabis.
« Alors que c’est interdit, 1,5 million de personnes consomment » du cannabis récréatif en France, selon un rapport de l’Assemblée nationale. « Face à une situation qui nous échappe », écrivent les sénateurs, « il est de la responsabilité du législateur d’apporter des réponses aux préoccupations légitimes qui existent ». Pour cela, les signataires de cette tribune appellent à « sortir du procès en laxisme fait aux tenants d’une évolution du cadre légal » face à ce « sujet de société ». Ces sénateurs français socialiste souhaitent donc « apporter [leur] pierre à l’édifice ».
Une répression « inefficace, inefficiente et injuste »
Pour le groupe de sénateur, le constat est clair. « La répression engagée dans le cadre de la prohibition est inefficace, inefficiente et injuste ». Elle ne protège pas les jeunes, maintient « des quartiers dans une dépendance très forte » et mobilise d’importants moyens pour un résultat « quasi nul ». Parallèlement, les membres du Sénat jugent que les Français, eux, sont « prêts à débattre de la consommation du cannabis dit récréatif ». Ainsi, c’est dans la « perspective d’une législation efficace » que les signataires annoncent le début de leur concertation sur le sujet.
Des sénateurs français prônent « la légalisation » du cannabis
Face à « cette situation intenable », deux solutions se posent. Mais le groupe socialiste au Sénat ne veut pas entendre parler d’une dépénalisation du cannabis. Une « option démagogue et populiste », qui consiste selon eux à maintenir l’interdiction et supprimer les peines encourues. Autrement dit, « acheter la paix sociale avec un certain cynisme », estiment les signataires.
Ces derniers prônent donc l’autre solution : la légalisation. « Sans minimiser l’impact sanitaire de la consommation du cannabis, nous considérons, à l’instar des politiques publiques existantes pour le tabac et l’alcool ou encore les jeux d’argent, que la légalisation donnera les moyens d’agir plus efficacement pour protéger davantage nos concitoyens et notamment notre jeunesse. »
Celle-ci aurait potentiellement de nombreux bénéfices. Contrôle de la qualité des produits consommés, frein aux trafics, financement de la prévention et de la réinsertion par la taxation des produits et les recettes fiscales, redéploiement des moyens de répression vers d’autres missions.
Le Sénat doit jouer son rôle
En prenant le sujet à bras le corps, le groupe des sénateurs français signataires de cette tribune entend jouer son rôle de « régulateur » en tant que puissance publique. Ils comptent donc « déposer dans les mois à venir une proposition de loi pour répondre à cet enjeu ». Il reste « des arbitrages à rendre sur les modalités d’encadrement, sur l’âge légal de consommation ou encore sur les systèmes de production qu’il convient de mobiliser, en se basant sur le tissu économique de production de chanvre existant d’ores et déjà dans notre pays », à l’image de ce qu’a pu faire l’Allemagne récemment. « L’opinion publique est prête, il faut que le législateur agisse ».
LES 31 SIGNATAIRES
David Assouline, sénateur de Paris ; Joël Bigot, sénateur du Maine-et-Loire ; Nicole Bonnefoy, sénatrice de la Charente ; Rémi Cardon, sénateur de la Somme ; Marie-Arlette Carlotti, sénatrice des Bouches-du-Rhône ; Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France ; Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français établis hors de France ; Thierry Cozic, sénateur de la Sarthe ; Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice de Paris ; Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône ; Jérôme Durain, sénateur de la Saône-et-Loire ; Rémi Féraud, sénateur de Paris ; Martine Filleul, sénatrice du Nord ; Hervé Gillé, sénateur de la Gironde ; Laurence Harribey, sénatrice de la Gironde ; Olivier Jacquin, sénateur de la Meurthe-et-Moselle ; Patrice Joly, sénateur de la Nièvre ; Bernard Jomier, sénateur de Paris ; Patrick Kanner, sénateur du Nord ; Eric Kerrouche, sénateur des Landes ; Jean-Yves Leconte, sénateur des Français établis hors de France ; Monique Lubin, sénatrice des Landes ; Didier Marie, sénateur de la Seine-Maritime ; Michelle Meunier, sénatrice de la Loire-Atlantique ; Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme ; Emilienne Poumirol, sénatrice de la Haute-Garonne ; Angèle Préville, sénatrice du Lot ; Christian Redon-Sarrazy, sénateur de la Haute-Vienne ; Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine ; Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise ; Jean-Claude Tissot, sénateur de la Loire.
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Les Français et le CBD en 2022 : un sondage fait le point
Le début d’année a été mouvementé pour le chanvre bien-être, et l’histoire entre les Français et le CBD continue. Le CBD en France en 2022 s’est fait une belle frayeur, avec la tentative d’interdiction de vente de fleurs par arrêté ministériel aux premières lueurs de janvier. En effet, pour des raisons « d’ordre et de santé publics », le gouvernement souhaite empêcher la vente « de fleurs et feuilles brutes » dans l’Hexagone. Une décision très mal accueillie par l’opinion générale, en particulier par les acteurs du milieu mais également par les consommateurs de CBD. Cependant, les arguments mis en avant dans le texte de l’arrêté n’ont vraiment convaincu personne. Y compris le Conseil d’État qui, trois semaines après la publication du texte, venait suspendre provisoirement l’interdiction de vente de fleurs. Une saga CBD, la première de 2022, que nous vous relations dans un précédent article.
Le secteur du CBD a donc soufflé le chaud et le froid en l’espace de quelques jours. L’inquiétude cédait sa place au soulagement, en attendant une décision pérenne. Depuis, et après trois semaines d’un nouveau flou artistique, la filère du CBD a repris sa marche en avant. Et finalement, la tentative d’interdiction de la fleur n’aura que donné un nouveau coup de projecteur sur ce produit qui a conquis toutes les villes de France. De chaque épisode judiciaire, de chaque combat devant des tribunaux, le CBD et le chanvre bien-être sont sortis, jusqu’ici, vainqueurs. Et les différents feuilletons, relatés avec beaucoup d’intérêt par la presse écrite comme audiovisuelle, n’auront fait que donner une plus grande visibilité au cannabis légal.
En 2022 en France, le CBD gagne en visibilité
Ainsi, le CBD en France en 2022 est mieux connu qu’il ne l’était l’an passé. En effet, en juin 2021, Ifop réalisait un sondage sur le CBD en France. En février 2022, c’est le Huffington Post (via YouGov) qui pose la question aux Français de leur connaissance du chanvre bien-être et leur rapport au CBD. Seulement neuf mois séparent ces deux consultations, mais les chiffres sont assez significatifs. La France a toujours accusé un certain retard quant au cannabis. Les mentalités évoluent lentement et difficilement dans un pays pourtant connu comme étant le plus gros consommateur européen de cannabis illégal. Et le raccourci pris par le gouvernement, entretenant confusion entre fleur de CBD et THC, n’aide pas à la manœuvre. Informer clairement est pourtant une solide base pour permettre à quiconque de forger sa propre opinion.
Mais au règne de la désinformation, celle-ci pouvant malheureusement aussi venir des plus hautes autorités (lire sur Le Monde), il faut savoir jongler entre le vrai et le faux. Avec les efforts récents de la presse française au sujet du CBD et du cannabis en général, nos concitoyens sont plus à même de comprendre par eux-mêmes les tenants et les aboutissants de ce nouveau secteur. La presse prend le pouls du pays, donne les outils de compréhension et corrige certains propos erronés. Par l’expérience, le Français se donne également les moyens de poser un regard clair sur le sujet. Et petit à petit, le changement de mentalité quant au cannabis et au CBD fait son bonhomme de chemin. Ainsi, cette évolution se traduit dans le récent sondage du Huffington Post. Mais il reste encore une longue route à parcourir pour le CBD.
Les Français et le CBD en 2022, un sujet mieux connu
En comparant les sondages de juin 2021 et février 2022, une chose est claire. Le CBD en France en 2022 est un produit connu d’une très large majorité de la population.
En effet, en juin 2021, 55% seulement des Français annonçaient avoir déjà entendu parler du CBD. Neuf mois plus tard, ils sont 78% à répondre par l’affirmative. D’une grosse moitié de Français, on passe à plus de trois quarts de la population. La multiplication des boutiques de CBD dans tous les centres-villes de France et les démêlés judiciaires de la filière, largement relayés dans la presse, expliquent ces chiffres. Les tranches d’âges montrent bien qui, au sein de la population, sont ceux les plus concernés par le CBD. En effet, les 18-54 ans ressortent de l’étude. 88% des 18-34 ans et 83% des 35-54 ans ont déjà entendu parler du CBD. Pour les 55 ans et plus, ce chiffre tombe à seulement 68%. Chez Greenboyz, notre clientèle s’étale de 18 à plus de 70 ans. Cependant, nous remarquons également que la fourchette moyenne se situe entre 25 et 55 ans.
En février 2022, 78% des Français disent avoir déjà entendu parler du CBD
Sondage YouGov/Huffington Post
Reste néanmoins que pour les 55 ans et plus, le chiffre est passé d’environ 40% en juin 2021 à, donc, 68% en février 2022. Déjà en tête l’année précédente, les femmes font croître leur avance sur les hommes. De 55% à avoir entendu parler du CBD en 2021 (contre 54% pour les hommes), elles sont désormais 81% à être au courant en 2022, contre 75% des hommes.
Les Français et le CBD : des consommateurs toujours plus nombreux
Plus de gens au courant de l’existence du CBD, cela se traduit évidemment par plus de consommateurs et consommatrices.
8% des Français disaient en avoir déjà consommé en 2021. Ils sont aujourd’hui 15 à 16% de consommateurs (« régulièrement » ou « de temps en temps »). À cela, on peut ajouter les 8% déclarant ne plus en consommer, mais l’avoir déjà fait. Le pourcentage de personnes n’ayant jamais pris de CBD a donc chuté. Il est passé de plus de 90% en 2021, à 75% en 2022. Et ce sont les hommes qui en consomment le plus. Ils sont 19% contre 13% de femmes (à égalité à 8% en 2021). Les 35-54 ans devancent les 18-34 ans, avec 21% de consommateurs contre 19%. Le CBD n’est donc pas un fait qui touche particulièrement les jeunes. En comparaison, l’an dernier, 34% des 18-24 ans disaient avoir consommé du cannabis illégal au cours de leur vie.
Les Français et le CBD : quelle consommation et pour quelles raisons ?
Mais quels sont les produits au CBD que les Français préfèrent ? Sans surprise, les fleurs ressortent largement du lot. En « infusion » (32%) ou « en cigarette » (32%) sont les réponses les plus données par les consommateurs. Comprendre par-là que l’utilisation et la consommation de fleurs prend le pas sur presque tous les autres modes de consommation. Rappelons tout de même que nous déconseillons fortement de fumer des fleurs de CBD, une pratique évidemment nocive pour la santé, mais qui peut s’expliquer, comme nous le verrons plus tard. Au-delà des fleurs et résines, l’huile a beaucoup de succès avec une utilisation à hauteur de 32% des consommateurs. Viennent ensuite, plus loin, les produits de vape comme les e-liquides (18%), l’alimentaire comme les bonbons (16%), les produits cosmétiques (9%), puis les gélules (6%).
Selon les tranches d’âges, la consommation changent. Les plus jeunes (18-34 ans) consomment majoritairement des fleurs ou des résines (40% en infusion, 42% en cigarette). Les moins jeunes (35 ans et plus) privilégient les huiles. En se penchant sur les raisons qui poussent les gens à consommer du CBD, on peut émettre plusieurs constats.
Pourquoi les Français consomment du CBD ?
Les jeunes Français consomment des fleurs, donc. Et ça ne plait pas. L’argument de santé selon lequel fumer des fleurs est nocif est incontestable. Cependant, on remarque que le CBD est beaucoup utilisé pour se détourner du THC. Un peu comme un produit de substitution, le CBD sert, pour 29% des 18-34 ans, à « remplacer le THC ». Un chiffre qui chute à 18% pour les 35-54 ans. Affirmer que le CBD mène vers le THC semble donc être un faux argument. C’est même plutôt l’inverse, avec une consommation que l’on peut rapprocher de celle de la cigarette électronique pour les anciens fumeurs de tabac. Et pour éviter de fumer du CBD, les options sont nombreuses. De quoi faire d’une pierre trois coups pour d’anciens fumeurs de cannabis illégal : l’arrêt du THC, du tabac, et la sortie de l’illégalité. Des arguments de poids.
Les autres raisons de la consommation de CBD par les Français sont plus communes. 41% désirent agir sur des problèmes de sommeil ou de stress. Et notamment les plus jeunes. Ils sont 51% à vouloir améliorer leur sommeil et 47% à souhaiter subir moins de stress. 38% des consommateurs espèrent « lutter contre des douleurs, des inflammations ». Ce chiffre passe à 54% chez les 55 ans et plus. En fonction de l’âge, les maux changent et les raisons de la consommation de CBD évoluent. Comme les mentalités.
Les jeunes Français mieux informés, la confusion entretenue ?
Le regard des Français sur le cannabis change également. Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre la différence entre CBD et THC. Et ce, malgré une certaine confusion entretenue consciemment ou non. Pour exemple, la question posée dans son sondage par le Huffington Post est peu claire. « Selon vous, existe-t-il une différence entre le CBD et le cannabis ? » On imagine ici que le média parle de cannabis illégal. Mais la question aurait plutôt dû concerner explicitement la différence entre CBD et THC. Néanmoins, 69% des Français y voient une différence. 22% ne savent pas et seulement 10% estiment qu’il n’y a aucune différence entre les deux produits. Chez les 18-34 ans, on passe à 77% de réponses positives, contre 14% de « je ne sais pas ». Chez les plus de 55 ans, 27% des Français ne peuvent exprimer une opinion.
Cette confusion se ressent également quant à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous d’accord, ou non, avec la décision du gouvernement de restreindre la vente de CBD ? » Que signifie « restreindre la vente de CBD » ? L’encadrer, interdire la vente de fleurs, autre chose ? Ainsi, difficile d’analyser les réponses. 37% des personnes interrogées sont « d’accord », 38% ne le sont pas. Le reste ne « sait pas ». Des chiffres à peu près équivalent dans toutes les tranches d’âges. Par conviction, habitude ou méconnaissance, les Français restent assez divisés sur la question du cannabis. Rappelons tout de même que les mentalités changent sur l’éventualité d’une légalisation. Pour la première fois, en 2021, la majorité (51%) des Français se prononçait pour. Reste à tous, autorités officielles, médias et acteurs du secteur, à faire des efforts d’honnêteté et de précision pour ne plus entretenir la confusion.
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