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Le Texas va-t-il bientôt dépénaliser le cannabis ? [GREENEWZ]

Le Texas va-t-il dépénaliser le cannabis ?

Le Texas va-t-il bientôt dépénaliser le cannabis ?

Le Texas est sur le point de décriminaliser le cannabis. Le projet de loi 218 a reçu l’approbation unanime des législateurs et a été approuvé par un vote de 9-0 la semaine dernière. Ce projet de loi supprime l’arrestation et la peine de prison pour la possession de faibles quantités de cannabis, tout en permettant éventuellement l’effacement des antécédents judiciaires.

Le soutien en faveur de la dépénalisation du cannabis au Texas est important : près de 75 % des Texans soutiennent la dépénalisation du cannabis, selon un récent sondage, et plus de la moitié pense que le cannabis devrait être totalement légal. Seuls 17 % des Texans soutiennent les sanctions pénales actuelles.

Du crime au délit mineur

Le projet de loi 218 rend la possession d’une once (28 g) de cannabis un délit mineur avec une amende maximale de 500 dollars et aucune peine de prison. Actuellement, se faire prendre avec une once de cannabis au Texas entraîne une amende de 2 000 dollars et jusqu’à 180 jours de prison.

Si la police vous attrape avec deux onces de cannabis, selon le projet de loi, vous ne serez pas arrêté et vous pourrez effacer votre casier judiciaire pour une somme de 30 dollars.

Des militants ont déjà réussi à faire adopter localement la dépénalisation du cannabis dans plusieurs municipalités texanes, notamment Denton, Elgin, Harker Heights, Killeen et San Marcos, où des mesures par scrutin ont été adoptées en novembre dernier. Les électeurs de San Antonio auront également la possibilité de décriminaliser le cannabis en mai.

Le Texas encore conservateur

Bien sûr, dans un Texas encore conservateur, des activistes anti-cannabis à Harker Heights tentent d’obtenir une mesure qui annulerait la dépénalisation du cannabis, tandis qu’à San Marcos, le procureur du district essaie de contrecarrer les souhaits des électeurs.

Lors de l’audition du projet de loi, le représentant démocrate Joe Moody, président du comité, a expliqué comment le Texas dépénaliserait le cannabis si le projet devenait loi. Essentiellement, « la personne repartira avec un portefeuille plus léger mais sans casier judiciaire ».

Des partisans du cannabis chez les conservateurs ?

Cependant, comme Moody l’a souligné, il ne s’agit pas d’une légalisation. En effet, le Texas n’est pas connu pour son progressisme, mais il existe un argument en faveur de la légalisation du cannabis dans le camp conservateur.

Les conservateurs plaident souvent en faveur d’une intervention gouvernementale limitée dans les affaires personnelles. La légalisation du cannabis serait conforme à ce principe car elle permettrait aux individus de faire leurs propres choix en matière de consommation de substances sans ingérence gouvernementale.

L’argument des recettes fiscales

La légalisation du cannabis générerait également des recettes fiscales importantes pour l’État, que le gouvernement pourrait utiliser pour financer des priorités conservatrices telles que la réduction de la dette de l’État, l’amélioration des infrastructures ou l’augmentation des financements pour la police.

Les conservateurs croient en la liberté individuelle et la responsabilité personnelle. La légalisation du cannabis permettrait aux individus de prendre leurs propres décisions concernant la consommation de cannabis tout en assumant la responsabilité de leurs choix.

Le Texas reste très en retard

En fin de compte, aux États-Unis, il appartient à chaque État de décider de la légalisation ou non du cannabis, mais il est encourageant de voir que même des États conservateurs tels que le Texas se rapprochent de la dépénalisation.

Cependant, il convient de noter que la dépénalisation n’est pas la même chose que la légalisation, et il y a encore beaucoup de travail à faire pour que le Texas atteigne le niveau de légalisation de l’État de Californie ou de Colorado.

Un État symbolique

Néanmoins, la dépénalisation est un pas dans la bonne direction pour les Texans qui sont confrontés à des peines sévères pour la possession de cannabis. Si le projet de loi 218 est adopté, cela représentera une victoire pour les militants et les défenseurs de la liberté individuelle au Texas, ainsi qu’un pas en avant pour le mouvement de dépénalisation du cannabis dans tout le pays.

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Les projets allemands de légalisation du cannabis illégaux ? [GREENEWZ]

Les projets allemands de légalisation illégaux ?

Les projets allemands de légalisation du cannabis illégaux ?

D’après une expertise de 53 pages présentée mercredi à Munich, les projets du gouvernement allemand de légaliser le cannabis vont à l’encontre du droit international. L’auteur de cette expertise, Bernhard Wegener, titulaire de la chaire de droit public et de droit européen à l’université Friedrich-Alexander d’Erlangen, a rédigé le document scientifique à la demande du ministre de la Santé du Land, Klaus Holetschek (CSU).

Selon l’expertise décryptée la presse, les plans de l’Ampel, la coalition au pouvoir en Allemagne formée par les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux-démocrates (FDP), violent en particulier les conventions des Nations Unies sur la lutte contre la drogue. « Les organes de contrôle des drogues de l’ONU considèrent dans leur pratique décisionnelle constante qu’une légalisation globale du cannabis telle que celle prévue par le gouvernement fédéral constitue une violation des conventions de l’ONU sur la lutte contre la drogue », explique l’expertise.

Des projets qui violent le droit européen ?

L’expertise souligne également que les projets de l’Ampel sont inadmissibles au regard du droit européen, selon lequel le commerce, la culture et la vente de cannabis prévus par l’État ou sous licence de l’État à des fins autres que scientifiques ou médicales sont « inadmissibles ». En conséquence, le ministre de la Santé du Land, Klaus Holetschek (CSU), demande au gouvernement fédéral d’abandonner ses projets d’autoriser la culture, le commerce et la consommation de cannabis à des fins récréatives. « Nous continuerons à nous battre pour qu’il n’y ait pas de légalisation du cannabis », a-t-il déclaré.

Bernhard Wegener souligne que la légalisation du cannabis en Allemagne va à l’encontre des limites imposées par le droit international et européen aux politiques nationales en matière de drogues. « Cette voie particulière, non coordonnée au niveau international et européen, est donc extrêmement risquée sur le plan juridique et menace de manquer d’emblée même les objectifs poursuivis par le gouvernement fédéral. Il a l’impression que le gouvernement fédéral s’est mis des œillères et tente d’ignorer le cadre juridique », a-t-il ajouté.

L’un des grands projets de la coalition au pouvoir

Le cannabis fait partie des grands projets de la coalition au pouvoir. Dans leur accord de coalition, le SPD, les Verts et le FDP avaient convenu de rendre possible une « distribution contrôlée de la drogue aux adultes à des fins de consommation dans des magasins agréés ». Le cannabis doit être cultivé et vendu en Allemagne de manière réglementée par l’État. La culture personnelle de quelques plantes sera également autorisée.

Les partisans de la légalisation du cannabis soutiennent que la politique d’interdiction n’a pas empêché l’utilisation, et qu’au contraire, la consommation a même augmenté. Ils soutiennent également que la vente légale et contrôlée par l’État pourrait améliorer la protection de la jeunesse et de la santé, car il y aurait moins de cannabis de mauvaise qualité, coupé avec des substances toxiques, sur le marché noir.

Un rapport qui peut peser ?

Cependant, les opposants à la légalisation affirment que cela enverrait un message erroné aux jeunes, qui pourraient être incités à consommer davantage de drogues. De plus, ils craignent que la légalisation du cannabis ne conduise à une augmentation de la consommation, avec des conséquences néfastes sur la santé publique et la sécurité routière.

L’expertise de Bernhard Wegener pourrait peser sur la décision finale du gouvernement allemand concernant la légalisation du cannabis. Le ministre de la Santé, Jens Spahn, a déjà exprimé ses doutes quant à la faisabilité de la légalisation, tandis que le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, s’y oppose fermement.

Le cannabis en Allemagne

En Allemagne, la possession de petites quantités de cannabis pour usage personnel n’est pas punissable, mais la culture, la vente et l’achat sont illégaux. Cependant, la législation sur le cannabis varie considérablement d’un État fédéral à l’autre, certains permettant l’usage médical et la culture à des fins personnelles, tandis que d’autres appliquent une politique répressive.

La décision finale concernant la légalisation du cannabis en Allemagne est attendue dans les mois à venir. Quoi qu’il en soit, cette question reste controversée et suscite des débats passionnés, tant au niveau national qu’international.

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L’Australie cherche la bonne formule pour légaliser le cannabis [GREENEWZ]

L'Australie pense à légaliser le cannabis.

L’Australie cherche la bonne formule pour légaliser le cannabis

L’Australie se pose sérieusement la question de la légalisation du cannabis sur ses terres. Et l’Australian Parliamentary Budget Office (PBO) a émis une proposition explorant deux options permettant d’aborder la question avec précision. C’est à la demande du sénateur David Shoebridge et du parti des Verts australiens que l’institution a été chargée de réfléchir à la façon de mettre en place la légalisation du cannabis à l’échelle nationale. Et les arguments sont nombreux en faveur de la plante interdite, à l’image de ce qu’il se passe actuellement dans d’autres pays du monde.

En Australie, la perspective de la légalisation

Pour le sénateur David Shoebridge, la légalisation du cannabis en Australie va de soi. Il faut dire que l’élu est un fervent défenseur de la plante et de son changement de statut. Qualifié de « papa de la laitue du diable en Australie » par The Pedestrian, un média local, l’écologiste convaincu estime que la proposition du PBO est « une incroyable opportunité créée par le cannabis non seulement pour réduire ses dégâts, mais aussi pour générer des revenus qui pourraient être investis dans la santé, l’éducation, le logement social… »

Pour lui, la légalisation du cannabis en Australie, « a également un énorme sens social », explique-t-il au New Zealand Herald. « Lorsque nous légalisons le cannabis, nous enlevons des milliards de recettes au crime organisé, des milliards de dépenses à la police et au système de justice pénale, et nous pouvons ensuite les dépenser pour les écoles, le logement, les hôpitaux et le soutien social ». Le tout sans compter sur les potentielles recettes fiscales apportées par la légalisation, qui pourraient permettre de construire 88 000 logements sociaux sur la prochaine décennie, de quoi loger près de 250 000 personnes.

Aller dans le sens de l’histoire et des usages

David Shoebridge pense également que la prohibition n’a plus de sens. Le système répressif n’a fonctionné nulle part dans le monde et le sénateur le constate. La consommation reste toujours aussi importante, tout comme les trafics. « C’est un fait que près de la moitié des Australiens adultes a, à un moment ou à un autre, consommé du cannabis. Les lois qui font de la moitié de nos concitoyens des criminels ne passent pas le test du pub », lâche-t-il. Comprendre par là que la prohibition du cannabis en Australie et sa répression sévère ne sont plus du tout en accord avec l’opinion générale dans le pays.

« Lorsque vous légalisez le cannabis, vous pouvez réglementer correctement le marché, fournir des conseils cohérents en matière de santé et de sécurité, et rendre le produit plus sûr », continue le sénateur des Verts. « À l’heure actuelle, les seuls régulateurs de sécurité pour le marché du cannabis sont les gangs de motards et le crime organisé, et cela n’a pas beaucoup de sens… » Il faut donc trouver une solution, et c’est ce sur quoi a planché l’office du budget australien.

Les options australiennes pour une légalisation future

C’est le directeur parlementaire du budget qui a remis récemment la proposition de légalisation australienne du cannabis. Elle passerait d’abord par la création d’une agence nationale de contrôle (CANA). Cet organe de gestion agirait en tant que « grossiste » entre les producteurs et les détaillants, fixerait les prix de gros du cannabis et délivrerait les licences aux propriétaires potentiels d’entreprises liées au cannabis, de la transformation à la vente. C’est la vente au détail et les frais liés aux licences qui financeraient l’agence nationale australienne du cannabis.

Le cannabis serait donc légal pour toute personne de 18 ans et plus et sans restriction sur la quantité, même si ce dernier point reste à débattre. La vente aux mineurs serait évidemment sanctionnée, de la même manière que l’Australie gère le commerce de l’alcool. Par ailleurs, la vente de cannabis serait autorisée pour les « visiteurs d’outre-mer », donc les touristes, et chaque habitant aurait le droit de cultiver chez lui jusqu’à six plants pour consommation personnelle ou familiale. Reste à définir la taxe sur ce nouveau produit, entre 15 et 25% à prévoir, pour de potentielles recettes de 28 milliards de dollars australiens sur les dix ans suivant la légalisation. Un projet qui pourrait voir le jour d’ici 2025.

 

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La légalisation du cannabis est-elle vraiment nécessaire ? [GREENEWZ]

La légalisation du cannabis en France

La légalisation du cannabis est-elle vraiment nécessaire ?

Faut-il prôner la légalisation du cannabis ou l’interdire purement et simplement ? Peut-être qu’aujourd’hui, en France, la question va au-delà. Que quoi qu’il en soit, la politique répressive n’a que trop duré et qu’elle n’a apporté absolument aucune réponse aux problèmes de société qu’engendrent les trafics illégaux. Pour le politologue Clément Viktorovitch, il faut sortir de ce système inefficace et trouver de nouvelles solutions collectives, qui ne passent pas forcément par la légalisation du commerce de produits chargés en THC.

« L’éternel débat sur la légalisation du cannabis »

La question de la légalisation du cannabis se fait de plus en plus pressante en France. Et Clément Viktorovitch, docteur en sciences politiques et chroniqueur notamment sur France Info, fait l’inventaire. « On avait déjà eu un rapport de la Commission consultative des droits de l’homme en 2016 qui recommandait la dépénalisation. On avait eu le rapport de l’Assemblée nationale en 2021 qui défendait la légalisation sous contrôle de l’État. C’est désormais au cours du Conseil économique social et environnemental de prôner une commercialisation encadrée, dans un avis rendu public cette semaine. »

Et le politologue de rappeler la position du gouvernement et notamment de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur : « la cannabis c’est de la drogue et la drogue c’est de la merde ». Une position qualifiée d’assez « rudimentaire » mais « qui en fait est assez conforme à la position traditionnelle de la drogue sur cette question ». Mais le propos « la drogue c’est mal », aujourd’hui, « plus personne n’en disconvient », estime Clément Viktorovitch. « Les risques du cannabis sont parfaitement connus ».

Sortir enfin du tout répressif

Mais alors, pourquoi vouloir la légalisation du cannabis ? « Pour une première raison : on ne parvient pas à l’interdire. La France est le pays d’Europe qui compte, et de très loin, le plus grand nombre de consommateurs de cannabis », explique Clément Viktorovitch. « Et ce, en dépit d’une politique toujours plus sévère, toujours plus répressive. En 20 ans, le nombre d’infractions constatées a été multiplié par trois. »

De plus, « cette politique répressive entraîne des effets pervers. D’un point de vue de la sécurité, elle a échoué à enrayer le trafic. Les tribunaux sont encombrés et une partie des effectifs de police perd son temps. On sait aussi que tant que les moyens vont à la répression, ils ne vont pas à la prévention. Et enfin, ce sont les habitants des quartiers populaires qui subissent de plein fouet une double peine car ils sont les premières cibles des contrôles de police et les premières victimes des trafics de drogue ».

Réponse pragmatique ?

Une vision caricaturale ? Pas vraiment. En tout cas, c’est « le bilan de la répression tel qu’il a été dressé par la commission de l’assemblée nationale et le CESE. Leurs deux rapports amènent à cette conclusion : oui, si on aborde la situation de manière pragmatique, il faut passer à la légalisation du cannabis. Cela permettrait d’assécher naturellement une grande partie du trafic, de contrôler la qualité des produits, de libérer des moyens pour la police et la justice, de faire rentrer des milliards dans les caisses de l’État. »

Dépénalisation ou légalisation du cannabis ?

« Paradoxalement », la légalisation du cannabis « permettrait de lutter contre la consommation puisque les études montrent que lorsqu’on légalise la vente, on lève aussi l’excitation de l’interdit, ce qui a tendance à faire baisser la demande ». Est-il pour autant opportun de militer pour cette vision pragmatique de la légalisation du cannabis ? « On encadre toujours étroitement la vente et la consommation d’alcool et de tabac », la question est donc légitime quant à introduire dans le commerce un nouveau produit stupéfiant.

Cependant, pour le politologue Clément Viktorovitch, « sortir d’une politique répressive qui n’a jamais fonctionné, dépénaliser la consommation, faire de la prévention : il me semble qu’il y a très peu d’arguments pour s’y opposer. Mais légaliser la vente de cannabis, c’est une question sur laquelle il nous appartient, à toutes et à tous, de forger notre propre opinion ». Comment sortir le cannabis du tout répressif, c’est en tout cas la question avec laquelle il faut aujourd’hui traiter, pour dépasser le simple débat d’autoriser ou non le cannabis.

 

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La réparation sociale par le cannabis débute à New York [GREENEWZ]

La réparation sociale par le cannabis à New York

La réparation sociale par le cannabis débute à New York

Les États-Unis mettent en place leur volonté de réparation sociale pour les personnes victimes de la guerre contre la drogue, et notamment contre le cannabis. Depuis des décennies, le pays de l’Oncle Sam sanctionnait très sévèrement les Américains pris en possession de la plante longtemps diabolisée. Mais par l’intermédiaire du président Joe Bien, les USA affichaient leur volonté de rendre justice à ses concitoyens, notamment les minorités, qui avaient été particulièrement visées et fermement, souvent trop fermement, condamnées par les autorités.

À New York, les premiers dispensaires ouvrent

Dans l’une des villes les plus connues du monde, le cannabis est désormais légal. Et les premiers dispensaires ouvrent tout juste leurs portes, après une longue attente et surtout un chemin de croix afin d’obtenir des licences de commercialisation. On pouvait s’attendre à l’arrivée de poids lourds sur le marché new-yorkais, mais les autorités ont décidé d’agir autrement. La réparation sociale va bien avoir lieu, avec l’exemple du deuxième dispensaire, qui ouvre en ce début d’année 2023.

« Ce dispensaire est le dernier exemple de nos efforts pour construire l’industrie du cannabis la plus équitable et la plus inclusive du pays », a d’ailleurs déclaré la gouverneure démocrate Kathy Hochul. « Alors que nous continuons à travailler pour réparer les torts du passé, j’attends avec impatience l’ouverture prochaine de nouveaux dispensaires, appartenant à ceux qui sont les plus touchés par la surveillance excessive de la prohibition du cannabis. » L’élue cite donc l’exemple de Roland Conner, premier bénéficiaire de ce système de réparation sociale.

Une réparation sociale pour Roland Conner

En effet, cet homme, qui fut condamné suite à la politique répressive en matière de cannabis, va ouvrir Smacked LLC à Manhattan. La deuxième boutique à ouvrir à New York, après la première gérée par une organisation à but non-lucratif, qui lutte contre le Sida et les problèmes liés à ce qu’on appelle outre-Atlantique « l’itinérance », des personnes sans domicile fixe. Roland Conner, lui, se réjouit. « Je suis tellement excité de faire partie de l’histoire en tant que premier individu à ouvrir un dispensaire de cannabis légal à New York. Compte tenu de mon expérience avec le cannabis, je n’aurais jamais pu imaginer que j’ouvrirais un magasin comme celui-ci. »

« Je suis reconnaissant d’avoir l’opportunité d’ouvrir une entreprise avec mon fils et ma femme à mes côtés et de créer une richesse générationnelle, en travaillant ensemble, ici même à New York. Mais il ne s’agit pas seulement de moi et de ma famille. Il s’agit de tous ceux qui ont été lésés par les lois draconiennes sur les drogues par le passé », a-t-il réagi sur le site de l’État de New York au sujet de ce système de réparation sociale. « L’engagement de New York à réparer ces torts par la loi est une source d’inspiration. Je suis la preuve de cet engagement parce que je suis ici aujourd’hui. »

Une fierté new-yorkaise après des années de répression

La sénatrice Liz Kruger, partie prenante dans la légalisation du cannabis à New York, se félicite elle aussi. « Après des années de travail des défenseurs, il est très gratifiant de voir le marché du cannabis au détail pour adultes commencer enfin à prendre forme, et de le faire en mettant l’accent sur l’équité et en réparant les dégâts de la guerre ratée contre la drogue. » Des aveux longtemps attendus aux États-Unis, dont les autorités espèrent de ce principe de réparation sociale sera le début d’une rédemption plus large.

La cheffe de la majorité à l’Assemblée, Crystal Peoples-Stockes, s’est dit « fière de voir l’État de New York continuer à donner suite à cet engagement avec l’ouverture de ce dispensaire de vente au détail à usage conditionnel pour adultes, détenu par un titulaire de licence d’équité sociale et économique et soutenue par le New York Cannabis Social Equity Investment Fund ». Un grand pas en avant aux États-Unis dans la réhabilitation non seulement du cannabis, mais aussi de toutes les personnes lésées par des années de lutte contre une plante qui est désormais démocratisée dans une majorité des États américains.

 

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La vente légale de cannabis démarre doucement à New York [GREENEWZ]

La vente légale de cannabis à New York

La vente légale de cannabis démarre doucement à New York

Voilà deux ans que New York a légalisé le cannabis, mais la vente légale met du temps à se mettre en place. Au tournant de 2023, les New-Yorkais vont enfin pouvoir acheter légalement du cannabis dans des boutiques dédiées. Mais le temps presse avant que le marché noir ne supplante définitivement le marché autorisé, alors que quelques lenteurs se font ressentir dans le processus. Pourtant, c’est une véritable mine d’or vert sur laquelle est assis l’État, qui pourrait devenir le deuxième plus gros marché du cannabis au monde.

La vente légale de cannabis débute à New York

Les premières boutiques de vente légale de cannabis ont enfin ouvert à New York. Ce, deux ans après la légalisation de la plante dans l’une des plus célèbres et visitées villes du monde. La mégalopole a rejoint en 2021 le nombre croissant d’endroits aux États-Unis où il est possible de consommer du cannabis récréatif. Pourtant, il aura fallu attendre près de deux ans avant de voir se créer les premiers points de vente légaux, soumis à l’obtention d’une licence spécifique.

36 premières licences de détaillants ont été accordées le 20 novembre dernier. Il s’agit d’entrepreneurs locaux, car New York veut éviter la création de grandes entreprises qui géreraient tous le processus, de la culture de la plante à sa vente. C’est la raison pour laquelle 277 licences séparées ont été attribuées à des agriculteurs qui, eux, devront faire pousser leur cannabis dans l’État, afin de bien séparer les secteurs d’activité.

Trop d’incertitude pour ouvrir une boutique ?

D’autres difficultés existent pour les futurs petits entrepreneurs du cannabis. La vente légale s’accompagnant de l’ouverture d’une boutique, nombreux sont ceux qui ont besoin de l’appui des banques. Cependant, celles-ci sont encore bien frileuses à l’idée de prêter de l’argent pour des investissements ou la création d’entreprise dans le secteur du cannabis. Car pour les établissements bancaires, le risque est grand compte tenu de l’interdiction encore en vigueur dans certaines zones du pays.

Si la majorité démocrate au Congrès souhaite faire voter un « Safe Banking Act », afin de « décriminaliser les prêts » bancaires pour le cannabis, la bascule à droite en janvier de la chambre change la donne. Et ce, malgré les tentatives de Joe Biden de dédiaboliser le cannabis et les personnes condamnées pour des délits mineurs qui y sont liés, notamment en accordant une grâce pour ces Américains souvent durement sanctionnés.

La priorité : le commerce illicite ?

Pendant que les commerçants s’échinent à trouver des prêts, des locaux, des autorisations, la ville de New York, quant à elle, met l’accent sur la répression du commerce illégale. Car les petits vendeurs discrets n’ont pas attendu pour se mettre au travail et ont un coup d’avance. « Le premier geste des autorités après l’attribution des licences commerciales a donc été de lancer la chasse aux vendeurs sauvages. Dans leur boutique ou leur camionnette, ils ont pignon sur rue », écrivent Les Échos.

« La priorité est de réprimer ce commerce illégal et dangereux, aux revenus évalués par Cannabis Public Policy Consulting à 1,95 milliard de dollars dans l’Etat en 2022 », continue le journal économique. Face à la vente légale qui tarde à démarrer, ce commerce illicite prend ses aises. Avec souvent un cannabis de mauvaise qualité, « près de 40 % des produits illicites sont contaminés au plomb ou avec des bactéries comme la salmonelle ». Un défi de plus pour la vente légale de cannabis.

Un marché et un potentiel énormes

Pour le maire de New York, Eric Adams, il est urgent de réguler tout cela, avant que le marché illicite supplante la vente légale et ne devienne incontrôlable. Car pour la ville, à la clé, ce sont près de 19 000 à 24 000 emplois qui devraient être créés, pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dollars espéré l’année prochaine.

Et cela va de pair avec la politique de justice social mené par le gouvernement. « Au cours des trente dernières années, les New-Yorkais noirs ont été 15 fois plus susceptibles d’être arrêtés pour détention de cannabis que les Blancs. Pour les Latinos, c’est 8 fois plus. Par conséquent, la majorité des licenciés du jour sont des personnes de couleur », s’est réjouit le bureau de gestion du cannabis de l’Etat le 20 novembre, en dévoilant les 36 premiers licenciés.

 

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Légaliser le cannabis, un non-sens et une « grave faute sanitaire » ? [GREENEWZ]

Légaliser le cannabis, une erreur ?

Légaliser le cannabis, un « non-sens et une grave faute sanitaire » ?

Si la France décidait de légaliser le cannabis, commettrait-elle une « erreur irresponsable » ? C’est l’avis de deux médecins, les Professeurs Jean-Pierre Goullé, toxicologue, et Jean-Paul Tillement, exprimé dans une tribune publiée par Le Quotidien du Médecin. Alors que des voix s’élèvent au plus haut niveau de l’État, notamment au Sénat et à l’Assemblée, pour étudier les questions de légalisation et/ou dépénalisation de la plante consommée de manière récréative, ces deux membres des académies nationales de médecine et de pharmacie se placent à l’opposé.

Une prise de parole qui fait donc suite à celle d’un groupe d’une cinquantaine de sénateurs français, à la rentrée 2022, affirmant dans Le Monde que « légaliser le cannabis donnera les moyens d’agir plus efficacement pour protéger davantage nos citoyens », alors que plus de 18 millions de personnes disent avoir déjà expérimenté le cannabis dans notre pays au moins une fois dans leur vie et que 5 millions l’ont fait dans l’année. Ce qui fait du cannabis la substance illicite la plus consommée en France, selon un rapport de l’Assemblée Nationale.

Deux médecins vent-debout contre la légalisation

Les Professeurs Goullé et Tillement, eux, ne sont pas du tout de cet avis. Ils estiment que légaliser le cannabis ne protègera pas les Français, comme le pensent les sénateurs, et « certainement pas leur santé ». Ils jugent que « cette proposition va manifestement à l’encontre d’une protection sanitaire », mais pas seulement. Les deux médecins battent en brèche les arguments avancés en matière de santé, mais aussi au niveau social ainsi que sur le plan criminel. Bien sûr, en tant que professionnels de la santé, leur volonté de tenir la population éloignée de produits stupéfiants, addictifs et psychotropes est logique. Mais tous leurs arguments ne se valent pas.

Les groupes criminels resteront… criminels

« L’idée que légaliser le cannabis permettrait d’avoir la « paix dans les quartiers » est un leurre car les trafiquants se sont déjà investis dans la vente de toutes les autres drogues », écrivent Goullé et Tillement. Il est vrai que les activités des groupes criminels et du grand banditisme ne cesseront pas avec une légalisation du cannabis. « Il semble que les activités des groupes criminels transnationaux n’aient pas fondamentalement été remises en cause », indiquait l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) dans un rapport de 2017, complété en 2021, réalisé à la suite de la légalisation aux États-Unis.

Un « effet de report » vers d’autres drogues est « possible », juge Danièle Jourdain-Menninger, ancienne présidente de la Midelca.  » »Dans la mesure où il s’agit de réseaux mafieux », elle estime qu’il est logique d’envisager pour certains un recentrage  »autour d’autres activités illicites » », écrit LCI. Un fait inhérent à ces groupes criminels. Car « rien n’a démontré qu’il y avait un transfert de consommation et de trafic du cannabis vers la cocaïne et autre drogue ».

Légaliser le cannabis, un « marchepied » vers d’autres drogues ?

S’il ne semble pas y avoir de véritable « report » des trafics, le marché noir du cannabis resterait majoritaire dans les pays qui ont légalisé, estiment les deux professionnels de santé. « L’idée d’un cannabis d’État légalisé à l’image du Canada, avancé également comme un argument pour la légalisation, est aussi un autre leurre car le marché illicite reste encore majoritaire dans ce pays », font-ils remarquer. C’est faux, selon Statistique Canada qui, après quatre ans de légalisation, estime le poids du marché légal à 68%, avec pour objectif d’atteindre 80% en 2028.

« L’argument de légaliser le cannabis pour « protéger la société » est non seulement un leurre, mais aussi un total non-sens : le cannabis est le marchepied de la diffusion massive des autres drogues qui apparaissent », pestent les Pr. Goullé et Tillement. Un point de vue difficile à prouver. Professeure à l’école d’économie de Toulouse, Emmanuelle Auriol « a constaté l’absence totale de « l’effet passerelle ». Une théorie selon laquelle la consommation de cannabis serait un tremplin conduisant à d’autres drogues, potentiellement plus nocives ou addictives. Il n’en est rien. On n’assiste pas à une demande en hausse pour l’héroïne, la cocaïne ou d’autres substances du fait de légaliser le cannabis », note LCI.

Des arguments sur la santé qui se comprennent

C’est sur le point de la santé que les arguments de Goullé et Tillement se comprennent le mieux. Ils ne souhaitent pas voir un autre « fléau », après « le tabac et l’alcool », être légalement commercialisé en France. Avec ce que cela peut impliquer en termes de santé mentale, cognitive, voire de sécurité routière. Mais là encore, il y a quelques raccourcis. « Rappelons que le tabac est responsable de 75 000 décès chaque année et que pour consommer du cannabis, il faut fumer », affirment les deux professionnels. Pas forcément, pourrait-on rétorquer. Fumer du cannabis mélangé à du tabac est une pratique totalement absente des habitudes hors de France, et notamment en Amérique du Nord.

Reste effectivement que ce mode de consommation par combustion est nocif. Mais légaliser le cannabis permet également de proposer d’autres produits, à inhaler, ingérer, comme des huiles, des produits de vape, ou des vaporisateurs. Le débat reste ouvert !

 

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Le projet allemand de légalisation officiellement dévoilé [GREENEWZ]

Le projet allemand de légalisation dévoilé

Le projet allemand de légalisation officiellement dévoilé

On parle beaucoup du projet allemand de légalisation du cannabis récréatif ces dernières semaines. Car les choses avancent vite chez nos voisins d’outre-Rhin. Alors que le ministre de la santé français, François Braun, s’est déclaré contre la légalisation du cannabis, dimanche 23 octobre, son homologue allemand, Karl Lauterbach, a lui présenté les détails du projet mercredi 26 octobre à Berlin. Deux directions diamétralement opposées pour ces pays voisins et alliés. Mais tout n’est pas fait pour l’Allemagne, car ce texte doit encore être validé par l’Union Européenne.

Cependant, on commence à y voir plus clair dans la façon dont l’Allemagne veut rendre le cannabis légal. Déjà, ces derniers jours, plusieurs rumeurs avaient fuité, notamment sur la mise en oeuvre du projet allemand de légalisation, sur les questions de taux de THC, de quantités autorisées ou encore sur la publicité. Des points qui ont été rapidement démentis outre-Rhin par les autorités. Et la présentation de Karl Lauterbach est venue infirmer ou confirmer certaines de ces tendances.

Le ministre de la santé confiant

Le ministre de la santé, lui, est sûr de son coup. « Je pense que nous sommes bien préparés. Le projet allemand pourrait être un modèle pour l’Europe ». Il espère que « la légalisation aura lieu en 2024 », tout en précisant qu’elle n’autorisera pas tout. « Nous voulons créer un cadre et des conditions claires, avec des limites bien établies », a ajouté Karl Lauterbach. Le ministre de 59 ans souhaite « réguler strictement le marché et en contrôler la totalité ». Le tout en insistant sur une meilleure protection de la jeunesse en mettant l’accent sur la prévention, ainsi qu’une meilleure protection de la santé des Allemands vis-à-vis du cannabis.

« La légalisation du cannabis est nécessaire si nous voulons mettre fin à notre lutte infructueuse contre la criminalité liée à la drogue. La loi réduira également la consommation, notamment chez les jeunes. L’objectif est une meilleure santé et moins de consommation », a résumé Karl Lauterbach sur Twitter.

Les points clés du projet allemand de légalisation

Voici, en un coup d’oeil, les points essentiels du projet allemand de légalisation du cannabis, résumés par le Süddeutsche Zeitung.

  • Le cannabis et sa substance psycho-active principale (THC) ne devraient plus être classés sur la liste des produits stupéfiants.
  • L’acquisition et la détention d’un maximum de 20 à 30 grammes de cannabis récréatif par individu à des fins de consommation personnelle seront exemptés de sanction, quelle que soit la teneur en THC. Un taux de THC limite sera cependant mis en place dans le cadre de la vente légale.
  • La culture privée, ou auto-culture, sera autorisée et limitée à « trois plantes à fleurs femelles par adulte ». Ces plants devront être protégés contre l’accès des enfants et des plus jeunes.
  • La vente de cannabis sera rendue possible dans des « boutiques spécialisées agréées », accessibles uniquement aux personnes majeures de plus de 18 ans, et éventuellement en pharmacie. La publicité pour les produits à base de cannabis sera totalement interdite. Il y aura une limite d’achat et, pour le moment, aucune vente par correspondance. Le commerce sans la licence nécessaire restera interdit et punissable.
  • Un taux de THC plus faible que la limite sera peut-être mis en place pour les moins de 21 ans, « en raison du risque accru de lésions cérébrales liées au cannabis à l’adolescence ».
  • En plus de la taxe sur les ventes, une « taxe cannabis » est prévue dans le projet allemand, basée sur la teneur en THC. L’objectif est un prix final « qui se rapproche du prix du marché noir ».
  • Le cannabis sera en vente sous forme de produits à fumer, inhaler, ingérés sous forme de capsules, et potentiellement en produits à vapoter et en huiles. Les edibles, produits à manger comme les gâteaux ou les bonbons, seront pour le moment interdit.
  • Pédagogie, prévention, conseils, options de traitement sont des domaines qui doivent aller plus loin. Il faudra « mettre en place des programmes d’intervention (…) pour réfléchir sur la consommation des jeunes ».
  • Ces premières années seront scrutées de près. Après quatre ans, la réglementation sera évaluée et, si nécessaire, ajustée, notamment « en matière de santé, de protection de l’enfance et de la jeunesse, et de sécurité routière.

Quelques derniers aspects à régler

Le projet allemand de légalisation du cannabis est donc en marche. Restent évidemment quelques questions à régler, notamment concernant les taux de THC limite dans les produits vendus, les taxes, la production des plantes. Mais avant tout il faut que l’Union Européenne ne soulève aucune objection juridique…

 

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Le ministre de la santé contre la légalisation du cannabis [GREENEWZ]

Le ministre de la santé contre la légalisation

Le ministre de la santé s’oppose à la légalisation du cannabis

Cet été, François Braun a remplacé Olivier Véran au poste de ministre de la santé. Médecin urgentiste de 60 ans, il prend ses fonctions le 4 juillet 2022, au sein du gouvernement d’Elisabeth Borne. En acceptant le poste de ministre de la santé, François Braun prend ainsi la relève de son prédécesseur dans des dossiers que l’on connaît bien, comme par exemple l’actuelle expérimentation du cannabis thérapeutique menée en France, et qui prend du retard au grand dam des associations de patients. Son avis plus global sur le cannabis était aussi attendu. Mais le nouveau ministre de la santé ne déroge pas de la ligne tracée par ses prédécesseurs.

Ce n’est pas vraiment une surprise, mais François Braun ne semble pas être un grand fan du cannabis. Il faut dire que la réélection d’Emmanuel Macron et la victoire de son parti aux législatives n’inspiraient rien de bon aux partisans de la légalisation du cannabis. Un parti buté sur de vieilles croyances, des clichés, et un rejet presque total de la plante, comme le démontre l’action constante du ministère de l’intérieur et de son patron, Gérald Darmanin. Qu’il s’agisse de CBD – aux propriétés non-psychotropes, ou du cannabis thérapeutique, le gouvernement prône la prohibition ou avance à tout petits pas…

Un ministre de la santé, une vision arriérée…

Invité de BFM TV dimanche 23 octobre, François Braun était invité à s’exprimer sur deux sujets choisis parmi trois proposés par la chaîne. Et le ministre de la santé a sélectionné celui du cannabis. Il n’aurait peut-être pas dû… « Je ne suis pas, à titre personnel, favorable à la légalisation du cannabis », déclare-t-il en préambule. Pas vraiment étonnant pour ce ministre, qui suit quoi qu’il en pense la ligne tracée par le gouvernement. Mais ses quelques minutes d’intervention sur le sujet vont surtout se conclure par son expérience personnelle et sa vision du cannabis. Et là, le bât blesse.

Voilà la vision qu’a l’actuel ministre de la santé du cannabis. « Quand j’étais très jeune, il m’est arrivé de fumer un joint à une époque où j’avais les cheveux longs, le loden et je roulais en solex », raconte-il. Un cliché qui rappellera à certains leurs années hippie, à d’autres leurs années reggae, mais qui est loin de ce qu’on peut appeler une expertise en la matière. Mais une faculté qu’a tout personnage politique digne de ce nom de donner son avis tranché sur un sujet qu’il ne connaît pas. Et 40 ou 45 ans après ce premier joint, François Braun ne semble pas avoir appris grand-chose sur le cannabis.

Et un discours mensonger

Mais grâce à une pirouette, le ministre de la santé va quand même donner son avis d’expert sur ce qu’est le cannabis aujourd’hui.

« Mais pour repréciser : on ne parle pas de la même chose. On a aujourd’hui du cannabis qui est modifié, qui est extrêmement concentré, qui est dangereux et qui s’apparente plus à des drogues dures qu’à des drogues des années 1970 ».

François Braun, ministre de la santé.

Tant de choses à dire pour une si petite phrase… Le cannabis « d’aujourd’hui » s’apparenterait « plus à des drogues dures » ? À l’heure où la cocaïne est devenu un produit accessible, où l’héroïne, les méthamphétamines et d’autres détruisent à vitesse grand V des vies, est-il responsable de tenir un tel discours ? D’autant plus en France, où l’alcool en vente libre et promu comme trésor national est un véritable fléau. Pour commencer à parler sérieusement du cannabis, il faudrait d’abord engager un discours honnête.

Et puis, de quelles drogues des années 1970 parle-t-on, quand on les compare avec le cannabis de 2022 ? Le LSD, l’héroïne ? Pas sûr qu’il s’agisse là de produits plus soft. Mais entendons les dires du ministre de la santé. Le cannabis peut être dangereux, oui. Rien de surprenant avec le THC, addictif et psychotrope. Entendons que ce THC a des taux plus élevés aujourd’hui qu’ils ne le furent à l’époque. La solution ne serait-elle pas d’en encadrer la production et le commerce ?

Finalement, un vibrant plaidoyer pour la légalisation ?

Finalement, avec ses petites phrases sur le cannabis, le ministre de la santé ne vient-il pas de faire le meilleur plaidoyer pour la légalisation ? S’il estime que le cannabis est « mélangé », avec des ajouts dont on ne connaît pas l’origine, produit dans des conditions que l’on ignore, qu’il est trop fort, trop chargé en THC, mais que cinq millions de Français en consomment sans que les gouvernements successifs ne parviennent à réduire la consommation, enrayer les trafics et les crimes liés, pourquoi ne pas en encadrer tous les aspects, de la production à la commercialisation ?

Difficile, de nos jours, d’entendre le discours du ministre de la santé. Le Canada, où le cannabis récréatif est légal depuis quatre ans, n’est pas devenu un pays de zombies toxicomanes, comme le peuvent être des quartiers entiers rongés par le crack ou la meth. Il faut absolument que les hommes et les femmes au pouvoir fassent évoluer ce discours, pour pouvoir porter un nouveau regard et de nouvelles politiques sur le cannabis, s’ils en ont le courage.

 

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La légalisation allemande du cannabis se précise [GREENEWZ]

La légalisation allemande du cannabis se précise

La légalisation allemande du cannabis se précise

Les grandes lignes de la légalisation allemande du cannabis se dessinent. Alors que nos voisins d’outre-Rhin prévoyaient l’arrivée en boutique du cannabis légal pour l’année prochaine, les grandes lignes de ce changement majeur dans la société allemande commencent à se préciser. Pour rappel, l’Allemagne autorise déjà la prescription de cannabis médical, dont peuvent bénéficier environ 200 000 patients. Mais le pays le plus peuplé d’Europe a récemment voulu passer à la vitesse supérieure.

« Mon objectif personnel est que l’année prochaine, nous soyons prêts à vendre peut-être le premier joint légal », déclarait début mai Marco Buschmann, ministre de la justice. Et la légalisation allemande du cannabis pourrait profiter à 4 millions de personnes. Un chiffre pas si élevé dans un pays de 83 millions d’habitants, surtout quand on le compare à la France où l’on trouve 5 millions de consommateurs pour 67 millions d’habitants.

Quelles sont les grandes lignes du projet ?

C’est notamment pour cette raison que l’Allemagne prend son temps pour dessiner les contours de sa future légalisation, à l’étude par la coalition tripartite au pouvoir. Mais les choses commencent petit à petit à se préciser, notamment sur des sujets comme la quantité de cannabis autorisée à la possession, le taux de THC dans les produits légaux, l’âge minimum d’achat, la localisation des boutiques, l’origine des plantes et, bien sûr, la partie financière, avec taxe et impôt.

C’est le ministre de la santé, Karl Lauterbach, qui a récemment précisé les principaux détails de la légalisation allemande du cannabis. Dans un premier temps, l’achat et la possession de 20 grammes de cannabis devraient être globalement dépénalisés et autorisés à partir de 18 ans. Cette limite de possession de 20 grammes devrait s’appliquer quelle que soit l’origine du cannabis et sa teneur en THC, et son respect n’entraînera pas de poursuites. Parallèlement, l’auto-culture serait autorisée à hauteur de deux plants par personne.

Les règles de la légalisation allemande du cannabis

Cependant, le taux maximum de THC dans les produits cannabiques légaux ne devra pas dépasser 15% et ce, afin de prévenir « les lésions cérébrales liées au cannabis ». Et pour la tranche 18-21 ans, ce taux maximum de THC passe à 10%. Mais en principe, le cannabis ne devrait plus être classé comme stupéfiant. Ainsi, pour les mineurs pris en sa possession, « l’impunité s’appliquera également », écrit le Süddeutsche Zeitung. Outre la confiscation du produit, ces mineurs pourraient néanmoins avoir à suivre des stages de prévention.

Concernant les lieux de commercialisation, des boutiques devraient voir le jour. À condition de respecter une certaine distance avec tout ce qui touche à la jeunesse. Impossible, donc, d’ouvrir son commerce à côté d’une école ou d’installations pour enfants et/ou adolescents. Il est également fort probable que la légalisation allemande du cannabis autorise les pharmacies à vendre des produits. Ce afin d’enrayer plus largement le marché noir, notamment dans les zones plus rurales. Des commerces où il est possible de consommer sont également envisagés.

Publicité interdite

Concernant la vente en ligne, « l’éloignement du marché noir serait probablement plus fort si le cannabis récréatif pouvait également être acheté sur internet, qui représente une part importante des transactions », dit également le projet allemand. Mais il sera interdit d’en faire la publicité.

En effet, et dernier point essentiel qui donne la teneur de la future légalisation allemande du cannabis : aucune publicité ou promotion ne sera autorisée. « Le cannabis récréatif sera vendu dans des emballages neutres sans design publicitaire », un peu à la manière des paquets de cigarettes français. De plus, « les incitations publicitaires à l’achat » seront parallèlement interdites pour les points de vente physiques comme sur internet.

Taxes et produits allemands seulement ?

Les produits vendus seront soumis à la taxe classique sur le chiffre d’affaires, mais une « taxe cannabis » sera sûrement mise en place. Selon les possibilités étudiées, « un calcul de l’impôt sur la base de la teneur en THC semble approprié ». Quant au prix des produits, ils devront avoir un tarif « qui se rapproche du prix du marché noir ».

Enfin, l’Allemagne souhaite mettre en place une production nationale de cannabis pour alimenter ce nouveau marché. En l’état des choses, l’importation semble impossible en raison des règles européennes et internationales en vigueur. « Selon cette évaluation provisoire, la demande nationale devrait être couverte par la production allemande », explique le rapport préalable au projet de loi. Et d’envisager plutôt les premières ventes en 2024, l’année 2023 devant être consacrée au vote et à la mise en place du projet de légalisation.

 

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Au Maroc, un cannabis thérapeutique porteur d’espoir [GREENEWZ]

Maroc Cannabis

Au Maroc, un cannabis thérapeutique porteur d’espoir

Au Maroc, une loi adoptée en 2021 est censée encadrer l’usage industriel et médical du cannabis. L’idée ? Prendre position sur le marché du cannabis légal et mettre un frein aux trafiquants. Le tout en faisant sortir de son carcan économique la vallée du Rif, connue depuis longtemps pour être une région productrice de chanvre, où la plante est tolérée, malgré son interdiction officielle. Si le projet n’en est qu’à ses débuts, il est porteur d’espoir pour tous les agriculteurs locaux, pour qui la situation est de plus en plus difficile.

En effet, comme le mentionne l’AFP, « les revenus agricoles annuels du cannabis sont passés d’environ 500 millions d’euros au début des années 2000 à moins de 325 millions d’euros en 2020 », d’après une étude du ministère de l’intérieur marocain publiée en mai 2021. « On reste attaché à cette plante et pourtant, elle ne nous rapporte plus rien. Plus personne n’en veut », regrette une cultivatrice d’Azila, dans la commune au nom bien connu de Ketama.

Au Maroc, des conditions difficiles pour les cultivateurs

Pourtant, le Maroc reste le premier producteur mondial de haschich selon l’ONU. Mais « on est loin des années fastes. On vivote dans des conditions difficiles », se désolent les cultivateurs, à l’image de ce qu’il se passe dans la région du Pondoland, en Afrique du Sud. « Le marché a drastiquement chuté… Il ne nous reste plus que la prison », lâche Karim, avec un sourire d’ironie. La faute à une demande en baisse, mais également au manque d’eau, après une sécheresse historique.

« L’agriculteur a toujours été le maillon faible de la chaîne. Nous payons les pots cassés, mais la légalisation peut être une issue », estime cet agriculteur de 44 ans. Ces derniers ne perçoivent que « 4% du chiffre d’affaires du circuit illégal ». Un chiffre qui pourrait monter à 12% sur le marché légal, selon des estimations officielles de 2021. Mais le temps presse et les cultivateurs s’impatientent. « À l’heure actuelle, rien n’a changé pour nous. On est toujours considéré comme des malfrats, des criminels, alors que nous ne sommes que des agriculteurs… »

Vallée du Rif Maroc
Vallée du Rif – Maroc

Un processus qui prend du temps

Les autorités marocaines, de leur côté, se veulent rassurantes. Les institutions dédiées se mettent peu à peu en place, avec notamment la création de l’agence de régulation du cannabis (Anrac), en juin 2022, qui sera en charge du contrôle toute la chaîne, de la production à la commercialisation. « Il est important de ne pas se précipiter », expliquent-elles. En mettant en avant « des étapes à respecter ». La carte est d’abord donnée aux industriels du Maroc, mais aussi à l’international.

Des entreprises vouées à la transformation du cannabis « à des fins thérapeutiques ». Les candidats intéressés, puis sélectionnés, exposeront alors leurs demandes et besoins. Une fois cette étape passée, les cultivateurs pourront se manifester auprès de l’agence nationale et « se constituer en coopératives ». « L’autorisation de la culture de cannabis n’est octroyée que dans la limite des quantités nécessaires pour répondre aux besoins des activités de fabrication de produits à des fins médicales, pharmaceutiques et thérapeutiques ».

Une autorisation de culture très localisée ?

Et ces autorisations devraient être très localisées. En effet, « seuls les habitants des provinces du Rif d’Al Hoceina, Chefchaouen et Taounate seront autorisés à faire pousser du chanvre ». On estime que 80 000 à 120 000 familles vivent des cultures du cannabis dans le Nord-Est du Maroc, avec environ 55 000 hectares cultivés. « Le travail de médiation est compliqué pour des raisons procédurales, explique Soufiane Zahlaf, représentant des villageois d’Azila. Mais si la démarche des autorités est inclusive, alors de belles choses peuvent être réalisées ».

En attendant, les habitants des zones concernées prennent leur mal en patience, tout en fondant de gros espoirs dans la légalisation du cannabis thérapeutique au Maroc, où la plante est cultivée depuis des siècles. Un savoir-faire qui sera un gros avantage une fois que toutes les conditions seront réunies.

 

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La Suisse veut lancer un projet de vente de cannabis [GREENEWZ]

En Suisse, des projets de vente libre de cannabis

La Suisse veut lancer un projet de vente de cannabis

En Suisse, qu’ont en commun les villes et cantons de Lausanne, Bâle, Berne, Zurich ou encore Genève ? Réponse : ils ont tous lancé des projets d’essais-pilotes de vente régulée de cannabis récréatif. En effet, la question évolue très vite chez nos voisins, qui tentent de trouver des alternatives à une répression qui n’a, comme un peu partout dans le monde, jamais vraiment porté ses fruits. La Suisse s’appuie jusqu’à présent sur une loi de 1951, interdisant la culture, la production et la vente de cannabis. Une interdiction étendue à la consommation en 1975.

Mais depuis le début des années 2000, la situation change. « Le taux de THC que contient un produit cannabique est déterminant pour ce qui est de son interdiction ou non. À partir d’1 %, le produit est interdit », peut-on lire sur les sites officiels suisses. « Tout consommateur de cannabis est passible d’une amende de 100 francs (environ 102 euros) ». En outre, la Suisse a fait du CBD l’une de ses spécialités. Notamment grâce au taux de THC autorisé jusqu’à 1%, alors que dans l’Union européenne, il doit être inférieur à 0,3%.

Des projets de vente régulée de cannabis un peu partout en Suisse

Mais depuis peu, c’est la vente régulée de cannabis psychotrope qui est à l’étude. Dans le canton de Genève, qui nous intéresse ici, le projet pilote prévoit la commercialisation de cannabis auprès de 1000 personnes triées sur le volet. Avec des critères de sélection stricts : les candidats « devront être majeurs, consommer à des fins récréatives, mais sans être dépendants », a précisé Daniele Zullino, médecin chef du service d’addictologie des hôpitaux universitaires.

Ce projet sera mené par l’association ChanGE, qui réunit les autorités locales et des consommateurs. Et il se veut participatif, comme l’explique sa présidente, Ruth Dreifuss. « Les participants formeront une communauté, ils échangeront entre eux, afin d’augmenter leurs compétences en matière de consommation ». L’association « sera responsable de la production – biologique et locale – ainsi que de la vente, avec une forte composante de prévention et d’information à la population », décrypte de son côté la RTS.

Produits locaux, liens avec la communauté et suivi scientifique

Cet essai-pilote n’a pas vocation à être lucratif pour le canton, « tout éventuel excédent servant à financer une partie de la recherche ». Les prix des produits, quant à eux, seront alignés sur ceux du marché noir. Les personnes sélectionnés pour cet essai trouveront, à la vente, des fleurs, des résines, mais aussi des e-liquides pour cigarettes électroniques. Le tout avec un taux de THC maximum de 20%. « Les participants pourront obtenir au maximum 10 grammes de THC pur par mois, à raison de 3 grammes par dose », a précisé Ruth Dreifuss.


Les produits seront vendus à Vernier, la deuxième commune la plus peuplée du canton de Genève, avec environ 35 000 habitants. « C’est une ville populaire, où nous connaissons des problèmes avec le deal de rue. Il était essentiel pour nous de nous associer à ce projet, afin d’apporter une réponse globale à cette problématique », a déclaré Martin Staub, conseiller administratif, à 20 Minutes. Mais contrairement aux projets menés ailleurs en Suisse, la vente ne se fera pas en pharmacie. L’ouverture d’une « cannabinothèque » est prévue « dans une zone facilement accessible depuis le centre-ville et bien visible ».

En finir avec une répression inefficace

Reste maintenant à obtenir l’accord de l’OFSP, l’office fédéral pour la santé publique, avec l’objectif de commencer la vente à l’été 2023, pour ce projet en partie financé par deux fondations, dont le budget prévisionnel est estimé à 850 000 francs suisses. « Face à un système de répression qui a démontré son inefficacité et à un marché noir fortement implanté, nous devons étudier de nouvelles solutions, comme le passage à un marché légal et contrôlé », a reconnu de son côté Mauro Poggia, conseiller d’État en charge de la santé.

Avec ce projet permettant de « mieux calibrer les mesures de prévention des addictions et de protection de la jeunesse », et les autres essais similaires menés dans les cantons voisins, la Suisse change donc son axe de réflexion, à l’image de nombreux pays européens. Pendant ce temps-là, la France, quant à elle, prend toujours plus de retard sur la question…

 

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En Afrique du Sud, la légalisation ne profitera-t-elle qu’aux riches ? [GREENEWZ]

Afrique du Sud - Légalisation Cannabis

En Afrique du Sud, la légalisation ne profitera-t-elle qu’aux riches ?

L’Afrique du Sud est en pleine transition au sujet du cannabis. Considéré comme le troisième pays le plus riche du continent derrière le Nigeria et l’Égypte, la « nation arc-en-ciel », des mots du Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, a longtemps mené une politique très dure à l’égard du cannabis. Une forme de prohibition qui n’a pas empêché la culture de cannabis d’exister, notamment dans les provinces du Cap-Oriental et du KwaZulu-Natal. Mais les choses semblent vouloir changer.

En effet, en 2018, une décision historique a eu lieu : la dépénalisation de l’usage privé, de la possession et de la culture du cannabis. Une porte entrouverte pour les petits consommateurs, uniquement dans le cadre privé. Car la culture à grande échelle reste illégale, alors qu’elle fait vivre des dizaines de milliers de personnes chaque année, notamment dans les régions précédemment citées où faire pousser du cannabis est presque une tradition.

La culture de cannabis pour seule source de revenus

La BBC a rencontré ces producteurs dans la région du Pondoland du Cap-Oriental. Ici vivent de nombreuses communautés rurales qui tirent du cannabis « une source vitale de revenus », écrit le média anglophone. « Tout le monde ici en cultive, c’est comme ça qu’ils gagnent leur vie », explique Greek Zueni, qui milite localement pour une légalisation. Dans des champs de cannabis, de nombreuses petites mains récoltent le fruit de leur travail.

Côte sauvage - Pondoland - Afrique du Sud
Côte sauvage du Pondoland – Afrique du Sud

Nontobeko, qui a « appris à cultiver le chanvre à l’âge de huit ans », raconte son quotidien. « Le cannabis est très important pour nous car c’est notre moyen de subsistance et notre source de revenus. Tout ce que nous obtenons, nous l’obtenons en vendant du cannabis. Il n’y a pas de travail, nos enfants sont juste assis ici avec nous ». Et même si ces cultures bénéficient d’une certaine tolérance, elles restent illégales à cette échelle. D’ailleurs, Nontobeko n’est pas le vrai nom de cette femme, qui a préféré prendre un pseudonyme face à la presse.

En Afrique du Sud, des licences trop chères réservées aux riches ?

Dans les deux provinces du Cap-Oriental et du KwaZulu-Natal, on estime à 900 000 le nombre de petits agriculteurs de ce genre. Alors, quand le président Cyril Ramaphosa a récemment annoncé que l’Afrique du Sud se devait d’exploiter l’industrie du cannabis, ces derniers ont espéré qu’ils feraient naturellement partie de l’aventure. Avec un marché représentant potentiellement plusieurs milliards de dollars, la possible création de 130 000 emplois et le savoir-faire de ces populations rurales, le chemin semblait tout tracé.

Mais aujourd’hui, elles se sentent « laissées pour compte ». « Le coût de l’obtention d’une licence pour cultiver du cannabis est tout simplement trop élevé pour beaucoup », écrit la BBC. « Le gouvernement doit changer son approche et proposer des lois qui soient favorables aux cultivateurs et aux citoyens. Pour l’instant, les personnes qui ont des licences sont des gens riches », regrette Greek Zueni.

Pour un meilleur partage du gâteau

Si Greek Zueni est aussi amer, c’est aussi parce que le gouvernement a récemment évalué l’industrie locale du cannabis, « qui a largement opéré dans l’ombre », à près de 2 milliards de dollars. Et l’ambition de l’État d’Afrique du Sud, c’est la compétitivité sur le marché mondial, avec donc des produits contrôlés et légaux.

« Le gouvernement devrait aider les communautés à cultiver pour qu’elles puissent être compétitives sur le marché mondial. Nos produits poussent facilement et de manière organique. Nous ne sommes pas jaloux, les riches doivent aussi venir, mais s’il vous plaît, aidez les plus pauvres des pauvres », implore Greek Zueni.

Des cultivateurs « laissés pour compte » qui gardent espoir

Certaines sociétés tentent de prendre les devants. Labat Africa Group, dans le domaine du cannabis médical, a acheté le producteur Sweetwater Aquaponics, situé au Cap-Oriental. Le directeur du groupe s’explique : « Ce que nous voulions réaliser avec notre licence, ce n’est pas seulement cultiver du cannabis médicinal, mais aussi utiliser cette licence pour en faire profiter tout le monde dans la province du Cap-Oriental ».

Il admet sans détour que « les cultivateurs plus traditionnels ont été laissés pour compte au fur et à mesure que la législation sur le cannabis progressait » et reconnait que « la région de Pondoland était synonyme de fourniture de cannabis dans toute l’Afrique du Sud ». Mais avec une licence à plus près de 1500 dollars et des frais de mise en place d’une installation de cannabis médicinal de 200 000 à 300 000 dollars, ces populations ont d’office été exclues.

En attendant un meilleur partage du gâteau, les agriculteurs du Pondoland chouchoutent leur souche locale de cannabis, qui a montré des résultats particulièrement intéressants dans le traitement du cancer du sein. Un terroir qui pourrait changer la donne.

 

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À Londres, le maire se penche sur la question du cannabis [GREENEWZ]

À Londres, le maire s'intéresse au cannabis

À Londres, le maire Sadiq Khan se penche sur la question du cannabis

Verra-t-on le cannabis légalisé à Londres dans les années à venir ? Rien n’est moins sûr. Cependant, le maire de la capitale britannique, Sadiq Khan, se penche sérieusement sur la question de la législation qui encadre et punit la possession et la consommation de cannabis. Encouragé par les projets de légalisation en Allemagne, les avancées notoires dans le domaine au Luxembourg, au Portugal et en République Tchèque, l’édile londonien s’attaque à un épineux enjeu de société.

Maire de Londres depuis 2016, réélu en 2021, Sadiq Khan avait, lors de sa campagne, promis la mise en place d’une commission chargée d’étudier l’efficacité de la législation britannique sur les drogues. En réunissant un panel d’experts, Sadiq Khan désire avoir un aperçu des différentes politiques mises en oeuvre de par le monde sur le sujet de la consommation de drogues.

Une commission spéciale doit faire le point

Cette commission a donc été mise en place récemment. Elle est présidée par Charlie Falconer, membre de la chambre des Lords, et composée de plusieurs experts. Ces derniers, indépendants, sont spécialistes dans les domaines de la justice pénale, de la santé publique, de la politique locale, nationale ou internationale, ou encore des relations communautaires, avec notamment de nombreux universitaires.

Sa mission ? Recueillir les résultats des différentes politiques en matière de drogues mises en place dans le monde. Qu’il s’agisse, d’ailleurs, de pays sanctionnant fortement l’usage et la détention, ou de gouvernements plus ouverts tentant autre chose que la prohibition. Le but ? « Lutter contre la criminalité liée à la drogue, protéger la santé des Londoniens et réduire les énormes dommages que les drogues illégales causent à nos communautés », a déclaré Sadiq Khan.

Le maire de Londres se renseigne en Californie

Et pour avoir un bon aperçu, le maire de Londres met lui-même la main à la pâte. En effet, au printemps, au cours d’un voyage officiel de quatre jours aux États-Unis pour promouvoir les investissements dans la capitale anglaise à la suite de la pandémie, Sadiq Khan en a profité pour se renseigner sur le cannabis et sa légalisation dans le Golden State. À Los Angeles, il a donc pu visiter un dispensaire de cannabis légal.

En effet, le célèbre état américain a légalisé le cannabis récréatif dès 2016 et s’appuie donc désormais sur six ans d’expérimentation. Libre ensuite, aux comtés et villes, d’autoriser ou non l’installation d’entreprises du secteur. Mais les résultats, notamment en termes économiques et de santé publique, sont plus que positifs.

À Los Angeles, Sadiq Khan prend le pouls

Cette visite a été l’occasion pour le maire de Londres d’exposer sa réflexion. « Le commerce des drogues illégales cause d’énormes dommages à notre société et nous devons faire davantage pour lutter contre cette épidémie et faire avancer le débat autour de nos lois sur les drogues. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui à Los Angeles, pour voir de mes propres yeux l’approche qu’ils ont adoptée à l’égard du cannabis », a-t-il déclaré.

Pour Eric Garcetti, maire de Los Angeles, la légalisation offre à « des communautés historiquement marginalisées des opportunités de guérison, d’entrepreneuriat et de création de richesse. Les villes ont tant à apprendre les unes des autres et j’applaudis l’approche réfléchie du maire Khan alors que Londres va de l’avant ».

Une autre expérimentation qui fait débat

Parallèlement, Sadiq Khan voudrait mettre en place une expérience à Londres, en dépénalisant le cannabis pour les Londoniens âgés de 18 à 24 ans. « L’idée étant que les jeunes de moins de 25 ans contrôlés en possession de petites quantités de cannabis ne soient pas arrêtés ni poursuivis. À la place, ils se verraient présenter des solutions pratiques pour les aider à arrêter le cannabis, selon la mairie londonienne », écrit Le Progrès.

Pour le porte-parole de l’ancien premier ministre Boris Johnson, il n’en est pas question. « Nous n’avons pas l’intention de décriminaliser des substances récréatives dangereuses. La décriminalisation donnerait l’avantage aux organisations criminelles et risquerait d’augmenter l’utilisation des drogues, ce qui conduirait à de la violence et des crimes ». Il reste encore du chemin pour changer certaines mentalités…

 

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Ottawa et Québec s’écharpent sur l’autoculture de cannabis [GREENEWZ]

Ottawa et Québec s'écharpent sur l'autoculture de cannabis

Ottawa et Québec s’écharpent sur l’autoculture de cannabis

Le cannabis à usage thérapeutique et récréatif est légal au Canada depuis 2018. Sa vente est encadrée au niveau des provinces par les gouvernements locaux avec la création d’officines. Par exemple, au Québec, la vente de cannabis se fait sous la houlette de la SQDC, la société québécoise du cannabis. Ce n’est évidemment pas le cas dans d’autres provinces, comme en Alberta où la distribution de licences est gérée par Alberta Gaming, Liquor and Cannabis (AGLC).

Et entre les décisions d’Ottawa, capitale nationale, donc du gouvernement canadien, et la volonté de certaines provinces comme le Québec de légiférer différemment sur certains points, il peut exister des points d’achoppement. C’est notamment le cas du sujet de l’autoculture de cannabis. En effet, au Canada, il est possible de faire pousser chez soi jusqu’à quatre plants de cannabis, sauf au Manitoba et… au Québec.

Ottawa autorise l’autoculture, Québec l’interdit

C’est tout l’enjeu d’un conflit entre Ottawa et Québec qui a débuté dès 2018. « Le rejet par le gouvernement fédéral de la proposition du Sénat de laisser le choix aux provinces d’interdire, si elles le désirent, la culture de plants de cannabis à domicile, laisse présager une dure bataille entre Québec et Ottawa », écrivait Radio Canada dès 2018. Car pour l’État, l’autoculture de cannabis, à hauteur de quatre plants par domicile, est autorisée. Ce qu’a interdit le gouvernement québécois.

« Quatre plants de cannabis, un seul ou aucun à la maison ? La Cour suprême a entendu un débat constitutionnel qui visait à déterminer si la décision du gouvernement québécois d’interdire la culture à domicile à des fins personnelles est valide, ou pas », expliquait Le Devoir début septembre. En effet, quand Ottawa autorisait l’autoculture, Québec l’interdisait.

« À peu près au même moment, Québec a édicté une loi pour encadrer le cannabis que le fédéral venait de légaliser. Celle-ci prescrit que les amateurs de la plante peuvent s’en procurer uniquement dans les magasins de l’État, sous l’étendard de la Société québécoise du cannabis (SQDC). Pas question d’en faire pousser chez soi. »

Une interdiction québécoise inconstitutionnelle ?

Le Québécois Janick Murray-Hall affirme que cette décision dans la Belle Province est contre la constitution. « Il fait valoir que seul le fédéral a le pouvoir de créer des lois et des prohibitions en matière criminelle. Selon lui, Québec s’immisce sans droit dans les plates-bandes d’Ottawa », explique la presse canadienne. Car au-delà de quatre plants au Canada, l’infraction est bien de nature criminelle.

« Québec rétorque que sa mesure législative n’est pas de nature criminelle et qu’il l’a édictée en vertu de ses pouvoirs en matière de santé. L’argument principal du gouvernement québécois est celui de la protection de la jeunesse. « Son but est de protéger le bien-être de la population », en contrôlant la qualité du cannabis consommé dans la province.

Québec met en avant la prudence, ses opposants la constitution

La tâche qui revient à la Cour suprême est donc est donc « de décider si la loi québécoise respecte la Constitution et si elle porte ou non sur une matière qui est de la juridiction exclusive du fédéral, comme défini dans la Constitution canadienne ».

Québec argue que la nouveauté de la libre circulation du cannabis va de pair avec la prudence. « On a commencé par l’interdire à la maison », avant de réorienter les gens vers des « sources contrôlées », explique l’avocate du procureur général du Québec, Patricia Blair. Reste donc à savoir qui d’Ottawa ou de Québec est dans le vrai du point de vue de la constitution. L’affaire est actuellement en délibéré et aucune date n’a été donnée pour le jugement définitif.

 

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La République Tchèque veut légaliser et invite l’Europe à faire de même [GREENEWZ]

La République Tchèque va-t-elle légaliser le cannabis ?

La République Tchèque veut légaliser et invite l’Europe à faire de même

La République Tchèque va-t-elle bientôt faire partie des pays d’Europe où le cannabis sera en vente libre ? En effet, une proposition de loi pourrait être proposée au parlement tchèque d’ici 2023, avec l’objectif de légaliser le cannabis récréatif pour les personnes majeures. Les spécialistes locaux se penchent actuellement très sérieusement sur la question et dévoilent les contours du projet.

Alors que la rumeur enflait depuis la réunion des coordinateurs antidrogues européens à Prague début septembre, l’information a récemment été confirmée par le monsieur cannabis en République Tchèque, Jindřich Vobořil. L’expert, coordinateur national antidrogues et membre de l’ODS, le parti au pouvoir, a révélé son projet dans un entretien au média Novinky.

Bientôt la légalisation du cannabis en République Tchèque ?

Mais la démarche de Jindřich Vobořil n’est pas seulement de mettre en place un projet solide de vente légale de cannabis. Il souhaite aussi le soutien de la majorité de la classe politique tchèque. « C’est un sujet qui n’a pas d’étiquette gauche ou droite. J’ai des arguments solides, nous ne courons pas de risques. Au contraire, nous les minimiserons. Je souhaite qu’un consensus ait lieu dans toute la chambre parlementaire, plutôt que de faire passer le projet à la majorité de 101 voix », explique-t-il.

Pourtant membre de l’ODS, le parti démocratique civique, principale force de droite libérale du pays, Jindřich Vobořil assure que son projet de légalisation est soutenu par Petr Fiala, premier ministre lui aussi issu de l’ODS et chef d’un gouvernement de coalition. « Je voudrais d’abord m’entendre sur la base du spectre politique afin d’être autorisé à préparer la proposition. Je voudrais créer un groupe de travail pour que le libellé des paragraphes soit créé et qu’un projet soit déposé d’ici la fin de l’année ».

La République Tchèque se tient prête

Son collègue et ministre de la justice, Pavel Blažek, lui a également apporté un soutien public. « J’ai consulté des experts sur le modèle proposé de marché contrôlé du cannabis et je n’y vois aucun problème. Sur ce sujet, il n’est pas nécessaire que l’État consacre des ressources financières à la répression et aux tribunaux. Il faut pouvoir se concentrer sur des activités criminelles plus graves ».

Pour Jindřich Vobořil, les grandes lignes du projet de légalisation du cannabis sont déjà écrites. La vente serait contrôlée dans des boutiques spécialisées. L’usage autorisé, de même que l’auto-culture. À noter que la possession et la culture de cannabis sont dépénalisées en République Tchèque depuis 2010, mais l’usage public interdit et passible de poursuites.

Pousser l’Europe à légaliser le cannabis ?

Parallèlement, la République Tchèque souhaite des mesures à l’échelle de l’union européenne. Lors de la table ronde organisée récemment à Prague, Jindřich Vobořil a plaidé pour des actions collectives pour réguler le marché du cannabis. « Nous espérons un effort coordonné. Il est impossible de ne pas en parler à l’échelle de l’Union Européenne. La prohibition ne s’est pas révélée suffisamment efficace. Nous devons chercher d’autres modèles de contrôle ».

« Un marché contrôlé est peut-être la seule solution possible », a ajouté Vobořil. « Cela fait plus de dix ans que nous essayons de le faire. Il existe de nombreuses complications juridiques. Mais je crois qu’il y aura un changement de compréhension en Europe et dans le monde, et qu’un marché réglementé du cannabis sera mis en place », a pour sa part commenté Michel Karatchine, membre français de la commission mondiale sur la politique des drogues.

En ce sens, Jindřich Vobořil s’est réjouit que la République Tchèque n’était pas seule à partager ces objectifs, citant notamment les cas de l’Allemagne, du Luxembourg ou des Pays-Bas.

 

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En Thaïlande, du cannabis pour relancer le tourisme ? [GREENEWZ]

En Thaïlande, du cannabis pour le tourisme ?

En Thaïlande, du cannabis pour relancer le tourisme ?

Le « Royaume du sourire » carbure-t-il à la cigarette qui fait rire ? La « ganja », terme issu du sanskrit désignant le cannabis, a récemment été légalisée en Thaïlande. La plante peut être cultivée chez soi et vendue au sein de produits dérivés, à condition qu’elle soit de faible teneur en THC. « Dans les zones touristiques, les petits pochons d’une herbe de couleur vert clair sont désormais disponibles partout », écrit Libération.

Alors comment de l’herbe de cannabis peut remplir les étals des lieux à touristes en Thaïlande ? Si la plante a bien été retirée de la liste des produits stupéfiants en juin 2022, « de la législation à la pratique, il y a une épaisse zone grise où s’épanouissent les affaires », continue le quotidien français. En effet, les produits dérivés ou alimentaires, comme les huiles, doivent contenir moins de 0,2% de THC. Cependant, la loi « ne dit rien au sujet des feuilles [fleurs, ndlr] à l’état naturel ».

En Thaïlande, une zone grise bénéfique aux affaires

Il est seulement strictement interdit de fumer du cannabis en public. Une amende de 600 euros et trois mois de prison, voilà le risque encouru. Des sanctions très faibles par rapport aux autres pays d’Asie, comme à Singapour ou en Malaisie, où la peine de mort attend les trafiquants.

« Dès qu’ils ont annoncé que c’était dépénalisé, on a appelé nos fournisseurs. En fait, beaucoup de jeunes de Bangkok étaient déjà consommateurs, donc on a simplement changé d’échelle, on s’est mis à revendre », explique Tan Klongtawan, patron d’un bar discothèque à Bangkok.

« Khao San [quartier touristique de Bangkok] était devenu un quartier à l’abandon pendant la pandémie, continue Tan Klongtawan, toujours à Libération. C’est agréable de le voir revivre. Si le cannabis peut aider à attirer les touristes, tant mieux ». La plante est désormais en vente « sur les étals des marchés, dans les clubs de plage et même aux réceptions des hôtels », décrit le Guardian.

Le cannabis thaïlandais destiné au tourisme ? Pas sûr !

Pour le ministre de la santé Anutin Charnvirakul, d’abord porteur du projet de légalisation du cannabis à usage médical, puis de la législation récente, le but est de « légaliser la culture du cannabis « pour offrir un revenu d’appoint aux agriculteurs » et promouvoir la recherche ». Pas vraiment pour faire revenir les touristes en Thaïlande, alors que les dernières restrictions liées au Covid-19 ont été levées.

En effet, « le royaume ne veut pas d’étrangers qui viendraient uniquement pour fumer de la marijuana », précise de son côté Le Figaro. « Nous n’accueillons pas ce genre de touristes », a d’ailleurs déclaré le ministre de la santé.

L’ambassade de France en Thaïlande y est aussi allée de son message de prévention, le 17 août dernier. « L’ambassade de France en Thaïlande appelle les résidents et touristes de passage à la prudence concernant la consommation de cannabis en public. »

https://twitter.com/FRenThailande/status/1559847858370650112?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1559847858370650112%7Ctwgr%5Ee49861a6b45a56233d01e0fda923f6cffbb8e3a7%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Fvoyages%2Fnous-n-accueillons-pas-ce-genre-de-touristes-ces-fumeurs-de-cannabis-dont-la-thailande-ne-veut-pas-20220818

« Attention, la loi est claire, ajoute l’ambassade. Fumer du cannabis et du chanvre dans les lieux publics reste illégal en Thaïlande. Toute personne consommant du cannabis en public est passible d’une amende de 25 000 baths et de trois mois de prison ». La Thaïlande n’ambitionne donc pas – officiellement – à devenir un nouvel eldorado des consommateurs de cannabis.

Retour aux traditions en Thaïlande ?

Le cannabis a pourtant « toujours fait partie du paysage » en Thaïlande, raconte Libération. Un ingrédient de la pharmacopée qui « ne coûtait rien » et « poussait au bord de la route », explique un patron d’hôtel de 70 ans à Pattaya, célèbre station balnéaire. Une situation qui changera au cours de la guerre du Vietnam, alors que la Thaïlande sert notamment de base de repli aux soldats américains.

Ce retour aux sources, appuyé par un discours nationaliste, affronte de nombreuses critiques. Au sein du secteur médical, on accuse notamment le gouvernement « d’avoir privilégié les perspectives de gains financiers » au détriment de la santé des jeunes thaïlandais. Les récentes lois, où les failles sont nombreuses, sont critiquées. C’est notamment le parti Move Forward, « aile jeune, libérale et réformatrice du Parlement », qui s’élève face à « l’irresponsabilité » des « anciens militaires au pouvoir ».

 

Des baisses de prix folles

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Des sénateurs français veulent légaliser le cannabis [GREENEWZ]

Des sénateurs français prônent la légalisation du cannabis

Des sénateurs français veulent légaliser le cannabis

« Intenable ». C’est par ce terme que des sénateurs français ont qualifié la situation entourant le cannabis dans le pays. Ils sont 31 sénateurs, issus du groupe socialiste, écologiste et républicain, à signer une tribune dans Le Monde, plaidant pour la légalisation du cannabis. Sous la houlette de Gilbert-Luc Devinaz, le groupe de sénateurs français annonce lancer une concertation dans le but de déposer une proposition de loi légalisant le cannabis.

« Alors que c’est interdit, 1,5 million de personnes consomment » du cannabis récréatif en France, selon un rapport de l’Assemblée nationale. « Face à une situation qui nous échappe », écrivent les sénateurs, « il est de la responsabilité du législateur d’apporter des réponses aux préoccupations légitimes qui existent ». Pour cela, les signataires de cette tribune appellent à « sortir du procès en laxisme fait aux tenants d’une évolution du cadre légal » face à ce « sujet de société ». Ces sénateurs français socialiste souhaitent donc « apporter [leur] pierre à l’édifice ».

Une répression « inefficace, inefficiente et injuste »

Pour le groupe de sénateur, le constat est clair. « La répression engagée dans le cadre de la prohibition est inefficace, inefficiente et injuste ». Elle ne protège pas les jeunes, maintient « des quartiers dans une dépendance très forte » et mobilise d’importants moyens pour un résultat « quasi nul ». Parallèlement, les membres du Sénat jugent que les Français, eux, sont « prêts à débattre de la consommation du cannabis dit récréatif ». Ainsi, c’est dans la « perspective d’une législation efficace » que les signataires annoncent le début de leur concertation sur le sujet.

Des sénateurs français prônent « la légalisation » du cannabis

Face à « cette situation intenable », deux solutions se posent. Mais le groupe socialiste au Sénat ne veut pas entendre parler d’une dépénalisation du cannabis. Une « option démagogue et populiste », qui consiste selon eux à maintenir l’interdiction et supprimer les peines encourues. Autrement dit, « acheter la paix sociale avec un certain cynisme », estiment les signataires.

Ces derniers prônent donc l’autre solution : la légalisation. « Sans minimiser l’impact sanitaire de la consommation du cannabis, nous considérons, à l’instar des politiques publiques existantes pour le tabac et l’alcool ou encore les jeux d’argent, que la légalisation donnera les moyens d’agir plus efficacement pour protéger davantage nos concitoyens et notamment notre jeunesse. »

Celle-ci aurait potentiellement de nombreux bénéfices. Contrôle de la qualité des produits consommés, frein aux trafics, financement de la prévention et de la réinsertion par la taxation des produits et les recettes fiscales, redéploiement des moyens de répression vers d’autres missions.

Le Sénat doit jouer son rôle

En prenant le sujet à bras le corps, le groupe des sénateurs français signataires de cette tribune entend jouer son rôle de « régulateur » en tant que puissance publique. Ils comptent donc « déposer dans les mois à venir une proposition de loi pour répondre à cet enjeu ». Il reste « des arbitrages à rendre sur les modalités d’encadrement, sur l’âge légal de consommation ou encore sur les systèmes de production qu’il convient de mobiliser, en se basant sur le tissu économique de production de chanvre existant d’ores et déjà dans notre pays », à l’image de ce qu’a pu faire l’Allemagne récemment. « L’opinion publique est prête, il faut que le législateur agisse ».

 

LES 31 SIGNATAIRES

David Assouline, sénateur de Paris ; Joël Bigot, sénateur du Maine-et-Loire ; Nicole Bonnefoy, sénatrice de la Charente ; Rémi Cardon, sénateur de la Somme ; Marie-Arlette Carlotti, sénatrice des Bouches-du-Rhône ; Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France ; Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français établis hors de France ; Thierry Cozic, sénateur de la Sarthe ; Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice de Paris ; Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône ; Jérôme Durain, sénateur de la Saône-et-Loire ; Rémi Féraud, sénateur de Paris ; Martine Filleul, sénatrice du Nord ; Hervé Gillé, sénateur de la Gironde ; Laurence Harribey, sénatrice de la Gironde ; Olivier Jacquin, sénateur de la Meurthe-et-Moselle ; Patrice Joly, sénateur de la Nièvre ; Bernard Jomier, sénateur de Paris ; Patrick Kanner, sénateur du Nord ; Eric Kerrouche, sénateur des Landes ; Jean-Yves Leconte, sénateur des Français établis hors de France ; Monique Lubin, sénatrice des Landes ; Didier Marie, sénateur de la Seine-Maritime ; Michelle Meunier, sénatrice de la Loire-Atlantique ; Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme ; Emilienne Poumirol, sénatrice de la Haute-Garonne ; Angèle Préville, sénatrice du Lot ; Christian Redon-Sarrazy, sénateur de la Haute-Vienne ; Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine ; Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise ; Jean-Claude Tissot, sénateur de la Loire.

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Allemagne : la légalisation du cannabis approche à grands pas

Allemagne : la légalisation du cannabis approche

Allemagne : la légalisation du cannabis approche à grands pas

« Il n’y a guère d’autre sujet de politique des drogues qui préoccupe autant les gens depuis des décennies que le cannabis », a récemment déclaré Burkhard Blienert, commissaire fédéral aux drogues en Allemagne. Il faut dire que chez nos voisins, le sujet a pris une nouvelle ampleur depuis novembre 2021. En effet, en Allemagne, la légalisation du cannabis figurait dans le programme d’une nouvelle coalition politique. Désormais au pouvoir, celle-ci vient de lancer, le 6 mai 2022, un « processus de consultation approfondi » afin de « rassembler les connaissances et les expériences, mais aussi d’aborder très ouvertement les objections et les réserves » quant à la légalisation du cannabis. Greenboyz décrypte ce qu’implique et comment sera mis en place ce changement majeur de l’autre côté du Rhin, et ce que la décision allemande peut changer en France.

Bientôt le « premier joint légal » en Allemagne ?

Le nouveau gouvernement allemand prépare une sacrée révolution. Verte, celle-ci ! « Nous introduisons la distribution contrôlée de cannabis aux adultes à des fins récréatives dans des magasins agréés », a déclaré la coalition tripartite à la tête du pays de 82 millions d’habitants. Un bouleversement outre-Rhin, même si l’Allemagne autorise déjà l’usage du cannabis thérapeutique depuis 2017. Pour rappel, ce n’est qu’en mars 2020 que la France a lancé l’expérimentation de l’herbe médicinale. Cependant, libéraliser le cannabis récréatif pour toute la population majeure n’implique pas les mêmes moyens ni les mêmes enjeux. C’est pour cela que la coalition lance « un processus de consultation approfondi » et prend son temps avant la rédaction d’un texte de loi, prévu d’ici la fin de l’année 2022. Les préparatifs impliqueront donc les Länder (les régions), les communes, les scientifiques, les associations et la société civile, précise Libération.

Tous les sujets seront donc abordés d’ici l’automne. « La protection de la santé, la culture, les chaînes d’approvisionnement ou encore la taxation », écrit le quotidien français. Le tout avec comme mot d’ordre « la protection de la jeunesse », ajoute Burkhard Blienert. « Au final, ce n’est évidemment pas plus mais moins de jeunes qui doivent consommer du cannabis en Allemagne ». Fin 2018, on estimait à 4 millions le nombre d’Allemands consommateurs annuels de cannabis, contre environ 5 millions en France pour une population moindre. Pas question, donc, d’aller trop vite en besogne, même si le processus avance bien. Le projet de loi doit être déposé d’ici la fin de l’année, pour une application au premier semestre 2022. « Mon objectif personnel est que l’année prochaine, nous soyons prêts à vendre peut-être le premier joint légal », déclarait début mai Marco Buschmann, ministre de la justice.

https://twitter.com/ARD_BaB/status/1524372395649343488

Allemagne : la légalisation preuve d’un changement des mentalités

Des propos qu’on n’a pas l’habitude d’entendre de ce côté-ci de la frontière. Tout cela semble notamment venir d’un basculement des mentalités. Comme l’indiquent les déclarations de Karl Lauterbach, ministre de la santé allemand. « J’ai changé d’avis à ce sujet au cours des deux dernières années. J’ai toujours été opposé à la légalisation du cannabis, mais j’ai revu ma position. Je pense que les dangers d’une non-légalisation sont plus importants », a-t-il expliqué à Handelsblatt. Des dangers notamment liés au cannabis de synthèse. Une étude de l’université d’Ulm constatait huit fois plus de cas de psychoses liées à la consommation de cannabis en 2019 qu’en 2011. La cause : de l’herbe coupée aux adhésifs de synthèse et des taux de THC délirants. La légalisation du cannabis permettra une production encadrée, alors que près de Dresde, les premières récoltes d’un cannabis 100% allemand, destiné au marché médical, viennent d’être effectuées.

Mais le sujet fait-il débat au sein de la population allemande ? « On en parle, mais sûrement moins que si cela se passait en France », juge Johan, expatrié à Erhfurt depuis quatre ans. « C’est un sujet de conversation, mais pas beaucoup plus. Et c’est encore à l’état de projet. Je pense que la majorité des jeunes est pour la légalisation du cannabis. Chez les plus âgés, il y a encore quelques réticences ». Les mentalités évoluent donc, mais les restes de décennies d’un discours diabolisant se font encore sentir. « On entend encore des choses comme le cannabis est un tremplin vers d’autres drogues, mais les jeunes sont plus préoccupés par les dégâts engendrés par une herbe coupée ou trop forte », explique Johan. Des craintes que la légalisation pourrait faire disparaître. « Globalement, l’Allemagne est plus ”cool” que la France sur le cannabis », conclut-il.

Une manne financière, quatre ans d’expérimentation

La coalition entre les Verts, les socio-démocrates du SPD et les libéraux du FDP s’accorde également sur la question de la légalisation du cannabis en Allemagne. Chaque ministre y va de son commentaire. Celui des finances, Christian Lindner, écrivait le 6 mai sur Twitter : « Une question que de nombreuses personnes me posent sans cesse : quand la Bubatz [argot allemand pour le cannabis] sera-t-elle légale ? Je dirais : bientôt. » Pour les caisses de l’État allemand, c’est évidemment une énorme manne financière. La légalisation du cannabis pourrait rapporter 4,7 milliards d’euros de recettes fiscales annuelles. Ainsi que créer environ 21 000 emplois, selon une étude de l’université de Düsseldorf.

Les professionnels, déjà engagés dans la production d’un cannabis à but thérapeutique, se frottent évidemment les mains. « Au début, on se demandait s’il fallait légaliser ou pas. Maintenant, le débat c’est comment faire cela correctement. Avec la légalisation, tout le monde est gagnant », estime le PDG de Demecan, Constantin Von der Groeben. Le cannabis est déjà là, mais il se vend sur le marché noir en toute illégalité. Cela doit et peut changer si on régule tout cela intelligemment ». L’Allemagne a donc totalement changé son point du vue sur le cannabis. Un basculement dans les plus hautes sphères du pouvoir qui donne un énorme coup d’accélérateur à la filière. Prudente, elle testera sur une période de quatre ans son cannabis récréatif légal, avant de tirer un premier bilan. La France, souvent prompte à suivre son voisin, s’inspirera-t-elle du futur modèle allemand ?

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Cannabis, CBD et élection présidentielle : la position des candidats

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Cannabis, CBD et élection présidentielle : la position des candidats

L’élection présidentielle approche à grands pas, le premier tour a lieu le 10 avril 2022. Et le cannabis, ainsi que le CBD, sont devenus des sujets courants dans les programmes des candidats. Douze candidats et candidates ont exprimé, ces dernières semaines, leur point de vue notamment sur la question de la légalisation du cannabis. Ils et elles se sont également prêtés, pour la plupart, à un exercice de questions-réponses pour Konbini, et ont également été invités à s’exprimer sur le CBD. Des réponses parfois amusantes, parfois inquiétantes. Mais qui en disent aussi long sur les projets des candidats et leur connaissance, ou méconnaissance, du sujet. Greenboyz vous propose donc de retrouver l’avis des douze candidats et candidates au sujet du cannabis, de sa légalisation ou non, et du CBD.

Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière

La légalisation du cannabis ? « Je suis plutôt pour », répond la candidate Nathalie Arthaud. « Manifestement, la répression ne fonctionne pas ». À 52 ans, la professeure d’économie, ancienne porte-parole d’Arlette Laguiller, s’est présentée à deux reprises à l’élection présidentielle. Avec la légalisation du cannabis, Nathalie Arthaud souhaite « mettre fin à la répression contre les consommateurs et les plus petits revendeurs ». « Parmi ceux qui souhaitent la légalisation du cannabis se trouvent ceux qui veulent en vendre légalement. La commercialisation serait contrôlée par l’État. Quant à savoir si la fin de la prohibition serait un progrès contre l’addiction, il suffit de voir que les deux drogues qui font le plus de dégâts en France sont le tabac et l’alcool, deux drogues tout à fait légalisées ! »

« Mais je tiens quand même à dire que je ne suis pas favorable à la consommation de drogue », précise-t-elle. D’ailleurs, comme pour d’autres, il faudra que la candidate de Lutte ouvrière révise rapidement ses fiches quant à la question du CBD. Interrogée par Konbini sur le sujet du cannabidiol, Nathalie Arthaud répond : « Non, je ne peux pas vous dire qu’elle est la différence [entre CBD et THC] ». Et de conclure avec ce poncif vieillissant : « Moi, très très clairement, j’appelle la jeunesse à se droguer aux idées révolutionnaires ». Cannabis, CBD, THC… Ces points semblent être sensiblement les mêmes pour la candidate à l’élection présidentielle. La confusion entre le CBD et le cannabis illégal, considéré comme stupéfiant, reste encore très prégnante chez nos politiques. Nathalie Arthaud étant loin d’être la seule à ramer ou utiliser la langue de bois sur le sujet du CBD.

Arthaud-Cannabis

Fabien Roussel, Parti communiste français

« Je ne suis pas pour la légalisation du cannabis », explique Fabien Roussel. « Je serais plutôt pour la dépénalisation, parce que la légalisation du cannabis, c’est légaliser du cannabis avec un taux de THC qui sera forcément faible, pour des raisons de santé publique. Et donc, il y aura toujours, à côté, un trafic avec du cannabis avec un fort taux de THC et qui sera sur le marché noir ». Pour le candidat du Parti communiste français, 52 ans et ancien journaliste télé, les « enjeux que soulève la dépénalisation du cannabis et la diversité des opinions en présence nécessiteront un débat démocratique, rigoureux et éclairé par le travail des professionnels, en concertation avec les communes ». Pas de légalisation donc, pour Fabien Roussel. Mais une éventuelle dépénalisation après un débat national, projette celui qui affirme avoir déjà fumé du cannabis.

« Chez les jeunes et les moins jeunes, cet usage soulève des questions sanitaires, sociales, économiques, de sécurité publique et de politique internationale. Une politique répressive ne saurait être une réponse adaptée », estime Roussel. Mais si la prévention, la formation et l’accompagnement sont au centre de son projet dans le cadre des luttes contre les drogues, le candidat ajoute que « cette action sera complétée par la lutte résolue contre les trafics, ce qui exigera que des moyens supplémentaires soient affectés aux services de police et de douane, ainsi qu’aux instances judiciaires compétentes ». Enfin, concernant le CBD, le candidat à l’élection présidentielle semble en connaître les grandes lignes. Pour Fabien Roussel, la différence entre CBD et THC est claire. « Le CBD est ce cannabis qui est aujourd’hui en vente libre, non toxique et qu’on peut fumer sans avoir les effets nocifs du cannabis ».

Roussel-Cannabis

Emmanuel Macron, La République en marche

Après cinq ans d’une politique très répressive, dans la lignée de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, ne compte pas changer d’orientation lors d’un éventuel futur mandat. « Je ne suis pas favorable à la légalisation du cannabis », a récemment affirmé le candidat de 44 ans. Pour lui, la solution, c’est la répression. « Nous avons mis en place une stratégie massive de lutte contre les trafics de drogue, qui sont un fléau dans les quartiers », s’enorgueille-t-il. Avec les résultats que l’on connaît… « Plus de postes d’OPJ (officier de police judiciaire, ndlr) est la clé dans la lutte contre les trafics de drogue ». Pas de place pour le débat, c’est la mode, le crédo reste celui du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin : « La drogue, c’est de la merde ! »

Et pour ce qui est du CBD, aucune différenciation avec le THC. Le président sortant ne se prêtant à aucun exercice médiatique s’il n’en est pas l’organisateur, la ligne de conduite reste donc la même que ces derniers mois. Entretenir la confusion entre CBD et THC, considérer la fleur de CBD comme un produit à interdire et le cannabis dans sa globalité comme une drogue. D’ailleurs, le gouvernement macroniste, sûr de la réélection de son champion, prévoit déjà la publication d’un nouvel arrêté interdisant la vente de fleurs de CBD. Il ne faudra donc pas s’attendre à un quelconque assouplissement en cas de réélection du candidat de La République en marche, qui souhaite « des amendes forfaitaires plutôt que des procédures longues » pour « les délits qui empoisonnent le quotidien, comme c’est désormais le cas pour l’usage de cannabis ou l’occupation des halls d’immeuble ».

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Jean Lassalle, Résistons !

« Légaliser le cannabis, en encadrant strictement sa vente et en dédiant une grande part des recettes à la lutte contre l’addiction ». Voilà la ligne de conduite du candidat Jean Lassalle. « Il faut que ce soit encadré par l’État, mais je veux, en contrepartie, que les gains que nous pourrions faire soient remis pour le suivi de ceux qui ont été très profondément touchés. Si la mise en œuvre de cette légalisation n’est pas encore clairement définie, le candidat de « Résistons ! », 66 ans, est beaucoup plus disert quand on lui demande s’il a déjà consommé du cannabis. Et il se pourrait bien que l’ancien maire de Lourdios-Ichère soit le plus au fait !

« Au Québec », alors qu’il était « jeune » mais « déjà maire », l’ancien élu local a « vu tourner une cigarette » lui semblant « un peu particulière ». « Je lui ai trouvé un drôle de goût et j’ai tout de suite compris de quoi il s’agissait. J’ai plutôt eu mal au ventre qu’autre chose, mais certains s’en sont trouvé transportés à je ne sais quel ciel. » Sa seule expérience du cannabis ? Pas vraiment ! « Il m’est arrivé d’en fumer pendant mes campagnes électorales, vous savez elles terminent tard parfois. Des fêtes, dans le noir, on en roule une, on ne sait pas trop ce que c’est. J’en ai refumé quelques-unes pendant l’époque des Gilets Jaunes parce qu’il y avait quelques-uns, très peu je précise, qui fumaient aussi sur les coups de 3 ou 4h. Pour montrer qu’au fond, je comprenais parfaitement. »

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Marine Le Pen, Rassemblement national

Pour la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, la légalisation du cannabis n’est « évidemment pas la solution ». La candidate du Rassemblent national, ex-FN, s’est exprimé sur le sujet en octobre dernier, au micro de France Bleu Vaucluse. « Ceux qui pensent qu’en légalisant le cannabis, les dealers vont devenir producteurs de melons à Cavaillon sont au mieux des naïfs, au pire inquiétants. Il faut mener la guerre contre la drogue », affirme de façon très démagogue la candidate de 53 ans. Sa ligne de conduite ? La prohibition sur fond de « guerre contre la drogue ». Une position finalement assez similaire à celle d’Emmanuel Macron. Elle aussi est favorable à la verbalisation des consommateurs. Marine Le Pen souhaite aussi « mettre en prison ceux qui dealent » et « adapter les peines des dealeurs en fonction des kilos ou des grammes de drogue qu’ils détiennent ».

Récemment, elle a réaffirmé sa position. « Le dealeur de cannabis deviendra dealeur d’autre chose ». Pour la candidate du RN, le cannabis d’aujourd’hui est « bien plus puissant » que celui que « fumaient nos parents à Woodstock (sic) ». Marine Le Pen n’a jamais fumé, « même pas une bouffée ». Elle affirme qu’il n’y « a pas de comparaison entre les dégâts médicaux d’un joint fumé et les dégâts d’un verre de vin. On ne peut pas comparer les deux, l’un est incontestablement plus mauvais pour la santé que l’autre. Étant entendu qu’il faut boire avec modération (49 000 décès en France en 2019 étaient attribués à l’alcool, ndlr) ». Elle conclut en affirmant avoir vu « plusieurs de ses amis tomber dans le cannabis et, honnêtement, ce n’est pas beau à voir ». Voilà pourquoi elle est « archi contre » une légalisation.

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Eric Zemmour, Reconquête !

Porté par une très forte médiatisation et la banalisation de ses propos ayant parfois mené à des condamnations, Eric Zemmour s’est imposé dans le paysage politique français. Le candidat de Reconquête !, « habitué des plateaux TV et des salles d’audience » est contre la légalisation du cannabis. En mai 2021, il se demandait « s’il ne fallait pas envisager la légalisation organisée du cannabis ». Depuis, sa pensée a évolué. « Après mûre réflexion, je suis contre. Nous n’avons jamais vraiment essayé la répression. En plus, je pense que c’est très mauvais pour la mémoire, très mauvais pour le QI, ça crée des états dépressifs. Je pense que c’est très néfaste. En plus, cela alimente un marché colossal et ça enrichit des bandes de racailles banlieusardes. »

« Pour toutes ces raisons, nous devons combattre vigoureusement et nous n’avons pas fait ce qu’il fallait. Il faut donner les moyens aux policiers de réprimer. » Et le CBD dans tout ça ? Le candidat Zemmour tente de le démarquer du THC. « Le THC, je crois que c’est le taux dans le… dans le cannabis quoi. » Une analyse plutôt vague et incomplète, c’est le moins qu’on puisse dire. « L’important », pour Eric Zemmour, « c’est surtout d’interdire le THC, qui est l’élément toxique du cannabis. » Quant au CBD, « déjà autorisé, il n’y a aucune raison de changer cette réglementation ». Que le gouvernement tente pourtant de modifier depuis maintenant un an. Sans surprise, c’est donc la question de l’ordre public que le candidat de Reconquête met en avant.

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Jean-Luc Mélenchon, Union populaire

La légalisation ? « Je suis pour », affirme Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle pour l’Union populaire. « 60% des contacts de policiers avec des jeunes, c’est pour trouver du cannabis. Après, vous connaissez la chaîne. Quand on cherche du cannabis, parfois on n’en trouve pas. Ça arrive assez souvent. Alors, il se peut que le jeune réagisse mal. Ah ? Outrage. Ça permet de cocher une petite case… », prend pour exemple le député des Bouches-du-Rhône, qui souhaite légaliser un usage récréatif. Tout en précisant : « Attention, beaucoup de cannabis, ça ne fait pas du bien. C’est exactement comme l’alcool. On a essayé la prohibition dans certains pays, ça ne donne rien du tout. Prohibition = trafic ». Et d’ajouter : « Il faut aussi admettre la vérité, le cannabis est un moyen de soin dans certains cas ».

Pour Jean-Luc Mélenchon, 70 ans, « ce n’est pas vrai qu’on passe d’une drogue à l’autre, c’est une histoire qu’on raconte. Celui qui fume du cannabis ne passera pas forcément à la coke. Ce n’est pas la même chose et il ne faut pas prendre les gens pour plus déraisonnables qu’ils ne le sont ». Ainsi, le candidat de l’Union populaire propose donc la légalisation de « la production, la distribution et la consommation de cannabis sous le contrôle de l’État » en visant « la réduction des consommations à risques, sans pour autant en banaliser l’usage ». Avec pour « bénéfices, le financement de campagnes massives de santé publique, des rentrées fiscales pour les caisses de l’État, le contrôle de la qualité des produits consommés, l’économie d’environ 30% du temps de travail (…) côté police et justice, la création d’emplois légaux dans la filière ».

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Anne Hidalgo, Parti socialiste

« Oui », la maire de Paris et candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, a déjà fumé du cannabis. Elle constate dans son programme que les politiques menées ont été un « échec ». Et précise, sur Konbini : « Je ne suis pas pour le statu quo. On ne peut pas rester dans cette situation ». Anne Hidalgo, 62 ans, propose donc « une méthode », soit « la création d’une conférence de consensus pour chercher le consensus dans la société française ». « Nous insisterons sur la prévention et la lutte contre les addictions, sur le combat offensif contre le commerce illégal du cannabis et nous examinerons sans tabou la question d’une légalisation menée sous le contrôle et l’encadrement strict de l’État (…) Si elle aboutissait, comme en Allemagne, l’État reprendrait le contrôle de la production et de la qualité (…) et de sa mise sur le marché ».

La candidate du Parti socialiste n’est donc pas encore alignée. Et elle s’appuiera sur le débat que sa « conférence de consensus » doit engager. « Nous entrerons dans ce travail et cette discussion par les questions de santé publique et de prévention des addictions pour construire des solutions efficaces. Cette conférence de consensus s’organisera sur tout le territoire national avec l’appui des maires », peut-on lire dans son programme. Enfin, avec franchise, Anne Hidalgo reconnaît qu’elle ne « saurait pas dire » la différence entre THC et CBD. Il faudra réviser sérieusement la question si elle remporte l’élection, mais la candidate du PS n’est pas la seule à qui la question pose problème.

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Yannick Jadot, Europe Ecologie Les Verts

Le candidat d’Europe Ecologie Les Verts à l’élection présidentielle est « pour la légalisation du cannabis ». Selon Yannick Jadot, « c’est un enjeu majeur à la fois pour sortir des quartiers les mafias du deal. Ça nous permet aussi de dégager des recettes fiscales, 5 à 6 milliards d’euros, qui nous permettront à la fois d’avoir une grande politique de santé et aussi une politique sociale dans les quartiers qui seraient débarrassés de ces deals ». Yannick Jadot, 54 ans, ajoute dans son programme : « La légalisation permettra une diminution de la criminalité et les forces de police et la Justice pourront se concentrer sur des missions prioritaires. Le médecin de famille deviendra un acteur essentiel de la prise en charge des addictions et une large information du public sur les effets des différentes drogues sera menée ».

Côté CBD, le député européen et candidat connaît son sujet. La différence entre THC et CBD, il l’explique. « Le THC, c’est, j’allais dire, le taux de psychotropes dans le cannabis ». Surtout, Yannick Jadot juge « aberrant de voir ce gouvernement voulant stopper la vente de CBD par obsession de la lutte contre le cannabis ». En pleine polémique autour de l’interdiction de vente de fleurs, en janvier, il déclarait au Courrier de l’Ouest : « Au fond, le CBD est un peu comme le tilleul, un produit de bien-être, absolument pas psychotrope. Et on a un gouvernement qui est tellement dans le déni (…) qu’il en vient à interdire des produits qui se développent partout, avec une activité économique de transformation, des activités agricoles, des magasins, une économie du bien-être dans une société qui est, reconnaissons-le, plus que stressée et tendue. On est au bout de l’absurdité ».

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Valérie Pécresse, Les Républicains

« Je suis contre la légalisation du cannabis », déclare Valérie Pécresse, candidate Les Républicains à l’élection présidentielle. « Le cannabis est toxique pour la santé. Je pense que si on légalisait le cannabis, les dealeurs continueraient leurs trafics en proposant des produits avec des THC supérieurs ». La présidente du Conseil régional d’Île-de-France avait déjà exprimé la même idée sur Europe 1 : « Ils (les dealeurs, ndlr) ne vont pas se faire priver de leurs revenus, donc ils iront dealer autre chose ». Côté consommateurs, Valérie Pécresse, 54 ans, veut « taper au portefeuille ». Elle soutient le principe d’amende pénale, avec possibilité d’inscription au casier judiciaire. La candidate résume ainsi son point de vue : « Si on légalise le cannabis, on fait sauter l’interdit sur la drogue ». Et c’est la possible ouverture d’une porte « vers la contrebande » (Twitch, 15/02/22).

Sur la question du CBD, Valérie Pécresse reste évasive et s’en remet à la science. « Moi je n’ai pas d’avis sur les substances qui sont considérées comme non toxiques par la science. C’est à la médecine de dire ce qui est toxique et ce qui ne l’est pas ». Une phrase difficile à comprendre, car faut-il encore déterminer ce qu’on considère comme « toxique ». Le CBD ne l’est pas, fumer des fleurs de CBD l’est, le cannabis thérapeutique ne l’est pas, le récréatif l’est… La question du CBD reste donc vague dans les propos de la candidate Les Républicains à l’élection présidentielle. Enfin, Valérie Pécresse répond par la négative à la question « avez-vous déjà fumé du cannabis ? ».

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Philippe Poutou, Nouveau Parti anticapitaliste

Le Nouveau Parti anticapitaliste de Philippe Poutou est « pour la légalisation du cannabis ». Le candidat à l’élection présidentielle précise : « Globalement, nous sommes pour la dépénalisation des drogues. La répression, c’est une méthode qui est totalement inefficace. C’est aussi, on le sait très bien, une occasion pour la police de faire chier les jeunes, notamment dans les quartiers populaires ». Dans le programme du NPA, on peut lire également : « La pénalisation de la consommation de drogue favorise les mafias et envoie des milliers de jeunes qui tombent sous leur influence derrière les barreaux ». C’est avec l’ambition de rompre avec la politique carcérale que le parti du candidat Philippe Poutou axe sa réflexion. Celle-ci va de pair avec une politique de santé qui comprend la « création de centres de santé sur tout le territoire, publics et gratuits, polyvalents, financés par la Sécu ».

Si Philippe Poutou avoue ne pas connaître la différence entre THC et CBD (nos fiches de lecture sont à disposition ici), il reconnaît avoir déjà consommé du cannabis. « Je n’ai pas fumé quand j’étais jeune alors que j’étais entouré de plein de babas-cool et ça fumait à toutes les soirées », raconte le candidat de 55 ans. « J’étais le seul à ne pas fumer, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas si c’était une position de principe. Je n’avais pas de vision hostile puisque j’étais avec mes potes. J’ai testé quelques années plus tard et bon, ça ne m’a pas convaincu ».

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Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France

Candidat de Debout la France à l’élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan est « contre » la légalisation du cannabis. « Tout simplement parce que c’est mauvais pour la santé. Et je crois qu’une légalisation augmenterait obligatoirement la consommation et reporterait l’interdit sur d’autres drogues plus dures », ajoute l’ancien maire d’Yerres, 61 ans. « la légalisation du cannabis n’empêchera pas les règlements de compte, qui se poursuivront sur l’héroïne, ou d’autres substances. Il faut au contraire intensifier la lutte. Pas contre les usagers, mais contre les trafiquants. Les condamnations pour trafic de drogue sont dérisoires en France. Il faut taper les gros bonnets, à la source. Plus de la prévention au collège, et un accompagnement pour sortir les jeunes de cette catastrophe de santé publique », déclarait-il à Ouest-France.  

Nicolas Dupont-Aignan n’a jamais fumé de cannabis. Il s’en dit « désolé », estimant « être une exception » dans un sourire. S’il évoque la lutte contre le cannabis dans son programme, la question du CBD n’est en revanche pas d’actualité. Entre CBD et THC, « je sais qu’il y a une différence, mais ça ne m’intéresse pas », lâche le candidat de Debout la France. Les choses sont claires !

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Cannabis, CBD et élection présidentielle : un sujet important encore très clivant

Cinq candidats pour, cinq candidats contre, deux candidats avec des propositions alternatives, et des projets de société bien différents. Ce petit tour d’horizon des candidats à l’élection présidentielle au sujet du cannabis en dit long, non seulement sur ce point précis, mais également sur la personnalité, les ambitions et les méthodes de chacun et chacune. Une chose est sûre, cette présidentielle 2022 confirme que le cannabis est un véritable enjeu dans cette élection. Et que son traitement divise encore très fortement au sein du panel des candidats.

https://www.youtube.com/watch?v=-vnkKSa8Z-s

Retrouvez aussi ci-dessous le programme de chaque candidat à l’élection présidentielle.

Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière
Fabien Roussel, Parti Communiste français
Emmanuel Macron, La République en marche (Liens inactifs sur le site officiel)
Jean Lassalle, Résistons !
Marine Le Pen, Rassemblement National

Eric Zemmour, Reconquête !
Jean-Luc Mélenchon, Union populaire
Anne Hidalgo, Parti Socialiste
Yannick Jadot, Europe Ecologie Les Verts
Valérie Pécresse, Les Républicains
Philippe Poutou, Nouveau Parti anticapitaliste
Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France