Quiz CBD #1 : testez vos connaissances sur le chanvre et le CBD !
Depuis maintenant de nombreux mois, Greenboyz vous informe sur le CBD et le chanvre. Nous vous proposons donc un Quiz CBD afin de tester vos connaissances ! Ce tout premier questionnaire devrait vous permettre de réviser les bases concernant le cannabidiol, mais aussi les autres cannabinoïdes et le cannabis en général. Science, histoire, botanique, chimie, législation… Ce premier Quiz CBD est un véritable petit tour d’horizon de l’univers du chanvre ! Et d’ailleurs, pas de piège : toutes les réponses aux questions peuvent être trouvées sur greenboyz.fr !
Et comme une récompense fait toujours plaisir, Greenboyz vous offre l’occasion de gagner plusieurs lots grâce à vos bonnes réponses. En effet, jusqu’au vendredi 6 mai, les trois personnes avec les meilleurs scores se verront offrir un lot au choix, parmi plusieurs gains possibles. 10 grammes de fleurs de CBD de votre choix parmi la Banana Kush, la Watermelon Cookie et la Strawberry Diesel. Ou encore un flacon d’huile de CBD Broad Spectrum à 20% ou deux flacons d’huiles à 10%. Au-delà du vendredi 6 mai 2022, vous pourrez toujours répondre au quiz, mais uniquement pour le plaisir. Bonne chance !
Si le Quiz CBD n’apparait pas ou ne s’affiche pas correctement, cliquez sur ce lien.
Et n’oubliez pas, si vous avez un doute, la page « infos » de Greenboyz est là pour vous. Toutes les réponses figurent dans nos articles, alors si vous êtes assidus, vous ne devriez avoir aucun mal à vous en sortir avec une note parfaite ! Notez bien la date du vendredi 6 mai 2022, dernier jour pour tenter de remporter l’un des trois lots mis en jeu pour ce quiz. En effet, les trois meilleurs pourront choisir entre des fleurs de CBD ou des huiles de CBD ! Et en cas d’égalité, nous tirerons au sort les trois vainqueurs parmi les meilleurs scores. C’est à vous de jouer !
Le HHC, ce qu’il faut savoir sur ce « nouveau » cannabinoïde…
Les amateurs de CBD ont peut-être vu débarquer, sur certains sites e-commerce, un nouveau produit : le HHC. Un nouveau cannabinoïde, à l’instar du CBD et du THC ? Oui et non. En tout cas, un nouveau sigle à connaître ! Car le HHC, de son nom complet hexahydrocannabinol, vous risquez d’en entendre beaucoup parler dans les mois à venir. Même s’il est connu depuis de nombreuses années, son arrivée sur le marché est très récente et a créé de sacrés remous dans le secteur du cannabis. Car la molécule fait débat. On en connaît très peu à son sujet, si ce n’est qu’elle est potentiellement aussi, voire plus puissante que le THC. Ses effets sont méconnus. Quant à l’aspect légal, il est encore plus flou. Et pourtant, le HHC fait son trou, y compris en France. Greenboyz vous explique tout sur ce phénomène.
Le HHC, qu’est-ce que c’est ?
Le HHC n’est pas la dernière découverte dans le domaine des cannabinoïdes, loin de là. Il a été synthétisé pour la première fois dès les années 1940 par Roger Adams (dont nous avons déjà parlé ici). Le chercheur a pour cela ajouté des molécules d’hydrogène au THC. De ce processus d’hydrogénation a découlé le HHC. Celui-ci n’a pas fait preuve d’une grande attention, les études se concentrant par la suite sur le THC et le CBD. Mais récemment, les fabricants se sont emparés de ce « néo-cannabinoïde » pour le commercialiser comme alternative au THC. Présent en très faible quantité à l’état naturel, au sein des graines et du pollen des plants de cannabis mâles, le HHC aujourd’hui subit de nombreuses manipulations humaines en laboratoire dans son processus de création. Il n’est donc pas extrait du cannabis.
C’est pour cela qu’on parle de « néo-cannabinoïde », par opposition aux phyto-cannabinoïdes, présents à l’état végétal naturel, et aux endocannabinoïdes synthétisés par notre organisme. En laboratoire, on utilise donc un extrait de cannabis concentré en THC qu’on met sous pression avec de l’hydrogène. Les doubles liaisons carbone du THC sont rompus sous l’effet de l’hydrogénation et le HHC est ainsi créé. On obtient alors deux versions, le HHC 9R et le HHC 9S. Le ratio entre les deux impacte sur la puissance du produit final, mais c’est bien le HHC 9R qui se lie aux récepteurs CB1 de notre système endo-cannabinoïde, comme le fait le THC connu pour ses effets psychoactifs.
« Le HHC n’est pas une molécule sur laquelle vous tomberez dans une plantation de cannabis. Ce qui est requis pour le créer est très éloigné de ce qui peut être fait sur un site de production classique, cela n’a rien à voir ».
Si la structure chimique du HHC est très proche de celle du THC, on en sait finalement très peu sur ce cannabinoïde. Ses effets semblent assez proches de ceux du THC, avec euphorie, modification de l’humeur, de la perception, appétit, fatigue, enivrement… Et sa puissance semble elle-aussi varier en fonction de sa fabrication et du produit fini. Une chose est sûre, on en sait très peu. Les témoignages sont souvent contradictoires. On lit parfois que le HHC est potentiellement 1000 fois plus puissant que le THC, similaire à la morphine, ou qu’il a des effets 20% moins intenses que le THC. Et ceux qui vendent des produits au HHC restent très vagues sur ces fameux effets, notamment le potentiel psychoactif. Quant à une éventuelle dangerosité, c’est encore plus vague. Les études sont si rares qu’on ne sait rien des possibles conséquences sur la santé.
Le processus de création pose déjà question. Cette molécule, qui n’est pas une substance naturelle, est semi-synthétique. Sa fabrication implique des manipulations humaines et suggère l’utilisation de produits chimiques. Le processus d’hydrogénation peut inclure des catalyseurs, notamment des métaux lourds comme le nickel, le palladium ou le platine. Des substances qui peuvent être cancérigènes. En outre, on ignore tout des effets à court, moyen et long termes de la consommation de HHC, dont les produits dérivés peuvent prendre désormais de nombreuses formes. E-liquides, concentrés, bonbons, mais aussi résines et fleurs sont maintenant disponibles sur de nombreux sites.
Le HHC est-il légal ?
On vous a raconté en long et en large le flou artistique qui a entouré l’arrivée du CBD sur le marché. Un produit pourtant bien étudié, non addictif, non psychotrope. Alors imaginez un peu la situation dans laquelle nous nous retrouvons avec le HHC. Un cannabinoïde de laboratoire, qui semble très comparable au THC, mais qui n’est pas du THC… au sujet duquel on ignore tout ou presque ! Ce qui semble certain, c’est que le HHC se vend pour ses effets très proches du THC et pour profiter du vide légal dû à la méconnaissance de ce nouveau produit. Et ce, si l’on omet le cadre légal, sans aucun recul scientifique ou presque. Vous sentez la polémique arriver ? On vous comprend !
Il y a fort à parier que le sujet du HHC arrive très rapidement sur la table en France. Le CBD, pourtant inoffensif, ne passe déjà pas pour le gouvernement. Le HHC, lui, joue encore plus avec la limite, qu’elle soit morale, éthique, ou légale. Peut-on cependant dire que le HHC est légal tant qu’il n’est pas illégal ? Rien n’est moins sûr. Aux Etats-Unis, par exemple, le Federal Analogue Act considère les substances analogues aux substances dangereuses comme telles. En France, le THC est illégal, les risques encourues sont donc grands. Et malgré le flou qui entoure le produit, c’est la certitude de longues et pénibles procédures qui attend ceux qui ne passeront pas entre les mailles du filet.
Trop méconnu, trop flou, trop risqué
Aucune norme, aucun certificat ne vient encadrer la fabrication du HHC. Très peu d’études sont disponibles sur le sujet et certains laboratoires peuvent se montrer peu scrupuleux. Consommer du HHC, c’est prendre un risque pour sa santé avec des produits potentiellement nocifs. C’est aussi courir un risque légal. Le vide juridique n’est pas gage de sécurité, au contraire. Surtout, il ne faut pas se voiler la face. Si le HHC se vend et gagne en popularité, c’est bien pour ses effets similaires au THC. C’est en réalité un cannabis illégal en France qui tait son nom. Et dont on sait très peu de choses. Alors méfiance.
Cannabis, CBD et élection présidentielle : la position des candidats
L’élection présidentielle approche à grands pas, le premier tour a lieu le 10 avril 2022. Et le cannabis, ainsi que le CBD, sont devenus des sujets courants dans les programmes des candidats. Douze candidats et candidates ont exprimé, ces dernières semaines, leur point de vue notamment sur la question de la légalisation du cannabis. Ils et elles se sont également prêtés, pour la plupart, à un exercice de questions-réponses pour Konbini, et ont également été invités à s’exprimer sur le CBD. Des réponses parfois amusantes, parfois inquiétantes. Mais qui en disent aussi long sur les projets des candidats et leur connaissance, ou méconnaissance, du sujet. Greenboyz vous propose donc de retrouver l’avis des douze candidats et candidates au sujet du cannabis, de sa légalisation ou non, et du CBD.
Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière
La légalisation du cannabis ? « Je suis plutôt pour », répond la candidate Nathalie Arthaud. « Manifestement, la répression ne fonctionne pas ». À 52 ans, la professeure d’économie, ancienne porte-parole d’Arlette Laguiller, s’est présentée à deux reprises à l’élection présidentielle. Avec la légalisation du cannabis, Nathalie Arthaud souhaite « mettre fin à la répression contre les consommateurs et les plus petits revendeurs ». « Parmi ceux qui souhaitent la légalisation du cannabis se trouvent ceux qui veulent en vendre légalement. La commercialisation serait contrôlée par l’État. Quant à savoir si la fin de la prohibition serait un progrès contre l’addiction, il suffit de voir que les deux drogues qui font le plus de dégâts en France sont le tabac et l’alcool, deux drogues tout à fait légalisées ! »
« Mais je tiens quand même à dire que je ne suis pas favorable à la consommation de drogue », précise-t-elle. D’ailleurs, comme pour d’autres, il faudra que la candidate de Lutte ouvrière révise rapidement ses fiches quant à la question du CBD. Interrogée par Konbini sur le sujet du cannabidiol, Nathalie Arthaud répond : « Non, je ne peux pas vous dire qu’elle est la différence [entre CBD et THC] ». Et de conclure avec ce poncif vieillissant : « Moi, très très clairement, j’appelle la jeunesse à se droguer aux idées révolutionnaires ». Cannabis, CBD, THC… Ces points semblent être sensiblement les mêmes pour la candidate à l’élection présidentielle. La confusion entre le CBD et le cannabis illégal, considéré comme stupéfiant, reste encore très prégnante chez nos politiques. Nathalie Arthaud étant loin d’être la seule à ramer ou utiliser la langue de bois sur le sujet du CBD.
Fabien Roussel, Parti communiste français
« Je ne suis pas pour la légalisation du cannabis », explique Fabien Roussel. « Je serais plutôt pour la dépénalisation, parce que la légalisation du cannabis, c’est légaliser du cannabis avec un taux de THC qui sera forcément faible, pour des raisons de santé publique. Et donc, il y aura toujours, à côté, un trafic avec du cannabis avec un fort taux de THC et qui sera sur le marché noir ». Pour le candidat du Parti communiste français, 52 ans et ancien journaliste télé, les « enjeux que soulève la dépénalisation du cannabis et la diversité des opinions en présence nécessiteront un débat démocratique, rigoureux et éclairé par le travail des professionnels, en concertation avec les communes ». Pas de légalisation donc, pour Fabien Roussel. Mais une éventuelle dépénalisation après un débat national, projette celui qui affirme avoir déjà fumé du cannabis.
« Chez les jeunes et les moins jeunes, cet usage soulève des questions sanitaires, sociales, économiques, de sécurité publique et de politique internationale. Une politique répressive ne saurait être une réponse adaptée », estime Roussel. Mais si la prévention, la formation et l’accompagnement sont au centre de son projet dans le cadre des luttes contre les drogues, le candidat ajoute que « cette action sera complétée par la lutte résolue contre les trafics, ce qui exigera que des moyens supplémentaires soient affectés aux services de police et de douane, ainsi qu’aux instances judiciaires compétentes ». Enfin, concernant le CBD, le candidat à l’élection présidentielle semble en connaître les grandes lignes. Pour Fabien Roussel, la différence entre CBD et THC est claire. « Le CBD est ce cannabis qui est aujourd’hui en vente libre, non toxique et qu’on peut fumer sans avoir les effets nocifs du cannabis ».
Emmanuel Macron, La République en marche
Après cinq ans d’une politique très répressive, dans la lignée de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, ne compte pas changer d’orientation lors d’un éventuel futur mandat. « Je ne suis pas favorable à la légalisation du cannabis », a récemment affirmé le candidat de 44 ans. Pour lui, la solution, c’est la répression. « Nous avons mis en place une stratégie massive de lutte contre les trafics de drogue, qui sont un fléau dans les quartiers », s’enorgueille-t-il. Avec les résultats que l’on connaît… « Plus de postes d’OPJ (officier de police judiciaire, ndlr) est la clé dans la lutte contre les trafics de drogue ». Pas de place pour le débat, c’est la mode, le crédo reste celui du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin : « La drogue, c’est de la merde ! »
Et pour ce qui est du CBD, aucune différenciation avec le THC. Le président sortant ne se prêtant à aucun exercice médiatique s’il n’en est pas l’organisateur, la ligne de conduite reste donc la même que ces derniers mois. Entretenir la confusion entre CBD et THC, considérer la fleur de CBD comme un produit à interdire et le cannabis dans sa globalité comme une drogue. D’ailleurs, le gouvernement macroniste, sûr de la réélection de son champion, prévoit déjà la publication d’un nouvel arrêté interdisant la vente de fleurs de CBD. Il ne faudra donc pas s’attendre à un quelconque assouplissement en cas de réélection du candidat de La République en marche, qui souhaite « des amendes forfaitaires plutôt que des procédures longues » pour « les délits qui empoisonnent le quotidien, comme c’est désormais le cas pour l’usage de cannabis ou l’occupation des halls d’immeuble ».
Jean Lassalle, Résistons !
« Légaliser le cannabis, en encadrant strictement sa vente et en dédiant une grande part des recettes à la lutte contre l’addiction ». Voilà la ligne de conduite du candidat Jean Lassalle. « Il faut que ce soit encadré par l’État, mais je veux, en contrepartie, que les gains que nous pourrions faire soient remis pour le suivi de ceux qui ont été très profondément touchés. Si la mise en œuvre de cette légalisation n’est pas encore clairement définie, le candidat de « Résistons ! », 66 ans, est beaucoup plus disert quand on lui demande s’il a déjà consommé du cannabis. Et il se pourrait bien que l’ancien maire de Lourdios-Ichère soit le plus au fait !
« Au Québec », alors qu’il était « jeune » mais « déjà maire », l’ancien élu local a « vu tourner une cigarette » lui semblant « un peu particulière ». « Je lui ai trouvé un drôle de goût et j’ai tout de suite compris de quoi il s’agissait. J’ai plutôt eu mal au ventre qu’autre chose, mais certains s’en sont trouvé transportés à je ne sais quel ciel. » Sa seule expérience du cannabis ? Pas vraiment ! « Il m’est arrivé d’en fumer pendant mes campagnes électorales, vous savez elles terminent tard parfois. Des fêtes, dans le noir, on en roule une, on ne sait pas trop ce que c’est. J’en ai refumé quelques-unes pendant l’époque des Gilets Jaunes parce qu’il y avait quelques-uns, très peu je précise, qui fumaient aussi sur les coups de 3 ou 4h. Pour montrer qu’au fond, je comprenais parfaitement. »
Marine Le Pen, Rassemblement national
Pour la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, la légalisation du cannabis n’est « évidemment pas la solution ». La candidate du Rassemblent national, ex-FN, s’est exprimé sur le sujet en octobre dernier, au micro de France Bleu Vaucluse. « Ceux qui pensent qu’en légalisant le cannabis, les dealers vont devenir producteurs de melons à Cavaillon sont au mieux des naïfs, au pire inquiétants. Il faut mener la guerre contre la drogue », affirme de façon très démagogue la candidate de 53 ans. Sa ligne de conduite ? La prohibition sur fond de « guerre contre la drogue ». Une position finalement assez similaire à celle d’Emmanuel Macron. Elle aussi est favorable à la verbalisation des consommateurs. Marine Le Pen souhaite aussi « mettre en prison ceux qui dealent » et « adapter les peines des dealeurs en fonction des kilos ou des grammes de drogue qu’ils détiennent ».
Récemment, elle a réaffirmé sa position. « Le dealeur de cannabis deviendra dealeur d’autre chose ». Pour la candidate du RN, le cannabis d’aujourd’hui est « bien plus puissant » que celui que « fumaient nos parents à Woodstock (sic) ». Marine Le Pen n’a jamais fumé, « même pas une bouffée ». Elle affirme qu’il n’y « a pas de comparaison entre les dégâts médicaux d’un joint fumé et les dégâts d’un verre de vin. On ne peut pas comparer les deux, l’un est incontestablement plus mauvais pour la santé que l’autre. Étant entendu qu’il faut boire avec modération (49 000 décès en France en 2019 étaient attribués à l’alcool, ndlr) ». Elle conclut en affirmant avoir vu « plusieurs de ses amis tomber dans le cannabis et, honnêtement, ce n’est pas beau à voir ». Voilà pourquoi elle est « archi contre » une légalisation.
Eric Zemmour, Reconquête !
Porté par une très forte médiatisation et la banalisation de ses propos ayant parfois mené à des condamnations, Eric Zemmour s’est imposé dans le paysage politique français. Le candidat de Reconquête !, « habitué des plateaux TV et des salles d’audience » est contre la légalisation du cannabis. En mai 2021, il se demandait « s’il ne fallait pas envisager la légalisation organisée du cannabis ». Depuis, sa pensée a évolué. « Après mûre réflexion, je suis contre. Nous n’avons jamais vraiment essayé la répression. En plus, je pense que c’est très mauvais pour la mémoire, très mauvais pour le QI, ça crée des états dépressifs. Je pense que c’est très néfaste. En plus, cela alimente un marché colossal et ça enrichit des bandes de racailles banlieusardes. »
« Pour toutes ces raisons, nous devons combattre vigoureusement et nous n’avons pas fait ce qu’il fallait. Il faut donner les moyens aux policiers de réprimer. » Et le CBD dans tout ça ? Le candidat Zemmour tente de le démarquer du THC. « Le THC, je crois que c’est le taux dans le… dans le cannabis quoi. » Une analyse plutôt vague et incomplète, c’est le moins qu’on puisse dire. « L’important », pour Eric Zemmour, « c’est surtout d’interdire le THC, qui est l’élément toxique du cannabis. » Quant au CBD, « déjà autorisé, il n’y a aucune raison de changer cette réglementation ». Que le gouvernement tente pourtant de modifier depuis maintenant un an. Sans surprise, c’est donc la question de l’ordre public que le candidat de Reconquête met en avant.
Jean-Luc Mélenchon, Union populaire
La légalisation ? « Je suis pour », affirme Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle pour l’Union populaire. « 60% des contacts de policiers avec des jeunes, c’est pour trouver du cannabis. Après, vous connaissez la chaîne. Quand on cherche du cannabis, parfois on n’en trouve pas. Ça arrive assez souvent. Alors, il se peut que le jeune réagisse mal. Ah ? Outrage. Ça permet de cocher une petite case… », prend pour exemple le député des Bouches-du-Rhône, qui souhaite légaliser un usage récréatif. Tout en précisant : « Attention, beaucoup de cannabis, ça ne fait pas du bien. C’est exactement comme l’alcool. On a essayé la prohibition dans certains pays, ça ne donne rien du tout. Prohibition = trafic ». Et d’ajouter : « Il faut aussi admettre la vérité, le cannabis est un moyen de soin dans certains cas ».
Pour Jean-Luc Mélenchon, 70 ans, « ce n’est pas vrai qu’on passe d’une drogue à l’autre, c’est une histoire qu’on raconte. Celui qui fume du cannabis ne passera pas forcément à la coke. Ce n’est pas la même chose et il ne faut pas prendre les gens pour plus déraisonnables qu’ils ne le sont ». Ainsi, le candidat de l’Union populaire propose donc la légalisation de « la production, la distribution et la consommation de cannabis sous le contrôle de l’État » en visant « la réduction des consommations à risques, sans pour autant en banaliser l’usage ». Avec pour « bénéfices, le financement de campagnes massives de santé publique, des rentrées fiscales pour les caisses de l’État, le contrôle de la qualité des produits consommés, l’économie d’environ 30% du temps de travail (…) côté police et justice, la création d’emplois légaux dans la filière ».
Anne Hidalgo, Parti socialiste
« Oui », la maire de Paris et candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo, a déjà fumé du cannabis. Elle constate dans son programme que les politiques menées ont été un « échec ». Et précise, sur Konbini : « Je ne suis pas pour le statu quo. On ne peut pas rester dans cette situation ». Anne Hidalgo, 62 ans, propose donc « une méthode », soit « la création d’une conférence de consensus pour chercher le consensus dans la société française ». « Nous insisterons sur la prévention et la lutte contre les addictions, sur le combat offensif contre le commerce illégal du cannabis et nous examinerons sans tabou la question d’une légalisation menée sous le contrôle et l’encadrement strict de l’État (…) Si elle aboutissait, comme en Allemagne, l’État reprendrait le contrôle de la production et de la qualité (…) et de sa mise sur le marché ».
La candidate du Parti socialiste n’est donc pas encore alignée. Et elle s’appuiera sur le débat que sa « conférence de consensus » doit engager. « Nous entrerons dans ce travail et cette discussion par les questions de santé publique et de prévention des addictions pour construire des solutions efficaces. Cette conférence de consensus s’organisera sur tout le territoire national avec l’appui des maires », peut-on lire dans son programme. Enfin, avec franchise, Anne Hidalgo reconnaît qu’elle ne « saurait pas dire » la différence entre THC et CBD. Il faudra réviser sérieusement la question si elle remporte l’élection, mais la candidate du PS n’est pas la seule à qui la question pose problème.
Yannick Jadot, Europe Ecologie Les Verts
Le candidat d’Europe Ecologie Les Verts à l’élection présidentielle est « pour la légalisation du cannabis ». Selon Yannick Jadot, « c’est un enjeu majeur à la fois pour sortir des quartiers les mafias du deal. Ça nous permet aussi de dégager des recettes fiscales, 5 à 6 milliards d’euros, qui nous permettront à la fois d’avoir une grande politique de santé et aussi une politique sociale dans les quartiers qui seraient débarrassés de ces deals ». Yannick Jadot, 54 ans, ajoute dans son programme : « La légalisation permettra une diminution de la criminalité et les forces de police et la Justice pourront se concentrer sur des missions prioritaires. Le médecin de famille deviendra un acteur essentiel de la prise en charge des addictions et une large information du public sur les effets des différentes drogues sera menée ».
Côté CBD, le député européen et candidat connaît son sujet. La différence entre THC et CBD, il l’explique. « Le THC, c’est, j’allais dire, le taux de psychotropes dans le cannabis ». Surtout, Yannick Jadot juge « aberrant de voir ce gouvernement voulant stopper la vente de CBD par obsession de la lutte contre le cannabis ». En pleine polémique autour de l’interdiction de vente de fleurs, en janvier, il déclarait au Courrier de l’Ouest : « Au fond, le CBD est un peu comme le tilleul, un produit de bien-être, absolument pas psychotrope. Et on a un gouvernement qui est tellement dans le déni (…) qu’il en vient à interdire des produits qui se développent partout, avec une activité économique de transformation, des activités agricoles, des magasins, une économie du bien-être dans une société qui est, reconnaissons-le, plus que stressée et tendue. On est au bout de l’absurdité ».
Valérie Pécresse, Les Républicains
« Je suis contre la légalisation du cannabis », déclare Valérie Pécresse, candidate Les Républicains à l’élection présidentielle. « Le cannabis est toxique pour la santé. Je pense que si on légalisait le cannabis, les dealeurs continueraient leurs trafics en proposant des produits avec des THC supérieurs ». La présidente du Conseil régional d’Île-de-France avait déjà exprimé la même idée sur Europe 1 : « Ils (les dealeurs, ndlr) ne vont pas se faire priver de leurs revenus, donc ils iront dealer autre chose ». Côté consommateurs, Valérie Pécresse, 54 ans, veut « taper au portefeuille ». Elle soutient le principe d’amende pénale, avec possibilité d’inscription au casier judiciaire. La candidate résume ainsi son point de vue : « Si on légalise le cannabis, on fait sauter l’interdit sur la drogue ». Et c’est la possible ouverture d’une porte « vers la contrebande » (Twitch, 15/02/22).
Sur la question du CBD, Valérie Pécresse reste évasive et s’en remet à la science. « Moi je n’ai pas d’avis sur les substances qui sont considérées comme non toxiques par la science. C’est à la médecine de dire ce qui est toxique et ce qui ne l’est pas ». Une phrase difficile à comprendre, car faut-il encore déterminer ce qu’on considère comme « toxique ». Le CBD ne l’est pas, fumer des fleurs de CBD l’est, le cannabis thérapeutique ne l’est pas, le récréatif l’est… La question du CBD reste donc vague dans les propos de la candidate Les Républicains à l’élection présidentielle. Enfin, Valérie Pécresse répond par la négative à la question « avez-vous déjà fumé du cannabis ? ».
Philippe Poutou, Nouveau Parti anticapitaliste
Le Nouveau Parti anticapitaliste de Philippe Poutou est « pour la légalisation du cannabis ». Le candidat à l’élection présidentielle précise : « Globalement, nous sommes pour la dépénalisation des drogues. La répression, c’est une méthode qui est totalement inefficace. C’est aussi, on le sait très bien, une occasion pour la police de faire chier les jeunes, notamment dans les quartiers populaires ». Dans le programme du NPA, on peut lire également : « La pénalisation de la consommation de drogue favorise les mafias et envoie des milliers de jeunes qui tombent sous leur influence derrière les barreaux ». C’est avec l’ambition de rompre avec la politique carcérale que le parti du candidat Philippe Poutou axe sa réflexion. Celle-ci va de pair avec une politique de santé qui comprend la « création de centres de santé sur tout le territoire, publics et gratuits, polyvalents, financés par la Sécu ».
Si Philippe Poutou avoue ne pas connaître la différence entre THC et CBD (nos fiches de lecture sont à disposition ici), il reconnaît avoir déjà consommé du cannabis. « Je n’ai pas fumé quand j’étais jeune alors que j’étais entouré de plein de babas-cool et ça fumait à toutes les soirées », raconte le candidat de 55 ans. « J’étais le seul à ne pas fumer, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas si c’était une position de principe. Je n’avais pas de vision hostile puisque j’étais avec mes potes. J’ai testé quelques années plus tard et bon, ça ne m’a pas convaincu ».
Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France
Candidat de Debout la France à l’élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan est « contre » la légalisation du cannabis. « Tout simplement parce que c’est mauvais pour la santé. Et je crois qu’une légalisation augmenterait obligatoirement la consommation et reporterait l’interdit sur d’autres drogues plus dures », ajoute l’ancien maire d’Yerres, 61 ans. « la légalisation du cannabis n’empêchera pas les règlements de compte, qui se poursuivront sur l’héroïne, ou d’autres substances. Il faut au contraire intensifier la lutte. Pas contre les usagers, mais contre les trafiquants. Les condamnations pour trafic de drogue sont dérisoires en France. Il faut taper les gros bonnets, à la source. Plus de la prévention au collège, et un accompagnement pour sortir les jeunes de cette catastrophe de santé publique », déclarait-il à Ouest-France.
Nicolas Dupont-Aignan n’a jamais fumé de cannabis. Il s’en dit « désolé », estimant « être une exception » dans un sourire. S’il évoque la lutte contre le cannabis dans son programme, la question du CBD n’est en revanche pas d’actualité. Entre CBD et THC, « je sais qu’il y a une différence, mais ça ne m’intéresse pas », lâche le candidat de Debout la France. Les choses sont claires !
Cannabis, CBD et élection présidentielle : un sujet important encore très clivant
Cinq candidats pour, cinq candidats contre, deux candidats avec des propositions alternatives, et des projets de société bien différents. Ce petit tour d’horizon des candidats à l’élection présidentielle au sujet du cannabis en dit long, non seulement sur ce point précis, mais également sur la personnalité, les ambitions et les méthodes de chacun et chacune. Une chose est sûre, cette présidentielle 2022 confirme que le cannabis est un véritable enjeu dans cette élection. Et que son traitement divise encore très fortement au sein du panel des candidats.
https://www.youtube.com/watch?v=-vnkKSa8Z-s
Retrouvez aussi ci-dessous le programme de chaque candidat à l’élection présidentielle.
Avec l’arrivée en force du cannabidiol dans le quotidien des Français, les reportages sur le CBD se sont multipliés, à la télévision comme sur internet. Les médias généralistes s’emparent massivement du sujet. Car le chanvre bien-être n’est pas forcément un sujet simple pour tout le monde. Et voir des boutiques et CBD Shop fleurir partout dans les centres-villes peut intriguer. Par souci de vulgarisation, d’analyse de l’actualité et, tout simplement, d’information, de nombreux documentaires et reportages viennent décrypter ce tout nouveau marché. Qu’est-ce que le CBD ? À quoi sert-il ? Quelles sont les différences avec le THC ? Des médias comme Arte, France Télévision ou encore Public Sénat tentent de répondre à ces questions, mais ouvrent aussi plus amplement le débat sur le sujet du cannabis et du chanvre. Greenboyz vous propose une sélection de reportages et documentaires bien ficelés sur le CBD, à regarder sans faute !
Reportages CBD : Élise Lucet le nez dans les fleurs
Devenue la terreur des politiques et hommes d’affaires aux pratiques illégales ou immorales, Élise Lucet, célèbre journaliste et présentatrice de France Télévision, est allée mettre son nez dans les fleurs de CBD. Mais rassurez-vous, elle n’est pas venue avec son équipe pour faire tomber votre CBD Shop favori ! Non, pour Envoyé Spécial, la journaliste s’est intéressée au sujet du moment : le cannabidiol. « Je ne connais pas le CBD, il faut m’expliquer », lance d’entrée de jeu l’ex-présentatrice du journal télévisé. Prétexte simple pour la réalisation d’un reportage à valeur de découverte pour le grand public. De cette question basique, l’équipe d’Élise Lucet va dérouler plusieurs thèmes en rapport avec le cannabidiol. Rencontre avec des consommateurs, avec une franchise, avec la filière agricole et les producteurs, tout est passé en revue. Même l’idée d’un CBD militant est évoqué, au travers de l’épineuse question de la législation.
Un « zoom sur un paradoxe français », entre un business qui a déjà explosé et un vieux principe de prohibition, montrant bien la façon dont l’État ne sait sur quel pied danser. Ce reportage CBD de fin 2021 montre le statut compliqué du chanvre et du cannabis en France, que l’arrêté de début 2022 n’a su éclaircir. Ce fut même l’inverse, le gouvernement proposant l’autorisation de la culture du chanvre pour le CBD, mais avec une interdiction de la vente de fleurs en parallèle.
Pour regarder « La Folie du CBD » d’Envoyé Spécial, rendez-vous sur le site de France TV en cliquant ici !
Reportages CBD : sur Arte, le chanvre au cœur du débat
La chaîne franco-allemande Arte est bien connue pour ses nombreux documentaires et reportages toujours très intéressants. Le CBD n’y échappe pas, Arte réalisait en effet en fin d’année 2021 une série de documentaires consacrés à ce sujet d’actualité. Une façon simple et rapide d’en apprendre plus sur le business du CBD, mais pas seulement. Le chanvre dans son intégralité est aussi à l’honneur.
Dans un premier temps, Arte propose une analysé du marché du CBD. Avec, forcément, un regard plus européen que purement français. Dans son reportage « Le CBD, une substance qui nous veut du bien ? », la chaîne évoque la façon dont le cannabidiol a conquis l’Europe et son potentiel économique énorme, plutôt que son potentiel sur la santé. Malgré ce titre un peu à côté du réel contenu, le documentaire explique bien ce qu’est le CBD et comment il peut créer des emplois, notamment du point de vue allemand de la question. Économie, politique, mentalités… les thèmes abordés sont particulièrement actuels et bien amenés. On se rend notamment compte que nos voisins allemands sont confrontés à des problématiques à la fois similaires et différentes des nôtres.
https://www.youtube.com/watch?v=2Y23dBhh2_A
Coup de projecteur sur le chanvre
Parallèlement à ce premier reportage CBD, Arte propose également un coup de projecteur sur la plante en elle-même, le chanvre. Alors que la France est le premier producteur européen de chanvre industriel, il est important de comprendre en quoi cette plante peut être une belle promesse d’avenir après avoir été longtemps diabolisée. Robuste, écologique, facile à cultiver, le chanvre est bien moins gourmand que nombre de nos cultures modernes, comme le coton. Il est aussi utile dans de nombreux domaines. L’alimentation, la cosmétique, la construction, le textile… Le chanvre, ce n’est pas que le CBD et le THC. C’est surtout une plante cultivée depuis des millénaires. Arte vous amène donc en France, chez un producteur de chanvre, avec ses ambitions, ses idéaux et ses problématiques. Le tout avec la question centrale de l’enjeu climatique et environnemental dans l’agriculture moderne.
https://www.youtube.com/watch?v=qAhW0uyqxy4
Chez Public Sénat, le cannabis est un enjeu de société
Légaliser le cannabis ? Seulement à des fins médicales et thérapeutiques ? L’interdire tout bonnement ? Public Sénat, dans une série de reportages, aborde avec précision ces thèmes de société. Si le premier documentaire débute avec le point de vue du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin – « La drogue, c’est de la merde » -, l’enquête de Public Sénat sur la légalisation du cannabis à usage médical va, heureusement, bien plus loin que ce simple constat ! On nous emmène effectivement à la rencontre de malades, dont le cannabis parvient à soulager certaines douleurs. Des témoignages particulièrement touchants, qui mettent en lumière des souffrances souvent invisibilisées. L’enjeu politiques et les combats militants sont aussi abordés, avec des intervenants de la classe dirigeante et du monde scientifique. Un reportage très complet, pour s’éloigner un peu du CBD mais rester dans l’univers du cannabis.
https://www.youtube.com/watch?v=4R8-0iOvcPs
Dans un second temps, Public Sénat va plus loin en abordant directement la question de la légalisation du cannabis. Après une courte introduction sous forme de reportage, vous trouverez dans la vidéo un très intéressant débat. Derrière la question « Légaliser le cannabis : idée neuve ou idée courte ? », ce sont une avocate, un psychiatre addictologue, un professeur d’économie et une auteure qui débattent d’un sujet que de nombreux candidats à l’élection présidentielle évoquent. Contexte politique, sanitaire, économique, voire éthique et moral, tous les aspects sont abordés avec sérieux par des experts dans leur domaine. Un débat clair et calme, où chacun peut expliquer en profondeur les enjeux d’une légalisation du cannabis.
https://www.youtube.com/watch?v=pQIYHAiFHa0
Bonus : Le CBD dans Popcorn
Les streameurs aussi s’intéressent au CBD. Autour de Domingo dans l’émission Popcorn, Marie Palot, Ponce et Zack Nani débattent de cette nouvelle mode. De la découverte du produit aux effets, en passant par les expériences de chacun(e), ce court échange permet de comprendre comment le CBD a conquis les villes et certains consommateurs. Sujet abordé en toute légèreté, sans langue de bois, cette chronique aide à porter un regard sur le cannabidiol et ce que chaque personne peut y trouver de bénéfique. Une discussion entre potes agréable à suivre. Huile, fleurs de CBD, CBD pour animaux, mais aussi les questions d’anxiété, de substitut au THC, d’utilisation pour les sportifs… En une dizaine de minutes, vous saurez tout du potentiel du CBD. Des témoignages enrichissants !
https://www.youtube.com/watch?v=rlMBbnILx4k
Avec la sélection de reportages CBD de Greenboyz, vous savez désormais tout sur le cannabidiol, le chanvre, et tous les enjeux économiques, politiques, sanitaires ou encore écologiques qui y sont liés. Au cœur de l’actualité, le CBD a aussi conquis les médias, de la télévision à Twitch !
Le chanvre industriel, « résolument une plante d’avenir »
La France est le premier producteur européen de chanvre industriel. Cette plante se cultive sur toute la planète, depuis maintenant des millénaires. Et très tôt, on a compris que le chanvre était réellement une plante multi-usages. Aussi bien pour ses fibres, ses graines que pour ses fleurs, le cannabis a rendu de fiers services tout au long de l’Histoire. Que cela soit pour fabriquer les cordages et voiles des navires de Christophe Colomb ou pour imprimer les Bibles de Gutenberg. Malgré une campagne de diabolisation au cours de la première partie du XXe siècle, qui a considérablement réduit la surface de production mondiale, le chanvre revient en force. Et notamment en France, où on en cultive de plus en plus. Mais qu’est-ce qu’est réellement le chanvre industriel ? De quoi parle-on et que peut-on bien faire d’utile, de nos jours, avec cette plante ?
Le chanvre industriel, qu’est-ce que c’est ?
L’expression « chanvre industriel » est utilisée en France notamment pour différencier les cultures de chanvre destinées principalement à l’industrie de la graine et de la fibre, du cannabis utilisé pour ses bienfaits. Mais en réalité, il existe quatre types de productions de chanvre. Un usage donc industriel, grâce aux graines et aux fibres. Un usage que l’on pourrait appeler « bien-être », donnant les produits, principalement au CBD, que vous retrouvez chez Greenboyz. Mais il existe également une production de cannabis à but médical ou thérapeutique, dans les pays qui l’autorisent ou l’étudient. Et enfin, un cannabis « social » à usage adulte, qu’on nomme couramment « récréatif » et actuellement encore interdit en France. Dans le langage courant, nous avons pris l’habitude d’appeler « cannabis » la plante illégale dans notre pays et « chanvre » la plante légale. C’est pourtant la même : le cannabis sativa L.
Et si l’expression « chanvre industriel » reste relativement récente, la culture du cannabis est connue depuis des millénaires. La plante aurait été domestiquée dès le Néolithique, ce qui en fait une des premières cultivées par l’Homme. On retrouve en Asie des poteries accompagnées de fibres de chanvre datées de 10 000 ans. Des cordelettes annonciatrices de l’avenir radieux du chanvre dans le domaine textile. Plus tard, durant l’Antiquité, on retrouve encore le chanvre dans le monde romain. Et notamment chez nous, en Gaule. Des sites de rouissage du chanvre se trouvaient dans le sud de la France. Le Moyen-Âge va continuer sur cette lancée, avec un usage important du chanvre dans la voilerie et la corderie, puis dans le papier. Parallèlement, on transforme les graines de chanvre en huile et les usages psychotropes ou thérapeutiques de la plante se multiplient.
À quoi sert le chanvre industriel aujourd’hui ?
De nos jours, l’industrie du chanvre utilise principalement les fibres de la plante. Elles se destinent toujours à la confection de textile, notamment pour la production de vêtements. De la fibre au fil, le chanvre est tissé, coloré et sert à la confection de chaussettes, de serviettes, de pantalons… D’ailleurs, les premiers jeans, en denim, étaient fabriqués à base de chanvre. Mais c’est aujourd’hui le secteur du bâtiment et de la construction qui s’est emparé d’une grande partie de la production de chanvre industriel. On trouve notamment des briques de chanvre, car la plante a aussi d’excellentes propriétés isolantes. On utilise bien sûr toujours le chanvre en huile, alimentaire ou cosmétique. Mais d’autres domaines prometteurs sont concernés : plastique biodégradable, biocarburant, papier… Les horizons pour le chanvre, sa culture et sa production sont nombreux. Pourtant, la plante est encore très minoritaire dans tous ces secteurs.
Quels sont les avantages de la plante et de sa culture ?
Quand on s’y penche de plus près, on se rend compte que la culture du chanvre présente énormément d’avantages. Pour Pascal Mortoire, directeur général de la Chanvrière, dans l’Aube, c’est « résolument une plante d’avenir ». Mais pour quelles raisons ? Tout d’abord, pour son mode de culture. Le chanvre ne requiert aucun pesticide, aucun engrais et très peu d’eau (cinq fois moins que le coton, par exemple). Une production écologique qui en font la plante bio par excellence. Mais certaines de ses propriétés ne sont pas compatibles avec tous les débouchés. En effet, le chanvre est un dépolluant naturel pour les sols. Il peut donc être chargé en métaux lourds ou en pesticides à l’issue de sa croissance. Selon les débouchés, il est donc important d’adopter une culture bio. Néanmoins, le chanvre a aussi une très grande capacité d’absorption du CO2. Son empreinte carbone est extrêmement faible.
Écologique, le chanvre est également un matériau robuste. Il est bien plus solide que le coton. C’est un puissant isolant thermique et phonique, des qualités recherchées dans la construction et le textile. La recyclabilité de la plante est importante. Pour des vêtements, du papier, mais également des biocarburants ou des plastiques biodégradables. Henry Ford, précurseur dans le secteur automobile, envisageait d’ailleurs la création d’une voiture à la carrosserie en fibres de chanvre et roulant au biocarburant. Mais pourquoi, malgré tous ces avantages, ne voit-on pas plus de vêtements en chanvre dans les rayons ?
Comment les lobbies ont tenté de tuer le chanvre industriel
Pour comprendre la position minoritaire du chanvre dans l’industrie, il faut remonter quelques décennies en arrière. Dans les années 1930, le chanvre devient « l’ennemi numéro 1 pour les Américains », relate France 3 Champagne-Ardenne. Ces derniers « favorisent le coton et le nylon », ainsi que le pétrole. Les États-Unis vont alors tout mettre en œuvre pour tuer l’industrie du chanvre. À l’aide d’une « taxation agressive et d’une campagne qui assimile le chanvre au cannabis », les Américains vont diaboliser le chanvre et l’écarter au profit des magnats du pétrole, du coton, de l’industrie forestière. En 1937, une loi « instaure la taxation de la production, du commerce ainsi que de l’usage industriel et médical du chanvre : le Marihuana Tax Act. Le chanvre décline alors rapidement. En France, on passe de 176 000 hectares cultivés en 1840 à 3400 seulement en 1939.
Un retour en force ?
Depuis, les choses ont changé. En 15 ans, les États-Unis ont fait exploser leur importation de chanvre, passant de 1,4 million de dollars à 11,5 millions. La France est de son côté le premier producteur européen de chanvre industriel. « Il y a environ 18 000 hectares de chanvre cultivés, dont 10 500 hectares en Champagne Ardenne », explique à France 3 Stéphane Borderieux, président de la fédération nationale des producteurs de chanvre. En 25 ans, il a quadruplé son exploitation. Écologique, durable, recyclable, le chanvre retrouve donc peu à peu ses lettres de noblesse.
Dans la plus grande usine de transformation des fibres de chanvre, dans l’Aube, une coopérative regroupant 515 producteurs, Pascal Mortoire, déclare : « C’est une plante qui pourra se glisser à l’intérieur de tous nos vêtements, de tous nos tissus, parce qu’elle a déjà eu cette place auparavant et qu’elle n’attend que nous, les utilisateurs et les consommateurs, pour reprendre cette place naturelle ». Reste que dans l’industrie textile, le coton écrase tout, avec ses 100 millions de tonnes produites chaque année, soit 100 fois plus que le chanvre…
Les Français et le CBD en 2022 : un sondage fait le point
Le début d’année a été mouvementé pour le chanvre bien-être, et l’histoire entre les Français et le CBD continue. Le CBD en France en 2022 s’est fait une belle frayeur, avec la tentative d’interdiction de vente de fleurs par arrêté ministériel aux premières lueurs de janvier. En effet, pour des raisons « d’ordre et de santé publics », le gouvernement souhaite empêcher la vente « de fleurs et feuilles brutes » dans l’Hexagone. Une décision très mal accueillie par l’opinion générale, en particulier par les acteurs du milieu mais également par les consommateurs de CBD. Cependant, les arguments mis en avant dans le texte de l’arrêté n’ont vraiment convaincu personne. Y compris le Conseil d’État qui, trois semaines après la publication du texte, venait suspendre provisoirement l’interdiction de vente de fleurs. Une saga CBD, la première de 2022, que nous vous relations dans un précédent article.
Le secteur du CBD a donc soufflé le chaud et le froid en l’espace de quelques jours. L’inquiétude cédait sa place au soulagement, en attendant une décision pérenne. Depuis, et après trois semaines d’un nouveau flou artistique, la filère du CBD a repris sa marche en avant. Et finalement, la tentative d’interdiction de la fleur n’aura que donné un nouveau coup de projecteur sur ce produit qui a conquis toutes les villes de France. De chaque épisode judiciaire, de chaque combat devant des tribunaux, le CBD et le chanvre bien-être sont sortis, jusqu’ici, vainqueurs. Et les différents feuilletons, relatés avec beaucoup d’intérêt par la presse écrite comme audiovisuelle, n’auront fait que donner une plus grande visibilité au cannabis légal.
En 2022 en France, le CBD gagne en visibilité
Ainsi, le CBD en France en 2022 est mieux connu qu’il ne l’était l’an passé. En effet, en juin 2021, Ifop réalisait un sondage sur le CBD en France. En février 2022, c’est le Huffington Post (via YouGov) qui pose la question aux Français de leur connaissance du chanvre bien-être et leur rapport au CBD. Seulement neuf mois séparent ces deux consultations, mais les chiffres sont assez significatifs. La France a toujours accusé un certain retard quant au cannabis. Les mentalités évoluent lentement et difficilement dans un pays pourtant connu comme étant le plus gros consommateur européen de cannabis illégal. Et le raccourci pris par le gouvernement, entretenant confusion entre fleur de CBD et THC, n’aide pas à la manœuvre. Informer clairement est pourtant une solide base pour permettre à quiconque de forger sa propre opinion.
Mais au règne de la désinformation, celle-ci pouvant malheureusement aussi venir des plus hautes autorités (lire sur Le Monde), il faut savoir jongler entre le vrai et le faux. Avec les efforts récents de la presse française au sujet du CBD et du cannabis en général, nos concitoyens sont plus à même de comprendre par eux-mêmes les tenants et les aboutissants de ce nouveau secteur. La presse prend le pouls du pays, donne les outils de compréhension et corrige certains propos erronés. Par l’expérience, le Français se donne également les moyens de poser un regard clair sur le sujet. Et petit à petit, le changement de mentalité quant au cannabis et au CBD fait son bonhomme de chemin. Ainsi, cette évolution se traduit dans le récent sondage du Huffington Post. Mais il reste encore une longue route à parcourir pour le CBD.
Les Français et le CBD en 2022, un sujet mieux connu
En comparant les sondages de juin 2021 et février 2022, une chose est claire. Le CBD en France en 2022 est un produit connu d’une très large majorité de la population.
En effet, en juin 2021, 55% seulement des Français annonçaient avoir déjà entendu parler du CBD. Neuf mois plus tard, ils sont 78% à répondre par l’affirmative. D’une grosse moitié de Français, on passe à plus de trois quarts de la population. La multiplication des boutiques de CBD dans tous les centres-villes de France et les démêlés judiciaires de la filière, largement relayés dans la presse, expliquent ces chiffres. Les tranches d’âges montrent bien qui, au sein de la population, sont ceux les plus concernés par le CBD. En effet, les 18-54 ans ressortent de l’étude. 88% des 18-34 ans et 83% des 35-54 ans ont déjà entendu parler du CBD. Pour les 55 ans et plus, ce chiffre tombe à seulement 68%. Chez Greenboyz, notre clientèle s’étale de 18 à plus de 70 ans. Cependant, nous remarquons également que la fourchette moyenne se situe entre 25 et 55 ans.
En février 2022, 78% des Français disent avoir déjà entendu parler du CBD
Sondage YouGov/Huffington Post
Reste néanmoins que pour les 55 ans et plus, le chiffre est passé d’environ 40% en juin 2021 à, donc, 68% en février 2022. Déjà en tête l’année précédente, les femmes font croître leur avance sur les hommes. De 55% à avoir entendu parler du CBD en 2021 (contre 54% pour les hommes), elles sont désormais 81% à être au courant en 2022, contre 75% des hommes.
Les Français et le CBD : des consommateurs toujours plus nombreux
Plus de gens au courant de l’existence du CBD, cela se traduit évidemment par plus de consommateurs et consommatrices.
8% des Français disaient en avoir déjà consommé en 2021. Ils sont aujourd’hui 15 à 16% de consommateurs (« régulièrement » ou « de temps en temps »). À cela, on peut ajouter les 8% déclarant ne plus en consommer, mais l’avoir déjà fait. Le pourcentage de personnes n’ayant jamais pris de CBD a donc chuté. Il est passé de plus de 90% en 2021, à 75% en 2022. Et ce sont les hommes qui en consomment le plus. Ils sont 19% contre 13% de femmes (à égalité à 8% en 2021). Les 35-54 ans devancent les 18-34 ans, avec 21% de consommateurs contre 19%. Le CBD n’est donc pas un fait qui touche particulièrement les jeunes. En comparaison, l’an dernier, 34% des 18-24 ans disaient avoir consommé du cannabis illégal au cours de leur vie.
Les Français et le CBD : quelle consommation et pour quelles raisons ?
Mais quels sont les produits au CBD que les Français préfèrent ? Sans surprise, les fleurs ressortent largement du lot. En « infusion » (32%) ou « en cigarette » (32%) sont les réponses les plus données par les consommateurs. Comprendre par-là que l’utilisation et la consommation de fleurs prend le pas sur presque tous les autres modes de consommation. Rappelons tout de même que nous déconseillons fortement de fumer des fleurs de CBD, une pratique évidemment nocive pour la santé, mais qui peut s’expliquer, comme nous le verrons plus tard. Au-delà des fleurs et résines, l’huile a beaucoup de succès avec une utilisation à hauteur de 32% des consommateurs. Viennent ensuite, plus loin, les produits de vape comme les e-liquides (18%), l’alimentaire comme les bonbons (16%), les produits cosmétiques (9%), puis les gélules (6%).
Selon les tranches d’âges, la consommation changent. Les plus jeunes (18-34 ans) consomment majoritairement des fleurs ou des résines (40% en infusion, 42% en cigarette). Les moins jeunes (35 ans et plus) privilégient les huiles. En se penchant sur les raisons qui poussent les gens à consommer du CBD, on peut émettre plusieurs constats.
Pourquoi les Français consomment du CBD ?
Les jeunes Français consomment des fleurs, donc. Et ça ne plait pas. L’argument de santé selon lequel fumer des fleurs est nocif est incontestable. Cependant, on remarque que le CBD est beaucoup utilisé pour se détourner du THC. Un peu comme un produit de substitution, le CBD sert, pour 29% des 18-34 ans, à « remplacer le THC ». Un chiffre qui chute à 18% pour les 35-54 ans. Affirmer que le CBD mène vers le THC semble donc être un faux argument. C’est même plutôt l’inverse, avec une consommation que l’on peut rapprocher de celle de la cigarette électronique pour les anciens fumeurs de tabac. Et pour éviter de fumer du CBD, les options sont nombreuses. De quoi faire d’une pierre trois coups pour d’anciens fumeurs de cannabis illégal : l’arrêt du THC, du tabac, et la sortie de l’illégalité. Des arguments de poids.
Les autres raisons de la consommation de CBD par les Français sont plus communes. 41% désirent agir sur des problèmes de sommeil ou de stress. Et notamment les plus jeunes. Ils sont 51% à vouloir améliorer leur sommeil et 47% à souhaiter subir moins de stress. 38% des consommateurs espèrent « lutter contre des douleurs, des inflammations ». Ce chiffre passe à 54% chez les 55 ans et plus. En fonction de l’âge, les maux changent et les raisons de la consommation de CBD évoluent. Comme les mentalités.
Les jeunes Français mieux informés, la confusion entretenue ?
Le regard des Français sur le cannabis change également. Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre la différence entre CBD et THC. Et ce, malgré une certaine confusion entretenue consciemment ou non. Pour exemple, la question posée dans son sondage par le Huffington Post est peu claire. « Selon vous, existe-t-il une différence entre le CBD et le cannabis ? » On imagine ici que le média parle de cannabis illégal. Mais la question aurait plutôt dû concerner explicitement la différence entre CBD et THC. Néanmoins, 69% des Français y voient une différence. 22% ne savent pas et seulement 10% estiment qu’il n’y a aucune différence entre les deux produits. Chez les 18-34 ans, on passe à 77% de réponses positives, contre 14% de « je ne sais pas ». Chez les plus de 55 ans, 27% des Français ne peuvent exprimer une opinion.
Cette confusion se ressent également quant à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous d’accord, ou non, avec la décision du gouvernement de restreindre la vente de CBD ? » Que signifie « restreindre la vente de CBD » ? L’encadrer, interdire la vente de fleurs, autre chose ? Ainsi, difficile d’analyser les réponses. 37% des personnes interrogées sont « d’accord », 38% ne le sont pas. Le reste ne « sait pas ». Des chiffres à peu près équivalent dans toutes les tranches d’âges. Par conviction, habitude ou méconnaissance, les Français restent assez divisés sur la question du cannabis. Rappelons tout de même que les mentalités changent sur l’éventualité d’une légalisation. Pour la première fois, en 2021, la majorité (51%) des Français se prononçait pour. Reste à tous, autorités officielles, médias et acteurs du secteur, à faire des efforts d’honnêteté et de précision pour ne plus entretenir la confusion.
On vous rassure tout de suite ! Nous sommes le 14 février, c’est la fête des amoureux, et la fleur de CBD, interdite début janvier, ne l’est plus ! Vous avez peut-être suivi ce feuilleton du début de l’année 2022. Difficile de passer à côté. Et en réalité, il dure depuis bien plus longtemps. Nous avons déjà évoqué avec vous les démêlés judiciaires du CBD en France. Car depuis son arrivée dans l’Hexagone en 2019, le cannabidiol n’a pas la vie facile. Et la mauvaise réputation de son penchant psychoactif et addictif, le THC, n’a pas aidé. Le cannabis et ses nouvelles formes, pris dans un immense flou juridique, se voient encore une fois diabolisés. Et ce, sans distinction de ce qui les compose. Alors que l’Europe statuait sur le CBD, la France faisait toujours de la prohibition son mot d’ordre.
Une Europe à deux vitesses
Depuis un arrêté de 1990, la France limitait la production, la distribution et la consommation de chanvre aux graines et éléments fibreux de la plante. Le cannabis se classait alors comme produit stupéfiant et la consommation de sa fleur interdite. Et le CBD n’était pas d’actualité. En retard sur la question, la France a vu l’Europe s’ouvrir aux dérivés du chanvre, notamment le cannabidiol. Au fil des études scientifiques, le CBD s’est révélé comme étant une molécule différente du THC. Un élément non-psychotrope, non-addictif, doté d’un joli potentiel pour notre organisme. Sans danger, la fleur de CBD n’avait donc aucune raison d’être interdite. L’Europe en autorisait alors la commercialisation. À la condition que les produits au CBD aient un taux de THC strictement inférieur à 0,2%. En 2017, c’était au tour de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de déclarer le CBD comme n’étant pas dangereux pour la santé.
Alors que certains pays relevaient le taux de THC autorisé dans leurs produits au CBD, la France, quant à elle, laissait planer le flou. Trop longtemps pour certains. Grâce aux décisions européennes, certains s’engouffraient alors dans le business du CBD directement sur notre territoire. Les boutiques commençaient à fleurir courant 2019, puis en 2020. Dès lors, le gouvernement commençait à riposter. En attaquant Kanavape, société proposant des produits de vape au CBD, l’État montrait clairement son intention d’empêcher la vente des produits dérivés du chanvre en France. Après une première condamnation lourde, les deux gérants de Kanavape obtenaient finalement gain de cause en novembre 2020. Et ce, grâce à l’intervention… de l’Europe. La Cour européenne de justice décidait effectivement de casser le jugement français. Considéré par l’Union comme produit non-stupéfiant, le chanvre dit « bien-être », les dérivés et les fleurs de CBD ne pouvaient être interdits à la vente.
La fleur de CBD interdite en guise de riposte
En 2021, les cours de cassation emboîtait le pas de l’Europe. Alors que le CBD s’implantait dans tous les centres-villes de France, la justice allait dans le sens de l’autorisation de commercialisation. Mais le gouvernement engageait enfin sa responsabilité en déclarant travailler à un nouvel arrêté pour remplacer celui de 1990. Autorisation de la production et de la vente de produits dérivés du cannabis, taux de THC limite relevé à 0,3%… L’avenir s’annonçait radieux. Il semblait toutefois qu’une interdiction de la vente de fleurs de CBD était dans les tuyaux. Pendant ce temps-là, en quelques mois, le nombre de boutiques de CBD passait de 400 à environ 2000. Une croissance très rapide et une activité déjà bien installée, employant pas moins de 6000 personnes, en comptant seulement les commerçants du secteur.
Mais en guise de bonne année, le gouvernement publiait son nouvel arrêté le 30 janvier 2021. Et voilà la fleur de CBD interdite à la vente, à compter du 2 janvier 2022. Un coup de massue pour tous les acteurs du CBD. Pour certaines boutiques, sans fleurs ni feuilles brutes à vendre, c’est parfois 70% du chiffre d’affaires qui risquait de disparaître.
« Les fleurs et les feuilles ne peuvent être récoltées, importées ou utilisées que pour la production industrielle d’extraits de chanvre. Il en résulte en particulier que la vente aux consommateurs de fleurs ou de feuilles brutes sous toutes leurs formes (…) leur détention par les consommateurs et leur consommation sont interdites. »
Mais pourquoi la France décide-t-elle d’autoriser la production de cannabis destiné au marché du CBD, d’autoriser la vente des produits dérivés, de rehausser le taux de THC à 0,3%, mais d’interdire la vente de fleurs brutes ? Pour des raisons d’ordre et de santé publiques, arguait le gouvernement.
La fleur de CBD interdite : un argumentaire brouillon
Deux éléments venaient donc appuyer cette interdiction de la fleur de CBD. Des « motifs de santé » tout d’abord. Sur le site du gouvernement, via la Mildeca, on lit : « Outre une teneur en THC plus importante dans les fleurs et les feuilles brutes qui les rapproche des stupéfiants, les risques liés à la voie fumée sont établis ». Ou encore : « Des études scientifiques ont montré que le CBD agissait au niveau du cerveau sur les récepteurs à la dopamine et à la sérotonine en faisant ainsi un produit psychoactif à part entière ». Un premier point étonnant quant au statut du tabac. Un deuxième point à l’encontre des constats des scientifiques établis et non sourcé. Un argumentaire peu étayé et plutôt vague.
Pour le second élément constitutif de cette interdiction, on évoquait des « des motifs d’ordre public ». Pour « préserver la capacité opérationnelle des forces de sécurité intérieure de lutter contre les stupéfiants, celles-ci doivent pouvoir discriminer simplement les produits ». Autrement dit, il est difficile pour les policiers de faire la différence entre des fleurs de CBD ou de THC. Un argument aussitôt attaqué par les défenseurs de la cause du CBD. Et de rappeler qu’en Suisse, les tests utilisés par les forces de l’ordre ne coûtent que quelques centimes. La fleur de CBD interdite, les réactions ne se sont pas fait attendre. L’arrêté a été immédiatement attaqué en référé-liberté.
La fleur de CBD interdite : des réactions unanimes
L’interdiction de la vente de fleurs de CBD donnait alors un nouveau coup de projecteur sur le secteur. La presse donne toujours plus de visibilité aux acteurs de la filière, mais également aux consommateurs. Et la décision du gouvernement étonne ici, décourage là, choque ailleurs. Cécile Duflot, ancienne secrétaire générale d’Europe Écologie Les Verts et ministre sous François Hollande, s’insurge sur France Inter. « Malgré le travail des spécialistes, et notamment de tous les professionnels de santé publique, malgré des dizaines de rapports, la politique française du cannabis reste sur une hystérie prohibitionniste résumée dans un slogan datant de 1986, aussi niais qu’inefficace : « la drogue c’est de la merde ». » Et pour tourner au ridicule la décision française sur la fleur de CBD, elle use de cette comparaison.
« Pour résumer : interdire les fleurs de CBD c’est comme bannir le Champomy parce qu’on pourrait le confondre avec du champagne… Parfois on pourrait penser que certains arrêtés sont dictés par des ministres qui ont fumé de la très très bonne. »
Cécile Duflot
https://www.youtube.com/watch?v=Yu_6E_KukeI
Le Conseil d’État, lui, décidait de ne pas conforter le gouvernement dans sa décision irrationnelle. Il décidait, le 24 janvier 2022, de suspendre provisoirement l’arrêté du 30 décembre 2021. « Saisi par des commerçants du secteur, le juge des référés du Conseil d’État suspend à titre provisoire l’interdiction de commercialiser à l’état brut des fleurs et feuilles de certaines variétés de cannabis, alors même que leur teneur en THC est inférieure à 0,3 %. Le juge relève que ce seuil, en dessous duquel les produits sont dépourvus de propriétés stupéfiantes, est celui que retient la réglementation pour autoriser la culture, l’importation, l’exportation et l’utilisation industrielle et commerciale de certaines variétés de cannabis ». « Un camouflet pour le gouvernement », selon de nombreux commerçants.
Le ministère de l’Intérieur persiste et signe
Une décision saluée par les Écologistes, regrettée par l’Intérieur. « De manière générale toutes les substances qui relèvent du cannabis, de la drogue, sont très mauvaises pour la santé », lâchait, non sans sourciller, Gérald Darmanin sur France Inter. Mais la presse prend désormais pleinement le contre-pied des versions de l’exécutif. Le Monde dénonce « les raccourcis » d’un ministre qui « entretient la confusion », affirmant « à tort » la nocivité de toutes les substances issues du cannabis. « C’est justement parce que la nocivité du CBD n’a pas été démontrée jusqu’ici que le Conseil d’État a décidé de suspendre l’arrêté ministériel », ajoute le média. Mais le gouvernement ne compte rien lâcher. La suspension est seulement provisoire. « Charge à nous désormais de démontrer que le motif sanitaire est valable », déclare de son côté Olivier Véran, ministre de la Santé.
Et maintenant ?
C’est donc la fin de l’interdiction de la fleur de CBD. Mais pourrait-elle l’être de nouveau ? Probablement pas dans l’immédiat. « La suspension de l’arrêté est provisoire puisque prise en référé, mais le raisonnement retenu sans la moindre ambiguïté dans cette ordonnance laisse augurer une décision au fond, dans plusieurs mois, avec une orientation similaire », écrit toujours Le Monde. Après trois semaines d’interdiction, la fleur de CBD a donc retrouvé les étals. Ce nouvel épisode a cependant pointé du doigt « les incohérences du gouvernement » (Le Monde). Tandis que « les vertus thérapeutiques du cannabis lui-même font par ailleurs de moins en moins de doute ». Signe que petit à petit, malgré les obstacles et quelques récalcitrants, les mentalités évoluent.
Le chanvre dans l’Antiquité, une plante aux mille usages
Le cannabis est une plante millénaire. À chaque période historique, elle joue un rôle important. Le chanvre dans l’Antiquité, comme au Moyen-Âge, aux époques moderne et contemporaine, est utilisé de différentes façons par de nombreuses civilisations. Ses vertus accompagnent le développement des peuples qui se transmettent les savoirs. Comme ce fut le cas pour la période du Moyen-Âge, Greenboyz se penche désormais sur une autre ère : l’Antiquité. Un long temps historique d’environ quatre millénaires. Il débute vers 3300 avant Jésus-Christ, avec le développement ou l’adoption de l’écriture comme tournant depuis la préhistoire. Il se conclut vers 500 après JC, avec la chute de l’empire romain d’Occident. Tout au long de l’Antiquité, le chanvre fait des apparitions dans les textes. Mais il laisse également des traces physiques qui font le bonheur des archéologues.
Petit rappel historique
De la diffusion du cannabis de l’Orient vers l’Occident, on sait de plus en plus de choses. La plante, originaire de l’Asie Centrale, se diffuse vers l’Ouest de la fin de la préhistoire et de l’Âge de Bronze au début de l’Antiquité. Les migrations, la maîtrise de l’équitation, les routes commerciales vont participer à la propagation du chanvre au Moyen-Orient et dans la sphère eurasiatique. Dès 5500 avant JC, on trouve des traces de semis de chanvre dans le Thuringe, au cœur de l’actuelle Allemagne. La plante est pourtant utilisée en Asie depuis bien plus longtemps. On la trouve déjà à Taïwan, dans des poteries, en -8000. Les premières mentions écrites de la plante sont, quant à elle, plus tardives. Plusieurs indices de l’utilisation du chanvre dans l’Antiquité nous aident à retracer son histoire et ses usages.
L’usage médicinal du cannabis dans l’Antiquité
Cette première trace écrite nous vient d’Égypte. Sous le règne d’Amenhotep Ier, au XVIe siècle avant JC, on rédige un important traité médical. Le papyrus Ebers, c’est son nom, est un document essentiel encore difficile à décrypter. Certains passages restent énigmatiques et des substances mentionnées n’ont pu être identifiées. Cependant, il marque les débuts d’une pensée médicale, voire pharmacologique, dans un monde encore dominé par le spirituel parfois teinté de magie. Malgré ses côtés mystérieux, le papyrus Ebers fait cependant mention du chanvre. On y évoque notamment l’huile de chènevis (huile de graines de chanvre) pour soigner les inflammations vaginales.
En Chine, la médecine se transmet oralement entre -3000 et le début de notre ère. C’est à ce moment qu’on commence à compiler les savoirs en un ouvrage appelé Shennong bencao jing. On parlait alors du cannabis comme un remède naturel particulièrement important. Au Ier siècle après JC, on utilisait le chanvre en Chine pour soigner une centaine de maladies. Parallèlement, dans le monde gréco-romain, le médecin et botaniste Dioscoride décrit le kannabis emeros dans son ouvrage De Materia Medica. Il dit : « Le cannabis (…), mangé en grande quantité, empêche de concevoir des enfants. Le jus de la plante verte est bon contre le mal d’oreille ».
On retrouve également des usages médicinaux du chanvre au Proche-Orient datant du IVe siècle. Des résidus carbonisés découverts dans un tombeau contenaient un composant du cannabis. Le tout à proximité d’un corps d’une très jeune fille enceinte. Les chercheurs ont estimé que la plante avait été administrée par inhalation pour soulager des douleurs et tenter de faciliter l’accouchement, en vain.
Le chanvre dans l’Antiquité : des usages psychotropes et liturgiques ?
Selon les usages du chanvre dans l’Antiquité, la frontière entre drogue et médicament est fine. Il est d’ailleurs très simple de comprendre cette ambivalence grâce aux écrits chinois. Au IIIe siècle, sous la dynastie des Han, le chirurgien Hua Tao opère ses patients sous anesthésie grâce au cannabis. Le mot chinois pour anesthésie se compose d’ailleurs des idéogrammes désignant le chanvre et l’ivresse. Et en effet, le grec Hérodote nous renseigne, dès -450, sur les usages psychotropes du cannabis. L’historien décrit des séances de « fumigation collective » chez les Scythes. Ce peuple d’Eurasie, de cavaliers nomades, dressaient des tentes en laine serrée dans lesquelles se déroulaient des bains de vapeur à partir de fleurs de chanvre.
Plus tard, au sein de l’empire romain, le Grec Galien (129-201 env.) prévient : « Certains mangent les graines [de cannabis] frites avec des sucreries. (…) Les graines apportent une sensation de chaleur et si consommées en grandes quantités, affectent la tête en lui envoyant des vapeurs chaudes et toxiques ».
Le chanvre dans la sphère religieuse et spirituelle ?
Enfin, l’usage liturgique et religieux du chanvre reste sujet à débat. Dans la Bible hébraïque, notamment le livre de l’Exode, on décrit la fabrication d’huile sacerdotale à partir d’huile d’olive, de myrrhe, de cinnamone aromatique et de canne aromatique. Cette dernière mention pose question. Faut-il traduire le mot hébreu qannabbôs en cannabis ? C’est le débat qui agite les linguistes. Dans l’Exode, Moïse doit oindre la tente des convocations de cette huile. On comprend alors l’aspect religieux que pourrait prendre le chanvre dans certains contextes. Et les recherches menées en 1936 et 1980 semblent accréditer cette thèse.
Le chanvre dans l’Antiquité : déjà au service du textile
Le chanvre dans l’Antiquité ne s’utilise pas seulement comme plante médicinale ou psychotrope. Elle est aussi, très tôt, utilisée pour ses propriétés textiles. Chez les Hébreux, l’usage textile du chanvre à l’époque de la Bible hébraïque est aujourd’hui documenté. En 1929, un archéologue russe, Sergueï Ivanovitch Roudenko, découvre des preuves de cet usage textile chez les Scythes. Dans la vallée de Pazyryk, en Sibérie, Roudenko trouve notamment des vêtements de chanvre. Au Ier siècle, Dioscoride, toujours lui, écrit : « Le cannabis est une plante de grande utilité qui permet de tresser des cordes très solides ». Cette utilisation particulière du chanvre n’est pas nouvelle. Il y a 10 000 ans déjà, à Taïwan, on confectionnait des cordelettes de chanvre.
Mais en Occident, on va peu à peu cultiver le chanvre dans ce but précis. La romanisation joue d’ailleurs un rôle important dans ce processus. Certains sites en Gaule révèlent que la culture du cannabis est antérieure à la romanisation. On trouve des sites dans le Sud-Ouest, comme à Marseille. Cependant, dès le IIe siècle, Rome va développer la culture du chanvre en Gaule. On trouve par exemple en Isère un site de rouissage. Celui-ci servait à la décomposition partielle de la plante pour en obtenir les fibres, donc pour produire des textiles ou cordages. Dans son Histoire naturelle, Pline l’Ancien donne d’ailleurs de précieux conseils relatifs à la culture du chanvre. Quand le planter ? Quand récolter ? Quelles variétés choisir ? Tout ce savoir sera réutilisé plus tard, au Moyen-Âge, par Charlemagne.
Le chanvre tient une place importante dans l’Histoire
Préhistoire, âge de Bronze, Antiquité, Moyen-Âge, époques moderne et contemporaine… Le chanvre tient une place importante au sein de toutes les périodes historiques. En se penchant sur les découvertes des historiens et archéologues, on comprend à quel point cette plante a aidé aux développements de certaines civilisations. Les usages sont multiples, de la sphère thérapeutique à la sphère religieuse, en passant évidemment par le textile. Le chanvre dans l’Antiquité devient une plante-monde. Elle apparaît en Occident, amenée d’Orient, et ne va plus quitter le monde connu. Elle va même accompagner les expéditions vers le Nouveau Monde à la fin du Moyen-Âge, sous la forme des voileries et cordages des navires de Christophe Colomb…
Revue de presse CBD : les médias s’emparent du sujet du cannabis
Avec l’intense actualité de ce début d’année 2022, Greenboyz vous propose un petit rattrapage avec sa revue de presse CBD. Le chanvre bien-être avait déjà conquis nos centres-villes avant que la presse française lui taille la part belle. Avec la multiplication des boutiques et l’engouement de la population pour le CBD est venue celle des articles et reportages dans les médias. En plein boum, la filière est depuis maintenant près de deux ans sur le devant de la scène. Fait de société, le cannabidiol a également été contraint de passer par les tribunaux pour se faire sa place au soleil. L’affaire Kanavape, en novembre 2020, a fait du bruit. Elle a poussé la France à accepter les décisions de la Cour européenne de justice. Mais depuis, de nouvelles décisions gouvernementales sont venues bousculer encore une fois une activité prospère.
Revue de presse CBD : un arrêté incompris et combattu
Le volet judiciaire de la saga CBD intéresse évidemment les médias. Et cette revue de presse CBD s’y consacre. Dans son édition datée des 9-10 janvier, Le Monde retrace les déboires du cannabidiol en France. Un article qui fait suite à l’arrêté ministériel du 30 décembre 2021. Avec le point concernant l’interdiction de vente de fleurs de CBD, origine de toutes les crispations de la filière. Dans « CBD : la filière s’active face à l’interdiction », le journal rappelle l’affaire Kanavape. Mais aussi la décision de la Cour de cassation prise à l’été 2021. Celle-ci avait « estimé que le CBD pouvait être vendu en France s’il était produit de manière légale dans un autre pays européen ». Cependant, elle n’avait « pas tranché sur la question de l’interdiction de la commercialisation en lien avec un objectif de santé publique ».
C’est pourtant cette question de « santé publique » sur laquelle l’arrêté s’appuie principalement. Et ce, pour justifier « la prohibition de la vente de fleurs », comme l’écrit toujours Le Monde. Alors que l’arrêté était en cours d’écriture, la Cour européenne de justice « avait invité la France à “apprécier les données scientifiques disponibles afin de s’assurer que le risque réel allégué pour la santé publique n’apparaît pas comme étant fondé sur des considérations purement hypothétiques“ ». La France s’est néanmoins appuyée sur « une note rédigée par l’Association française des centres d’addictovigilance ». Selon celle-ci, le CBD pourrait avoir des « effets psychoactifs notamment à type de sédation et de somnolence ».
Revue de presse CBD : une « guérilla juridique »
Le texte explicatif de l’arrêté, rédigée par la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives), va plus loin. La « teneur en THC plus importante dans les fleurs (…) les rapprochent des stupéfiants, les risques liés à la voie fumée sont établis ». Des arguments parfois difficiles à entendre. Les médias, eux, donnent la parole à la filière CBD. Le Monde met en avant les arguments « des organisations représentatives du CBD », dont l’Union des Professionnels du CBD. Celle-ci évoque notamment un document d’un comité d’experts de l’OMS (organisation mondiale de la santé) précisant qu’aucun « cas d’abus ou de dépendance n’a été rapporté en relation avec l’utilisation du CBD pur et aucun problème de santé publique n’y a été associé ».
Le syndicat des professionnels du chanvre ajoute « que les consommateurs de cannabis récréatifs utilisent les fleurs soit pour arrêter totalement le THC, soit pour diminuer fortement leur consommation ». Enfin l’argument sécuritaire, fondé sur l’impossibilité pour les forces de l’ordre de différencier rapidement CBD et THC est dénoncé en un clin d’œil avec le rappel de l’existence de tests, utilisés notamment en Suisse, qui ne coûtent que « quelques centimes ». Ces « désaccords » se régleront donc « devant la justice », conclue Le Monde. Une « guérilla juridique » menée par la filière CBD, basée sur « la violation de trois libertés fondamentales : la liberté d’entreprendre, le droit de propriété et la liberté personnelle ».
Dans la presse, la parole aux commerçants
Parallèlement à cette saga juridique largement relatée dans les médias, la presse se penche aussi sur les commerçants, premiers touchés par l’arrêté. Inutile dans cette revue de presse CBD d’évoquer tous les articles parlant du désarroi des commerçants et gérants de boutiques : ils sont bien trop nombreux. Une bonne et une mauvaise nouvelle. Leur parole est forte dans la presse régionale, mais souvent pour crier colère ou inquiétude. Les journaux locaux avaient déjà bien documenté la multiplication des boutiques dans les centres-villes. Ils retournent maintenant voir des commerçants désabusés. Dans son édition du 23 janvier, Dimanche Ouest-France décrypte la situation. « Les boutiques de “cannabis light“ sont inquiètes », peut-on lire. Mêmes inquiétudes exprimées dans les colonnes du Midi Libre. La Voix du Nordévoque « un esprit de résistance ».
Dans L’Est Républicain, on lit « le coup de massue » reçu par les boutiques. Ouest-France rappelle qu’un « peu plus de 2000 boutiques sont présentes en France. Et le secteur emploie 6000 personnes en comptant seulement les commerçants. Les producteurs aussi ont la parole. Dans l’Hérault, Barbara et Siegfried sont « assis sur [leur] production » et « s’insurge[nt] ». Mais le consommateur n’est pas en reste. Il exprime aussi ses inquiétudes. Alexandre, cité dans le Midi Libre début janvier, explique avoir « été un gros fumeur ». Il dit : « Grâce au CBD, j’ai pu arrêter ». Avant de conclure : « Les consommateurs vont retourner dans les quartiers acheter des produits de mauvaise qualité ». Partout, en ce moment de janvier, on voit dans les médias l’incompréhension et le désarroi de la filière.
Revue de presse CBD : vulgarisation et évolution
L’arrivée sur le marché du CBD a invité les Français à porter un nouveau regard sur le cannabis. La presse s’est faite écho de cette évolution des mentalités. Par exemple, dans un effort de vulgarisation, Ouest-France a réalisé un entretien avec le Professeur Nicolas Authier, spécialiste en pharmacologie et addictologie. Celui-ci y explique les différences entre cannabis médical et CBD. L’évolution du marché intéresse aussi les médias. Toujours dans Ouest-France, on peut lire dans l’édition des 15-16 janvier « le boom des semences de chanvre en Anjou » avec la création d’une « coopérative agricole ».
En outre, on évoque aussi la « légalisation du cannabis ». À l’approche de l’élection présidentielle, le sujet est à la mode, comme nous avons pu le constater en préparant cette revue de presse CBD. Dans Dimanche Ouest-France (16 janvier 2022), Marie Ducamin, maire de Saint-Jacques-de-la-Lande, est claire : « La légalisation du cannabis est une urgence ». L’élue « doit faire face au trafic de drogue devant la mairie ». Elle relate la mort de Wilhem Houssin, père de famille battu à mort à proximité du point de deal. « Quand (…) les auteurs présumés ont été arrêté, j’ai pensé que le point de deal allait s’arrêter un moment. Le trafic n’a pas arrêté une seconde ». Ainsi, elle plaide pour une « légalisation de l’usage de cannabis ». Avec « une véritable politique sanitaire comme c’est fait pour le tabac et l’alcool ».
Le CBD et le cannabis omniprésents dans les médias
Enfin, dans Le Monde (13 janvier 2022), Philippe Askenazy, chercher au Centre Maurice-Halbwachs, se voit publier une chronique. Elle s’intitule : « Le cannabis récréatif, ça n’empêche pas le travail ». Il y démonte l’idée reçue de moindre productivité et performances individuelles des consommateurs de cannabis. En effet, le recul des états américains ayant légalisé le cannabis prouve l’inverse. De plus « aux Etats-Unis, des économistes ont observé une baisse des indemnités maladie perçues par les usagers de 40 à 62 ans », ajoute le chercheur.
La revue de presse CBD prouve bien que le cannabis est au cœur de l’actualité, quelle que soit sa forme. Elle démontre aussi l’écart grandissant entre le regard porté par les Français sur cette plante et ses dérivés, et les politiques gouvernementales, axées sur la prohibition et la répression.
CBD et Covid-19 : face au virus, le cannabis fait front
Ces deux dernières années ont été particulièrement spéciales, tout le monde peut en témoigner. En France, nous avons fait la connaissance de deux nouvelles stars : le CBD et le Covid-19. Deux vedettes en haut de l’affiche depuis de longs mois. Pour le virus, on aimerait évidemment qu’il disparaisse rapidement de nos vies, afin qu’elles retrouvent une certaine normalité. Le second, quant à lui, s’est également imposé dans notre quotidien, mais pour de bonnes raisons cette fois. Le CBD a véritablement déboulé en France en 2020. Et il a aidé de nombreuses personnes à traverser les périodes difficiles de la pandémie actuelle. Stress ou angoisses du quotidien, lutte contre la solitude liée aux confinement ou au télétravail… Mais de nouvelles études tendent à démontrer le potentiel du cannabis contre le Covid-19.
CBD et Covid-19 : un soutien pendant la pandémie
La crise sanitaire a, selon les périodes et les décisions gouvernementales, fortement altéré notre manière de vivre. Le confinement et le télétravail ont mené un grand nombre de personnes vers un certain isolement. Mais également des angoisses ou du stress liés à ces changements brutaux et forcés. Subitement, la plupart des Français n’a plus eu que des contacts virtuels avec ses proches, amis et collègues. Peur du virus, anxiété face à l’inconnu, solitude, manque de liberté, de soleil… Face au Covid-19, le CBD est apparu comme une soupape de décompression. Si certains s’étaient déjà lancé dans l’aventure, la décision de la Cour européenne de justice en novembre 2020 dans l’affaire Kanavape a permis la démocratisation de ce cannabis légal sur le territoire français. Les boutiques ont alors fleuri en France, offrant une alternative ou un potentiel soutien face à une situation difficile.
Nous l’avons déjà évoqué en publiant plusieurs témoignages de consommateurs : le CBD, face au Covid-19, a été très utile contre les maux du quotidien. Ces derniers ont eu tendance à s’aggraver ces derniers mois. Alors, les Français ont tenté de faire front. Nombre d’entre eux a donc opté pour le cannabidiol et ses dérivés. En fleurs, en résines, en huile ou encore en gélules, la molécule non-psychotrope du cannabis a connu un incroyable succès. Ses bienfaits potentiels ont permis de traverser une mauvaise passe, de soulager tête et corps, de retrouver un sommeil plus reposant. Chez d’autres, le CBD a aussi été un substitut au cannabis illégal. Et un moyen de se sortir de consommations néfastes et dangereuses. Par sa nature, il a permis à certains de trouver la volonté et un produit permettant de retrouver une vie et des pratiques plus saines.
CBD et Covid-19 : un mode de consommation à éviter
Ailleurs dans le monde, notamment dans des pays plus avancés que la France sur la question du cannabis, des informations ont été publiées très rapidement. Par exemple, au Canada, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage des substances prévenait, dès 2020, les consommateurs fumeurs. « Il y a lieu de croire au contraire que l’inhalation de la fumée de cannabis, ainsi que de la fumée d’autres sources comme le tabac, pourrait endommager l’appareil respiratoire. Une altération de cet appareil pourrait, à son tour, rendre plus vulnérable à la COVID-19 et aggraver les symptômes respiratoires de la maladie chez les personnes infectées », pouvait-on alors lire. En effet et de tous temps, Greenboyz a déconseillé de fumer fleurs et résines pour des raisons évidentes de santé. Mais entre les dérivés et d’autres modes de consommation comme la vaporisation, le CBD s’est rendu compatible avec la pandémie.
Le CBD peut-il soigner du Covid-19 ?
C’est la grande question qui se pose actuellement : pourrait-on soigner le Covid-19 avec du CBD ? Et si on la prend au pied de la lettre, la réponse est non. Et pourtant…
Remontons quelques mois en arrière. En 2020, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage des substances écrivait : « Aucune information scientifique ne démontre les bienfaits du THC ou du CBD dans la prévention ou le traitement de la Covid-19. » En janvier 2022, les connaissances et les expérimentations mènent à des conclusions plus nuancées. Une étude de l’Oregon State University et de l’Oregon Health and Science University a été menée sur différentes plantes et leur affinité potentielle avec « la protéine de pointe du Covid-19 ». Le média Slate explique : cette protéine « est une structure microscopique dépassant du corps du virus, comportant des récepteurs chimiques qui ont évolué pour se lier aux parties externes des cellules humaines. Si un autre produit chimique se lie à ces récepteurs, il peut les bloquer et ainsi les rendre inefficaces. »
Les résultats étonnants d’une étude américaine
Les chercheurs américains ont donc testé plusieurs plantes, comme le trèfle rouge, le houblon, l’igname sauvage ou encore la réglisse. Et les résultats sont étonnants. L’acide cannabigérolique (ou CBGA) et l’acide cannabidiolique (ou CBDA) seraient en mesure de bloquer les récepteurs de la fameuse protéine de pointe du Covid-19. Ces deux composés sont naturellement présents dans la plante. C’est d’ailleurs la forme acide que l’on trouve plus communément dans la plante, contrairement aux molécules décarboxylées (CBG et CBD) que nous consommons. Pour faire simple, dans la plante, il y a beaucoup de CBDA. Après décarboxylation (passage à la chaleur), le CBDA devient CBD. Il en va de même pour le CBG. C’est aussi une des raisons pour lesquelles il faut se méfier des vendeurs affichant les taux de CBDA dans leurs produits. Ce n’est pas ce que vous consommerez et le taux de CBD sera en réalité bien plus faible.
Mais revenons-en à notre étude. Les acides cannabigérolique et cannabidiolique se sont montrés « très efficaces contre les variants Alpha et Bêta et ils pourraient aussi se montrer performants face à Omicron », écrit l’AFP via Ouest-France. « Si ces résultats sont confirmés, et si des laboratoires pharmaceutiques décidaient d’inclure ces composés dans la fabrication d’un médicament spécifique, le cannabis pourrait ainsi devenir un nouvel outil dans la lutte contre l’épidémie. » Il faudra pour cela les isoler et les extraire de la plante. Et pour Richard van Breemen, principal auteur de l’étude, « ce ne sont pas des substances contrôlées comme le THC, l’ingrédient psychoactif de la marijuana, et elles ont un bon profil de sécurité chez l’être humain. Ces composés peuvent être pris par voie orale et ont une longue histoire d’utilisation sécurisée chez l’être humain ».
Le potentiel toujours plus important du cannabis
Ce n’est donc pas votre CBD qui sera la clé face au Covid-19. Cela serait trop simple ! Cependant, en attente d’études complémentaires, le cannabis prouve encore une fois ses nombreuses vertus. Déjà connus du milieu et avec de plus en plus de consommateurs, CBD et CBG montrent aussi l’étendue de leur potentiel, sous toutes leurs formes. Et nous promettent un avenir des plus optimiste !
Le chanvre au Moyen-Âge, jalon d’un tournant de l’Histoire
Le chanvre au Moyen-Âge a une histoire très dense. Cette plante accompagne, depuis plusieurs millénaires, l’être humain et participe à son évolution. On a récemment découvert que le cannabis nous est connu depuis bien plus longtemps qu’on ne le croyait. Une histoire si ancienne qu’elle nous emmènerait 12 000 ans dans le passé, date désormais fortement présumée de sa domestication par l’homme. Au Moyen-Âge, c’est-à-dire pour simplifier, entre 500 et 1500 après JC, le chanvre et le cannabis s’imposent en France, sur le continent européen, mais pas seulement. L’influence de l’Asie sur la péninsule arabique amène de nouveaux savoirs et des innovations adoptées en Occident. Artisanat, économie, santé, commerce… Les domaines où on croise le chanvre au Moyen-Âge sont nombreux. Retraçons ensemble mille ans d’une période considérée à tort comme un « âge médiocre », qui fut un tournant de l’Histoire. Et le cannabis n’y est pas pour rien !
Un bref rappel historique
Chinois, Égyptiens, Scythes, Grecs, Romains… De l’Asie à l’Europe, le chanvre a traversé les siècles et les régions du monde. On le cultive pour ses fleurs, ses graines, ses fibres. L’historien grec Hérodote, en 450 avant JC, l’évoque pour son usage textile, notamment chez les Scythes. Ainsi, on comprend que la diffusion du cannabis s’est faite de l’Est vers l’Ouest. C’est d’ailleurs en Asie centrale qu’on place désormais l’origine de la plante. L’Occident, de son côté, a très vite compris les capacités et l’utilité du chanvre. On retrouve des preuves de son emploi chez les peuples germaniques au début de l’Antiquité. Principalement pour la fabrication de vêtements ou de cordage. Et, bien sûr, les Romains ne sont pas en reste. Pline L’Ancien (né en 23, mort en 79), dans son Histoire Naturelle, donne de précieux conseils sur la culture du chanvre.
Le chanvre au Moyen-Âge : une riche histoire
Est-ce par le biais de Rome que la culture du chanvre a fait son apparition en Gaule, au sein de la future France ? Pas tout à fait. On sait qu’au IIe siècle, les Romains introduisent sa culture en Gaule, avec également le seigle, la vesce ou la gesse. Cependant, des découvertes archéologiques dans le Sud de la France indiquent que la culture du chanvre en Gaule existait avant la romanisation. Il est pourtant probable que l’organisation romaine de l’espace ait grandement contribué à une présence plus massive du chanvre dans les cultures. D’ailleurs, du déclin et de la chute de l’Empire Romain, entre les IIIe et Ve siècles, à l’émergence des empires, monarchies et principautés locaux européens, et une vraie résurgence du chanvre au début du IXe siècle, celui-ci n’a pas été oublié.
Charlemagne relance la culture du chanvre au Moyen-Âge
La barbe de Charlemagne était fleurie comme le dit la légende. De fleurs de CBD ? Sans doute pas, mais on aime à le penser ! C’est plutôt en signe de sagesse que cette célèbre figure historique a été affublée de ce surnom. Il semble que cela soit d’ailleurs à lui que l’on doit la mise en place d’une culture importante du chanvre à la fin du premier tiers du Moyen-Âge. Vers 800, Charlemagne émet le Capitulaire de Villis, un acte législatif destiné à ses gouverneurs locaux. Le texte contient des ordres ou des recommandations. Mais également la liste d’une centaines de plantes dont la culture est conseillée. On peut d’ailleurs lire : « Quid de lana, lino, vel canava ». Autrement dit, « qu’en est-il de la laine, du lin et du chanvre ? » Pour le roi des Francs et futur empereur, le chanvre est une plante stratégique.
Le chanvre laisse son empreinte en France
Et ce pour plusieurs raisons. Textile, cordage, voilerie… À une époque où le coton est encore inconnu en Occident, le chanvre se révèle être une plante particulièrement utile. Sa fibre est un véritable gage de prospérité. Et sa culture se développe au point qu’on en trouve encore les traces dans les noms de certains lieux. Par exemple, à la fin du Moyen-Âge, à Marseille, une zone de la cité était destinée à la production de chanvre. Elle fournira les corderies et voileries marseillaises. Elle prendra plus tard, au XVIIe siècle, le nom de Canebière. Un toponyme qui vient tout simplement du provençal canebe, signifiant cannabis. La ville était alors l’un des ports chanvriers les plus importants au monde.
Plus au Nord, les cultures de chanvre prennent le nom de « chennevières ». Une appellation tirée elle-aussi du latin cannabis. Aujourd’hui, on appelle chènevis les graines de chanvre, dont on tire notamment de l’huile. Au Moyen-Âge, ces « chennevières » du Nord-Est de la France servent également la batellerie avec cordages et voiles. Et elles laissent une marque dans le paysage. Dans le Val-de-Marne, la ville de Chennevières-sur-Marne en est la preuve. Son nom apparaît pour la première fois dans des textes du XIIe siècle, tout simplement en raison de la forte production de chanvre de la région. En effet, péniches et bateaux plats mouillaient sur la Marne à Chennevières. D’où un fort besoin de fibres de chanvre, corderies et voileries, qui plus est sur un important axe commercial fluvial. Aujourd’hui, les habitants de Chennevières-sur-Marne s’appellent les Canavérois et des feuilles de chanvre figurent sur le blason de la ville.
Blason de Chennevières-sur-Marne
Ailleurs aussi, au Moyen-Âge, le chanvre s’impose…
Au-delà du continent européen, le chanvre est omniprésent au Moyen-Âge. À la fin du IXe siècle, Rhazès, médecin persan, décrit l’action du cannabis et son potentiel thérapeutique. Le monde arabe également s’y intéresse de près et diffuse son savoir. On se penche notamment sur les effets de cette plante sur l’organisme humain, ses vertus médicinales. Les savants musulmans et la présence arabe dans le Sud de l’Europe (du VIIe jusqu’au XVe siècle) participent à la popularité du chanvre, y compris dans la sphère chrétienne. On y traduit les écrits arabes en latin. L’abbesse allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) cultive dans le jardin de son couvent une plante au nom de cannabus, contre les nausées et les maux d’estomac. Des plans de jardins de monastères témoignent également de la culture d’un chanvre plus médicinal qu’industriel.
Enfin, n’oublions pas les écrits de Marco Polo, marchand vénitien célèbre pour ses voyages. Au XIIIe siècle, il relate les récits qu’il entend au Moyen-Orient. Notamment celui relatant la vie d’Hassan Ibn al-Sabbah, de sa forteresse d’Alamût et de son ordre guerrier. Des guerriers au sujet desquels, Marco Polo parle de « certain breuvaige à boire, par le moyen duquel ilz estoient incontinent troublez de leur esperit, & venoient à dormir profondément ». Il n’en faudra pas plus pour que des auteurs des XIXe et XXe siècles s’en emparent et créent la fameuse légende des guerriers haschischins, qui aurait donné le terme « assassin ».
« Des haschischins semblables à ceux qui, du haut des tours d’Alamoun, au signe du chef, se précipitaient dans le vide. »
Théophile Gautier, Le Club des Haschischins, 1846.
Les savants arabes, point de départ d’un tournant en Europe
Mais les savants arabes n’ont pas seulement décrit, analysé, étudié les effets du chanvre. Eux aussi ont de nombreuses connaissances sur ses usages en terme d’artisanat. Dès le VIIIe siècle, ils apprennent de prisonniers de guerre chinois les secrets de fabrication du papier, à la suite de la bataille du Talas (751). L’écorce de mûrier et la fibre de chanvre en sont les deux matériaux de base. Cette technique se perfectionne alors et sert à la diffusion de nombreux manuscrits, dont le Coran, ainsi que des textes scientifiques, philosophiques ou littéraires. Dans le monde chrétien, l’écriture va continuer à se faire sur des parchemins en matière animale, notamment le vélin. Mais petit à petit, le papier de chanvre se développe, jusqu’à faire date.
On donne souvent la date de 1492 et la « découverte » de l’Amérique comme la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance. Mais le basculement d’une ère à l’autre s’est fait petit à petit et une autre date marque l’Histoire. Un peu plus tôt, en 1455, Gutenberg achève la première Bible imprimée en Europe. Sur… du papier de chanvre. Un tournant historique pour les techniques de l’écrit et sa diffusion massive.
Le chanvre participe à la marche de l’Histoire
La fin du XVe siècle est donc déterminante dans notre Histoire et le chanvre y prend une place importante. Les deux événements de l’époque reconnus aujourd’hui comme des tournants doivent beaucoup au chanvre. Côté Gutenberg pour le papier de ses Bibles imprimées. Côté Christophe Colomb pour les voiles qui équipent ses caravelles faisant route vers les Indes. En effet, la voilerie des navires de Colomb provient alors de France. Et plus précisément de Locronan. La cité finistérienne prospère grâce à sa manufacture. Elle produit voiles, cordages et gréements pour les flottes les plus puissantes d’Europe, notamment l’Invincible Armada de Philippe II d’Espagne. Un véritable âge d’or pour le chanvre. Et une bénédiction au Moyen-Âge.
L’info du CBD : cinq news que vous avez pu manquer
L’info du CBD avance à toute vitesse ! L’actualité au sujet des cannabinoïdes, du chanvre et du cannabis apporte son lot de nouvelles informations semaine après semaine. Pour ne rien rater, Greenboyz vous propose un petit récapitulatif des nouvelles que vous auriez pu manquer ces derniers jours. Les dernières recherches scientifiques et leurs résultats, l’évolution de la législation en France et les mentalités des Français sur le chanvre bien-être… Mais aussi des avancées sur le cannabis thérapeutique et des découvertes historiques. Vous allez tout savoir ! Et pour obtenir de plus amples informations sur une multitude de sujets liés au cannabidiol, n’hésitez pas à consulter notre page « infos » !
L’effet d’entourage soulage bien la douleur
Nous avons évoqué à plusieurs reprises l’effet d’entourage. Et nous vous en avons d’ailleurs proposé une définition dans notre lexique du CBD. Pour faire simple, l’effet d’entourage, c’est l’idée que l’association de tous les composés du cannabis offre des effets plus puissants et variés qu’un seul d’entre eux. Les cannabinoïdes, les terpènes (des composés aromatiques) et autres molécules du chanvre sont parties prenantes de la plante. Toutes agissent sur notre organisme et notre système endocannabinoïde. Dans une récente étude américaine, des scientifiques démontrent que cet effet d’entourage offre des résultats très prometteurs. Notamment pour la gestion de la douleur.
En effet, ces chercheurs étudient avec beaucoup d’intérêt les terpènes. Contenus naturellement dans le cannabis, mais également dans de nombreuses plantes, ils « imiteraient » les effets des cannabinoïdes. Mais l’association des terpènes et des cannabinoïdes offre des résultats très prometteurs. « Les effets de soulagement de la douleur ont été amplifiés sans augmentation des effets secondaires négatifs », écrivent les scientifiques dans la revue Scientific Reports. Si aucune conclusion scientifique n’a encore été tirée de ce fameux effet d’entourage, les chercheurs continuent d’en savoir un peu plus à son sujet. Greenboyz guette de près l’info du CBD et ces études. D’ailleurs, nos huiles de cannabidiol sont des huiles à spectre large. Elles se composent de l’ensemble des éléments du chanvre, donc des terpènes et autres cannabinoïdes, à l’exclusion du THC, la molécule psychotrope du cannabis.
Info du CBD : la France soumet son projet d’arrêté sur le cannabidiol
Si vous vous tenez au courant de l’info du CBD, vous n’êtes sûrement pas passé à côté de cette actualité. Après les décisions de justice, notamment de la Cour de cassation, favorables à la vente de CBD (lire notre article), la France fait évoluer la réglementation relative aux cannabinoïdes. Le projet d’arrêté du gouvernement arrive. Il est à l’étude du côté de la commission européenne. Il prévoit d’autoriser et d’étendre les activités industrielles à toutes les parties du chanvre. Dont l’extraction du CBD. Cependant, une interdiction de la vente de fleurs de CBD est envisagée. « La vente aux consommateurs de fleurs ou de feuilles brutes sous toutes leurs formes, seules ou en mélange avec d’autres ingrédients, notamment comme produits à fumer, tisanes ou pots-pourris, leur détention par les consommateurs et leur consommation sont interdites », est-il précisé.
Le motif de cette hypothétique interdiction ? Des problèmes liées à l’ordre public et notamment l’incapacité directe des forces de l’ordre à différencier fleurs de CBD et THC. Avant même la publication de ce nouvel arrêté, on constate une levée de boucliers des professionnels du milieu. « Je vous annonce que nous formulerons un recours en annulation devant la juridiction administrative », déclare Charles Morel, président de l’Union des professionnels du CBD et avocat. Pas d’inquiétude à avoir donc. D’une part, la mise en application de cet arrêté devrait prendre plusieurs mois. Le temps pour l’Europe d’émettre ses questionnements à la France, notamment d’un point de vue juridique, et aux professionnels de s’organiser. Aurélien Delecroix, président du Syndicat des professionnels du chanvre le répète au Monde : « Les autorités judiciaires et européennes disent au gouvernement : « Vous ne pouvez pas continuer sur cette voie-là » ».
Le cannabis aurait été domestiqué il y a 12 000 ans en Chine !
La science fait avancer l’histoire ! L’origine du cannabis se situait initialement sur le plateau tibétain. Mais une équipe de chercheurs la place désormais en Asie de l’est, au sein de la Chine actuelle. « L’histoire évolutive du cannabis a très peu été étudiée », expliquait récemment Luca Fumagalli, de la faculté de biologie et de médecine de Lausanne. Mais l’équipe internationale de chercheurs menée par ce dernier a levé quelques mystères. Ils ont analysé les génomes de 110 variétés de chanvre récoltés partout dans le monde. Et leur conclusion est fascinante. La plante se cultive, notamment pour ses fibres, graines et propriétés médicinales, depuis près de 12 000 ans ! C’est-à-dire dès le début du Néolithique ! Parallèlement, les chercheurs déplacent son origine de l’Asie centrale à l’Asie de l’est.
Plus étonnant encore, « aucune des plantes collectées dans la nature, même en Himalaya, n’était à proprement parler sauvage », écrit Le Monde. Toutes sont domestiques. Puis éventuellement retournées à la nature. « Il n’existe probablement plus de cannabis sauvage », précise Luca Fumagalli. Enfin, il y a environ 4 000 ans, l’homme se met à sélectionner le Cannabis sativa en fonction de ses capacités à produire soit des cannabinoïdes, soit des fibres. Plusieurs lignées et ramifications se démarquent alors dans l’espèce. On en sait donc désormais un peu plus sur l’origine historique de nos délicieuses fleurs de CBD ! Le chanvre est l’une des plus anciennes espèces végétales domestiquées !
Le regard des Français sur le CBD évolue
Vous suivez nos « CBD Facts » sur Instagram ? Alors vous êtes au fait de l’info CBD ! Si ce n’est pas encore le cas, foncez ! Nous y organisons régulièrement des concours afin de vous offrir nos produits Greenboyz, entre autres publications sur l’actualité, nos nouveautés et nos boutiques ! Nous en avons donc parlé sur nos réseaux sociaux, mais un sondage de juin 2021 est venu donner un nouvel aperçu de l’évolution des mentalités en France au sujet du CBD.
L’Institut Ifop a interrogé un panel de plus de 2000 personnes. Et on remarque un nouveau regard dans l’Hexagone sur le cannabidiol. 55% des Français ont désormais déjà entendu parler du CBD. Et 8% d’entre eux en ont déjà consommé. Mieux informés, les Français seraient-ils prêts à se procurer des produits au CBD ? Là aussi, l’aperçu est très positif. 21% des personnes répondent favorablement à l’idée de se procurer des fleurs de CBD. 20% de l’huile de cannabidiol. Et 18% des crèmes et produits « bien-être ».
Enfin et plus globalement, ce sondage donne une information très importante sur le cannabis. Pour la première fois, la majorité des Français se dit favorable à une dépénalisation du cannabis. Ils sont 51% à approuver une telle proposition. Concernant le cannabis à usage thérapeutique, le taux d’approbation parle de lui-même. « Une légalisation du cannabis pourrait consister à fixer des règles concernant sa production, sa distribution et sa consommation en France tout en maintenant son interdiction dans certains cas (conduite d’un véhicule, lieux publics…). Seriez-vous favorable à la légalisation de l’usage du cannabis à titre thérapeutique ? », questionne le sondage. 78% répondent par l’affirmative (46% « oui, tout à fait », 32% « oui, plutôt »).
La France expérimente le cannabis à usage médical
Parallèlement, le gouvernement s’ouvre à l’expérimentation du cannabis médicinal. En effet, la France commençait le 26 mars 2021 un vaste projet sur le cannabis thérapeutique. 3000 places pour des patients atteints de maladies graves, comme des douleurs neuropathiques, la sclérose en plaque, l’épilepsie… Ils seront traités pendant deux ans avec du cannabis sous forme d’huiles et de fleurs séchées pour inhalation après vaporisation. Nicolas Authier, chef du service de pharmacologie du CHU de Clermont-Ferrand, est à la tête du projet. « L’objectif de l’expérimentation n’est pas de refaire la preuve, mais de valider un circuit d’accès, de la formation des professionnels jusqu’aux modalités de prescriptions et de dispensation », décrypte-t-il à La Montagne.
« La France est très frileuse sur l’usage de substances qui sont considérées comme des drogues. Comme on est l’un des pays qui consomment le plus de cannabis, il y a une forme de peur, alimentée par du dogmatisme, qui fait que certaines personnes n’arrivent pas à conceptualiser qu’une substance mal utilisée peut être une drogue, alors que bien contrôlée c’est un médicament », ajoute-t-il. Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé est venu lui-même exposer le projet. « En tant que médecin, en tant que ministre, je suis fier que la France puisse expérimenter l’usage du cannabis à des fins médicales. Et d’ainsi mieux accompagner des milliers de patients qui affrontent des pathologies lourdes », a déclaré le ministre.
L’info du CBD et du cannabis légal avance à grands pas. Alors on se retrouve très vite pour un nouveau point !
CBG : le cannabigérol, alternative ou allié du CBD ?
Si le CBD et le THC font partie des cannabinoïdes les plus connus, il est une molécule qui fait de plus en plus parler d’elle : le CBG. En effet, le cannabidiol (CBD) a été au centre de toutes les attentions depuis plusieurs années maintenant. Sous toutes ses formes, il est devenu un produit de bien-être et de santé presque commun. En tout cas, il se démocratise à vitesse grand V. Mais on voit de plus en plus apparaître le terme de CBG sur les étals des boutiques, pour cannabigérol.
Molécule sans effet psychoactif et aux nombreuses vertus, elle fait l’objet de plus en plus d’attention de la part des scientifiques. Ces derniers voient en elle une superbe promesse pour l’avenir, tant ses prédispositions thérapeutiques semblent nombreuses. En attendant, beaucoup de choses se disent sur le CBG et il faut nécessairement le comprendre, mais aussi démêler le vrai du faux, pour profiter au maximum de ce cannabinoïde prometteur et précurseur.
Le CBG, la molécule-mère du cannabis
Le CBG (cannabigérol) tire son origine scientifique des travaux des chercheurs Raphael Mechoulam et Yechiel Gaoni dans les années 1960. Il a été découvert en 1964 précisément, dans la lignée des efforts d’isolation et de recherche de l’origine des molécules composant le cannabis, comme le THC ou le CBD. Et les scientifiques israéliens ont tapé dans le mille avec la découverte du CBGA, version acide et première du CBG. En effet, l’acide cannabigérolique – qui deviendra plus tard du CBG par effet de synthèse – est l’un des tout premiers cannabinoïdes à se former dans la plante. Le CBGA est même « le père de tous les cannabinoïdes », dans le sens où il est à l’origine des autres molécules qui composent le chanvre, comme le CBD par exemple.
Autre terme de la croissance, le CBGA aura subi de nombreuses transformations. On le retrouvera sous forme de CBG à environ 1 ou 2% naturellement dans la plante. C’est donc une molécule-mère, base du développement de plusieurs dizaines d’autres cannabinoïdes parmi les plus de 140 connus désormais. Mais sa faible teneur à terme dans les fleurs l’a jetée un temps dans l’anonymat.
Le CBG, un fonctionnement différent du CBD ?
Désormais au centre de l’attention, le CBG se refait une jeunesse. Et plus on en découvre à son sujet, plus l’intérêt augmente, y compris chez les consommateurs. Car si CBG et CBD ont beaucoup de points communs, certaines différences sont importantes. Notamment la façon dont notre corps assimile ces deux molécules. Comme vous avez pu le lire dans un précédent article, les cannabinoïdes agissent avec notre système endo-cannabinoïde, responsable du maintien de l’équilibre dans notre organisme.
Ce système est composé de capteurs (CB1 et CB2). Et le CBD a une faible affinité avec ces derniers. Le cannabidiol agit donc plutôt indirectement avec notre système endocannabinoïde, au contraire du CBG. Celui-ci a une interaction beaucoup plus directe avec nos récepteurs. Cela provoque donc des effets différents. Il a notamment été démontré que le CBG agissait sur la production d’anandamide, un cannabinoïde présent naturellement dans notre corps, aidant à réguler sommeil, appétit ou encore capacités mémorielles.
Quels nouveaux horizons avec le CBG ?
Le cannabis a été décrit par le Docteur Mechoulam comme « un trésor pour la médecine ». Cependant, le THC et le CBD ont longtemps été l’objet prioritaire des recherches. Avec les nouvelles découvertes sur le CBG, ce sont de nouveaux horizons qui se dessinent. Le spécialiste américain Ethan Russo les a décrits ainsi à l’occasion d’une interview : « Je pense que le cannabigérol, qui est la molécule-parente du CBD ou du THC, a un énorme potentiel. Ce n’est pas un agent pyschoactif. Il a une forte action contre l’anxiété. Pour les gens qui y ont accès, l’effet est largement reconnu. Il semble aussi que le CBG soit un puissant antibiotique, qui peut être bénéfique sur certaines infections difficiles, notamment celles qui interviennent en milieu hospitalier », comme le staphylocoque doré par exemple).
Anxiété, stress, douleurs : le cannabigérol fait face
Ethan Russo ajoute que « le CBG agit également sur toutes une variété de cancers, notamment le cancer de la prostate ». Avant de conclure : « C’est vraiment une molécule très prometteuse. » On savait pourtant dès les années 1980 et les travaux de l’Américaine Brenda K. Colasanti que le CBG pouvait être d’un grand soutien. On décèle ses propriétés antimicrobiennes et antifongiques dès 1982. Dans un second temps, on constate ses bienfaits dans le traitement des glaucomes. En 1984, on découvre effectivement que le cannabigérol réduit la pression intraoculaire en agissant sur le drainage de l’oeil. Puis les recherches sur le CBD ont pris le dessus, avant que le CBG ne reviennent sur le devant de la scène à l’orée des années 2010.
Comme évoqué plus tôt par Ethan Russo, le CBG est d’un excellent soutien contre l’anxiété et le stress. Il aide parallèlement à réduire la tension musculaire liée. L’Américain parle du cannabigérol comme d’un puissant anxiolytique, sans potentiel d’addiction ou effet sédatif. « Le CBG permet à quelqu’un d’en prendre en importante quantité sans risquer l’intoxication, explique le directeur de l’institut d’études internationales sur le cannabis et les cannabinoïdes. Tout en offrant un fort effet contre l’anxiété et de détente musculaire. » Un potentiel analgésique également intéressant pour la gestion de la douleur.
Le cannabigérol donne faim !
Avec les précisions d’Ethan Russo, on comprend donc que le CBG peut être un très bon allié dans le traitement des cancers. Même s’il reste énormément à découvrir, l’Université de Naples a trouvé de prometteuses propriétés au CBG dans son action sur la croissance des cellules cancéreuses. On soupçonne également le cannabigérol d’être responsable de la sensation de faim que provoque le cannabis. Pour des personnes subissant un traitement lourd qui tue la faim, comme les chimiothérapies ou radiothérapies, le CBG peut là aussi se révéler très utile. Enfin, une étude italienne de 2015 estime qu’il est le cannabinoïde le plus efficace contre certains dysfonctionnements de la vessie.
Préférer le CBG au CBD, une fausse bonne idée ?
CBD et CBG ont des vertus communes. Ils agissent tous les deux sur l’anxiété, le stress, les douleurs musculaires. Mais pas seulement. Ces deux molécules ont également des effets positifs contre les problèmes de peau, les psoriasis, en raison de leurs propriétés anti-inflammatoires. Elles sont un soutien contre les nausées, les maladies inflammatoires intestinales, comme la maladie de Crohn. Les découvertes liées au CBG tendent à mettre en avant ce cannabinoïde pour ses puissants bienfaits sur notre organisme. Les laboratoires et producteurs tentent de créer des variétés de fleurs avec des taux de cannabigérol plus élevés que ceux qu’on rencontre naturellement (2% en moyenne). C’est par exemple le cas de notre Orange Bud chez Greenboyz. Ce qui vous permet de profiter de ses bienfaits.
Le CBG et l’effet d’entourage
Pourtant, si le CBG est plus que prometteur, chercher le produit au plus fort taux possible, ou sans CBD et autres cannabinoïdes, n’est pas forcément la bonne solution. Une forme de story-telling participe à un nouvel effet de mode qui tend à effacer le CBD. Cependant, l’effet d’entourage décuple les effets des cannabinoïdes. Cet effet d’entourage, c’est l’interaction des différents composés du cannabis entre eux et avec notre système endocannabinoïde. Une synergie entre les cannabinoïdes, principalement, et notre organisme. On pourrait résumer en vulgarisant qu’avec l’effet d’entourage, 1+1 peut être égal à 3.
Il ne semble donc pas particulièrement adapté, pour le consommateur du quotidien, de privilégier un cannabinoïde plutôt qu’un autre. Ils sont d’ailleurs si nombreux que seul un produit de synthèse ne peut en proposer qu’un. Selon les bienfaits recherchés, on pourra favoriser une fleur avec un taux de CBG supérieur à celui de CBD. Mais il faut garder à l’esprit que l’effet combiné des deux sera sûrement profitable, à terme. Enfin, le CBG n’a encore été que peu étudié. Il est bien moins connu que le CBD, mais son potentiel devrait se voir confirmé dans les années à venir.
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