Publié le

En Afrique du Sud, la légalisation ne profitera-t-elle qu’aux riches ? [GREENEWZ]

Afrique du Sud - Légalisation Cannabis

En Afrique du Sud, la légalisation ne profitera-t-elle qu’aux riches ?

L’Afrique du Sud est en pleine transition au sujet du cannabis. Considéré comme le troisième pays le plus riche du continent derrière le Nigeria et l’Égypte, la « nation arc-en-ciel », des mots du Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, a longtemps mené une politique très dure à l’égard du cannabis. Une forme de prohibition qui n’a pas empêché la culture de cannabis d’exister, notamment dans les provinces du Cap-Oriental et du KwaZulu-Natal. Mais les choses semblent vouloir changer.

En effet, en 2018, une décision historique a eu lieu : la dépénalisation de l’usage privé, de la possession et de la culture du cannabis. Une porte entrouverte pour les petits consommateurs, uniquement dans le cadre privé. Car la culture à grande échelle reste illégale, alors qu’elle fait vivre des dizaines de milliers de personnes chaque année, notamment dans les régions précédemment citées où faire pousser du cannabis est presque une tradition.

La culture de cannabis pour seule source de revenus

La BBC a rencontré ces producteurs dans la région du Pondoland du Cap-Oriental. Ici vivent de nombreuses communautés rurales qui tirent du cannabis « une source vitale de revenus », écrit le média anglophone. « Tout le monde ici en cultive, c’est comme ça qu’ils gagnent leur vie », explique Greek Zueni, qui milite localement pour une légalisation. Dans des champs de cannabis, de nombreuses petites mains récoltent le fruit de leur travail.

Côte sauvage - Pondoland - Afrique du Sud
Côte sauvage du Pondoland – Afrique du Sud

Nontobeko, qui a « appris à cultiver le chanvre à l’âge de huit ans », raconte son quotidien. « Le cannabis est très important pour nous car c’est notre moyen de subsistance et notre source de revenus. Tout ce que nous obtenons, nous l’obtenons en vendant du cannabis. Il n’y a pas de travail, nos enfants sont juste assis ici avec nous ». Et même si ces cultures bénéficient d’une certaine tolérance, elles restent illégales à cette échelle. D’ailleurs, Nontobeko n’est pas le vrai nom de cette femme, qui a préféré prendre un pseudonyme face à la presse.

En Afrique du Sud, des licences trop chères réservées aux riches ?

Dans les deux provinces du Cap-Oriental et du KwaZulu-Natal, on estime à 900 000 le nombre de petits agriculteurs de ce genre. Alors, quand le président Cyril Ramaphosa a récemment annoncé que l’Afrique du Sud se devait d’exploiter l’industrie du cannabis, ces derniers ont espéré qu’ils feraient naturellement partie de l’aventure. Avec un marché représentant potentiellement plusieurs milliards de dollars, la possible création de 130 000 emplois et le savoir-faire de ces populations rurales, le chemin semblait tout tracé.

Mais aujourd’hui, elles se sentent « laissées pour compte ». « Le coût de l’obtention d’une licence pour cultiver du cannabis est tout simplement trop élevé pour beaucoup », écrit la BBC. « Le gouvernement doit changer son approche et proposer des lois qui soient favorables aux cultivateurs et aux citoyens. Pour l’instant, les personnes qui ont des licences sont des gens riches », regrette Greek Zueni.

Pour un meilleur partage du gâteau

Si Greek Zueni est aussi amer, c’est aussi parce que le gouvernement a récemment évalué l’industrie locale du cannabis, « qui a largement opéré dans l’ombre », à près de 2 milliards de dollars. Et l’ambition de l’État d’Afrique du Sud, c’est la compétitivité sur le marché mondial, avec donc des produits contrôlés et légaux.

« Le gouvernement devrait aider les communautés à cultiver pour qu’elles puissent être compétitives sur le marché mondial. Nos produits poussent facilement et de manière organique. Nous ne sommes pas jaloux, les riches doivent aussi venir, mais s’il vous plaît, aidez les plus pauvres des pauvres », implore Greek Zueni.

Des cultivateurs « laissés pour compte » qui gardent espoir

Certaines sociétés tentent de prendre les devants. Labat Africa Group, dans le domaine du cannabis médical, a acheté le producteur Sweetwater Aquaponics, situé au Cap-Oriental. Le directeur du groupe s’explique : « Ce que nous voulions réaliser avec notre licence, ce n’est pas seulement cultiver du cannabis médicinal, mais aussi utiliser cette licence pour en faire profiter tout le monde dans la province du Cap-Oriental ».

Il admet sans détour que « les cultivateurs plus traditionnels ont été laissés pour compte au fur et à mesure que la législation sur le cannabis progressait » et reconnait que « la région de Pondoland était synonyme de fourniture de cannabis dans toute l’Afrique du Sud ». Mais avec une licence à plus près de 1500 dollars et des frais de mise en place d’une installation de cannabis médicinal de 200 000 à 300 000 dollars, ces populations ont d’office été exclues.

En attendant un meilleur partage du gâteau, les agriculteurs du Pondoland chouchoutent leur souche locale de cannabis, qui a montré des résultats particulièrement intéressants dans le traitement du cancer du sein. Un terroir qui pourrait changer la donne.

 

Bannière pub Fleur CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Qui était Frenchy Cannoli, l’expert des résines de cannabis ? [GREENEWZ]

Frenchy Cannoli Résines Cannabis

Qui était Frenchy Cannoli, l’expert des résines de cannabis ?

Frenchy Cannoli, ça vous dit quelque chose ? Il y a des noms qui résonnent différemment aux oreilles et des personnages qui restent dans les mémoires pour la façon dont ils ont marqué leur domaine. Impossible d’évoquer l’histoire du football sans parler de Maradona ou Zidane ! Impossible, de la même façon d’évoquer le cannabis sans parler de Jack Herer ou de Frenchy Cannoli. Et c’est le dernier d’entre eux qui nous intéresse aujourd’hui, car il est devenu une véritable légende, notamment du côté des États-Unis.

Mais qui était Frenchy Cannoli ? Comment ce Français est devenu une star outre-Atlantique et dans le monde du cannabis ? Une chose est sûre : il a eu une vie hors du commun, après « être tombé amoureux » du cannabis et notamment des résines – ou haschisch – dont il s’est fait une spécialité. Inconnu ou presque du grand public, son apport à l’industrie du cannabis en ont fait un personnage incontournable pour tous les amateurs de résines.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Frenchy Cannoli (@frenchycannoli)

De nombreux voyages à travers le monde

Frenchy Cannoli est né en 1956 et a passé une grande partie de son enfance à Nice. Il découvre très jeune le cannabis, à 17 ans, sous forme de haschich. « La première fois que j’ai fumé, c’était du Libanais. Je m’en rappelle vraiment clairement. Je dois dire que ça a été le début d’un grand amour ! », déclarait-il en 2015. À ses 18 ans, il quitte la France pour devenir fumeur itinérant et entreprend une sorte de tour du monde. Il découvre de nombreux pays producteurs de haschich, en Inde, au Népal, au Maroc ou encore au Pakistan.

Le Français passera surtout de longues années en Inde, dans la vallée de Parvati. « J’étais là pour faire ma réserve pour l’année. J’étais un clochard. J’y allais pendant quatre mois pour faire ma réserve et ensuite je repartais fumer sur la plage », a-t-il raconté de ses premières années de voyage. Mais partout où il passe, il se lie d’amitié avec les artisans du cannabis, découvre et apprend des techniques de fabrication traditionnelles voire ancestrales. Pendant 20 ans, Frenchy Cannoli emmagasine des connaissances et développe un véritable savoir-faire hérité d’un melting-pot de cultures.

Frenchy Cannoli, le »maître haschischin » 

Pas question pour Frenchy Cannoli de garder toute cette expérience pour lui. Jusqu’alors voué à une certaine clandestinité, le Français s’installe en Californie, en pleine ouverture du marché légal du cannabis. Dans le Triangle d’Emeraude où poussent parmi les meilleures variétés au monde, il joue de son savoir-faire pour faire découvrir un produit presque inconnu aux États-Unis, où la fleur pure tient le haut du pavé. Ses résines, sa technique de pressage, sa fabrication 100% naturelle et son expertise vont faire de lui une véritable star et une référence en la matière.

Ses temple balls, des résines de cannabis sous forme de petites boules, deviennent célèbres. Il participe à des conférences, transmet son savoir, donne des cours et des formations ou encore des conseils en tout genre. Transmettre ses connaissances ? « C’est la chose la plus importante que j’ai à offrir ». Il est également convié comme juge dans de nombreux concours, tout en restant fidèle à son premier amour : le haschich. « En tant que haschischin, je peux vraiment voir la qualité de la fleur par la production de la résine ».

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Frenchy Cannoli (@frenchycannoli)

Une analogie entre le cannabis et le vin comme maître-mot

Frenchy Cannoli compare sans problème le terroir viticole avec celui du cannabis, dans le Triangle d’Emeraude. « La compréhension scientifique grandissante des échanges entre le sol, le climat et les différentes variétés de raisin a transformé le vin en un breuvage de qualité », expliquait-il sur son blog. « Les vins étaient en train d’acquérir pour la première fois une identité, avec des caractéristiques spécifiques en fonction de la région de production : le terroir ».

« Le Triangle d’Emeraude, région du nord de la Californie, cultive légalement du cannabis depuis les années 1960. La richesse de son terroir et la génétique unique de variétés travaillées depuis 40 ans offrent d’énormes opportunités économiques, tout comme le Bordelais il y a 160 ans », comparait-il. Avant de conclure : « Et si le cannabis était le nouveau vin ? » Frenchy Cannoli est décédé en juillet 2021, à l’âge de 64 ans, mais laisse un héritage unique pour tous les cannabinophiles.

 

Bannière pub Nepal Bomb

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

L’hôtellerie de luxe veut attirer les touristes du cannabis [GREENEWZ]

L'hôtellerie de luxe et le cannabis

L’hôtellerie de luxe veut attirer les touristes du cannabis

L’hôtellerie se met petit à petit au vert ! Dans les pays ou régions où le cannabis a été légalisé, une forme particulière de tourisme émerge. En effet, certains vacanciers choisissent leurs lieux de villégiature en fonction de la possibilité – ou non – d’y consommer du cannabis. Les touristes font ainsi d’une pierre deux coups, profitant du patrimoine local tout en s’offrant un produit qui n’est pas forcément en vente libre, voire légal, chez eux.

Et pour accueillir ces touristes du cannabis, il faut des logements ! Et l’hôtellerie l’a bien compris, en proposant de plus en plus d’établissements que l’on pourrait qualifier de « cannabis friendly ». Des lieux pas réservés aux consommateurs d’herbe, mais où ils pourront quand même en faire usage. Mais de plus en plus, des offres diversifiées et des concepts poussés émergent, pour satisfaire tous types de clientèles, jusqu’au plus aisées.

Aux États-Unis, les canna-touristes sont nombreux !

Si l’hôtellerie cherche à varier son offre et ce, pour toutes les bourses, c’est notamment parce que la demande est forte. Cultivar Brands, une agence de marketing stratégique spécialisée dans l’industrie de cannabis, a mené une enquête en association avec MMGY Travel Intelligence afin mesurer la part de canna-touristes aux États-Unis. Ils estimaient, en 2020 juste avant la pandémie que 29% des « voyageurs d’agrément » aux USA pouvaient être identifiés comme faisant partie d’un « public de voyageurs motivés par le cannabis ».

Une étude plus récente, en sortie de crise du Covid-19, a révélé que ce chiffre avait tendance à augmenter, notamment parmi les générations Z et Y, donc les personnes nées à partir des années 1980. 37% des touristes internes aux États-Unis seraient intéressés pour s’engager dans au moins une activité liée au cannabis au cours de leur séjour. Même si ces chiffres restent une estimation, ils prouvent que le canna-tourisme existe bel et bien.

Une bonne affaire pour l’hôtellerie

L’hôtellerie y voit donc là un beau moyen de faire des affaires. Déjà, des logements au format guest-house ou dans l’esprit AirBnB ont émergé un peu partout, regroupés par la plateforme « Bud and Breakfast ». Le secteur hôtelier s’est engouffré dans la brèche, avec notamment la chaîne Bud+Breakfast (à ne pas confondre, donc), proposant des hôtels plutôt low cost accueillant volontiers les consommateurs de cannabis.

Mais les études récentes montrent que les clientèles plus aisées se prêtent au canna-tourisme. « Les données montrent que si vous regardez les revenus médian et moyen des ménages, le public intéressé par le cannabis a un profil très convaincant en ce qui concerne le revenu disponible », constate Brian Applegarth, fondateur de la Cannabis Travel Association et de Cultivar Brands. Une part des touristes a donc les moyens et est prête à dépenser pour certains services ou activités.

Des établissements plus luxueux ouvrent leurs portes au cannabis

Ainsi, de plus en plus d’hôtels de luxe s’adaptent à cette nouvelle clientèle, comme on le constate en Californie. Des établissements 4 étoiles qui proposent de multiples services. Humbolt Social gère ainsi plusieurs établissements et varie son offre. Leurs hôtels proposent un service de livraison de cannabis, une zone fumeurs accessible en extérieur et, en intérieur où fumer reste interdit, on trouve des produits comestibles au cannabis.

D’aspect, en revanche, ces hôtels ne montrent aucune connivence particulière avec le chanvre. Pas de grandes feuilles de cannabis ou de clichés liés à la consommation, les établissements, bien que luxueux, gardent un ton et une ambiance classiques dans l’hôtellerie. « Nous voulons soutenir le client consommateur de cannabis, mais nous souhaitons aussi être un endroit où sa tante ou sa grand-mère peut venir séjourner », explique le responsable de la chaîne, Jon O’Connor, à Travel Weekly.

L’hôtellerie inspirée par le tourisme viticole

Au-delà même de ces menus services, le secteur hôtelier s’inspire du tourisme viticole pour proposer de nouvelles activités. À la place de déguster du vin, de découvrir caves et vignes, on goûte du cannabis, rencontre les producteurs ou visite les fermes et les plantations.

« Je pense que certains endroits quatre ou cinq étoiles hésitent à adopter le tourisme du cannabis parce qu’ils ont peur de perdre leur clientèle. Notre expérience ici n’a pas démontré cela », a déclaré Brian Adkinson, qui a ajouté ces activités autour du cannabis à son établissement qui proposait déjà sensiblement la même chose pour le vin.

Et ce propriétaire veut aller plus loin, en proposant des repas ou des mariages cannabis-friendly. « Tout comme les gens veulent boire un verre lors des mariages, nous constatons que beaucoup de jeunes veulent pouvoir y consommer du cannabis également », a ajouté Adkinson. « C’est un autre indicateur, je pense, que le cannabis devient de plus en plus courant. En fin de compte, nous voulons le normaliser », conclut-il.

 

Bannière pub Super Lemon Haze CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Les plants de CBD attirent les convoitises… et les voleurs ! [GREENEWZ]

Vol de plants de CBD en France

Les plants de CBD attirent les convoitises… et les voleurs !

Depuis plusieurs mois, la France a commencé à produire ses propres plants de CBD. Des agriculteurs se sont pris au jeu, d’autres se sont insérés dans la brèche et, alors que le pays était déjà le plus gros producteurs de chanvre industriel d’Europe, des champs sont désormais destinés uniquement à la production de cannabidiol. Et à la différence du chanvre industriel, les plants de CBD ont cette particularité qu’ils ressemblent comme deux gouttes d’eau à des pieds de cannabis chargés en THC.

En 2021, on estimait le marché du CBD à près de 400 millions d’euros en France. De quoi attirer les convoitises. Et plus encore quand on sait à quel point le marché du cannabis illégal pèse lourd sur notre territoire. Les Français sont en effet parmi les plus gros consommateurs de cannabis illégal en Europe. Entre ces deux marchés, légal et illégal, certains peuvent y voir un moyen de faire des affaires de manières peu scrupuleuses… et les vols se multiplient.

Des plants de CBD dérobés en Vendée

Le quotidien Ouest-France relate notamment ce vol, survenu dans la nuit du 16 au 17 septembre. À Moutiers-sur-le-Lay, trois associés ont eu une très mauvaise surprise. Leur parcelle de plants de CBD est passée, en un an, de 1500 à 8000 pieds. « On a fait pratiquement un hectare », explique Arnaud, l’un des exploitants. Deux variétés de cannabis légal ont été plantées, et l’une d’entre elles, à la croissance plus rapide, est arrivée à maturité, prête pour la récolte.

Quelques vols sont alors intervenus, poussant les exploitants à placer des caméras de surveillance. Les champs avaient donc été visités, mais le vol a pris une nouvelle ampleur à la mi-septembre. Un samedi matin, les associés ont trouvé une de leurs parcelles « décimée », écrit le quotidien du Grand Ouest. « Ils ont pris plusieurs centaines de pieds. On était dégoûtés. On a bossé dur, tout ça pour que ça profite à d’autres », relate, dépité, Arnaud.

Un préjudice de près de 10 000 euros

Pour les associés, qui s’étaient déjà fait dérober une cinquantaine de plants de CBD l’an passé, le préjudice est très important. Ils pensent à des voleurs « bien organisés ». Une caméra de surveillance a également disparu, mais elle a pu transmettre des images. Déjà, la veille du vol, elle avait filmé un véhicule entrant dans leur champs. Le lendemain, « 100 pieds volés, c’est 10 000 € de chiffre d’affaires qui disparaissent ».

« On a l’habitude de curieux qui volent un ou deux pieds pour s’amuser. Mais un vol de cette ampleur, cela veut dire que ça s’organise », estime pour sa part François-Guillaume Piotrowski, président de l’association française des producteurs de cannabinoïdes. Déjà, en 2021, des vols importants avaient eu lieu, notamment dans la Vienne. Et ce, de manière régulière.

Des voleurs déterminés

« On ne vit plus, avait témoigné à la Nouvelle République un exploitant. On s’est lancé là-dedans depuis un an pour le challenge, mais là, ce n’est pas possible. La charge de travail est déjà très importante pour cette production, et là on est en plus en permanence en train de regarder les caméras. Dimanche, j’ai fait deux courses poursuites ».

Une détermination des voleurs qui inquiète. « On a prévenu les gendarmes et on a fait une course-poursuite à trois voitures, mais rien ne les arrête, même quand les gendarmes font un barrage sur la nationale, ils ne s’arrêtent pas, ça devient hallucinant ! »

Que font les voleurs des plants de CBD ?

La question qui se pose est la suivante : que font les voleurs des plants de CBD. Difficile de les réinjecter dans le circuit classique, quand ce cannabis légal doit faire l’objet de tests en laboratoire pour s’assurer de sa faible teneur en THC. Les voleurs pourraient donc revendre ce CBD en le faisant passer pour du cannabis chargé en THC. En toute connaissance de cause… ou non. En 2021, « plusieurs centaines de pieds (de CBD, ndlr) avaient été dérobées dans une serre de culture. Les gendarmes ont interpellé un individu : il pensait qu’il s’agissait de cannabis », chargé en THC…

 

Avec Greenboyz, 100% de sérénité

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

À Londres, le maire se penche sur la question du cannabis [GREENEWZ]

À Londres, le maire s'intéresse au cannabis

À Londres, le maire Sadiq Khan se penche sur la question du cannabis

Verra-t-on le cannabis légalisé à Londres dans les années à venir ? Rien n’est moins sûr. Cependant, le maire de la capitale britannique, Sadiq Khan, se penche sérieusement sur la question de la législation qui encadre et punit la possession et la consommation de cannabis. Encouragé par les projets de légalisation en Allemagne, les avancées notoires dans le domaine au Luxembourg, au Portugal et en République Tchèque, l’édile londonien s’attaque à un épineux enjeu de société.

Maire de Londres depuis 2016, réélu en 2021, Sadiq Khan avait, lors de sa campagne, promis la mise en place d’une commission chargée d’étudier l’efficacité de la législation britannique sur les drogues. En réunissant un panel d’experts, Sadiq Khan désire avoir un aperçu des différentes politiques mises en oeuvre de par le monde sur le sujet de la consommation de drogues.

Une commission spéciale doit faire le point

Cette commission a donc été mise en place récemment. Elle est présidée par Charlie Falconer, membre de la chambre des Lords, et composée de plusieurs experts. Ces derniers, indépendants, sont spécialistes dans les domaines de la justice pénale, de la santé publique, de la politique locale, nationale ou internationale, ou encore des relations communautaires, avec notamment de nombreux universitaires.

Sa mission ? Recueillir les résultats des différentes politiques en matière de drogues mises en place dans le monde. Qu’il s’agisse, d’ailleurs, de pays sanctionnant fortement l’usage et la détention, ou de gouvernements plus ouverts tentant autre chose que la prohibition. Le but ? « Lutter contre la criminalité liée à la drogue, protéger la santé des Londoniens et réduire les énormes dommages que les drogues illégales causent à nos communautés », a déclaré Sadiq Khan.

Le maire de Londres se renseigne en Californie

Et pour avoir un bon aperçu, le maire de Londres met lui-même la main à la pâte. En effet, au printemps, au cours d’un voyage officiel de quatre jours aux États-Unis pour promouvoir les investissements dans la capitale anglaise à la suite de la pandémie, Sadiq Khan en a profité pour se renseigner sur le cannabis et sa légalisation dans le Golden State. À Los Angeles, il a donc pu visiter un dispensaire de cannabis légal.

En effet, le célèbre état américain a légalisé le cannabis récréatif dès 2016 et s’appuie donc désormais sur six ans d’expérimentation. Libre ensuite, aux comtés et villes, d’autoriser ou non l’installation d’entreprises du secteur. Mais les résultats, notamment en termes économiques et de santé publique, sont plus que positifs.

À Los Angeles, Sadiq Khan prend le pouls

Cette visite a été l’occasion pour le maire de Londres d’exposer sa réflexion. « Le commerce des drogues illégales cause d’énormes dommages à notre société et nous devons faire davantage pour lutter contre cette épidémie et faire avancer le débat autour de nos lois sur les drogues. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui à Los Angeles, pour voir de mes propres yeux l’approche qu’ils ont adoptée à l’égard du cannabis », a-t-il déclaré.

Pour Eric Garcetti, maire de Los Angeles, la légalisation offre à « des communautés historiquement marginalisées des opportunités de guérison, d’entrepreneuriat et de création de richesse. Les villes ont tant à apprendre les unes des autres et j’applaudis l’approche réfléchie du maire Khan alors que Londres va de l’avant ».

Une autre expérimentation qui fait débat

Parallèlement, Sadiq Khan voudrait mettre en place une expérience à Londres, en dépénalisant le cannabis pour les Londoniens âgés de 18 à 24 ans. « L’idée étant que les jeunes de moins de 25 ans contrôlés en possession de petites quantités de cannabis ne soient pas arrêtés ni poursuivis. À la place, ils se verraient présenter des solutions pratiques pour les aider à arrêter le cannabis, selon la mairie londonienne », écrit Le Progrès.

Pour le porte-parole de l’ancien premier ministre Boris Johnson, il n’en est pas question. « Nous n’avons pas l’intention de décriminaliser des substances récréatives dangereuses. La décriminalisation donnerait l’avantage aux organisations criminelles et risquerait d’augmenter l’utilisation des drogues, ce qui conduirait à de la violence et des crimes ». Il reste encore du chemin pour changer certaines mentalités…

 

Votre fidélité récompensée

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Ottawa et Québec s’écharpent sur l’autoculture de cannabis [GREENEWZ]

Ottawa et Québec s'écharpent sur l'autoculture de cannabis

Ottawa et Québec s’écharpent sur l’autoculture de cannabis

Le cannabis à usage thérapeutique et récréatif est légal au Canada depuis 2018. Sa vente est encadrée au niveau des provinces par les gouvernements locaux avec la création d’officines. Par exemple, au Québec, la vente de cannabis se fait sous la houlette de la SQDC, la société québécoise du cannabis. Ce n’est évidemment pas le cas dans d’autres provinces, comme en Alberta où la distribution de licences est gérée par Alberta Gaming, Liquor and Cannabis (AGLC).

Et entre les décisions d’Ottawa, capitale nationale, donc du gouvernement canadien, et la volonté de certaines provinces comme le Québec de légiférer différemment sur certains points, il peut exister des points d’achoppement. C’est notamment le cas du sujet de l’autoculture de cannabis. En effet, au Canada, il est possible de faire pousser chez soi jusqu’à quatre plants de cannabis, sauf au Manitoba et… au Québec.

Ottawa autorise l’autoculture, Québec l’interdit

C’est tout l’enjeu d’un conflit entre Ottawa et Québec qui a débuté dès 2018. « Le rejet par le gouvernement fédéral de la proposition du Sénat de laisser le choix aux provinces d’interdire, si elles le désirent, la culture de plants de cannabis à domicile, laisse présager une dure bataille entre Québec et Ottawa », écrivait Radio Canada dès 2018. Car pour l’État, l’autoculture de cannabis, à hauteur de quatre plants par domicile, est autorisée. Ce qu’a interdit le gouvernement québécois.

« Quatre plants de cannabis, un seul ou aucun à la maison ? La Cour suprême a entendu un débat constitutionnel qui visait à déterminer si la décision du gouvernement québécois d’interdire la culture à domicile à des fins personnelles est valide, ou pas », expliquait Le Devoir début septembre. En effet, quand Ottawa autorisait l’autoculture, Québec l’interdisait.

« À peu près au même moment, Québec a édicté une loi pour encadrer le cannabis que le fédéral venait de légaliser. Celle-ci prescrit que les amateurs de la plante peuvent s’en procurer uniquement dans les magasins de l’État, sous l’étendard de la Société québécoise du cannabis (SQDC). Pas question d’en faire pousser chez soi. »

Une interdiction québécoise inconstitutionnelle ?

Le Québécois Janick Murray-Hall affirme que cette décision dans la Belle Province est contre la constitution. « Il fait valoir que seul le fédéral a le pouvoir de créer des lois et des prohibitions en matière criminelle. Selon lui, Québec s’immisce sans droit dans les plates-bandes d’Ottawa », explique la presse canadienne. Car au-delà de quatre plants au Canada, l’infraction est bien de nature criminelle.

« Québec rétorque que sa mesure législative n’est pas de nature criminelle et qu’il l’a édictée en vertu de ses pouvoirs en matière de santé. L’argument principal du gouvernement québécois est celui de la protection de la jeunesse. « Son but est de protéger le bien-être de la population », en contrôlant la qualité du cannabis consommé dans la province.

Québec met en avant la prudence, ses opposants la constitution

La tâche qui revient à la Cour suprême est donc est donc « de décider si la loi québécoise respecte la Constitution et si elle porte ou non sur une matière qui est de la juridiction exclusive du fédéral, comme défini dans la Constitution canadienne ».

Québec argue que la nouveauté de la libre circulation du cannabis va de pair avec la prudence. « On a commencé par l’interdire à la maison », avant de réorienter les gens vers des « sources contrôlées », explique l’avocate du procureur général du Québec, Patricia Blair. Reste donc à savoir qui d’Ottawa ou de Québec est dans le vrai du point de vue de la constitution. L’affaire est actuellement en délibéré et aucune date n’a été donnée pour le jugement définitif.

 

Bannière pub Lemon Cream CBG Résine

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

 

 

Publié le

La République Tchèque veut légaliser et invite l’Europe à faire de même [GREENEWZ]

La République Tchèque va-t-elle légaliser le cannabis ?

La République Tchèque veut légaliser et invite l’Europe à faire de même

La République Tchèque va-t-elle bientôt faire partie des pays d’Europe où le cannabis sera en vente libre ? En effet, une proposition de loi pourrait être proposée au parlement tchèque d’ici 2023, avec l’objectif de légaliser le cannabis récréatif pour les personnes majeures. Les spécialistes locaux se penchent actuellement très sérieusement sur la question et dévoilent les contours du projet.

Alors que la rumeur enflait depuis la réunion des coordinateurs antidrogues européens à Prague début septembre, l’information a récemment été confirmée par le monsieur cannabis en République Tchèque, Jindřich Vobořil. L’expert, coordinateur national antidrogues et membre de l’ODS, le parti au pouvoir, a révélé son projet dans un entretien au média Novinky.

Bientôt la légalisation du cannabis en République Tchèque ?

Mais la démarche de Jindřich Vobořil n’est pas seulement de mettre en place un projet solide de vente légale de cannabis. Il souhaite aussi le soutien de la majorité de la classe politique tchèque. « C’est un sujet qui n’a pas d’étiquette gauche ou droite. J’ai des arguments solides, nous ne courons pas de risques. Au contraire, nous les minimiserons. Je souhaite qu’un consensus ait lieu dans toute la chambre parlementaire, plutôt que de faire passer le projet à la majorité de 101 voix », explique-t-il.

Pourtant membre de l’ODS, le parti démocratique civique, principale force de droite libérale du pays, Jindřich Vobořil assure que son projet de légalisation est soutenu par Petr Fiala, premier ministre lui aussi issu de l’ODS et chef d’un gouvernement de coalition. « Je voudrais d’abord m’entendre sur la base du spectre politique afin d’être autorisé à préparer la proposition. Je voudrais créer un groupe de travail pour que le libellé des paragraphes soit créé et qu’un projet soit déposé d’ici la fin de l’année ».

La République Tchèque se tient prête

Son collègue et ministre de la justice, Pavel Blažek, lui a également apporté un soutien public. « J’ai consulté des experts sur le modèle proposé de marché contrôlé du cannabis et je n’y vois aucun problème. Sur ce sujet, il n’est pas nécessaire que l’État consacre des ressources financières à la répression et aux tribunaux. Il faut pouvoir se concentrer sur des activités criminelles plus graves ».

Pour Jindřich Vobořil, les grandes lignes du projet de légalisation du cannabis sont déjà écrites. La vente serait contrôlée dans des boutiques spécialisées. L’usage autorisé, de même que l’auto-culture. À noter que la possession et la culture de cannabis sont dépénalisées en République Tchèque depuis 2010, mais l’usage public interdit et passible de poursuites.

Pousser l’Europe à légaliser le cannabis ?

Parallèlement, la République Tchèque souhaite des mesures à l’échelle de l’union européenne. Lors de la table ronde organisée récemment à Prague, Jindřich Vobořil a plaidé pour des actions collectives pour réguler le marché du cannabis. « Nous espérons un effort coordonné. Il est impossible de ne pas en parler à l’échelle de l’Union Européenne. La prohibition ne s’est pas révélée suffisamment efficace. Nous devons chercher d’autres modèles de contrôle ».

« Un marché contrôlé est peut-être la seule solution possible », a ajouté Vobořil. « Cela fait plus de dix ans que nous essayons de le faire. Il existe de nombreuses complications juridiques. Mais je crois qu’il y aura un changement de compréhension en Europe et dans le monde, et qu’un marché réglementé du cannabis sera mis en place », a pour sa part commenté Michel Karatchine, membre français de la commission mondiale sur la politique des drogues.

En ce sens, Jindřich Vobořil s’est réjouit que la République Tchèque n’était pas seule à partager ces objectifs, citant notamment les cas de l’Allemagne, du Luxembourg ou des Pays-Bas.

 

Bandeau Huile CBD 40%

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

 

Publié le

À New York, réinsertion dans le cannabis pour d’anciens condamnés [GREENEWZ]

À New York, du cannabis pour d'anciens condamnés ?

À New York, réinsertion dans le cannabis pour d’anciens condamnés

En avril 2021, New York devenait le 15e État américain à légaliser le cannabis, quelque temps après son voisin, le New Jersey. Le potentiel est énorme : un marché estimé à 4,6 milliards de dollars, avec une marge de croissance de 1 milliard de dollars par an. Le gouverneur de New York en 2021, Andrew Cuomo, en attendait 350 millions de dollars de recettes fiscales annuelles.

Dans l’une des villes les plus célèbres du monde, l’enjeu économique se pare d’un enjeu social. Car l’octroi des licences commerciales ne se fera pas sans réflexion. Et près d’un an et demi après la légalisation, l’État a seulement ouvert cet été le dépôt des dossiers. Mais il existe certaines particularités.

Un potentiel économique énorme pour New York

La légalisation du cannabis, c’est un potentiel énorme au niveau de l’emploi. La création de 30 000 à 60 000 emplois est espérée. Alors avec l’ouverture des candidatures, beaucoup essayent de se faire connaître. Les Échos racontent une rencontre avec Alex et sa société Wise Herb, qui tient un stand à Prospect Park, à Brooklyn. Il y présente ses produits : des fleurs, un baume à lèvres.

« On ne vend rien, on donne juste des échantillons pour faire connaître notre entreprise », précise-t-il, en démontrant les qualités d’un baume  qu’il donne aussi à sa grand-mère. Moyennant 2000 dollars, il pourra déposer un dossier pour, peut-être, obtenir une licence pour commercialiser ses produits issus du cannabis.

Le principe de « réparation sociale »

Mais un principe inédit vient avec cette autorisation commerciale : « favoriser ceux qui ont été condamnés (ou un membre de leur famille) pour détention de marijuana ». Derrière ce projet, un objectif de réinsertion, mais surtout de « justice sociale » avec l’idée de « réparation sociale » envers certaines minorités ethniques.

« À New York comme dans le reste du pays, les Afro-Américains et les Hispaniques ont été historiquement surreprésentés dans les arrestations pour possession de cannabis, alors que la consommation de cette drogue est loin d’être aussi radicalement marquée », écrivent Les Échos. Car aux États-Unis, les statistiques ethniques existent et les situations en fonction de l’origine sont mesurées avec précision.

« Un début insuffisant »

Rashawn Ray, sociologue à l’université du Maryland, explique la réflexion de l’État fédéral. « La logique, c’est que les Noirs sont exclus de la croissance économique du cannabis après avoir été incarcérés pour cette raison pendant si longtemps ». D’où l’idée de réparation sociale, alors que la question « des conséquences de l’esclavage sur l’évolution socio-économique des Afro-Américains est toujours vive » aux États-Unis.

« Il reste à voir quel sera l’impact de cette mesure. Ce n’est pas suffisant, mais c’est un début. Il est important de s’attaquer simultanément à l’incarcération de masse et aux inégalités économiques », estime Rashawn Ray. D’autres partagent cet avis, jugeant les mesures locales insuffisantes, comme William Darity, professeur de politique publique à Duke, partisan d’actions beaucoup plus larges.

Du cannabis légal pour financer les réparations

Ainsi à New York, avoir fait l’objet d’une condamnation liée au cannabis peut donner un « bonus » sous forme de réparation sociale « défendu par l’État ». Et le secteur du cannabis légal finance d’autres initiatives du genre ailleurs dans le pays. « À Evanston, près de Chicago (Illinois), ce sont aussi les recettes issues du cannabis qui doivent financer des réparations pour les Afro-Américains victimes de la politique du logement dans les années 1960 ».

Une part des marchés publics est également réservée aux entreprises détenues par des minorités ethniques avec le Disadvantaged Business Enterprise, tandis que l’ancien maire Bill de Blasio a créé, avant son départ « une commission sur la justice raciale ».

En attendant, Les Échos prennent l’exemple de Jeremy Rivera, « sorti de prison en 2018 après une condamnation pour détention de drogue » et désormais « consultant dans le secteur de la construction », qui remplit parfaitement deux des conditions pour obtenir une licence de commercialisation de cannabis à New York : « avoir été condamné pour un délit lié à la marijuana et avoir détenu et exploité une entreprise rentable pendant au moins deux ans ».

 

Bandeau Huile CBD 40%

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Le Japon dévoile son passé de terre de chanvre au musée [GREENEWZ]

Une exposition retrace les liens du Japon avec le cannabis

Le Japon dévoile son passé de terre de chanvre au musée

Aujourd’hui, le Japon vit un moment compliqué de son histoire avec le cannabis. Le pays possède des lois très strictes quant à l’usage et la possession de cannabis et n’autorise pas plus son utilisation dans le cadre médical et thérapeutique. La plante jouit plutôt d’une mauvaise réputation et les cultures industrielles se font, elles aussi, rares. Pourtant, le Japon et le chanvre ont, par le passé, partagé une riche histoire commune. Une exposition retrace ces liens forts tissés avec la plante au pays du soleil levant.

Le Japon, ancienne terre de chanvre

Si vous passez par Barcelone, n’hésitez pas à faire un tour au Hash Marihuana & Hemp Museum. L’antenne catalane de ce musée d’Amsterdam fête ses dix ans en 2022 et propose, pour l’occasion, une exposition sur le chanvre au Japon, intitulée Cannabis Japonica. Celle-ci offre « un fascinant voyage dans le monde de la mode vestimentaire japonaise mettant en lumière les liens culturels du Japon avec la plante de cannabis ».

C’est donc au regard de vêtements, pièces de tissus et accessoires que l’exposition permet de découvrir un pan de l’histoire du pays. « Cannabis Japonica révèle les liens profonds de l’archipel avec la plante de cannabis et son rôle essentiel dans la création de vêtements uniques et magnifiques d’une grande importance culturelle », informe le musée.

L’apprenti qui voulait devenir ninja

Pour démontrer ces « liens profonds » entre le chanvre et le Japon, l’exemple donné est celui d’une histoire traditionnellement racontée aux enfants. Elle décrit l’entraînement au saut des apprentis ninja, où le chanvre tient le rôle principal. « L’étudiant ninja plante un lot de chanvre lorsqu’il commence sa formation et s’efforce de sauter par-dessus les plantes tous les jours », commence l’histoire.

« Au début, ce n’est pas un défi, mais le chanvre croît très vite, tout comme la capacité de saut du ninja. À la fin de la saison de croissance, le guerrier peut sauter au-dessus de pieds de chanvre de 3 à 4 mètres de haut », se conclut-elle. Une image qui dépeint surtout une époque où le cannabis prenait une place importante au sein de la société japonaise, ce que l’exposition Cannabis Japonica propose de découvrir.

Chigusa no hana, Kono Bairei, 1890
Chigusa no hana, Kono Bairei, 1890

Une matière première commune mais précieuse

Le musée invite donc dans cette époque où le chanvre poussait communément dans l’archipel. « À l’approche du printemps, chaque ménage rural plantait quatre à cinq rangées de graines de chanvre. Le tout dans le but principal d’en récolter les fibres. « Le chanvre cultivé était la principale source de fibres de la famille pour le tissage des vêtements. Et c’était aussi une importante source de revenus, car les marchands de la ville achetaient les meilleures fibres de chanvre ».

Grâce au tissage du chanvre, les Japonais ont fabriqué de superbes étoffes, du quotidien ou d’apparat, pour toutes les classes de la société. « Ce chanvre aux qualités soyeuses a été utilisé pour créer les vêtements les plus précieux, des kimonos d’été aux armes de samouraï » en passant par les « vêtements des prêtres shintoïstes ». Des pièces que le Hemp Museum de Barcelone met parfaitement en valeur, le tout accompagné de belles archives iconographiques et photographiques.

« Au soleil couchant
Sur le chanvre fauché
Une averse de passage »

Haïku de Masaoka Shiki

Le chanvre, une affaire de femmes au Japon

Tous les aspects de la culture du chanvre sont abordés. Notamment le lien spécial entre le femmes japonaises et la plante. « Chaque aspect du travail lié au chanvre, de la plantation au tissage, était le travail des femmes. Et cela a continué à être le cas pendant l’ère Meiji, lorsque le Japon est rapidement devenu un empire industrialisé ».

Comme au sein de nombreux pays industrialisés au XXe siècle, le cannabis et le chanvre vont largement être supplantés par le pétrole, notamment dans le secteur textile avec l’arrivée du nylon. Il va aussi être diabolisé, interdit et lourdement puni. Aujourd’hui, un consommateur de cannabis dans l’archipel risque jusqu’à cinq ans de prison.

L’exposition Cannabis Japonica est à voir à Barcelone au Hash Marihuana & Hemp Museum jusqu’au 26 février 2023. L’entrée est gratuite !

 

Bannière pub Nepal Bomb

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Hildegarde de Bingen et son usage du chanvre au Moyen-Âge [GREENEWZ]

Hildegarde de Bingen

Hildegarde de Bingen et son usage du chanvre au Moyen-Âge

L’utilisation de la plante appelée communément cannabis n’est pas récente. Et Hildegarde de Bingen, moniale et abbesse (mais pas seulement) allemande du XIIe, a participé à donner au chanvre ses lettres de noblesse. Si la plante est connue depuis déjà des millénaires, les écrits de Hildegarde de Bingen vont servir de référence en la matière pendant longtemps.

Ses connaissances botaniques, médicales, mais aussi sa forte spiritualité accompagnée de sa part de mystique nous permettent de mieux comprendre comment et pourquoi le cannabis était utilisé au Moyen-Âge, le tout étant consigné dans une de ses oeuvres majeures : Physica ou De la nature.

Qui est Hildegarde de Bingen ?

Hildegarde de Bingen est une personnalité singulière de l’Église catholique. Elle naît vers 1098 dans l’actuelle Hesse, au coeur de l’Allemagne d’aujourd’hui. Dixième enfant d’une famille noble, elle fut, dès sa naissance, vouée au service de Dieu par ses parents. Elle « fut offerte à l’état religieux » à huit ans, et reçoit le voile à 14 ou 15 ans. En 1136, elle est élue abbesse du monastère de Disibodenberg, avant de fonder l’abbaye de Rupertsberg entre 1147 et 1150.

Dès son plus jeune âge, Hildegarde de Bingen est prise de visions. « Dans la troisième année de mon âge, j’ai vu une telle lumière que mon âme en a été ébranlée, mais à cause de mon enfance je n’ai rien pu en dire », écrit-elle. Plutôt réticent au sujet des femmes visionnaires, la papauté reconnait néanmoins les dons de cette « véritable mystique », grâce notamment à l’appui de Bernard de Clairvaux.

L’oeuvre de Hildegarde

« Femme cultivée, spirituellement élevée et capable d’affronter avec compétence les aspects liés à l’organisation de la vie » d’une abbaye, Hildegarde de Bingen profite de son savoir, de sa position et de ses visions pour rédiger de nombreuses oeuvres, notamment théologiques.

Mais ses écrits sont très variés : poésie, musique, médecine… L’abbesse aborde alors bien des thématiques. « Tout ce que j’ai écrit en effet lors de mes premières visions, tout le savoir que j’ai acquis par la suite, c’est aux mystères des cieux que je le dois (…) Ma vision, ce sont les yeux intérieurs de mon esprit, et les oreilles intérieures qui me l’ont transmise », explique-t-elle.

Le chanvre dans Physica

Voyante et guérisseuse, Hildegarde de Bingen est considérée comme la première naturaliste d’Allemagne. Elle étudie la nature et la médecine grâce à d’anciens récits savants, des coutumes populaires et sa propre expérience. Les jardins du monastère lui donnent un accès direct aux plantes. Elle réunit ce savoir dans Physica, une compilation de description de plus de 300 plantes et de dizaines d’animaux. Ses écrits ont des visées thérapeutiques, Hildegarde décrit donc les effets des plantes sur le corps humain.

Et le cannabis a toute sa place. Elle dit notamment de sa graine qu’elle « contient la santé et, pour les gens en bonne santé, le chanvre constitue une saine nourriture ; dans l’estomac, il est léger et utile, parce qu’il diminue quelque peu les écoulements d’humeurs, et on peut le digérer facilement, et il diminue les humeurs mauvaises et renforce les bonnes ».

Une bandelette de chanvre est excellente pour panser les ulcères et les plaies.

Elle ajoute : « À celui qui a la tête en bonne santé et le cerveau plein, il ne fait point de mal ». Autre conseil ? « Une bandelette de chanvre est excellente pour panser les ulcères et les plaies, parce qu’il y a en elle une chaleur modérée ». Il « réconforte et remet en place » l’estomac si on l’utilise sur le ventre dans un linge chaud. Mais attention, « si on a la tête fatiguée et le cerveau vide, et que l’on mange du chanvre, celui-ci provoquera facilement une légère douleur dans la tête ».

Sainte Hildegarde de Bingen

Maux de ventre, de tête… Les écrits de Hildegarde de Bingen nous renseignent sur les pratiques du Moyen-Âge, dont l’usage du cannabis que l’on retrouverait dans les jardins médicinaux des monastères. La vie bien remplie de cette femme unique prend fin en 1179. Mais elle sera canonisée et nommée Docteur de l’Église en 2012, par le pape Benoît XVI.

 

Bandeau Lancement

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Dans l’espace, le cannabis prend de l’altitude ! [GREENEWZ]

Du cannabis dans l'espace ?

Dans l’espace, le cannabis prend de l’altitude !

Envoyer du cannabis dans l’espace, une idée de fou ? L’entreprise américaine Redwire Corporation s’apprête à envoyer du chanvre dans les étoiles pour le cultiver au sein de la station spatiale internationale. Mais ce n’est pas la première fois que la plante est envoyée dans l’espace. Et l’objectif n’est pas d’alimenter les astronautes en produits psychotropes, loin de là !

Ce sont bien les effets de l’espace qui sont étudiés par les scientifiques et les astronautes. L’apesanteur, son absence notamment, la micro-gravité, et d’autres facteurs pourraient agir sur les plantes et les cultures. Et c’est ce qu’on essaye de démontrer depuis maintenant plusieurs années. Petite histoire des voyages spatiaux du cannabis !

En 2017, du cannabis à 32 km du plancher des vaches !

La première véritable incursion du cannabis dans l’espace a eu lieu en 2017. Associé au dispensaire de Scottsdale, Herban Planet a voulu tenter l’expérience d’envoyer de la marijuana dans les étoiles. Pour ce faire, Herban Planet a collaboré avec des scientifiques mais surtout avec Sent Into Space, une entreprise spécialisée dans… l’envoi de diverses choses dans l’espace !

C’est ainsi que quelques grammes de Girl Scout Cookie ont fait le grand voyage. « Nous voulons voir quels effets ces conditions défavorables peuvent avoir sur le cannabis. UV, rayonnement solaire, congélation… Tous ces phénomènes peuvent avoir un effet sur l’échantillon », expliquait alors le docteur Chris Rose. Accroché à un ballon météorologique, le cannabis est donc parti pour 32 km d’ascension !

Bien sûr, nous sommes aux États-Unis, les 450 grammes de cannabis ont ensuite été vendus sous le nom de Space Weed Bros, une variété… stratosphérique !

Les plantes subissent-elles des mutations dans l’espace ?

Sans doute un peu plus sérieusement, l’expérience menée en 2020 avait elle aussi un but scientifique, mais sans l’idée de faire le buzz ou du business. Pour déterminer si l’absence de gravité pouvait altérer  génétiquement ou faire muter des organismes végétaux, la société de biotechnologie agricole Front Range Biosciences a également envoyé du cannabis dans l’espace.

480 cultures de cellules végétales ont ainsi été placées dans un incubateur spécialement conçu pour l’espace et acheminées vers la station spatiale internationale via SpaceX. « C’est la première fois que quelqu’un étudie les effets de la microgravité et des vols spatiaux sur les cultures de cellules de chanvre et de café, déclarait Jonathan Vaught, cofondateur de Front Range Biosciences.

« Il existe des données scientifiques pour soutenir la théorie selon laquelle les plantes, dans l’espace, subissent des mutations. C’est l’occasion de voir si ces dernières se maintiennent une fois sur Terre, et s’il y a de nouvelles applications commerciales. » Après un mois dans l’espace, les cultures ont fait le retour sur la terre ferme et font toujours l’objet d’analyses.

Faire pousser des plantes dans l’espace, un défi important

Mais une nouvelle étape se prépare. Après l’envoi de cannabis et de cellules végétales, il est temps de faire pousser du chanvre dans l’espace. C’est l’objectif de Redwire et Dewey Scientific pour une expérimentation qui débutera au printemps 2023. Du chanvre industriel sera donc cultivé dans une serre pendant 60 jours à bord de la station spatiale internationale.

« Redwire Greenhouse élargira les possibilités de découvertes scientifiques afin d’améliorer la production végétale sur Terre et de permettre des recherches essentielles pour la production végétale dans l’espace, au profit des futurs vols spatiaux habités de longue durée », a expliqué Dave Reed, directeur des opérations de la firme.

« Les cultures dans l’espace seront un point critique pour les futures missions d’exploration, car les plantes fournissent de la nourriture, de l’oxygène et peuvent récupérer l’eau. La recherche sur la production végétale dans l’espace va fournir des informations essentielles pour les missions Artemis de la NASA et au-delà », a-t-il conclu. Rendez-vous en 2023 !

Moon Rock CBD pub

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Publié le

Du cannabis médical pour lutter contre les migraines ? [GREENEWZ]

Du cannabis médical contre les migraines ?

Du cannabis médical pour lutter contre les migraines ?

Du cannabis médical pour agir contre les migraines ? C’est l’hypothèse émise par un groupe de chercheurs de l’Université de l’Arizona. Dans une récente étude, ces scientifiques affirment que le cannabis médical peut réduire la fréquence des migraines, mais également les nausées et/ou vomissements qu’elles peuvent engendrer.

Dans le monde, on estime à près d’un milliard le nombre de personnes souffrant de maux de tête handicapants. C’est une des premières causes d’invalidité dans le monde. Et les moyens de traiter le problème des migraines sont limités. De plus, des études ont démontré que deux tiers des personnes touchées retardaient la prise de médicaments par crainte des effets secondaires.

Les effets positifs du cannabis médical face aux migraines

L’Université de l’Arizona a donc mené une étude afin de savoir si du cannabis médical pouvait être un moyen efficace et sûr pour le traitement de la migraine. Ces recherches, menées auprès de 2000 personnes majeures en Italie et aux États-Unis, a démontré que le cannabis médical était environ 50% plus efficace que les autres traitements. Après 30 jours, la fréquence des migraines est réduite, de même que les effets secondaires.

« Il existe des preuves prometteuses que le cannabis médical peut réduire les apparitions et la durée de la migraine chez les adultes », a déclaré Cecilia Rosales, membre de l’équipe de recherche, à Medical News Today.

« Nous savons que du cannabis médical peut être efficace dans le traitement de la migraine », a fait remarquer de son côté Medhat Mikhael, spécialiste de la gestion de la douleur au Orange Coast Medical Center, en Californie.

Fréquence et durée des migraines réduites

Les effets du cannabis médical sur la gestion de la migraine sont prometteurs. « L’étude a montré que les patients qui l’utilisaient présentaient moins de jours de migraine par mois. Même chose pour les épisodes aigus. Cela indique que le cannabis médical peut être utilisé pour la prévention de la migraine et peut également être utilisé comme mesure abortive pour la migraine aiguë », a ajouté Medhat Mikhael.

« Nous constatons une réponse très similaire chez les patients que nous traitons également », a constaté Sherry Yafai, urgentiste et spécialiste du cannabis au Providence Saint John’s Health Center à Santa Monica, en Californie. « Au lieu de maux de tête pouvant durer quelques jours voire quelques semaines, les patients voient leur situation s’améliorer au bout de quelques heures, selon le moment où intervient la prise de cannabis ».

Même constat pour les effets secondaires. « Nous remarquons une diminution ou un arrêt des nausées et/ou vomissements liés aux migraines », a continué Sherry Yafai. Parfois, chez certains patients, il est même possible de stopper d’autres traitements, ou de voir les effets secondaires des traitements classiques réduits.

Le système endocannabinoïde en cause ?

Ces résultats pourraient également alimenter une autre théorie scientifique. Celle-ci part du principe que la migraine pourrait notamment découler de carences de notre système endocannabinoïde, comme pour la fibromyalgie ou le syndrome du colon irritable.

« C’est peut-être la raison pour laquelle de nombreux médicaments jusqu’à présent n’ont pas bien fonctionné et pourquoi la migraine peut être très sensible aux médicaments à base de cannabis », explique Sherry Yafai.

De nécessaires études complémentaires

Néanmoins, ces premiers résultats nécessitent d’autres études complémentaires, reconnaissent les spécialistes. Les médicaments à base de cannabis peuvent eux aussi provoquer des effets secondaires. « Cela peut être désagréable pour les patients comme les docteurs d’avoir à traiter d’autres problèmes en plus du problème ! Il faut savoir si le jeu en vaut la chandelle », conclut Sherry Yafai.

Il faut également voir les effets sur le long terme de tels médicaments. L’usage du cannabis médical reste une pratique récente, qui n’est d’ailleurs pas autorisée partout. Mais ses résultats dans le cadre du traitement des migraines restent très prometteurs.

 

Bannière pub Nepal Bomb

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Publié le

Dans le monde du football, le CBD veut jouer titulaire [GREENEWZ]

Dans le monde du football, le CBD veut jouer titulaire

Dans le monde du football, le CBD veut jouer titulaire

Après avoir conquis bien des domaines, le CBD tente toujours de se faire une place au soleil dans le monde du football. Mais le ballon rond est un milieu souvent discret sur ce genre de questions. Les joueurs font assez peu la promotion des produits qu’ils peuvent consommer au quotidien, durant leur carrière. Pourtant, le CBD est aujourd’hui un produit autorisé par la Fifa, la fédération internationale de football. Mais sa proximité avec le cannabis psychotrope maintient un certain tabou autour du cannabidiol.

Pourtant, plusieurs stars commencent à parler librement du CBD. La plupart du temps, outre l’intérêt porté aux potentiels bienfaits du produit, il y a également un but commercial, une marque à promouvoir. Et comme souvent, la libération de la parole au sujet du CBD nous est venue des États-Unis et du football féminin.

Les championnes du monde américaines plébiscitent le CBD

Deux des plus grands noms du football, ou soccer, aux États-Unis, n’hésitent pas à parler du CBD. Ainsi que de leur consommation. Mais sans être forcément désintéressés. L’exemple parfait est celui de Megan Rapinoe. Sans doute l’une des plus grandes joueuses de l’histoire : double championne de France, double championne du monde, championne olympique, Ballon d’Or… Mais aussi une personnalité aux prises de position importantes : défense des minorités sexuelles ou ethniques, égalité femme-homme. Une parole qui compte.

Voilà ce qu’elle disait du CBD, à Forbes. « Le CBD est devenu une part importante de mon système de récupération naturel. J’en utilise quotidiennement pour lutter contre des douleurs, des inflammations, stabiliser mon humeur et profiter d’un meilleur sommeil », explique-t-elle. « C’est le meilleur moyen de me calmer après un gros entraînement ou un match important, et mieux dormir. J’ai bien remarqué une diminution de mon stress et de mon anxiété en utilisant du CBD ».

Même chose pour Alex Morgan, coéquipière de Morgan Rapinoe en sélection et buteuse mondialement reconnue. « Le CBD joue un rôle important dans la réduction de mes douleurs musculaires et est d’une grande aide pour me relaxer avant de dormir », reconnait la joueuse du Wave de San Diego.

Dans le football, CBD rime avec monnaie

Mais derrière l’éloge au CBD, il y a souvent un business à promouvoir. Si Megan Rapinoe consomme du cannabidiol, c’est uniquement sous la forme des produits vendus par sa soeur. En tout cas, c’est ce qu’elle affirme. Le CBD de chez Mendi est le meilleur pour elle. La marque de Rachel Rapinoe apparaît donc dans tous les commentaires de la star sur le sujet. Même chose pour Alex Morgan, qui fait régulièrement la promotion des produits Just Live.

Alex Morgan et sa marque de CBD
Alex Morgan promeut les produits Just Live.

Les footballeurs ne sont pas en reste. Mais ce sont plutôt les retraités qui se jettent dans le grand bain. David Beckham, ancien international anglais, a investi dans la firme Cellular Goods, devenant actionnaire minoritaire de cette entreprise de CBD. Tout récemment, c’est la star portugaise Luis Figo qui a lancé sa marqueLF CBD.

Une annonce accompagnée d’un aveu, de la part de l’ancien milieu de terrain du FC Barcelone et du Real Madrid. « Les produits naturels à base de CBD m’ont aidé à obtenir de grands résultats pendant les périodes difficiles de douleur et de longues blessures. Les effets positifs de l’utilisation de ces produits étaient incroyables. Ça a amélioré ma confiance en moi et mon niveau d’anxiété ! » Des commentaires élogieux, mais forcément intéressés.

Luis Figo et sa marque de CBD
©Instagram/@luis__figo

Pas de commentaire sans une marque à promouvoir ?

Existe-t-il des joueurs qui consomment du CBD sans en faire la promotion ? Difficile de le savoir. Il est rare de trouver des commentaires de la part des professionnel(le)s du ballon rond. Peu d’entre eux s’expriment naturellement sur le sujet et il faudrait sûrement leur poser la question afin d’avoir un vrai regard sur le sujet du cannabidiol dans le football.

Les clubs, quant à eux, pourraient y voir une manne financière. Birmingham, durant la saison 2019-2020, s’était associé à Green Monkey CBD, proposant dans son stade de St Andrew’s des boissons au cannabidiol. Business is business.

 

Bandeau Huile CBD 40%

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Publié le

Aux États-Unis, la consommation de cannabis explose [GREENEWZ]

Aux États-Unis, la consommation de cannabis explose

Aux États-Unis, la consommation de cannabis explose

Aux États-Unis, la consommation de cannabis chez les jeunes Américains a explosé en 2021. Une récente étude a dévoilé des chiffres très élevés, alors que d’autres produits, traditionnellement consommés dans le pays, ont chuté. L’étude de Monitoring The Future, sortie il y a quelques jours, fait référence. Elle est en effet mise en place par des experts de l’institut de recherche sociale de l’université du Michigan, spécialistes de l’observation des addictions de la population américaine depuis 1988.

Et la tendance est claire : la consommation de cannabis aux États-Unis atteint des records. Notamment chez les jeunes. Parmi les 5000 Américains de 19 à 30 ans interrogés, 43% ont consommé du cannabis au cours de l’année passée. Une augmentation nette par rapport aux chiffres de 2016 (34%) et 2011 (29%). Plus parlant encore, 34% ont dit avoir consommé du cannabis au cours du mois précédent le sondage, contre 21% en 2016 et 17% en 2011. Quant à la consommation quotidienne, elle a quasiment doublé en dix ans, passant de 6% en 2011 à 11% en 2021.

Aux États-Unis, le cannabis plus consommé que le tabac

Chez les Américains plus âgés, la tendance est aussi à la hausse, mais de manière moins significative. Les chiffres concernant la jeunesse américaine ont surpris Monitoring The Future. Ces taux sont en effet « les plus hauts jamais enregistrés depuis le début du relevé de ces tendances en 1988 », ont déclaré les experts. La consommation de cannabis dépasserait même celle du tabac. Gallup a demandé aux Américains quels produits ils avaient consommés au cours de la semaine écoulée. 16% déclaraient avoir consommé du cannabis, contre seulement 11% du tabac.

Comment expliquer cette augmentation au sujet du cannabis ? Plusieurs raisons existent, même si, bien sûr, le fait que « le cannabis à des fins récréatives est désormais légal dans près de 20 Etats à travers le pays », comme le rappelle France Info, pèse dans la balance. Il ne faut pourtant pas y voir l’unique explication à cette importante hausse. Car la consommation de produits psychotropes est souvent signe de mauvaise santé mentale.

Un signe de la mauvaise santé mentale des jeunes Américains ?

En effet, les chiffres concernant la consommation d’autres produits psychotropes augmentent également. Notamment l’alcool et sa « consommation excessive », qualifiée par le fait d’avoir bu cinq verres d’affilée ou plus, et sa « consommation à haute intensité », dix verres d’affilée ou plus. De quoi tirer la sonnette d’alarme pour Nora Volkow, directrice de la NIH, l’Institut national de la santé aux États-Unis.

Ces chiffres sont « très préoccupants. Ce qu’ils nous disent, c’est que le problème de la consommation de drogue chez les jeunes s’est aggravé dans ce pays et que la pandémie, avec tous ses facteurs de stress mental et ses bouleversements, a probablement contribué à cette augmentation », analyse Nora Volkow. Inquiétant, donc, pour les professionnels de la santé.

Le cannabis passe devant Starbucks

Résultat, aux États-Unis, le marché légal explose. 39 États américains ont légalisé au moins un des aspects du cannabis. En conséquence, les affaires marchent. Selon le MJBiz Factbook 2022, les ventes de cannabis légal ont dépassé celles des cafés Starbucks en 2021. Et ce, malgré une augmentation du chiffre d’affaires de la célèbre firme de 25%. Le secteur du cannabis aux États-Unis a vu ses ventes grimper de 30%, représentant une manne de près de 27 milliards de dollars.

Et ces chiffres ne vont pas baisser de sitôt. 20% de la population américaine vit encore dans des États où le cannabis n’est pas légalisé. Aux États-Unis, il faut désormais concentrer les efforts sur la jeunesse et faire la part entre consommation récréative et problématique. De tels profits impliquent la mise en place d’une prévention et d’un système d’accompagnement efficaces. Un palier primordial qu’il ne faudra pas manquer.

 

Bannière pub Lemon Cream CBG Résine

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Publié le

En Thaïlande, du cannabis pour relancer le tourisme ? [GREENEWZ]

En Thaïlande, du cannabis pour le tourisme ?

En Thaïlande, du cannabis pour relancer le tourisme ?

Le « Royaume du sourire » carbure-t-il à la cigarette qui fait rire ? La « ganja », terme issu du sanskrit désignant le cannabis, a récemment été légalisée en Thaïlande. La plante peut être cultivée chez soi et vendue au sein de produits dérivés, à condition qu’elle soit de faible teneur en THC. « Dans les zones touristiques, les petits pochons d’une herbe de couleur vert clair sont désormais disponibles partout », écrit Libération.

Alors comment de l’herbe de cannabis peut remplir les étals des lieux à touristes en Thaïlande ? Si la plante a bien été retirée de la liste des produits stupéfiants en juin 2022, « de la législation à la pratique, il y a une épaisse zone grise où s’épanouissent les affaires », continue le quotidien français. En effet, les produits dérivés ou alimentaires, comme les huiles, doivent contenir moins de 0,2% de THC. Cependant, la loi « ne dit rien au sujet des feuilles [fleurs, ndlr] à l’état naturel ».

En Thaïlande, une zone grise bénéfique aux affaires

Il est seulement strictement interdit de fumer du cannabis en public. Une amende de 600 euros et trois mois de prison, voilà le risque encouru. Des sanctions très faibles par rapport aux autres pays d’Asie, comme à Singapour ou en Malaisie, où la peine de mort attend les trafiquants.

« Dès qu’ils ont annoncé que c’était dépénalisé, on a appelé nos fournisseurs. En fait, beaucoup de jeunes de Bangkok étaient déjà consommateurs, donc on a simplement changé d’échelle, on s’est mis à revendre », explique Tan Klongtawan, patron d’un bar discothèque à Bangkok.

« Khao San [quartier touristique de Bangkok] était devenu un quartier à l’abandon pendant la pandémie, continue Tan Klongtawan, toujours à Libération. C’est agréable de le voir revivre. Si le cannabis peut aider à attirer les touristes, tant mieux ». La plante est désormais en vente « sur les étals des marchés, dans les clubs de plage et même aux réceptions des hôtels », décrit le Guardian.

Le cannabis thaïlandais destiné au tourisme ? Pas sûr !

Pour le ministre de la santé Anutin Charnvirakul, d’abord porteur du projet de légalisation du cannabis à usage médical, puis de la législation récente, le but est de « légaliser la culture du cannabis « pour offrir un revenu d’appoint aux agriculteurs » et promouvoir la recherche ». Pas vraiment pour faire revenir les touristes en Thaïlande, alors que les dernières restrictions liées au Covid-19 ont été levées.

En effet, « le royaume ne veut pas d’étrangers qui viendraient uniquement pour fumer de la marijuana », précise de son côté Le Figaro. « Nous n’accueillons pas ce genre de touristes », a d’ailleurs déclaré le ministre de la santé.

L’ambassade de France en Thaïlande y est aussi allée de son message de prévention, le 17 août dernier. « L’ambassade de France en Thaïlande appelle les résidents et touristes de passage à la prudence concernant la consommation de cannabis en public. »

https://twitter.com/FRenThailande/status/1559847858370650112?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1559847858370650112%7Ctwgr%5Ee49861a6b45a56233d01e0fda923f6cffbb8e3a7%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Fvoyages%2Fnous-n-accueillons-pas-ce-genre-de-touristes-ces-fumeurs-de-cannabis-dont-la-thailande-ne-veut-pas-20220818

« Attention, la loi est claire, ajoute l’ambassade. Fumer du cannabis et du chanvre dans les lieux publics reste illégal en Thaïlande. Toute personne consommant du cannabis en public est passible d’une amende de 25 000 baths et de trois mois de prison ». La Thaïlande n’ambitionne donc pas – officiellement – à devenir un nouvel eldorado des consommateurs de cannabis.

Retour aux traditions en Thaïlande ?

Le cannabis a pourtant « toujours fait partie du paysage » en Thaïlande, raconte Libération. Un ingrédient de la pharmacopée qui « ne coûtait rien » et « poussait au bord de la route », explique un patron d’hôtel de 70 ans à Pattaya, célèbre station balnéaire. Une situation qui changera au cours de la guerre du Vietnam, alors que la Thaïlande sert notamment de base de repli aux soldats américains.

Ce retour aux sources, appuyé par un discours nationaliste, affronte de nombreuses critiques. Au sein du secteur médical, on accuse notamment le gouvernement « d’avoir privilégié les perspectives de gains financiers » au détriment de la santé des jeunes thaïlandais. Les récentes lois, où les failles sont nombreuses, sont critiquées. C’est notamment le parti Move Forward, « aile jeune, libérale et réformatrice du Parlement », qui s’élève face à « l’irresponsabilité » des « anciens militaires au pouvoir ».

 

Des baisses de prix folles

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Publié le

Brittney Griner, la star du basket devenue « pion politique » [GREENEWZ]

Brittney Griner, star du basket, condamnée en Russie pour possession et trafic de cannabis

Brittney Griner, la star du basket devenue « pion politique »

L’histoire de Brittney Griner pourrait être racontée dans un film ou dans un documentaire à succès sur Netflix. Il y a six mois, en France, peu de gens pouvaient se targuer de connaître cette basketteuse américaine de 31 ans. Pourtant, quand on parle de basket-ball, notamment féminin, difficile de passer à côté de son nom et de son incroyable palmarès. Championne de la WNBA (la ligue majeure américaine), quintuple championne de Russie, quadruple vainqueur de l’Euroligue, double championne du monde et double championne olympique… Excusez du peu !

En février 2022, le conte de fée prend la tournure d’un scénario hollywoodien. Lors de la saison creuse aux Etats-Unis, Brittney Griner évolue dans le championnat russe. Mais cette fois, lors de son arrivée à Moscou, une mauvaise surprise l’attend. Dans ses bagages, la douane met la main sur un liquide pour vapoteuse à base de cannabis. Légal dans de nombreux états américains, mais pas en Russie. Elle est arrêtée. Débute alors son calvaire, qui prend rapidement une tournure diplomatique, alors qu’éclate quelques jours après son arrestation la guerre en Ukraine.

Brittney Griner condamnée à 9 ans de prison en Russie

Le 4 août, la sentence tombe. Et elle est très lourde. La star des parquets est condamnée à neuf ans de prison – la peine maximale encourue était de dix ans – et un million de roubles d’amende. Une décision « insensée » pour ses avocats, rapporte Le Monde.

Accusée de trafic de drogue par la Russie, Brittney Griner a eu beau plaider une « erreur de bonne foi », demandant à ses juges « une décision qui mettra pas fin à [s]a vie ici », elle semble faire les frais du contexte géo-politique actuel. Une crise diplomatique entre Russie et États-Unis, faisant de la basketteuse « une prise de guerre », comme l’écrit toujours Le Monde.

« Bien que les lois antidrogues soient très sévères en Russie, un étranger arrêté en possession d’une petite quantité – comme les deux cartouches d’huile de cannabis trouvées dans les bagages de Griner – risque en général un mois de prison, une amende et une expulsion », continue le quotidien. Mais avec l’invasion russe de l’Ukraine et la crise internationale, la situation est devenue bien plus complexe. Et Brittney Griner fait les frais de ces relents de guerre froide.

L’avenir de Brittney Griner écrit dans la « diplomatie silencieuse » ?

Bien sûr, la championne américaine a fait appel de la décision de la justice russe. Mais son avenir semble s’écrire loin des tribunaux. Car entre Washington et Moscou, la tendance est plutôt à la négociation. Un échange de prisonnier est envisageable. La Russie s’est dit « prête » à en discuter. « Les discussions sur le sujet très sensible d’un échange de (prisonniers) se déroulent via des canaux choisis par nos présidents », a expliqué Alexander Darchiev, directeur du département Amérique du Nord au ministère russe des Affaires étrangères.

Le « marchand de la mort » contre « BG » ?

En ce sens, les États-Unis affirment avoir fait une « offre conséquente » aux Russes. C’est là que l’histoire de Brittney Griner, qui pourrait être portée au cinéma, rejoint celle de Viktor Bout… dont la vie a déjà été adaptée sur grand écran ! Arrêté en Thaïlande en 2008 et purgeant une peine de 25 ans de prison aux États-Unis, Viktor Bout n’est autre qu’un célèbre trafiquant d’armes, surnommé « le marchand de la mort », ayant largement inspiré le film Lord of War et le personnage incarné par Nicolas Cage.

« La Russie cherche à obtenir la libération de Viktor Bout depuis longtemps », a confirmé Alexander Darchiev. « La diplomatie silencieuse continue et devrait porter ses fruits si, bien sûr, Washington se garde de tomber dans la propagande », a-t-il ajouté. Devenue un « pion politique » selon son agent, Brittney Griner espère simplement, avant de retrouver les parquets, « rentrer à la maison »…

 

Bandeau Huile CBD 40%

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Publié le

Juicy Fields, une arnaque à 500 millions d’euros ? [GREENEWZ]

Juicy Fields, une arnaque à 500 millions d'euros ?

Juicy Fields, une arnaque à 500 millions d’euros ?

L’entreprise Juicy Fields a-t-elle arnaqué des milliers de clients ? C’est la question qui se pose actuellement alors que la société se voit notamment poursuivie en Espagne par plusieurs centaines de personnes lésées. De l’autre côté des Pyrénées, cette plainte collective vise la société Juicy Fields et l’accuse « d’escroquerie », de « détournement de fonds » et de « blanchiment d’argent », explique l’avocat espagnol Norberto Martinez à l’AFP. Elle regroupe en Espagne 1200 plaignants, mais le nombre de personnes touchées pourrait être bien plus important à travers le monde. Et les sommes envolées se compteraient en centaines de millions d’euros…

Juicy Fields, une pyramide de Ponzi ?

Mais comment fonctionne cette société ? Juicy Fields proposait aux internautes d’investir dans des plants de cannabis médicinal. Vous achetiez un certain nombre de plantes en ligne et la plateforme assurait un retour sur investissement quelques semaines plus tard de l’ordre de « 29 à 66% ». Cependant, c’est potentiellement une pyramide de Ponzi qui s’est édifié sous les yeux des acheteurs. Les premiers investisseurs étaient en effet rémunérés avec « les fonds apportés par les nouveaux entrants », écrit Libération.

Le succès avant la chute

Près de 10 000 connexions par jour au plus fort de la plateforme, des sommes astronomiques engagées de par le monde, des partenariats avec Canopy Growth ou Aurora (d’importants producteurs canadiens)… Juicy Fields a vécu de beaux jours jusqu’à cet été. Le 11 juillet, « les possibilités de retrait d’argent ont été bloquées et les comptes adhérents progressivement fermés ». Puis, « L’alarme a été donnée le 13 juillet, lorsque le site internet de Juicy Fields a cessé de fonctionner », précise le cabinet d’avocats Martinez-Blanco.

Ce dernier estime que « la baisse du nombre de nouveaux investisseurs, mais aussi la chute du marché des cryptomonnaies, auraient entraîné la faillite de la société », rapporte toujours Libération. Depuis les plaintes d’investisseurs ayant vu leur mise disparaître affluent. Près de 4500 victimes en Espagne, des plaintes individuelles également déposées en France et une action collective qui devrait rapidement être engagée, après des centaines de témoignages, indique à l’AFP l’avocat Arnaud Delomel.

Que s’est-il passé avec Juicy Fields ?

Selon l’avocat français cité par actu.fr, deux hypothèses existent. « Nous pouvons être face à une arnaque, auquel cas le but était dès le début d’escroquer les investisseurs ». Mais il est également possible que l’entreprise soit « victime d’un détournement de fonds par certains de ses dirigeants ou employés ». Difficile pour l’heure de connaître la vérité.

Quoi qu’il en soit, « on parlerait de dizaines de millions d’euros perdus par les investisseurs », continue Arnaud Delomel. Le site Vice parle de « la plus grosse arnaque de tous les temps dans le secteur du cannabis ». L’avocat suédois Lars Olofsson déclare à BusinessCann : « C’est tout simplement hallucinant, pourtant nous sommes des avocats endurcis qui en avons vu beaucoup ». Sa société spécialisée dans ce type de fraude estime à 700 millions d’euros d’investissements perdus. « Ce n’est en tout cas pas moins de 500 millions d’euros », précise-t-il.

La mafia russe impliquée ?

Lars Olofsson va plus loin dans son raisonnement. « Quand je regarde le modèle économique, l’équation ne tient pas. Et puis quand je regarde plus loin dans le montage, il y a toutes les marques de la conception d’une escroquerie », explique-t-il à BusinessCann, qui ajoute : « Du point de vue de M. Olofsson, cette affaire porte toutes les marques de mafia russe ». Depuis le montage, jusqu’aux personnes impliquées et même à la façon de communiquer.

« Tout disparaît, mais ils laissent derrière eux des personnes qui communiquent via les différents réseaux sociaux. Ils essayent de vous faire croire que vous n’avez pas été arnaqué. Il reste des gens pour communiquer et vous rassurer, c’est l’une des sophistications de l’arnaque ».

Lars Olofsson

Reste maintenant à savoir quelles procédures seront engagées. « C’est la JUNALCO  (chargée de la lutte contre le crime organisée) qui décidera ou non d’enquêter, mais les faits rapportés relèvent selon moi d’une procédure pénale », estime l’avocat Arnaud Delomel. En attendant, selon Lars Olofsson, ce sont plus de 120 000 personnes qui pourraient avoir été piégées par Juicy Fields…

 

Avec Greenboyz, 100% de sérénité

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Des sénateurs français veulent légaliser le cannabis [GREENEWZ]

Des sénateurs français prônent la légalisation du cannabis

Des sénateurs français veulent légaliser le cannabis

« Intenable ». C’est par ce terme que des sénateurs français ont qualifié la situation entourant le cannabis dans le pays. Ils sont 31 sénateurs, issus du groupe socialiste, écologiste et républicain, à signer une tribune dans Le Monde, plaidant pour la légalisation du cannabis. Sous la houlette de Gilbert-Luc Devinaz, le groupe de sénateurs français annonce lancer une concertation dans le but de déposer une proposition de loi légalisant le cannabis.

« Alors que c’est interdit, 1,5 million de personnes consomment » du cannabis récréatif en France, selon un rapport de l’Assemblée nationale. « Face à une situation qui nous échappe », écrivent les sénateurs, « il est de la responsabilité du législateur d’apporter des réponses aux préoccupations légitimes qui existent ». Pour cela, les signataires de cette tribune appellent à « sortir du procès en laxisme fait aux tenants d’une évolution du cadre légal » face à ce « sujet de société ». Ces sénateurs français socialiste souhaitent donc « apporter [leur] pierre à l’édifice ».

Une répression « inefficace, inefficiente et injuste »

Pour le groupe de sénateur, le constat est clair. « La répression engagée dans le cadre de la prohibition est inefficace, inefficiente et injuste ». Elle ne protège pas les jeunes, maintient « des quartiers dans une dépendance très forte » et mobilise d’importants moyens pour un résultat « quasi nul ». Parallèlement, les membres du Sénat jugent que les Français, eux, sont « prêts à débattre de la consommation du cannabis dit récréatif ». Ainsi, c’est dans la « perspective d’une législation efficace » que les signataires annoncent le début de leur concertation sur le sujet.

Des sénateurs français prônent « la légalisation » du cannabis

Face à « cette situation intenable », deux solutions se posent. Mais le groupe socialiste au Sénat ne veut pas entendre parler d’une dépénalisation du cannabis. Une « option démagogue et populiste », qui consiste selon eux à maintenir l’interdiction et supprimer les peines encourues. Autrement dit, « acheter la paix sociale avec un certain cynisme », estiment les signataires.

Ces derniers prônent donc l’autre solution : la légalisation. « Sans minimiser l’impact sanitaire de la consommation du cannabis, nous considérons, à l’instar des politiques publiques existantes pour le tabac et l’alcool ou encore les jeux d’argent, que la légalisation donnera les moyens d’agir plus efficacement pour protéger davantage nos concitoyens et notamment notre jeunesse. »

Celle-ci aurait potentiellement de nombreux bénéfices. Contrôle de la qualité des produits consommés, frein aux trafics, financement de la prévention et de la réinsertion par la taxation des produits et les recettes fiscales, redéploiement des moyens de répression vers d’autres missions.

Le Sénat doit jouer son rôle

En prenant le sujet à bras le corps, le groupe des sénateurs français signataires de cette tribune entend jouer son rôle de « régulateur » en tant que puissance publique. Ils comptent donc « déposer dans les mois à venir une proposition de loi pour répondre à cet enjeu ». Il reste « des arbitrages à rendre sur les modalités d’encadrement, sur l’âge légal de consommation ou encore sur les systèmes de production qu’il convient de mobiliser, en se basant sur le tissu économique de production de chanvre existant d’ores et déjà dans notre pays », à l’image de ce qu’a pu faire l’Allemagne récemment. « L’opinion publique est prête, il faut que le législateur agisse ».

 

LES 31 SIGNATAIRES

David Assouline, sénateur de Paris ; Joël Bigot, sénateur du Maine-et-Loire ; Nicole Bonnefoy, sénatrice de la Charente ; Rémi Cardon, sénateur de la Somme ; Marie-Arlette Carlotti, sénatrice des Bouches-du-Rhône ; Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France ; Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français établis hors de France ; Thierry Cozic, sénateur de la Sarthe ; Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice de Paris ; Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône ; Jérôme Durain, sénateur de la Saône-et-Loire ; Rémi Féraud, sénateur de Paris ; Martine Filleul, sénatrice du Nord ; Hervé Gillé, sénateur de la Gironde ; Laurence Harribey, sénatrice de la Gironde ; Olivier Jacquin, sénateur de la Meurthe-et-Moselle ; Patrice Joly, sénateur de la Nièvre ; Bernard Jomier, sénateur de Paris ; Patrick Kanner, sénateur du Nord ; Eric Kerrouche, sénateur des Landes ; Jean-Yves Leconte, sénateur des Français établis hors de France ; Monique Lubin, sénatrice des Landes ; Didier Marie, sénateur de la Seine-Maritime ; Michelle Meunier, sénatrice de la Loire-Atlantique ; Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme ; Emilienne Poumirol, sénatrice de la Haute-Garonne ; Angèle Préville, sénatrice du Lot ; Christian Redon-Sarrazy, sénateur de la Haute-Vienne ; Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine ; Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise ; Jean-Claude Tissot, sénateur de la Loire.

Moon Rock CBD pub

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !

Publié le

Allemagne : la légalisation du cannabis approche à grands pas

Allemagne : la légalisation du cannabis approche

Allemagne : la légalisation du cannabis approche à grands pas

« Il n’y a guère d’autre sujet de politique des drogues qui préoccupe autant les gens depuis des décennies que le cannabis », a récemment déclaré Burkhard Blienert, commissaire fédéral aux drogues en Allemagne. Il faut dire que chez nos voisins, le sujet a pris une nouvelle ampleur depuis novembre 2021. En effet, en Allemagne, la légalisation du cannabis figurait dans le programme d’une nouvelle coalition politique. Désormais au pouvoir, celle-ci vient de lancer, le 6 mai 2022, un « processus de consultation approfondi » afin de « rassembler les connaissances et les expériences, mais aussi d’aborder très ouvertement les objections et les réserves » quant à la légalisation du cannabis. Greenboyz décrypte ce qu’implique et comment sera mis en place ce changement majeur de l’autre côté du Rhin, et ce que la décision allemande peut changer en France.

Bientôt le « premier joint légal » en Allemagne ?

Le nouveau gouvernement allemand prépare une sacrée révolution. Verte, celle-ci ! « Nous introduisons la distribution contrôlée de cannabis aux adultes à des fins récréatives dans des magasins agréés », a déclaré la coalition tripartite à la tête du pays de 82 millions d’habitants. Un bouleversement outre-Rhin, même si l’Allemagne autorise déjà l’usage du cannabis thérapeutique depuis 2017. Pour rappel, ce n’est qu’en mars 2020 que la France a lancé l’expérimentation de l’herbe médicinale. Cependant, libéraliser le cannabis récréatif pour toute la population majeure n’implique pas les mêmes moyens ni les mêmes enjeux. C’est pour cela que la coalition lance « un processus de consultation approfondi » et prend son temps avant la rédaction d’un texte de loi, prévu d’ici la fin de l’année 2022. Les préparatifs impliqueront donc les Länder (les régions), les communes, les scientifiques, les associations et la société civile, précise Libération.

Tous les sujets seront donc abordés d’ici l’automne. « La protection de la santé, la culture, les chaînes d’approvisionnement ou encore la taxation », écrit le quotidien français. Le tout avec comme mot d’ordre « la protection de la jeunesse », ajoute Burkhard Blienert. « Au final, ce n’est évidemment pas plus mais moins de jeunes qui doivent consommer du cannabis en Allemagne ». Fin 2018, on estimait à 4 millions le nombre d’Allemands consommateurs annuels de cannabis, contre environ 5 millions en France pour une population moindre. Pas question, donc, d’aller trop vite en besogne, même si le processus avance bien. Le projet de loi doit être déposé d’ici la fin de l’année, pour une application au premier semestre 2022. « Mon objectif personnel est que l’année prochaine, nous soyons prêts à vendre peut-être le premier joint légal », déclarait début mai Marco Buschmann, ministre de la justice.

https://twitter.com/ARD_BaB/status/1524372395649343488

Allemagne : la légalisation preuve d’un changement des mentalités

Des propos qu’on n’a pas l’habitude d’entendre de ce côté-ci de la frontière. Tout cela semble notamment venir d’un basculement des mentalités. Comme l’indiquent les déclarations de Karl Lauterbach, ministre de la santé allemand. « J’ai changé d’avis à ce sujet au cours des deux dernières années. J’ai toujours été opposé à la légalisation du cannabis, mais j’ai revu ma position. Je pense que les dangers d’une non-légalisation sont plus importants », a-t-il expliqué à Handelsblatt. Des dangers notamment liés au cannabis de synthèse. Une étude de l’université d’Ulm constatait huit fois plus de cas de psychoses liées à la consommation de cannabis en 2019 qu’en 2011. La cause : de l’herbe coupée aux adhésifs de synthèse et des taux de THC délirants. La légalisation du cannabis permettra une production encadrée, alors que près de Dresde, les premières récoltes d’un cannabis 100% allemand, destiné au marché médical, viennent d’être effectuées.

Mais le sujet fait-il débat au sein de la population allemande ? « On en parle, mais sûrement moins que si cela se passait en France », juge Johan, expatrié à Erhfurt depuis quatre ans. « C’est un sujet de conversation, mais pas beaucoup plus. Et c’est encore à l’état de projet. Je pense que la majorité des jeunes est pour la légalisation du cannabis. Chez les plus âgés, il y a encore quelques réticences ». Les mentalités évoluent donc, mais les restes de décennies d’un discours diabolisant se font encore sentir. « On entend encore des choses comme le cannabis est un tremplin vers d’autres drogues, mais les jeunes sont plus préoccupés par les dégâts engendrés par une herbe coupée ou trop forte », explique Johan. Des craintes que la légalisation pourrait faire disparaître. « Globalement, l’Allemagne est plus ”cool” que la France sur le cannabis », conclut-il.

Une manne financière, quatre ans d’expérimentation

La coalition entre les Verts, les socio-démocrates du SPD et les libéraux du FDP s’accorde également sur la question de la légalisation du cannabis en Allemagne. Chaque ministre y va de son commentaire. Celui des finances, Christian Lindner, écrivait le 6 mai sur Twitter : « Une question que de nombreuses personnes me posent sans cesse : quand la Bubatz [argot allemand pour le cannabis] sera-t-elle légale ? Je dirais : bientôt. » Pour les caisses de l’État allemand, c’est évidemment une énorme manne financière. La légalisation du cannabis pourrait rapporter 4,7 milliards d’euros de recettes fiscales annuelles. Ainsi que créer environ 21 000 emplois, selon une étude de l’université de Düsseldorf.

Les professionnels, déjà engagés dans la production d’un cannabis à but thérapeutique, se frottent évidemment les mains. « Au début, on se demandait s’il fallait légaliser ou pas. Maintenant, le débat c’est comment faire cela correctement. Avec la légalisation, tout le monde est gagnant », estime le PDG de Demecan, Constantin Von der Groeben. Le cannabis est déjà là, mais il se vend sur le marché noir en toute illégalité. Cela doit et peut changer si on régule tout cela intelligemment ». L’Allemagne a donc totalement changé son point du vue sur le cannabis. Un basculement dans les plus hautes sphères du pouvoir qui donne un énorme coup d’accélérateur à la filière. Prudente, elle testera sur une période de quatre ans son cannabis récréatif légal, avant de tirer un premier bilan. La France, souvent prompte à suivre son voisin, s’inspirera-t-elle du futur modèle allemand ?

Publié le

La prohibition du cannabis aux États-Unis et son impact mondial

La prohibition du cannabis aux Etats-Unis

La prohibition du cannabis aux États-Unis et son impact mondial

Nombre d’états américains autorisent désormais la commercialisation du cannabis, y compris dans le cadre récréatif. Pourtant les États-Unis ont organisé, dans les années 1930, la prohibition du cannabis. À grand renfort de slogans effrayants, de faits divers glauques, poussés par le racisme inhérent à la société américaine et les lobbyistes, les USA ont déclaré le cannabis ennemi public numéro un, avant de faire récemment, état par état, machine arrière. Et même si le cannabis refleurit de par le monde, l’impact de sa diabolisation reste fort dans certains pays. Et quelques-uns de nos politiques utilisent les mêmes arguments que les acteurs de cette prohibition il y a plus de 80 ans. Revenons donc quelques dizaines d’années en arrière et penchons-nous sur la façon dont l’administration américaine a tenté de façonner l’opinion de ses citoyens. Et accusé le cannabis de tous les maux.

Une prise de conscience au tournant du XXe siècle

Dès 1800, l’Amérique entre de plain-pied dans l’ère des drogues médicales. La morphine s’impose et se vend librement comme des petits pains. Aucune prescription n’est nécessaire pour s’en procurer et 400 000 soldats reviennent dépendants à la suite de la guerre de Sécession (1861-1865). À cela s’ajoute l’arrivée en force de l’opium sur le territoire américain, notamment dans les bagages des immigrés chinois venus travailler sur les chemins de fer des États-Unis. L’automédication est encore la règle et, en 1900, plus de 600 médicaments contiennent des opiacés ou de la morphine. Tout est légal, les dangers de ces produits sont largement méconnus et on estime, au début du XXe siècle, à 330 000 le nombre d’Américains consommateurs réguliers de morphine ou d’opium.

Le début de la guerre contre la drogue

Aux États-Unis, comme dans le monde entier, une prise de conscience s’effectue. Au pays de l’Oncle Sam, ce sont les médias qui vont les premiers mettre en avant les dangers de ces « médicaments » et de la drogue en accès libre. On raconte les ravages de ces produits dans les journaux et, petit à petit, les premières législations se mettent en place. Le Food and Drug Act est mis en place en 1905. Une convention sur l’opium se tient à Shanghai en 1905, avant que le premier traité international de lutte contre la drogue soit signé en 1912 à La Haye. Puis, en 1919, la Cour Suprême américaine interdit purement et simplement la prescription de drogues par les médecins, y compris la morphine. L’approche américaine est pourtant mauvaise, considérant la toxicomanie non pas comme une dépendance, mais comme un vice.

Les effets pervers de la prohibition et une propagande teintée de racisme

Ignorer la dépendance, cela signifie notamment de laisser pour compte les soldats revenus de la Grande Guerre morphinomanes. Cela sera également un argument quelques années plus tard, on entendra notamment dire que les drogués sont faibles, puisqu’ils… se droguent. Mais cette guerre contre les drogues s’accompagne d’une forte prohibition. Et ses effets pervers se voient immédiatement, notamment dans le cas de l’alcool. On verra sur cette période (1920 à 1933) une consommation qui ne diminue pas. Et des produits plus forts s’imposer, comme le whisky à la place de la bière, ainsi que de moins bonne qualité, voire frelatés. Parallèlement, la criminalité liée aux trafics va croissante. Mais l’effort des USA contre les drogues est conséquent et s’accompagne d’une propagande puissante, orientant le regard de la société vers ce qu’on considère comme un véritable fléau national.

Cette manipulation de masse a deux objectifs : faire peur à la population et en stigmatiser une autre partie. Et, comme souvent aux États-Unis, le racisme et la xénophobie tiennent une place importante dans les discours politiciens. Hamilton Wright accuse notamment les Chinois de pervertir la jeunesse américaine avec l’opium, en visant principalement les jeunes filles blanches. Il déclare ensuite, en 1910, que « la cocaïne est la cause directe des viols commis par les nègres (sic) ». La drogue rendrait les Afro-Américains violents, presque invincibles et surpuissants face aux armes de la police. Une police qui va, pour cette raison, passer du calibre 32 au calibre 38 dans le Sud des USA. La presse relaie largement ces propos et images dévastateurs, le moindre fait divers tend à accuser la drogue et le non-blanc.

Propagande anti-cannabis
Prospectus d’avertissement distribué dans les transports en commun américains dans les années 1930.

Harry Anslinger, le « McCarthy de la drogue »

Vingt ans après les propos de Hamilton Wright, les choses n’ont pas vraiment changé aux États-Unis. Le courant et la pensée politiques sont les mêmes, la prohibition de l’alcool est toujours en cours. Un certain Harry Anslinger en est d’ailleurs le commissaire auxiliaire, avant de prendre le poste, en août 1930, de premier commissaire du Federal Bureau of Narcotics. Puritain à l’extrême et ultra-conservateur, il va faire de la lutte contre le cannabis son cheval de bataille, cherchant notamment à asseoir son poste après la fin de la prohibition de l’alcool. Anslinger va mettre en place les mêmes techniques et arguments que Wright. Sa propagande est violente et largement relayée. « La marijuana est la drogue qui a causé le plus de violence dans l’histoire de l’humanité », dit-il. « Elle nous dirige vers le pacifisme et le lavage de cerveau communiste ».

Il ajoute : « Combien de meurtres, de suicides, de vols, d’agressions criminelles, de cambriolages et d’actes de folie maniaque le joint provoque-t-il chaque année ? Personne ne sait, lorsqu’il porte un joint de marijuana à ses lèvres, s’il deviendra un fêtard joyeux, un fou insensé, un philosophe ou un assassin ? » Anslinger utilise un horrible fait divers face au Congrès américain, en 1937, pour appuyer sa propagande. Il raconte l’histoire du massacre opéré par Victor Lacata, qui tua toute sa famille à la hache, rendu fou, selon Anslinger, par sa consommation de marijuana. Les scientifiques ne sont pas d’accord. Sur les 30 qu’Anslinger interrogent, 29 estiment que les effets du cannabis sont négligeables. Le patron du Bureau des Narcotiques ne publie que le trentième avis, qui abonde en son sens. Résultat : la même année, le Congrès fait de la possession de marijuana un crime fédéral, en votant le Marihuana Tax Act.

Affiche film Reefer Madness 1936
Affiche du film Reefer Madness (1936).

Une prohibition du cannabis déguisée, un racisme affiché

Le Marihuana Tax Act instaure la taxation de tous les acteurs de la filière du chanvre. Des importateurs aux producteurs, en passant par les industriels, les médecins, tous y sont soumis et les peines en cas d’infraction sont si lourdes qu’elles dissuadent de l’usage du cannabis.

Parallèlement, Anslinger continue ses efforts de diabolisation, en insistant toujours plus sur la question raciale. Avec les Afro-Américains, les Mexicains sont aussi des boucs-émissaires. Toujours avec les mêmes arguments. Des jeunes femmes blanches corrompues et perverties par des Noirs ou des Mexicains fumeurs de marijuana, drogue qui libèrent leurs instincts. Des instincts bestiaux et dépravés selon Anslinger. Ses propos sont hallucinants. Il dit : « Le joint fait croire aux Nègres qu’ils sont aussi bons que les Blancs. La plupart des fumeurs de marijuana sont des gens de couleur, des musiciens de jazz et des artistes. Leur musique satanique est animée par la marijuana, et sa consommation par des femmes blanches les pousse à avoir des relations sexuelles avec des Nègres. C’est une drogue qui cause la folie, la criminalité et la mort ». Le lavage de cerveau est massif, et ce lien entre drogue et racisme va longtemps perdurer.

La Une du Ogden Standard en 1915
La Une du Ogden Standard en 1915.

De puissants lobbies appuient la prohibition du cannabis

Si Anslinger est persuadé de son combat, il n’est pas seul dans sa sombre entreprise. En effet, la mise au ban du chanvre arrange de nombreux industriels. Forestiers et papetiers ne voient pas d’un bon œil l’usage du chanvre prendre potentiellement le pas dans leur business. Le nylon et le coton sont favorisés dans le très large secteur du textile au détriment du chanvre. Le pétrole prédomine et éclipse les biocarburants naturels. Les vendeurs de pesticides comptent bien, quant à eux, profiter au maximum de leur activité. Les lobbies industriels appuient donc fortement la politique de prohibition du cannabis menée par Harry Anslinger. Et ce dernier est à ce point obnubilé par le cannabis qu’il laisse passer la diffusion massive des amphétamines, légales jusqu’en 1970. Cette politique va profondément changer l’image du cannabis et l’usage du chanvre de par le monde. La production s’effondre, le cannabis est diabolisé. Mission accomplie pour Anslinger.

https://www.youtube.com/watch?v=QR9sDYPjNfI
Les Dangers de l’addiction à la Marijuana, 1951.

Les dégâts d’une politique hypocrite et raciste

Harry Anslinger reste le patron du Bureau jusqu’en 1962 et ses 70 ans, âge obligatoire de la retraite pour de telles fonctions. Sa fin de carrière est marquée par ses tentatives de blocage de publications critiquant la guerre contre la drogue. Et, donc, des actes d’insubordination. Mais son héritage reste ancré dans les mentalités américaines et sa vision sert des intérêts politiques. En 1968, le futur président Richard Nixon reprend cette thématique comme axe fort de sa campagne. En 2016, un conseiller de l’époque, John Ehrlichman, raconte que la véritable cible n’était pas le trafic de drogue.

« Nixon, dans sa campagne de 1968, puis son administration, avaient deux ennemis : la gauche anti-guerre du Vietnam et les Noirs. Nous savions que nous ne pouvions pas rendre illégal le fait d’être contre la guerre ou contre les Noirs, d’où l’idée d’amener le public à associer les hippies à la marijuana et les Noirs à l’héroïne. Si nous criminalisions lourdement les deux, nous pourrions perturber ces communautés. Nous pourrions arrêter leurs dirigeants, perquisitionner leurs maisons, interrompre leurs réunions et les dénigrer nuit après nuit aux nouvelles du soir. Est-ce qu’on savait qu’on mentait pour la drogue ? Bien sûr que oui. »

John Ehrlichman, conseiller de Richard Nixon en 1968.

Après de longues décennies, la fin de la prohibition du cannabis ?

Les dégâts de décennies de War on Drugs sur les minorités, aux États-Unis mais pas seulement, les mentalités et les populations sont incalculables. Nous en subissons toujours les conséquences aujourd’hui. Mais la question du cannabis se porte désormais plus sur sa légalisation que sur son interdiction. Aux USA, le Marihuana Tax Act laisse sa place en 1970 par le Controlled Substances Act après le cas Thimothy Leary. Condamné en 1965 à 30 ans de prison pour possession illégale de marijuana, il prouva en appel, en vertu du 5e amendement, que la loi étant anticonstitutionnelle, entraînant son acquittement.

Mais il faudra attendre 2012 pour que le Colorado et l’état de Washington deviennent pionniers en matière de légalisation du cannabis. Aujourd’hui, les États-Unis restent divisés sur la question. 18 états ont franchi le cap de l’usage récréatif et 36 de l’usage médical. Et les mentalités évoluent également. Deux tiers des Américains sont désormais favorables à la légalisation du cannabis, contre seulement un tiers en 2000. Nous dirigeons-nous petit à petit vers un monde où le cannabis sera légal partout ?