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Ils veulent punir plus durement la consommation de cannabis [GREENEWZ]

Faut-il punir plus durement le cannabis ?

Ils veulent punir plus durement la consommation de cannabis

Punir plus durement encore la détention, le trafic et la consommation de cannabis ? La solution pour lutter contre cette économie souterraine et les dégâts qu’elle peut engendrer ? C’est ce que pensent des députés issus du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Emmené par l’élu des Bouches-du-Rhône Lionel Royer-Perreaut, ils proposent de durcir les lois sanctionnant les stupéfiants. Pour cette poignée de députés, c’est par la répression que la guerre anti-drogues se doit d’être menée.

« Comme le soulignaient les députés Éric Poulliat et Robin Reda dans leur rapport Usage de stupéfiants : de la dépénalisation de fait à l’amende forfaitaire (2018) : « Le nombre d’interpellations d’usagers de stupéfiants n’a cessé de croître pour atteindre près de 140 000 interpellations en 2016″, expliquent les députés en préambule de leur proposition de projet de loi.

Punir, l’argument numéro un

Pour ces élus de la majorité présidentielle, il faut donc punir plus durement, du consommateur au trafiquant. La loi du 31 décembre 1970 a théoriquement interdit l’usage de stupéfiants dans notre pays, prévoyant jusqu’à un an de prison et 3 750 euros d’amende pour la consommation de drogues. La population française est pourtant la plus grosse consommatrice de stupéfiants en Europe. Elle compte 1 million de consommateurs quotidien, et 4 à 5 millions occasionnels », écrivent-ils.

« Le premier terreau sur lequel prospèrent les trafics de stupéfiant, c’est évidemment la consommation. Aucune consommation n’est anodine et participe au contraire à la vitalité d’un système lucratif pour les délinquants », jugent ces députés Renaissance. « Les trafics de stupéfiants sont ainsi la cause directe de nombreux règlements de compte, notamment en région parisienne ou dans les cités marseillaises. Les riverains subissent la présence de points de deal et leurs nuisances, à toute heure de la journée et de la nuit. »

« Renforcer la dissuasion et la répression »

La solution pour remédier à ces problèmes de société ? Punir ! « Cette situation ne peut plus durer, et il est temps que les consommateurs de stupéfiants prennent conscience qu’ils participent à une activité mortifère. Pour mener cette lutte sur tous les fronts, il conviendrait ainsi de renforcer la dissuasion et la répression de l’usage de stupéfiants, en complément de l’action proactive de nos forces de police. Cette proposition de loi propose ainsi de durcir les sanctions pour les consommateurs de cannabis et, plus largement, de stupéfiants. »

Malgré l’échec constaté de la politique de guerre contre le cannabis menée depuis des décennies, les députés Renaissance porteurs de cette proposition de projet de loi estiment qu’il convient encore de punir sévèrement pour tenter de réguler les trafics. Pourtant, la tendance mondiale va vers l’assouplissement des lois concernant le cannabis, avec un grand nombre de pays franchissant le pas de la légalisation, à l’image de nos voisins allemands.

Augmenter l’amende forfataire

Pour parvenir à leurs fins, le groupe de députés porteurs de projet émet trois articles visant à punir plus durement la consommation de stupéfiants.

Premièrement, « le rehaussement de l’amende forfaitaire délictuelle pour la consommation de stupéfiants, de 200 à 500€
de sanctionner la consommation de drogues par « une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, ou par le personnel d’une entreprise de transport terrestre, maritime ou aérien, de marchandises ou de voyageurs exerçant des fonctions mettant en cause la sécurité du transport » par 5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende ».

Ils veulent également « ouvrir les amendes forfaitaires aux mineurs à partir de 16 ans, en primo-infraction et en récidive » et ajouter des circonstances aggravantes à la consommation de cannabis, comme par exemple la consommation en présence de mineurs.

 

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L’Ohio veut réviser ses lois sur le cannabis médical [GREENEWZ]

Ohio cannabis médical

L’Ohio veut réviser ses lois sur le cannabis médical

Dans l’Ohio, aux États-Unis, le cannabis médical est légal depuis 2016. Cependant, deux législateurs républicains cet État du Nord-Est des USA veulent revenir sur les lois qui régissent la distribution de cannabis thérapeutique. Ils ont proposé un projet qui vise à créer une nouvelle agence de contrôle, mais aussi à élargir la production et l’accès aux médicaments et l’ont déposé devant les chambres de l’État. Pour les deux sénateurs de l’Ohio Steve Huffman et Kirk Schuring, qui portent cette révision, le but est « de rationaliser les choses ».

On pourrait croire qu’il ne s’agit là que d’une formalité. Pourtant, dans cet État qui n’a pas encore légalisé le cannabis récréatif, les opposants restent puissants. En 2021, un projet similaire avait été adopté par le Sénat, mais rejeté par la Chambre des représentants. Pour les deux sénateurs donc, il va falloir convaincre les opposants. « J’espère que les membres de la Chambre seront à l’aise avec ce projet », a déclaré le sénateur Steve Huffman.

Faciliter tous les accès au cannabis médical dans l’Ohio

Plusieurs mesures accompagnent le projet des deux élus de l’Ohio. La première concerne directement la production de la plante. « Ce que nous avons constaté, c’est que beaucoup de cultivateurs veulent se développer et cultiver davantage », a commenté Steve Huffman aux médias locaux. « Il y a plus de cultivateurs, il y a plus de demande. Ils déposent une demande auprès du ministère du commerce, et elle reste là pendant 18 mois, deux ans. J’espère que cette mesure permettra d’alléger la bureaucratie et de rationaliser les choses pour améliorer le fonctionnement de l’industrie. »

Parallèlement, les deux sénateurs veulent faciliter l’accès au cannabis médical auprès de plus en plus de patients dans l’Ohio. Le projet de loi inclurait de nouvelles pathologies autorisant l’accès à des médicaments à base de cannabis. Cela concernerait notamment certains troubles du spectre autistique, l’arthrite, certaines formes de migraines, spasmes musculaires et troubles liés à l’utilisation d’opiacés. Actuellement, « le plus grand distributeur pour les Ohioans est dans le Michigan », a regretté Steve Huffman, l’État voisin aux lois plus libérales sur le cannabis thérapeutique et son accès.

 

Augmenter la production, réduire les coûts

Il faut donc recentrer les débats au maximum sur l’Ohio et relancer toute la machine économique de l’industrie locale deu cannabis médical. « S’il est adopté, notre projet de loi rendra les produits de cannabis médical sûrs et testés accessibles à davantage d’Ohioans en élargissant les conditions de qualification, en autorisant des formes d’administration supplémentaires et en codifiant les mécanismes permettant une croissance responsable et progressive de l’industrie », expliqué pour sa part Trent Woloveck qui travaille dans le secteur, au High Times.

« En fin de compte, les changements proposés dans cette loi faciliteront une chaîne d’approvisionnement stable, réduiront les prix des produits et bénéficieront généralement aux patients de l’Ohio », ajoute-t-il. En attendant, il va falloir que le projet passe les votes des deux chambres en Ohio, où le Sénat semble tout de même pencher en sa faveur. Il faudra attendre la décision de la chambre des représentants pour faire évoluer la loi sur le cannabis médical dans l’État qui borde le lac Erie.

Qu’en est-il du cannabis récréatif ?

Mais pour ce qui est du cannabis récréatif à usage adulte, c’est un autre débat. Steve Huffman, qui est aussi médecin regretterait qu’une telle loi arrive trop vite, sans quoi, selon lui, il n’y aurait pas « beaucoup d’industrie de la marijuana médicale ». Beaucoup de personnes concernées passeraient directement par le secteur récréatif. Un effet a contrario de ce qu’espèrent les sénateurs porteurs du projet de loi qui se veut bénéfique à l’industrie du cannabis médical dans l’Ohio, dans un premier temps.

Pourtant il ne se dit pas contre sur le principe. « Ce projet de loi, pour moi, ne concerne pas tant l’initiative de vote, mais de faire l’industrie aussi bien que nous pouvons », s’est-il justifié. En attendant, pour le cannabis médical en Ohio, s’est un nouveau test après l’échec de 2021.

 

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La réparation sociale par le cannabis débute à New York [GREENEWZ]

La réparation sociale par le cannabis à New York

La réparation sociale par le cannabis débute à New York

Les États-Unis mettent en place leur volonté de réparation sociale pour les personnes victimes de la guerre contre la drogue, et notamment contre le cannabis. Depuis des décennies, le pays de l’Oncle Sam sanctionnait très sévèrement les Américains pris en possession de la plante longtemps diabolisée. Mais par l’intermédiaire du président Joe Bien, les USA affichaient leur volonté de rendre justice à ses concitoyens, notamment les minorités, qui avaient été particulièrement visées et fermement, souvent trop fermement, condamnées par les autorités.

À New York, les premiers dispensaires ouvrent

Dans l’une des villes les plus connues du monde, le cannabis est désormais légal. Et les premiers dispensaires ouvrent tout juste leurs portes, après une longue attente et surtout un chemin de croix afin d’obtenir des licences de commercialisation. On pouvait s’attendre à l’arrivée de poids lourds sur le marché new-yorkais, mais les autorités ont décidé d’agir autrement. La réparation sociale va bien avoir lieu, avec l’exemple du deuxième dispensaire, qui ouvre en ce début d’année 2023.

« Ce dispensaire est le dernier exemple de nos efforts pour construire l’industrie du cannabis la plus équitable et la plus inclusive du pays », a d’ailleurs déclaré la gouverneure démocrate Kathy Hochul. « Alors que nous continuons à travailler pour réparer les torts du passé, j’attends avec impatience l’ouverture prochaine de nouveaux dispensaires, appartenant à ceux qui sont les plus touchés par la surveillance excessive de la prohibition du cannabis. » L’élue cite donc l’exemple de Roland Conner, premier bénéficiaire de ce système de réparation sociale.

Une réparation sociale pour Roland Conner

En effet, cet homme, qui fut condamné suite à la politique répressive en matière de cannabis, va ouvrir Smacked LLC à Manhattan. La deuxième boutique à ouvrir à New York, après la première gérée par une organisation à but non-lucratif, qui lutte contre le Sida et les problèmes liés à ce qu’on appelle outre-Atlantique « l’itinérance », des personnes sans domicile fixe. Roland Conner, lui, se réjouit. « Je suis tellement excité de faire partie de l’histoire en tant que premier individu à ouvrir un dispensaire de cannabis légal à New York. Compte tenu de mon expérience avec le cannabis, je n’aurais jamais pu imaginer que j’ouvrirais un magasin comme celui-ci. »

« Je suis reconnaissant d’avoir l’opportunité d’ouvrir une entreprise avec mon fils et ma femme à mes côtés et de créer une richesse générationnelle, en travaillant ensemble, ici même à New York. Mais il ne s’agit pas seulement de moi et de ma famille. Il s’agit de tous ceux qui ont été lésés par les lois draconiennes sur les drogues par le passé », a-t-il réagi sur le site de l’État de New York au sujet de ce système de réparation sociale. « L’engagement de New York à réparer ces torts par la loi est une source d’inspiration. Je suis la preuve de cet engagement parce que je suis ici aujourd’hui. »

Une fierté new-yorkaise après des années de répression

La sénatrice Liz Kruger, partie prenante dans la légalisation du cannabis à New York, se félicite elle aussi. « Après des années de travail des défenseurs, il est très gratifiant de voir le marché du cannabis au détail pour adultes commencer enfin à prendre forme, et de le faire en mettant l’accent sur l’équité et en réparant les dégâts de la guerre ratée contre la drogue. » Des aveux longtemps attendus aux États-Unis, dont les autorités espèrent de ce principe de réparation sociale sera le début d’une rédemption plus large.

La cheffe de la majorité à l’Assemblée, Crystal Peoples-Stockes, s’est dit « fière de voir l’État de New York continuer à donner suite à cet engagement avec l’ouverture de ce dispensaire de vente au détail à usage conditionnel pour adultes, détenu par un titulaire de licence d’équité sociale et économique et soutenue par le New York Cannabis Social Equity Investment Fund ». Un grand pas en avant aux États-Unis dans la réhabilitation non seulement du cannabis, mais aussi de toutes les personnes lésées par des années de lutte contre une plante qui est désormais démocratisée dans une majorité des États américains.

 

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Le chanvre textile veut revenir sur le devant de la scène [GREENEWZ]

chanvre textile

Le chanvre textile veut revenir sur le devant de la scène

Premier producteur européen de la « plante aux mille vertus », la France veut développer le chanvre textile. La culture de cette plante représente 22 000 hectares, soit 37% des surfaces européennes. Notre pays se classe même au troisième rang mondial pour la culture de chanvre. Une forme de « reconquête », comme l’écrit Ouest-France, alors qu’elle avait quasiment disparu dans les années 1960, après une très longue et importante exploitation les siècles précédents.

Utilisée dans bien des secteurs, la plante veut désormais prendre une part plus importante dans l’industrie textile. « Les surfaces ont été multipliées par trois en dix ans. On s’attend à ce qu’elles doublent d’ici à cinq ans. 50 millions d’euros seront investis dans les prochaines années pour construire de nouvelles chanvrières, augmenter les capacités de production », explique au quotidien du grand ouest Franck Barbier, président de Interchanvre et cultivateur lui-même.

Le chanvre textile largement minoritaire dans nos vêtements

Le chanvre textile apparaît donc comme un débouché à « forte valeur ajoutée » et la plante conquérir d’autres secteurs que ceux du bâtiment ou du bien-être. La « demande croissante de vêtements éthiques » et les enjeux environnementaux poussent le chanvre textile à se développer. « La fibre est travaillée pour la rendre suffisamment fine et de même longueur que le coton. Le résultat, appelé « chanvre cotonisé », permet d’intégrer la filière textile », décrypte Franck Barbier. De plus, « le chanvre a un impact environnemental cinq à huit fois plus faible que le coton. Il n’a besoin d’aucun pesticide ni d’irrigation ».

Mais il va falloir de gros efforts pour s’imposer dans un secteur où le coton et les fibres synthétiques représentent l’immense majorité de la production. Le coton représente 30% des matières utilisés pour concevoir des vêtements, les fibres synthétiques 69%. Pour le chanvre textile, c’est seulement… 0,1%. « Nous sommes à un niveau statistiquement si faible qu’il se situe sous les radars des flux du textile mondial », analyse Damien Durand, de la confédération européenne du lin et du chanvre.

Les grandes marques de plus en plus intéressées

Pourtant, de grandes marques se tournent vers cette plante, comme Levi’s, Zara ou Tommy Hilfiger, qui souhaitent intégrer le chanvre textile à leurs jeans. En France, la marque Le slip français a créé son premier sous-vêtement en chanvre. « Un sous-vêtement 100 % en chanvre, il faut oublier pour la douceur. Nous avons mis au point un fil composé à 30 % de chanvre et 70 % de lyocell. Cela a demandé beaucoup de recherche et développement, car le fil est plus épais. Il a fallu baisser le rythme des machines et tricoter moins vite », analyse Léa Marie, directrice industrielle de la marque.

« Le chanvre est capable de répondre à plusieurs utilisations que l’on ne soupçonnait pas », juge de son côté Franck Barbier. « Nous menons des recherches sur les variétés pour le textile pour obtenir du fil adapté aux chemises par exemple, ou encore pour réduire le coût des process. Le chanvre textile a un grand avenir. » Et les marques commencent à changer leur fusil d’épaule, après des décennies à dénigrer la plante.

« Nous avons rencontré des marques qui ne voulaient pas entendre parler du chanvre, mais cela a changé », explique pour sa part Mathieu Ebbesen-Goudin, fondateur de la coopérative VirgoCoop, à Fashion Network. « C’est un peu comme pour les légumes : on refusait les produits difformes, alors qu’aujourd’hui c’est presque gage de qualité. Le chanvre a encore des enjeux de régularité, des défauts et grosseurs, mais il répond à une attente réelle des consommateurs qui veulent du naturel, de l’authentique. »

Un avenir prometteur ?

La part du chanvre textile dans la production de vêtements devrait donc croître de manière significative dans les années à venir. Mais il faudra se montrer patient, car la plante revient de loin. L’avenir semble tout de même se conjuguer avec le chanvre dans le secteur du textile. « En vingt-cinq ans, je n’ai jamais vu un engouement aussi fort. On est en train de recréer quelque chose qui avait disparu. Tout réapprendre demande du temps. Mais on y vient ! », se réjouit Benoit Savourat, dirigeant de la Chanvrière, dans l’Aube.

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Le consommateur moyen de cannabis en France vieillit ! [GREENEWZ]

En France, le consommateur de cannabis vieillit !

Le consommateur moyen de cannabis en France vieillit !

En France, le consommateur moyen de cannabis prend de la bouteille ! L’OFDT, l’observatoire français des drogues et des tendances addictives, a révélé dans sa dernière étude, publiée en décembre 2022, que le profil de l’usager moyen de cannabis se faisait plus vieillissant. Une vaste enquête, menée auprès de plus de 23 000 adultes âgés de 18 à 24 ans, dresse le portrait robot de l’usager de la version toujours illégale de la plante, chargée donc en THC. Et les résultats sont, comme l’écrit Le Monde, « tout en contrastes » et « parfois à rebours des idées reçues ».

Le consommateur de cannabis est plus vieux qu’auparavant

La première tendance qui se dégage de l’enquête, c’est la « stabilisation des grands indicateurs de consommation ». En effet, celle-ci démontre que 10,6% de la population majeure française a consommé du cannabis dans l’année. Tandis que 47,3%, environ 18 millions de Français, ont déjà expérimenté la plante enivrante au cours de leur vie. Des chiffres qui restent relativement stables par rapport à la précédente étude de l’OFDT.

Mais ce qui ressort surtout de l’enquête, c’est l’âge moyen du consommateur. En effet, ce dernier a tendance à être plus vieux qu’auparavant. Entre 1992 et 2021, l’âge moyen du consommateur de cannabis en France est passé de 25,1 ans à 32,8 ans. Et chez les plus jeunes, notamment les moins de 25 ans, l’usage est en baisse depuis 2017. Il est passé de 53,5% à 48% pour ceux qui expérimentent le cannabis. Et la consommation régulière est passé de 8,4% à 6,3% entre 2017 et 2021.

Au-delà de 35 ans, la consommation augmente

Parallèlement, « les usagers sont de plus en plus nombreux à déclarer une consommation au-delà de 35 ans, plus encore après 45 ans », écrit le quotidien national. En effet, les 45-54 ans, qui déclaraient avoir consommé du cannabis au moins une fois par mois en 2017 représentaient 2,9% des personnes interrogées. En 2021, ce chiffre grimpe à 3,4%. Il en va de même pour les 55-64 ans, avec une consommation dans l’année passée de 1,6% à 2,5%.

Pour Stanislas Spilka, co-auteur de l’étude de l’OFDT, « ces éléments interrogent sur une vision initiale un peu naïve de l’usage du cannabis dans la population. À la fin des années 1990, on croyait qu’au-delà de 25 ans, avec une vie active, en couple, l’usage baisserait. Or, on remarque qu’une partie de ces jeunes usagers de l’époque ont poursuivi – ou repris – leur usage en vieillissant. »

Le consommateur plus âgé fait aussi un usage sans doute moins festif du cannabis. « Cette image-là n’est vraisemblablement pas la même à 40 ans. Il convient d’amorcer une réflexion sur ces usages du “joint du soir” ou au dîner par exemple », ajoutent les auteurs, qui mènent une autre enquête sur les motivations de ces fumeurs plus âgés.

Hommes et femmes, Nord et Sud : des différences

Si, habituellement, l’écart entre hommes et femmes ne varie que très peu dans l’usage des drogues, de 1 à 3%, on remarque dans l’étude de l’OFDT une vraie différence de genre chez le consommateur de cannabis. En effet, 54,9% des hommes ont déjà expérimenté la substance, contre seulement 39,9% de femmes. La consommation dans l’année, elle aussi, montre un usage deux fois plus élevé chez l’homme que chez la femme : 14,2% contre 7,2%.

Géographiquement, les résultats montrent « une forme d’opposition nord-sud », ajoute Le Monde. En Occitanie, par exemple, on compte 55,1% de personnes ayant expérimenté le cannabis, contre seulement 38,8% dans les Hauts-de-France. Même constat avec l’outre-mer. En Guyane, on constate « un niveau d’expérimentation deux fois plus faible que la métropole ». Cependant, ceux qui y consomment du cannabis régulièrement, voire quotidiennement, représentent une part beaucoup plus importante que dans la métropole.

Proximité avec l’Espagne pour le sud de la France, part plus importante de la consommation d’alcool dans le nord peuvent expliquer ces différences chez le consommateur. Mais globalement, avec le recul de la consommation chez les plus jeunes, on peut penser qu’à l’avenir, les chiffres des usagers de cannabis vont baisser avec le vieillissement de ces derniers. « Avec la baisse du tabac dans la population adolescente, il se joue quelque chose », estime Stanislas Spilka. Il sera donc très intéressant d’analyser les données de la consommation dans les années à venir.

 

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L’expérimentation du cannabis médical suit son cours en France [GREENEWZ]

L'expérimentation du cannabis médical en France.

L’expérimentation du cannabis médical suit son cours en France

Depuis mars 2021, l’expérimentation du cannabis médical suit son cours en France. Ouverte à 3000 patients souffrant de pathologies précises, elle a pour but premier d’évaluer la prescription de produits médicamenteux au cannabis, avant de juger de leur efficacité. C’est Nicolas Authier, psychiatre spécialisé en pharmacologie et addictologie, qui pilote cette expérimentation au CHU de Clermont-Ferrand. Ouest-France est allé à sa rencontre pour faire le point sur ce test, mené notamment par l’ANSM, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

Une expérimentation qui « se passe bien »

Selon l’expert, l’expérimentation en cours de la prescription de cannabis thérapeutique « se passe bien ». « Plus de 2 400 patients ont été traités dont environ 1 500 toujours inclus » dans le dispositif. « Scientifiquement, le bilan est majoritairement positif. Environ deux tiers des patients sont satisfaits des traitements. Dans certains cas, comme pour les douleurs neuropathiques, jusqu’à 40 % des personnes jugent d’une amélioration « importante » de leur état de santé », juge Nicolas Authier.

Pour Claudia, patiente volontaire qui souffre de « maladies auto-immunes », lui provoquant de vives douleurs, l’amélioration est assez nette quand elle inhale des fleurs de cannabis. Une expérimentation donc positive pour elle, explique-t-elle au quotidien. « Avec le vaporisateur, ça soulage immédiatement au moment de la crise. Pas dix minutes plus tard. » Ce qui change beaucoup de choses dans sa vie. « Je vois des amis, j’ai une vie sociale. Moralement, c’est important. Sinon, on se renferme sur soi-même. Là, je peux aller où je veux quand je veux. Pour moi, le cannabis a vraiment un effet positif. »

Pas de miracle, mais des effets globalement positifs

L’expérimentation permet, au-delà du système de prescription, de voir les effets de ces médicaments au cannabis sur les patients. « Nous n’avons pas identifié de cas de dépendance aux médicaments, comme nous aurions pu le redouter », se réjouit Nicolas Authier. Ce dernier précise qu’il ne s’agit néanmoins pas d’un « essai clinique ». « Nous avons restreint les tests à cinq grandes indications (épilepsies sévères et pharmacorésistantes, cancers, douleurs neuropathiques, soins palliatifs, spasticités douloureuses des pathologies du système nerveux central). »

Claudia, elle, a remarqué « peut-être des petits vertiges ». Quant au risque d’addiction, plutôt écarté par les spécialistes après des mois d’expérimentation, elle « ne se pose pas la question. Quand on souffre, on veut juste avoir moins mal. Le plus important, c’est le soulagement. » Cependant, « des patients ont quitté l’expérimentation, car les médicaments étaient inefficaces ou à cause d’effets indésirables (somnolence, anxiété, troubles digestifs…) », précise le spécialiste. Mais, « cela arrive avec tous les médicaments. Ce n’est pas spécifique au cannabis ».

D’autres problèmes soulevés par l’expérimentation

Reste l’objectif premier de l’expérimentation : voir si le système de prescription fonctionne. « La principale problématique : c’est le relais de prescription auprès des médecins généralistes – en grande partie liée aux contraintes de l’expérimentation elle-même – qui leur demande d’effectuer une formation, le plus souvent, pour traiter un seul patient. Ce frein sera rapidement levé si les médicaments reçoivent une AMM (autorisation de mise sur le marché) à l’issue du processus. »

« L’objectif principal de déterminer les conditions d’accès à ces médicaments est validé. Désormais, il faut travailler le réglementaire. En décembre dernier, la Direction générale de la santé (DGS) a mis en place un groupe de travail. Pour préciser le statut que pourraient recevoir les médicaments à base de cannabis et leur modalité de remboursement par la Sécurité sociale », ajoute Nicolas Authier.

La France n’est pas prête à produire ses médicaments

À l’issue de l’expérimentation, la France pourra-t-elle produire ses propres médicaments à base de cannabis ? « Pour l’instant, non, regrette l’expert. L’ensemble des médicaments testés dans le cadre de l’expérimentation proviennent de l’étranger. Cependant, nous avons tout intérêt à développer une filière qui nous permette d’être autonomes. »

Il faudra donc encore se montrer patient du côté des malades. « Si tout se passe bien, les travaux seront bouclés avant l’été. La légalisation pourrait ensuite être débattue au Parlement, dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale », explique Nicolas Authier. Un lent mais nécessaire processus, dont les patients espèrent une accélération rapide, afin de parer à l’inefficacité de certains médicaments plus traditionnels.

 

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L’immense majorité du CBD vendu en France provient de l’étranger [GREENEWZ]

L'immense majorité du CBD vendu en France vient de l'étranger.

L’immense majorité du CBD vendu en France provient de l’étranger

Sur le territoire français, l’immense majorité du CBD vendu en boutique provient de l’étranger, notamment de pays voisins. Mais depuis l’annulation pure et dure de l’arrêté de décembre 2021, qui interdisait notamment la vente de fleurs de CBD, les producteurs et vendeurs de produits au cannabidiol voient l’avenir s’éclaircir. Ils espèrent désormais une véritable réglementation du secteur, afin de pouvoir cultiver et vendre au sein d’un cadre légal fort, et développer une vraie filière française pour le chanvre bien-être, en s’éloignant notamment des productions étrangères.

La filière voit l’avenir plus vert

Ouest-France a rencontré une famille productrice de CBD dans le Calvados (14), qui se bat pour contrer la main-mise étrangère, car l’immense majorité sur CBD acheté en France est étrangère. Trois frères, les Piéplu, font pousser et transforment leur cannabis légal. « Le CBD ou cannabidiol est un cannabinoïde, une substance naturelle présente dans le cannabis. Contrairement au tétrahydrocannabinol (THC), lui aussi présent dans la plante, le CBD n’a pas de propriétés psychotropes. On lui confère des vertus relaxantes. Tous les plants que nous cultivons sont issus de variétés avec peu de THC, moins de 0,3 %, mais riches en CBD », explique Megan, au milieu de sa ferme de 8000 m2 de surface cultivée.

Son frère Brian, reconnait que « l’interdiction, fin 2021, avait été un véritable coup dur pour la filière » qui doit donc se fournir, pour son immense majorité, à l’étranger. En tant que producteurs, nous avons moins subi le contrecoup de cette annonce. L’arrêté ne suspendait pas la culture de fleurs, seulement la vente. Pour les boutiques, en revanche, il y a eu de nombreuses fermetures. Des revendeurs n’ont pas renouvelé leur stock. D’autres ne se sont pas lancés. On a perdu du temps… » Mais depuis décembre 2022, les choses ont changé.

L’immense majorité du CBD vendu sur le territoire n’est pas français

En annulant l’arrêté de 2021, le Conseil d’État vient de donner un grand coup de pouce à la filière. L’immense majorité de notre CBD vient de Suisse, d’Italie ou d’autres pays voisins de la France. Et il est temps que cela change. « À long terme, l’objectif est de pouvoir concurrencer les filières italiennes ou suisses. En augmentant nos capacités de production, pour proposer des fleurs de chanvre avec un prix au kilo plus compétitif, mais aussi des produits plus qualitatifs », explique de troisième frère Piéplu, Joss, au quotidien du Grand Ouest.

« Actuellement, 95 % des produits à base de CBD proposés en boutique proviennent de l’étranger », estime Jouany Chatoux, « producteur de fleur de chanvre dans la Creuse, et porte-parole de l’Association française des producteurs de cannabinoïdes (AFPC) », précise Ouest-France.

Mais en janvier 2023, « les commandes sont reparties à la hausse. Le téléphone n’arrête pas de sonner », se réjouissent les trois producteurs. Cependant, « la filière française n’est pas en mesure de s’aligner sur l’Italie ou la Suisse. La lecture des normes européennes y est différente. Elles produisent des fleurs avec un taux de THC plus élevé. Pour les commercialiser en France, ou le taux légal est de 0,3 %, elles sont « lavées » avec des solvants ou du CO2 supercritique (gaz permettant l’extraction de certaines molécules). Ce ne sont pas des productions locales saines ».

Vers un terroir français du cannabis ?

Avec une immense majorité du CBD vendu provenant de nos voisins vient également un regard toujours très critique en France vis-à-vis du cannabis. « Il faut sortir le cannabis de l’univers de la drogue et ses fantasmes. Dès qu’on en parle, c’est : « cannabis = Bob Marley = défonce ». Évitons la caricature, pour un vrai débat de société. Sur le cannabis à usage thérapeutique, comme le récréatif », demande Megan Piéplu.

La fratrie est parallèlement favorable à une légalisation du cannabis récréatif en France. « Oui, bien sûr. Ne soyons pas hypocrites. Les Français sont les plus gros consommateurs européens de cannabis. Il faut qu’on avance sur cette question. Pour construire des véritables filières. Avec une traçabilité. Comme pour le vin ou le fromage. » Un véritable terroir français du cannabis, en somme, espéré par ces producteurs, qui estiment, « l’année prochaine, encore doubler [leur] chiffre d’affaires ».

 

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Google autorise enfin la publicité pour le CBD… sous conditions ! [GREENEWZ]

Google autorise peu à peu la publicité pour le CBD.

Google autorise enfin la publicité pour le CBD… sous conditions !

Jusqu’ici, Google interdisait toute publicité promouvant le CBD. Mais cette politique est en passe de changer. Pour la première fois, le géant américain d’internet va autoriser la publicité pour des produits au CBD, mais seulement dans trois territoires des USA pour le moment et sous des conditions relativement drastiques. Un pas en avant pour tous les fabricants et commerçants du secteur, qui attendent avec impatience une autorisation plus large. D’autres géants du web sont attendus sur la question, notamment Facebook, qui banni encore toutes les publicités de ce type sur ses réseaux.

Google fait un petit pas en avant

À la suite d’une mise à jour de ses conditions relatives « aux produits et services dangereux, à la santé et aux médicaments », Google va donc autoriser la publicité pour certains produits au chanvre et au CBD dans deux États et un territoire associé : le Colorado, la Californie et Porto Rico. Mais les produits qui pourront être promus via la plateforme restent très limités. Pas question de faire de la publicité pour ceux destinés à la consommation humaine interne. Exit donc, « les compléments, produits destinés à la vape ou à la vaporisation, et additifs alimentaires ».

Les produits pharmaceutiques, quant à eux, devront d’abord être validés par la FDA – Food and drug administration – avant de pouvoir passer entre les mailles du filet de Google. À ce jour, seul l’Epidiolex, une huile de CBD à taux élevé, est approuvé par la FDA. Ces changements menés par Google sont donc très limités, et devraient entrer en vigueur le 20 janvier 2023. Pour ce faire, Google s’est associé à LegitScript, une entreprise de Portland, qui certifiera les produits. Ceux-ci pourront ensuite faire l’objet de publicité sur Google.

Quelles sont les règles pour les publicités autorisées par Google ? 

Google a donc mis à jour ses conditions d’utilisation et met en avant plusieurs points qui devront être respectés avant de faire la publicité des produits au chanvre et au CBD. Les voici. Il faudra d’abord « démontrer la conformité du produit avec toutes les normes légales et réglementaires », puis « si une licence est requise pour la fabrication du produit, la fournir ». Ensuite, « le demandeur devra fournir un certificat d’analyse démontrant que le CBD utilisé dans le produit final est conforme aux lois fédérales concernant la culture et la transformation du chanvre ».

Il faudra également « fournir des échantillons aléatoires non périmés des produits soumis à la certification pour test. Ces produits doivent contenir la quantité annoncée de composés dérivés du chanvre et doivent se conformer aux exigences légales liées aux substances cannabinoïdes et aux niveaux d’ingrédients », ainsi que « démontrer que les produits soumis à la certification ont été conçus en conformité avec toutes les exigences de l’USDA et de l’État en matière de culture du chanvre, ou qu’ils sont autrement exemptés de ces exigences ».

Google reste très prudent sur la question

Mais ce n’est pas tout. Il faudra aussi « démontrer que le demandeur ou le fabricant du produit, y compris le personnel, les entreprises ou les sites Web associés, ne doit pas avoir fait l’objet de cas significatifs récents et/ou répétés de mauvaise conformité juridique, de sanctions disciplinaires ou d’autres mesures réglementaires ».

Google veut également, avec son partenariat, « soumettre les dirigeants de l’entreprise du demandeur, les directeurs, ou ceux qui exercent un contrôle sur les décisions commerciales importantes à des vérifications des antécédents criminels menées à la demande de LegitScript, et ces mêmes personnes doivent divulguer toute violation criminelle, réglementaire ou civile antérieure. Le candidat doit également divulguer tout litige entamé, résolu, ou autrement traité qui implique le candidat à tout moment au cours des 10 dernières années. Les infractions antérieures ou autres mauvaises actions, y compris toute discipline réglementaire antérieure peuvent être un facteur de disqualification, à la seule discrétion de LegitScript ».

Et, bien sûr, il faudra « adhérer aux conditions de service de Google pour la publicité ». Un petit pas en avant donc, mais qui peut être précurseur d’un nouveau système promotionnel pour tous les acteurs du secteur, qui attendent de pouvoir faire la publicité de leurs produits partout sur internet.

 

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La culture illégale de cannabis gagne du terrain en France [GREENEWZ]

La culture illégale de cannabis gagne du terrain en France.

La culture illégale de cannabis gagne du terrain en France

En France, la culture illégale de cannabis est en train de devenir un sport national. Les cannabiculteurs amateurs sont de plus en plus nombreux, alimentant un réseau proche pour les moins téméraires, ou des réseaux criminels pour les plus organisés. Le trafic local, qui dépasse le cadre de la consommation personnelle, est de plus en plus important, en ville comme à la campagne, et la culture illégale de la plante, toujours interdite en France quand elle est chargée en THC, se multiplie.

Cave, hangar, local commercial… Les forces de l’ordre découvrent régulièrement ces cultures illégales aux quatre coins de la France, ainsi qu’en Outre-Mer, avec une part prépondérante dans le nord et le sud de la France. Mais comment la culture illégale de cannabis a émergé en France et, surtout, pourquoi dépasse-t-elle le cadre de la consommation personnelle pour alimenter des réseaux parfois bien organisés ?

La culture illégale de cannabis s’impose sur le territoire français

Le Monde dresse la carte des récentes découvertes de la police et de la gendarmerie. Elles sont… stupéfiantes ! Le quotidien cite l’exemple de Maubeuge, dans le Nord, où le 6 décembre dernier, la police découvre une culture illégale de cannabis dans un local commercial détourné en « ferme de culture ». Là, elle y découvre 2000 plants. « Un kilo de résine de cannabis, un kilo d’herbe, 6 260 euros en espèces et une arme de poing de calibre 6,35 mm ont également été saisis », détaille le parquet de Lille.

En octobre, c’est à Montgeron dans l’Essonne qu’une culture illégale prospérait dans le sous-sol d’un immeuble. À Lourdes (Hautes-Pyrénées), une bagarre de rue conduit les forces de l’ordre à « une salle de cannabiculture contenant 18 pieds ». Cet été, la douane découvre une plantation de 83 pieds en Picardie, « gérée par un père de famille ».

De la culture personnelle aux trafics à plus grande échelle

Christian de Rocquigny, directeur adjoint de l’office antistupéfiants, fait le point. « La saisie de ces stupéfiants procède d’une cartographie particulière, avec beaucoup d’opérations dans le Nord, notamment en intérieur, dans le Sud-Est et en Nouvelle-Aquitaine. Les gens se lancent de chez eux et produisent plus que leur consommation personnelle, puis davantage encore que pour leur cercle d’amis. Ils entrent ensuite dans une logique de trafiquants, en concurrence avec des organisations criminelles, notamment des trafiquants locaux déjà établis, qui défendent leur territoire, avec les risques que cela induit. »

100 000 pieds de cannabis auraient ainsi été saisis en 2021. Le matériel et les semences viennent de boutiques ou sites spécialisés et, selon Europol, des cannabiculteurs français feraient appel à des experts néerlandais, recrutés comme « consultants ». Pour l’observatoire français des drogues et tendances addictives, « l’herbe bénéficie aujourd’hui d’une sorte de “label bio”, exprimant l’apparition d’une véritable “culture” du cannabis associée à la notion de territoire et de circuit court ».

À qui est destiné ce cannabis illégal ?

Ce type de culture illégale plaît davantage à un public « plus âgé et mieux inséré socialement ». D’ailleurs le rapport de l’observatoire français des drogues estime que « 7% des fumeurs sont aussi des cannabiculteurs ». Cela devient donc un complément aux produits venant notamment du Maroc, en ce qui concerne la résine de cannabis. Une herbe locale, dont on pense connaître l’origine, qui plait beaucoup en France. Le made in France aussi à la mode dans le cannabis ?

Pour les réseaux criminels, ce mode de culture est également intéressant. Le coût logistique y est largement divisé, comparé à des cargaisons qu’il faut acheminer d’Espagne ou d’ailleurs. Une note des services de police souligne que « la cannabiculture leur permet d’obtenir des gains rapides et considérables. La culture d’environ 1 000 plants peut rapporter en un an un chiffre d’affaires théorique de 1,2 million d’euros pour la vente en gros, et de 2,4 millions d’euros pour la vente au détail. La culture illégale de cannabis en France devient un problème majeur dans la lutte contre les trafics de stupéfiants et un nouvel argument en faveur d’une légalisation encadrée…

 

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Les vendeurs de CBD soulagés après la décision du Conseil d’État [GREENEWZ]

Les vendeurs de CBD soulagés

Les vendeurs de CBD soulagés après la décision du Conseil d’État

Chez les vendeurs de CBD, propriétaires de boutiques et producteurs de chanvre bien-être, le mot qui prime en ce début d’année 2023 est « soulagement ». La raison, c’est la décision du Conseil d’État, le 29 décembre, d’annuler purement et simplement l’arrêté interministériel du 30 décembre 2021, interdisant notamment la vente de fleurs de CBD. Suspendu trois semaines après sa publication, cet arrêté attendait une décision définitive de la plus haute juridiction française.

Un doute enfin levé

Il persistait donc un doute pour les vendeurs de CBD. Le principe de précaution a été appliqué par de nombreux distributeurs, pas vraiment certains que leur business ne soit pas définitivement interdit, ou qu’ils puissent éviter d’éventuelles poursuites judiciaires. De nombreux commerçants hésitaient à faire du stock et fonctionnaient à flux tendu. Il fallait donc que le Conseil d’État entérine sa décision. Et c’est désormais chose faite.

« On se doutait que ça allait se concrétiser, mais c’est mieux maintenant que c’est officiel », se réjouit Thomas, gérant de boutique à Carcassonne, cité par La Dépêche. Le CBD n’est pas considéré comme stupéfiant et le Conseil d’État a bien fait la différence avec la molécule cousine interdite, le THC. « On va arrêter d’entretenir une confusion entre les stupéfiants et les produits que je vends. On vend du bien-être, on n’est pas un point de deal, on ne vient pas se défoncer ici », appuie Thomas.

Les vendeurs de CBD rassurés se projettent

Maintenant que l’arrêté est définitivement annulé, les vendeurs de CBD peuvent espérer des jours meilleurs. Le tout ouvre de belles perspectives. « On peut ainsi penser à l’arrivée rapide d’une législation sur les produits. On peut aussi espérer un commerce en circuit court avec des producteurs locaux. Le tout dans un cadre légal », explique Sylvain, gérant à Poitiers, au groupe Centre Presse. Un marché du cannabidiol mieux encadré, c’est ce que demandent depuis longtemps les vendeurs de CBD.

Cela permet aussi d’obtenir la confiance des banques, comme le déclare Benoît, lui aussi commerçant à Carcassonne : « Un petit peu partout en Europe les législations évoluent, on s’y attendait un peu. Ça va encourager les banques à davantage nous suivre et nous soutenir, car aucune banque ne veut prendre le risque de s’engager avec une boutique de CBD. » C’est donc probablement un peu plus de sécurité qui attend maintenant les vendeurs de CBD.

Un peu plus de sérénité pour les vendeurs de CBD

Ces derniers ne masquent d’ailleurs pas leur soulagement. « Il y a un an, jour pour jour, je me demandais comment j’allais me reconvertir. Aujourd’hui, je me demande sur quel projet je vais pouvoir investir », se réjouit Morgan, fondateur d’une enseigne de cannabidiol, au Progrès. « Sur le plan personnel, il y a une famille derrière ce commerce. La nouvelle nous ouvre des perspectives », confirme, lui aussi soulagé, Sylvain de Poitiers.

Ces difficultés auront au moins permis aux commerçants d’avancer prudemment dans le marché du CBD. Ils savent que leur affaire n’est pas encore tout à fait sécurisée, même si cette décision est un important pas en avant. Cependant, pour la première fois depuis l’arrivée du cannabidiol en France, ils peuvent espérer voir se développer un secteur organisé et réglementé, de la production à la vente.

Une victoire aussi pour les producteurs français

Il en va de même pour les agriculteurs, qui peuvent voir dans cette décision l’assurance de pouvoir écouler leur production. Car avec l’annulation de l’arrêté, d’autres barrières sautent. « Nous nous réjouissons qu’il ait également prononcé l’annulation de l’article prévoyant l’obligation d’un contrat écrit entre producteur et acheteur avant la campagne de production, au motif d’une discrimination à rebours contraire au principe d’égalité, qui pénalisait les cannabiculteurs français », écrit pour sa part l’UPCBD (Union des professionnels du CBD), qui n’oublie pas qu’au-delà des vendeurs de CBD, il y a aussi tout un secteur qui se retrouve positivement impacté.

 

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Les néocannabinoïdes passés à la loupe par le Canada [GREENEWZ]

Les néocannabinoïdes passés au cribe.

Les néocannabinoïdes passés à la loupe par le Canada

Méconnus, les néocannabinoïdes arrivent sur le marché légal dans certaines régions du monde. Mais leur nouveauté et le manque de données les concernant poussent les autorités sanitaires à prendre leurs précautions. C’est notamment le cas au Canada, où plusieurs provinces ont suspendu la distribution de certains produits, notamment ceux contenant du delta-8 THC, très proche du THC traditionnel (delta-9), en attendant les conseils de Santé Canada.

Le delta-8 THC est naturellement présent dans la plante, mais cette molécule issue du cannabis s’y trouve en taux très faibles. Plusieurs laboratoires en conçoivent néanmoins, souvent à partir de CBD, pour fabriquer des produits comme des liquides de vape ou comestibles. Mais ce néocannabinoïde, comme on l’appelle, reste psychotrope et donc potentiellement dangereux, tout en étant méconnu scientifiquement.

Un néocannabinoïde méconnu

Au Canada, donc, en attente de l’évaluation de l’organe de santé, certaines provinces ont pris les devants. L’Ontario ou la Colombie britannique ont annoncé suspendre toute approbation de nouveaux produits contenant du delta-8 THC. « Le delta-8-THC est un néocannabinoïde enivrant (comprendre « psychotrope ») et l’un des nombreux cannabinoïdes trouvés ou produits naturellement par la plante de cannabis », explique Santé Canada.

« Les produits à base de cannabis contenant du delta-8-THC présentent des risques potentiels pour la santé et la sécurité qui peuvent être similaires à ceux du delta-9-THC, dont certains peuvent être graves ou mettre la vie en danger. Les produits contenant des niveaux élevés de delta-8 THC ont peu ou pas d’antécédents d’utilisation, de sorte que la compréhension scientifique et médicale de leurs effets biologiques et des risques pour la santé est encore en développement », décrypte l’organisme canadien.

Quand Santé Canada se penche sur l’affaire

« Santé Canada commande actuellement des projets de recherche préliminaires chez les rongeurs pour commencer à comparer les effets psychoactifs de divers cannabinoïdes autres que le delta-9-THC. Cela aidera à mieux informer l’équivalence d’intoxication de ces cannabinoïdes non-delta-9 THC au delta-9-THC. Les données générées par ce projet et d’autres projets potentiels sur ce sujet pourraient aider à éclairer les efforts d’éducation et de sensibilisation du public, les évaluations des risques potentiels ainsi que toute politique ou réglementation concernant ces substances », peut-on lire chez StratCann.

« Les résultats de ce projet pilote initial sont attendus au cours de l’année civile 2023 » et « Santé Canada surveille de près l’émergence de produits contenant des niveaux élevés de delta-8 THC, ainsi que des produits pouvant contenir des niveaux élevés d’autres nouveaux cannabinoïdes enivrants, sur le marché canadien ». Président de Dynaleo, producteur canadien de cannabis, Michael Krestell voit tout de même cette prudence d’un bon oeil : « Nous sommes ravis que tout le monde adopte une approche mesurée voit quelle est l’expérience réelle avec le produit sur le marché. »

Un produit récent et pas très populaire

Malgré tout, Krestell regrette que le Canada voit ces produits à travers le prisme américain. « Je pense que le problème auquel nous sommes confrontés ici au Canada, c’est que la catégorie delta-8 est examinée injustement sous l’angle de ce qui se passe dans les marchés non réglementés, très précisément aux États-Unis. Nous comprenons que les régulateurs et les distributeurs provinciaux recherchent une meilleure compréhension et nous pensons qu’il est important d’avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe », a-t-il ajouté.

Et puis, le manque d’éducation au produit se fait sentir à chaque étape de la chaîne. Produit méconnu, ce néocannabinoïde a été peu mis en valeur par les producteurs et, donc, ensuite, par les vendeurs. Et il ne connaît qu’une faible popularité. « Je pense que (les producteurs) doivent faire beaucoup plus d’éducation, non seulement pour les clients mais aussi pour les vendeurs. Ils ne nous ont même jamais dit que c’était disponible », regrette Omi Sahota, qui gère deux établissements en Ontario.

Santé Canada donne ses premiers conseils

Si le résultat des expérimentations de Santé Canada ne sera rendu public que plus tard dans l’année, l’organisme a quand même fait quelques recommandations. « Bien qu’il n’y ait actuellement aucune exigence légale similaire pour d’autres cannabinoïdes enivrants comme le delta-8-THC, Santé Canada recommande fortement que la quantité totale de cannabinoïdes enivrants ne dépasse pas les limites réglementaires fixées pour le delta-9 THC, et que des tests et des descriptions précises du contenu enivrant de néocannabinoïde soit clairement indiqué sur les étiquettes des produits. »

En attente donc, de données plus précises sur ce néocannabinoïde, Santé Canada se calque sur les taux de THC traditionnel. Mais l’organisme est clair : il « continuera de surveiller les effets et les risques de tous les produits à base de cannabis, y compris les produits à forte teneur en delta-8 THC, et prendra les mesures appropriées si nécessaire ».

 

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Quand l’armée italienne fait pousser du cannabis médical… [GREENEWZ]

Quand l'armée italienne produit du cannabis...

Quand l’armée italienne fait pousser du cannabis médical…

L’armée italienne productrice de cannabis ? Non ce n’est pas une blague ! Et c’est le cas depuis 2015. En effet, dans un bâtiment sécurisé situé à Florence, l’armée cultive son propre cannabis thérapeutique, dans le but de fournir une partie des patients autorisés à se soigner grâce à des médicaments créés à partir à la plante controversée. Légal en Italie depuis 2013, le cannabis médical était pourtant difficile à se procurer dans la Botte, souvent à des prix presque prohibitifs.

C’est pour cette raison que l’armée a décidé, en 2014, de prendre les choses en main. « Le but de cette opération [était] de fournir un nombre grandissant de patients en produit médical qui [n’était] pas toujours facilement accessible sur le marché, à un prix plus intéressant pour l’utilisateur », expliquait alors le colonel Antonio Medica au Corriere della sera.

L’armée et le secteur médical liés

Si on peut s’étonner de voir l’armée italienne produire du cannabis, ça l’est moins de la savoir confectionner des médicaments. En effet, secteurs médical et militaire sont intimement liés. Le « laboratoire » de l’armée se situe dans un bâtiment militaire, surveillé et protégé. À l’origine, on y fabriquait des médicaments destinés aux militaires. Il a aussi été utilisé pour produire un demi-million de tablettes d’iode lors de l’accident de Tchernobyl en 1986.

« Nous sommes tous des professionnels de la chimie-pharmacie », expliquait le directeur des lieux, le général Gian Carlo Anselmino. « C’est stimulant d’un point de vue scientifique, mais nous avons aussi l’espoir de montrer que l’administration publique fonctionne bien et peut devenir un modèle à exporter ». Le but était alors de produire 100 kg de cannabis médical par an. Un chiffre qui a bien augmenté depuis.

1 500 kg de cannabis médical nécessaires en Italie

Car les patients qui se soignent au cannabis sont de plus en plus nombreux en Italie. Le pays a besoin d’environ 1500 kg de cannabis par an pour produire les médicaments nécessaires. Et les efforts de l’armée ne comblent pas ce besoin. L’Italie se tourne alors vers les Pays-Bas, le Canada, le Danemark ou l’Allemagne pour importer une partie de son cannabis. En 2016, l’armée espérait produire « jusqu’à 100 kg de cannabis chaque année, strictement destiné aux patients atteints de cancer, de sclérose en plaques et aux personnes souffrant d’autres pathologies qui pourraient être soulagées par le médicament ».

Depuis 2017, la production de l’armée a oscillé entre 30 et 200 kg par an. Entre 2020 et 2021, elle a fourni 3% puis 8% du cannabis médical fourni aux malades italiens. L’objectif, pour 2023, est d’atteindre les 700 kg, afin de répondre à la moitié des besoins du pays. Pour y parvenir, « les techniciens perfectionnent l’éclairage, l’arrosage, la température et la ventilation, et ils utilisent un mélange de nutriments secrets développés en interne destiné à une culture en irrigation hydroponique », peut-on lire sur Defense News.

Objectif autosuffisance ?

Pour le directeur de l’Agence italienne des industries de la Défense, Nicola Latorre, « la prochaine étape, c’est l’autosuffisance ». C’est « l’ambition » de l’armée. Elle s’appuie sur un certain savoir-faire en matière de standardisation des médicaments. « À Florence, nous fabriquons un produit hautement standardisé. Ainsi, le dosage ne varie pas », explique Gabriele Picchioni, actuellement chef de l’installation. Mais pour atteindre les 700 kg en 2023, il faudra faire mieux que 2022 et les six récoltes issues des six chambres de floraison, contenant chacune 50 à 125 plants.

Cela ne fait pas peur à l’armée italienne, qui « fabrique également des médicaments dits orphelins, c’est-à-dire des médicaments destinés à soigner des maladies ou des affections rares que les grandes entreprises ignorent en raison des faibles taux de production ». Elle a aussi produit « des antidotes contre la guerre chimique et des pilules contre la malaria pour les soldats ». Et c’est grâce à cette longue expérience du secteur pharmaceutique qu’elle compte bien remplir ses objectifs.

 

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Le dépistage du cannabis au volant va-t-il devoir évoluer ? [GREENEWZ]

Dépistage au cannabis lors d'un contrôle de police.

Le dépistage du cannabis au volant va-t-il devoir évoluer ?

Le dépistage du cannabis au volant pourrait changer de forme. En effet, depuis l’apparition du CBD dans nos vies, nombreux sont les automobilistes qui se sont vus retirer leur permis de conduire en raison d’un test positif au THC. Cependant, certains n’avaient consommé que des produits au cannabidiol, molécule non-psychotrope de la plante. De longues procédures suivent alors pour pouvoir prouver sa bonne foi, avec en attendant un important préjudice avec la suspension du droit de conduire.

Depuis 2016, les forces de l’ordre ont le droit, lors d’un contrôle routier, de soumettre le conducteur ou la conductrice à un dépistage anti-drogues. « Il s’agit d’un dispositif qui permet de récolter un peu de salive dans la bouche du conducteur. Le prélèvement est ensuite enclenché dans un petit appareil, qui recherche la présence des quatre grandes familles de stupéfiants : la cocaïne, les opiacés, les amphétamines et le cannabis », explique le docteur Gaulier, toxicologue au CHU de Lille, à France Info.

Les tests salivaires dans le collimateur

Depuis l’arrivée du CBD, un problème se pose. Les produits au cannabidiol peuvent en effet contenir des traces résiduelles de THC, qui est autorisé dans les produits vendus en-dessous d’un taux de 0,3%. Ces très faibles traces de la molécule psychoactive du cannabis peuvent néanmoins entraîner lors des dépistages un « faux positif » au THC, un peu de la même façon que les auto-test au Covid-19, car le test ne permet que de prouver la présence de THC, pas son taux. Avec un dépistage positif, c’est une suspension de permis immédiate avant de longs mois de procédure.

« À partir du moment où on est capable d’identifier formellement la présence de THC dans le prélèvement, l’infraction est constituée, indépendamment de sa concentration », rappelle le docteur Gaulier. Et les sollicitations d’automobilistes se comptent par « dizaines », reconnait l’avocat Antoine Régley. « Je les invite à produire des factures prouvant qu’ils ont acheté du CBD, à ne pas renoncer à leur droit à effectuer une contre-expertise. Ils peuvent également faire ensuite des analyses d’urine en laboratoire. Si leur test ne détecte pas de THC dans leur organisme 48 heures après celui fait par la police, cela peut accréditer leur position auprès du juge. »

Une décision du Conseil d’État qui change tout ?

Cependant, la décision du Conseil d’État d’annuler l’arrêté interministériel de décembre 2021 pourrait entraîner un changement dans les tests salivaires. En effet, la haute juridiction a notamment répondu à l’argument des problèmes de différenciation de fleurs chargées en THC ou en CBD lors des contrôles. Mais le Conseil d’État est clair. Il « a relevé que le taux de THC des fleurs et de feuilles pouvait être contrôlé au moyen de tests rapides et peu coûteux permettant d’identifier les variétés présentant des propriétés stupéfiantes ».

Alors, faudra-t-il rapidement changer la méthode dépistage ? « Avec les modes de prélèvement actuels, nous sommes incapables de connaître la quantité de salive présente dans l’écouvillon que nous transmettent les forces de l’ordre, commente le docteur Gaulier. On pourrait dans l’absolu évaluer une concentration de THC ou de CBD mais, sans connaître le volume dans lequel elle a été mesurée, cette concentration ne signifierait rien. »

Vers une nouvelle méthode de dépistage

En Europe, certains pays adoptent déjà des méthodes de dépistage plus précises. La Belgique et l’Allemagne ont équipé leurs polices de tests permettant de récolter une quantité de salive précise et de la conserver pour que les laboratoires émettent des analyses formelles quant aux taux de THC et/ou de CBD. Des tests qui « coûtent entre 3 et 5 euros l’unité, alors que ceux actuellement utilisés valent environ 4 centimes », fait remarquer Jean-Michel Gaulier.

En Suisse, la police utilise des tests rapides et peu coûteux, qui permettent de déterminer la présence de THC dans un produit s’il dépasse un taux limite d’environ 1%. Si le ministère de l’Intérieur français ne communique pas sur la question, le spécialiste du CHU de Lille fait une confidence : « Les autorités sont en train de mettre en œuvre les modalités de changement du dispositif de recueil salivaire utilisé par la police. » Une bonne nouvelle pour les automobilistes consommateurs de CBD.

 

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La vente légale de cannabis démarre doucement à New York [GREENEWZ]

La vente légale de cannabis à New York

La vente légale de cannabis démarre doucement à New York

Voilà deux ans que New York a légalisé le cannabis, mais la vente légale met du temps à se mettre en place. Au tournant de 2023, les New-Yorkais vont enfin pouvoir acheter légalement du cannabis dans des boutiques dédiées. Mais le temps presse avant que le marché noir ne supplante définitivement le marché autorisé, alors que quelques lenteurs se font ressentir dans le processus. Pourtant, c’est une véritable mine d’or vert sur laquelle est assis l’État, qui pourrait devenir le deuxième plus gros marché du cannabis au monde.

La vente légale de cannabis débute à New York

Les premières boutiques de vente légale de cannabis ont enfin ouvert à New York. Ce, deux ans après la légalisation de la plante dans l’une des plus célèbres et visitées villes du monde. La mégalopole a rejoint en 2021 le nombre croissant d’endroits aux États-Unis où il est possible de consommer du cannabis récréatif. Pourtant, il aura fallu attendre près de deux ans avant de voir se créer les premiers points de vente légaux, soumis à l’obtention d’une licence spécifique.

36 premières licences de détaillants ont été accordées le 20 novembre dernier. Il s’agit d’entrepreneurs locaux, car New York veut éviter la création de grandes entreprises qui géreraient tous le processus, de la culture de la plante à sa vente. C’est la raison pour laquelle 277 licences séparées ont été attribuées à des agriculteurs qui, eux, devront faire pousser leur cannabis dans l’État, afin de bien séparer les secteurs d’activité.

Trop d’incertitude pour ouvrir une boutique ?

D’autres difficultés existent pour les futurs petits entrepreneurs du cannabis. La vente légale s’accompagnant de l’ouverture d’une boutique, nombreux sont ceux qui ont besoin de l’appui des banques. Cependant, celles-ci sont encore bien frileuses à l’idée de prêter de l’argent pour des investissements ou la création d’entreprise dans le secteur du cannabis. Car pour les établissements bancaires, le risque est grand compte tenu de l’interdiction encore en vigueur dans certaines zones du pays.

Si la majorité démocrate au Congrès souhaite faire voter un « Safe Banking Act », afin de « décriminaliser les prêts » bancaires pour le cannabis, la bascule à droite en janvier de la chambre change la donne. Et ce, malgré les tentatives de Joe Biden de dédiaboliser le cannabis et les personnes condamnées pour des délits mineurs qui y sont liés, notamment en accordant une grâce pour ces Américains souvent durement sanctionnés.

La priorité : le commerce illicite ?

Pendant que les commerçants s’échinent à trouver des prêts, des locaux, des autorisations, la ville de New York, quant à elle, met l’accent sur la répression du commerce illégale. Car les petits vendeurs discrets n’ont pas attendu pour se mettre au travail et ont un coup d’avance. « Le premier geste des autorités après l’attribution des licences commerciales a donc été de lancer la chasse aux vendeurs sauvages. Dans leur boutique ou leur camionnette, ils ont pignon sur rue », écrivent Les Échos.

« La priorité est de réprimer ce commerce illégal et dangereux, aux revenus évalués par Cannabis Public Policy Consulting à 1,95 milliard de dollars dans l’Etat en 2022 », continue le journal économique. Face à la vente légale qui tarde à démarrer, ce commerce illicite prend ses aises. Avec souvent un cannabis de mauvaise qualité, « près de 40 % des produits illicites sont contaminés au plomb ou avec des bactéries comme la salmonelle ». Un défi de plus pour la vente légale de cannabis.

Un marché et un potentiel énormes

Pour le maire de New York, Eric Adams, il est urgent de réguler tout cela, avant que le marché illicite supplante la vente légale et ne devienne incontrôlable. Car pour la ville, à la clé, ce sont près de 19 000 à 24 000 emplois qui devraient être créés, pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dollars espéré l’année prochaine.

Et cela va de pair avec la politique de justice social mené par le gouvernement. « Au cours des trente dernières années, les New-Yorkais noirs ont été 15 fois plus susceptibles d’être arrêtés pour détention de cannabis que les Blancs. Pour les Latinos, c’est 8 fois plus. Par conséquent, la majorité des licenciés du jour sont des personnes de couleur », s’est réjouit le bureau de gestion du cannabis de l’Etat le 20 novembre, en dévoilant les 36 premiers licenciés.

 

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Le Conseil d’État annule l’interdiction de vente de fleurs de CBD [GREENEWZ]

Le Conseil d'État annule l'interdiction de vente de fleurs de CBD.

Le Conseil d’État annule l’interdiction de vente de fleurs de CBD

Le Conseil d’État a enfin livré son verdict définitif sur l’arrêté ministériel du 30 décembre 2021, qui interdisait notamment la vente de fleurs de CBD en France. Déjà suspendue dans le courant du mois de janvier 2022, cette décision du ministère de l’Intérieur a été définitivement annulée par le Conseil d’État. Celui-ci l’a jugée « disproportionnée ». Un camouflet pour le gouvernement et un soulagement pour les acteurs du secteur du cannabidiol. Et une excellente nouvelle pour commencer l’année 2023.

Le Conseil d’État rend une décision définitive

Petit rappel des faits. Le 30 décembre 2021, le gouvernement autorisait la vente de produits au CBD en fixant une nouvelle limite de teneur en THC inférieure à 0,3%. Un taux rehaussé de 0,1% pour se conformer aux décisions européennes. Mais, parallèlement, l’arrêté interministériel interdisait la vente de fleurs et de feuilles de CBD, malgré ce très faible dosage en THC. Alors que 60 à 70% du chiffre du marché reposent sur ces produits, le secteur craignait une rapide descente aux enfers.

Saisi par des professionnels de la filière, le Conseil d’État était rapidement amené à se prononcer sur cet élément de l’arrêté, et le suspendait courant janvier 2022, au grand soulagement de tous les acteurs du secteurs. Cependant, il restait encore à la haute juridiction de se prononcer définitivement sur l’arrêté. Jeudi 29 décembre, quasiment un an jour pour jour après la décision soudaine du gouvernement, le Conseil d’État l’annulait définitivement.

Une interdiction des fleurs de CBD « disproportionnée »

Au final, le Conseil d’État a jugé « disproportionnée l’interdiction générale et absolue de commercialisation à l’état brut des feuilles et fleurs de cannabis à faible teneur de THC, c’est-à-dire sans propriétés stupéfiantes. Il annule en conséquence cette interdiction fixée par l’arrêté du 30 décembre 2021 ».

« Il conclut des éléments scientifiques produits dans le cadre de l’instruction que la consommation des feuilles et fleurs de variétés de cannabis présentant un taux de THC inférieur à 0,3 % ne crée pas de risques pour la santé publique justifiant une mesure d’interdiction générale et absolue de leur commercialisation », ajoute le Conseil d’État pour motiver sa décision. Le point concernant la santé publique était le principal argument avancé pour motiver la décision d’interdiction des fleurs de CBD.

Le Conseil d’État établit l’existence d’un cannabis non-psychotrope

Plus intéressant encore, le Conseil d’État établit désormais clairement et noir sur blanc l’existence d’un cannabis non-psychotrope, quand sa teneur en THC est faible.  « Les données scientifiques avancées par les parties ont montré que le CBD a des propriétés décontractantes et relaxantes et des effets anticonvulsivants, mais n’a pas d’effet psychotrope et ne provoque pas de dépendance, à la différence du THC. Il existe ainsi des variétés de cannabis, celles qui ont un faible taux de THC, qui ne peuvent pas être considérés comme des produits stupéfiants », explique la haute juridiction.

« L’instruction menée au fond par le Conseil d’État a établi que la teneur en CBD et en THC varie très fortement entre les différentes variétés de cannabis. Ces deux substances, le CBD et le THC, sont les principaux cannabinoïdes végétaux essentiellement concentrés dans les fleurs et les feuilles de cannabis, mais leurs effets sont très différents. »

Les forces de l’ordre ont la possibilité de différencier THC et CBD

Autre argument avancé, celui de la difficulté voire de l’impossibilité pour les forces de l’ordre de faire la différence entre des fleurs de cannabis chargées en CBD ou en THC. « Le ministre des solidarités et de la santé faisait valoir devant le Conseil d’État que la circulation des fleurs et feuilles de variétés de cannabis dépourvues de propriétés stupéfiantes, par leur ressemblance avec les fleurs et feuilles issues de variétés de cette plante présentant des propriétés stupéfiantes, compromettrait l’efficacité de la politique de lutte contre les stupéfiants. »

Là encore, le Conseil d’État reprend le gouvernement. « Le Conseil d’État a relevé que le taux de THC des fleurs et de feuilles pouvait être contrôlé au moyen de tests rapides et peu coûteux permettant d’identifier les variétés présentant des propriétés stupéfiantes. » Il ajoute : « Le Conseil d’État estime donc que l’efficacité de la politique de lutte contre les stupéfiants ne peut justifier l’interdiction de commercialisation, à l’état brut, de fleurs et feuilles de cannabis avec un taux de THC inférieur à 0,3 %. » Concluant ainsi une nouvelle bataille judiciaire remportée par le CBD en France.

 

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Le cannabis médical légal aide 342 000 malades en Europe [GREENEWZ]

342 000 consommateurs de cannabis médical en Europe.

Le cannabis médical légal aide 342 000 malades en Europe

342 000 Européens utilisent du cannabis médical légalement sur notre continent. Dans un rapport publié récemment par Prohibition Partners, analystes du secteur du cannabis, et Cannabis Health, on apprend que désormais, la majorité des Européens vit dans des pays où le cannabis médical est autorisé et distribué légalement. Le nombre de patients augmente, mais l’accès à des produits médicamenteux à base de cannabis reste très limité et parfois difficiles quand on ne souffre pas de pathologies très ciblées.

Où utilise-t-on du cannabis médical en Europe ?

Le chiffre de 342 000 consommateurs européens de cannabis médical est en hausse. On estime à près de 100 000 personnes cette augmentation en 2022. Et les organismes responsables de l’étude pensent qu’on attendra 500 000 patients à la fin de l’année 2023. Ces douze derniers mois, la hausse la plus significative nous vient du Royaume-Uni, qui passe de 13 000 à 32 000 consommateurs de cannabis médical. L’Allemagne est quant à elle la véritable locomotive de l’Europe en la matière, avec près de 170 000 personnes qui se voient prescrire du cannabis thérapeutique.

Suivent ensuite l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Danemark et la République Tchèque, et de manière moins significative des pays comme l’Irlande, que nous avons évoquée dans un précédent article. Parallèlement, la France expérimente le cannabis thérapeutique depuis mars 2021, avec une capacité de 3000 patients. Mais l’essai, qui devait durer deux ans, a été prolongé jusqu’en 2024, au grand dam des associations de malades.

Quel avenir pour le cannabis thérapeutique en Europe ?

Le rapport de Prohibition Partners mentionne qu’une croissance de plus de 500% du nombre de consommateurs de cannabis médical est attendu en Europe d’ici cinq ans. Et il pointe l’Allemagne et le Royaume-Uni comme les « marchés clés » du continent. Cependant, les experts notent que des millions de personnes ont encore recours au marché illégal pour se fournir en cannabis qu’elles utilisent à des fins thérapeutiques. Mais ils voient également la libéralisation du marché du cannabis récréatif comme un potentiel atout pour le cannabis médical.

Cependant, la légalisation du cannabis dit « à usage adulte » ou « récréatif » dans plusieurs pays ne va-t-elle pas entraîner une baisse de la consommation de cannabis médical médicamenteux ? Non, estiment les analystes, qui pointent la dissociation entre ces deux usages et la séparation nette des marchés. En d’autres termes, cannabis médical et récréatif seront clairement séparés, dans la manière de prescrire et de vendre les produits. Au contraire de l’Amérique du Nord et notamment des États-Unis, où le marché a commencé par la vente de cannabis sous ordonnance dans des officines, où les deux usages se sont vite mélangés.

Bientôt un autre regard sur le cannabis ?

« En ce qui concerne l’Europe, certains obstacles majeurs sont en train d’être résolus », se réjouit Stephen Murphy, PDG de Prohibition Partners. Par exemple, au Royaume-Uni et en Allemagne, les dispensaires de cannabis médical aident vraiment à surmonter la bureaucratie à laquelle sont confrontés les patients pour trouver des médecins, des produits et des pharmacies appropriés pour obtenir des médicaments. »

« Enfin, les programmes pilotes mis en place dans des pays comme le Danemark ou la France sont essentiels, car ils constituent des portes d’entrée pour que le cannabis médical légal soit normalisé avant qu’un accès plus large puisse vraiment se développer », même si cela prend du temps. « Il est étonnant de voir à quel point l’accès des patients au cannabis médical a progressé ces dernières années, mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour qu’il devienne une réalité pour les malades partout sur le continent. »

 

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L’Académie de médecine étudie les effets secondaires du CBD [GREENEWZ]

L'académie de médecine se penche sur le CBD

L’Académie de médecine étudie les effets secondaires du CBD

L’Académie nationale de médecine se penche sur le cannabis, alors que la France est pleine expérimentation de sa version thérapeutique auprès de 3000 patients, afin notamment d’organiser la production, la distribution et la prescription de produits médicamenteux issus du chanvre. Mais l’Académie s’intéresse également au CBD, qui s’est imposé en France depuis maintenant plus de deux ans, à l’heure où le Conseil d’État doit se prononcer sur les suites de l’arrêté suspendu, qui interdisait initialement la vente de fleurs de CBD. Alors que la réglementation reste très floue au sujet des produits au cannabidiol, l’Académie de médecine a pris les devants, en faisant le point sur les potentiels effets secondaires du CBD.

L’Académie de médecine alerte les consommateurs

Ainsi, dans un communiqué publié le 8 décembre 2022, l’Académie nationale de médecine indique les précautions à prendre quant à la consommation de CBD. Si elle ne remarque pas d’effets secondaires graves, elle appelle néanmoins à la prudence, notamment au sujet des taux de THC dans les produits au cannabidiol, mais aussi sur les dosages importants qui peuvent entraîner des problèmes quand le CBD est associé à d’autres traitements médicamenteux.

Dosages élevés et interactions avec d’autres médicaments

« Le CBD peut induire des effets indésirables (troubles digestifs, toxicité hépatique, somnolence, fatigue), dont la fréquence augmente avec la dose par prise et la dose quotidienne », explique l’Académie de médecine. « Il existe aussi un risque d’interaction avec de nombreux médicaments, d’autant plus élevé que la dose de CBD consommée est élevée. Une augmentation des concentrations sanguines de certains de ces médicaments, donc de leurs effets indésirables, peut en résulter. »

L’institution propose donc que « les usagers soient informés sur la dose en milligrammes de CBD consommée par prise, et que, si elle dépasse 50 mg/jour, cette prise soit précédée, en cas de traitement médicamenteux en cours, par la recherche préalable, avec un professionnel de santé (médecin, pharmacien), de possibles interactions médicamenteuses, et ne conduise pas à un arrêt du traitement médicamenteux ».

Prudence pour les automobilistes…

Si le cannabidiol ne provoque aucun effet psychotropes, il contient souvent des traces de THC. L’Europe autorise jusqu’à 0,3% de THC dans les produits finis, quand certains pays ont rehaussé ce taux à 1%. « Le CBD n’étant pas une substance classée parmi les stupéfiants, son usage associé à la conduite d’un véhicule n’est pas interdit. Toutefois, les produits contenant du CBD contiennent toujours du THC, mais en quantité variable, ce dont le consommateur n’est pas forcément clairement informé », fait remarquer l’Académie de médecine.

« Selon la concentration en THC, la quantité et la fréquence d’usage du produit contenant du CBD, il est donc possible que le prélèvement d’un utilisateur de CBD soit testé positif pour le THC, lors du sport ou dans le cadre de la sécurité routière. » Des cas qui se multiplient, et qui entraînent des poursuites et de longues procédures judiciaires, avec souvent une suspension du permis le temps que la justice s’occupe du dossier.

…Et pour les sportifs

Il en va de même pour les sportifs. « Dans le sport, les bénéfices du CBD, notamment lors des phases de récupération, ne sont pas bien établis, et il ne faut pas méconnaître ses effets indésirables potentiels tels qu’une baisse de la vigilance ou des troubles digestifs, qui peuvent s’avérer incompatibles avec des performances sportives. Le CBD ne fait pas partie des substances dopantes. Néanmoins, son usage associé à des pratiques sportives peut conduire, comme déjà évoqué, à un test positif pour le THC. »

Les recommandations de l’Académie de médecine

Au-delà des préconisations concernant le dosage des produits et la consultation de corps médical en cas de prise élevée ou d’association avec d’autres traitements médicamenteux, l’Académie de médecine fait trois autres propositions. Elle souhaite « que les informations sur les emballages des produits non pharmaceutiques contenant du CBD soient améliorées : risque d’interactions médicamenteuses ; procédure pour déclarer un effet indésirable ; risques associés à la conduite automobile ; risque de test positif au THC dans le cadre de la sécurité routière ou du sport ».

Mais également que « compte tenu de la diversité des produits contenant du CBD, la réglementation et les conditions d’accès à ces produits soient harmonisées, afin que les usagers disposent d’une information, voire d’un accompagnement adapté, en cas d’usage de ces produits ». Enfin, elle estime qu’il est nécessaire « que des travaux de recherche explorent l’hypothèse que la consommation de CBD fumé puisse constituer une incitation comportementale à l’usage de la cigarette (de tabac ou de cannabis) », notamment pour les personnes consommant du CBD pour s’affranchir du cannabis chargé en THC.

 

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L’UPCBD se bat pour une fleur de CBD française et réglementée [GREENEWZ]

L'UPCBD défend la filière française

L’UPCBD se bat pour une fleur de CBD française et réglementée

Parmi les mouvements pro-chanvre en France, l’UPCBD fait partie de ceux qui défendent avec ferveur la filière CBD. L’Union des professionnels du CBD n’a peut-être qu’un an d’existence, mais on doit notamment aux deux avocats à sa tête, Xavier Pizarro et Charles Morel, la suspension de l’arrêté de décembre 2021 interdisant la vente de fleurs de cannabidiol. Le premier s’était déjà fait un nom dans la filière en étant impliqué dans l’affaire Kanavape, dont la décision a permis au secteur de se développer en France.

Mais qui compose l’UPCBD ? « Nous nous adressons à tous les professionnels, nos adhérents sont très majoritairement des boutiques spécialisées, physiques ou digitales, indépendants ou franchisés. Nous comptons des franchiseurs , des grossistes, des laboratoires d’analyse, quelques producteurs », explique à Zeweed Charles Morel. Avec un objectif principal : « La défense des intérêts de la filière du CBD. »

L’UPCBD contre l’arrêté de décembre 2021

L’UPCBD a déjà un important fait d’armes à son palmarès : la suspension de l’arrêté ministériel de décembre 2021 interdisant la vente de fleur de CBD. « L’UPCBD a fait le choix de saisir le Conseil d’État le 1er janvier sur la base d’un référé liberté, ce qui était un choix risqué mais à notre sens indispensable », relate l’avocat Charles Morel. « Face à cette situation intenable, profondément anxiogène, Il y avait urgence, il fallait que le Conseil d’État se décide vite. »

« Du jour au lendemain, ils sont passés d’un statut de commerçant à celui de trafiquant, avec des marchandises qualifiées de stupéfiants, quel que soit le taux de THC présent, et des produits impossibles à vendre aux consommateurs ou à restituer aux fournisseurs. Une vraie perte sèche, sans la moindre indemnisation ni délai de mise en œuvre. On a vu la brutalité avec laquelle le gouvernement a agi la veille du Réveillon », regrette Charles Morel.

L’UPCBD vigilante face aux décisions de l’État

Cette suspension obtenues par les avocats de l’UPCBD n’est qu’un première étape, même s’ils pensent voir cette décision entérinée. « Il s’agit d’une suspension mais avec bon espoir de l’emporter au fond, auquel cas ce qui n’était que provisoire deviendra définitif. » Ce que l’UPCBD veut avant tout, c’est la reconnaissance de la légalité de la fleur. Mais il y a d’autres menaces qui pèsent sur la filière telle qu’elle est constituée aujourd’hui. Notamment la question de la qualification thérapeutique. »

« Nous avons vu avec l’arrêté du 30 décembre 2021 que l’État était prêt à liquider la filière du jour au lendemain, cela nous contraint à une grande vigilance. Nous sommes confiants sur le sens de la décision que rendra le Conseil d’État, mais toujours attentifs aux autres tentatives de déstabilisation », déclare avec prudence Charles Morel.

L’espoir de voir une vraie filière française du CBD émerger

Alors dans cette optique conflictuelle, quels espoirs pour la filière ? « Emmanuel Macron avait l’air assez libéral sur le sujet en 2017 et finalement, les circonstances politiques ont fait dévier le centre de gravité de sa politique vers la droite, avec la nomination de gens plutôt réfractaires à une vision libérale. Nous faisons face pour l’instant de la part de l’Etat à un mélange de démagogie et de méconnaissance du sujet. »

« La légalisation du cannabis récréatif en Allemagne n’a pas encore eu lieu, mais elle peut créer une énergie, une dynamique qui peut se diffuser en France. Quelle conclusion en tirera Emmanuel Macron ? » Notamment en voyant de nombreux pays européens franchir petit à petit le pas. « Quel que soit le gouvernement, Il n’y a aucune raison d’appliquer à un produit non-stupéfiant une prohibition qui a échoué sur les stupéfiants. »

L’objectif final, pour l’UPCBD, est de créer une filière solide et réglementée pour le CBD français. « Nous voulons une fleur naturelle et française. C’est le deuxième volet de la règlementation que nous proposons : mettre en place des mécanismes sécurisant et consolidant la filière agricole française des cannabiculteurs, leur permettre d’investir et d’obtenir des revenus stables correspondant à la valeur de leur travail. »

 

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À Coutances, le cannabis médical force les portes du tribunal [GREENEWZ]

Coutances tribunal cannabis

À Coutances, le cannabis médical force les portes du tribunal

En Normandie, à Coutances, se déroule un procès un peu particulier. Celui d’un homme de 51 ans, nommé Philippe, poursuivi pour « usage, importation, détention, transport de cannabis ». Mais cette affaire est bien différente des habituels procès liés aux stupéfiants et notamment au cannabis. En effet, Philippe est surtout poursuivi pour avoir conçu « des gélules et des huiles à base de la plante pour un usage médical », écrit Libération. On lui reproche également, donc, « l’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et la distribution de médicaments non autorisés ». Déjà condamné plus jeune pour usage et possession de cannabis, Philippe, à Coutances, risque 20 ans de prison.

À Coutances, une affaire un peu particulière

Le procès qui se tient à Coutances est assez hors du commun. Et pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut retracer la vie de Philippe. Au tribunal « sous son faible poids, ses jambes tremblent », relate le quotidien. Car Philippe est atteint de fibromyalgie, une maladie diagnostiquée en 1979. Pire, depuis 20 ans, il sait que son sang est infecté, « après avoir été trop longtemps exposé au styrène, un liquide chimique toxique ». Depuis des années, il se soigne donc au cannabis.

Devant le tribunal de Coutances, Philippe explique son parcours. Il découvre les bienfaits thérapeutiques du cannabis à 18 ans, lors d’un voyage à Amsterdam et d’une rencontre avec un homme atteint de sclérose en plaques. L’automédication fait donc son bonhomme de chemin dans la tête du Normand, et ses parents l’autorisent à cultiver quelques plants à domicile. « C’était soit l’autoculture, soit je le laissais aller dans les cités, acheter et fumer de la merde », explique sa mère, 79 ans. « Son père s’est assuré qu’il fasse pousser à la maison, sans rien ajouter dedans, et bien suivre ce qu’il consommait ».

Une famille brisée par la maladie

Le temps passe et Philippe se perfectionne. Il développe un certain savoir-faire, s’équipe, et créer des gélules de 0,4 mg, contenant en moyenne 0,1 mg de THC, ainsi que des huiles destinées à « aider aussi des proches, des amis, des gens qui souffrent ». Car la vie de famille de Philippe, à Coutances, est marquée par les drames. Sa soeur décède à 39 ans d’un cancer du cerveau. Son oncle d’un cancer du pancréas, ses grands-parents d’un cancer de la gorge. En 2012, son père « abandonne et se laisse mourrir », touché par une seconde tumeur au cerveau.

En 2016, la mère de Philippe, Anne, se voit diagnostiquer un lymphome dans la gorge et une tumeur sur le rein. « Philippe déménage pour s’occuper nuit et jour de sa mère ». Il raconte : « Elle n’avait pas mangé depuis deux mois. Je n’ai plus de famille, ils sont tous morts d’un cancer, j’ai pris le taureau par les cornes, je lui ai donné un peu d’huile. Une heure après, elle m’a demandé à manger ». Philippe fournit ainsi plusieurs personnes, jusqu’en 2019…

« Comme s’ils recherchaient un terroriste »

Cet été-là, Philippe attend une livraison de biomasse venant de Suisse. À la seconde où il se saisit du paquet, une trentaine de gendarmes et douaniers interviennent, car le cannabis affiche 0,57% de THC, au-dessus des 0,2% autorisés alors, avec des chiens renifleurs et « mitraillettes au poing comme s’ils recherchaient un terroriste ». Le chien est perdu, il sent du cannabis partout. Les forces de l’ordre découvrent le laboratoire de Philippe et se demandent s’il « fabrique de la meth ». « Pendant les 10 premières heures, ils m’ont traité comme la pire des saloperies ».

Son avocate, face au tribunal de Coutances, plaide. « Vous dites que mon client n’est pas médecin et donc qu’il ne peut pas faire de prescriptions. Or en réalité, personne ne peut prescrire du cannabis. Les médecins ne font que renvoyer les patients vers des gens comme Philippe. Le temps des malades n’est pas le temps de la justice ».

La procureure a requis une peine de trois ans de prison dont un avec sursis, l’interdiction d’exercer une activité paramédicale pendant 5 ans et l’obligation d’indemniser les « victimes », entendre ici les malades aidés par Philippe. Aucun n’est venu à la barre, ni pour l’accabler ni pour le soutenir. « Tous avaient peur de témoigner. Ces personnes continuent d’utiliser du cannabis ». Verdict attendu le 14 décembre.

 

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L’Américaine Brittney Griner libérée lors d’un échange de prisonniers [GREENEWS]

L'Américaine Brittney Griner libérée

L’Américaine Brittney Griner libérée lors d’un échange de prisonniers

La basketteuse américaine Brittney Griner, détenue en Russie depuis le mois de février pour avoir été en possession de cartouches de cannabis à vapoter, a enfin été libérée. Elle retrouve les États-Unis dans le cadre d’un échange de prisonniers qui s’est déroulé aux Emirats Arabes Unis. Le marchand d’armes Viktor Bout fait le chemin inverse, alors que la star américaine prenait place dans un avion à destination de Washington.

Le président Biden annonce la nouvelle

Dans une courte allocution prononcée à la Maison Blanche, Joe Biden, le président des Etats-Unis, annonçait la libération de l’Américaine. « Il y a quelques instants, j’ai parlé avec Brittney Griner. Elle est en sécurité. Elle est à bord d’un avion. » Parallèlement le ministère russe des affaires étrangères publiait un communiqué sur Telegram. « Le 8 décembre 2022, à l’aéroport d’Abou Dhabi, la procédure d’échange du citoyen russe Viktor Bout contre la citoyenne américaine Brittney Griner, qui purgeaient respectivement des peines dans des établissements pénitentiaires aux Etats-Unis et en Russie, a été accomplie avec succès. »

Du côté de Joe Biden, on se félicitait de la fin du calvaire de Brittney Griner. « Elle est en route vers les Etats-Unis, après des mois d’une injuste détention en Russie. Retenue pour des raisons intolérables, elle sera bientôt dans les bras de ses proches, comme elle aurait dû l’être depuis le début. Nous avons travaillé longtemps pour ce jour, nous avons tout fait pour obtenir sa libération. Il a pour cela fallu passer par des négociations douloureuses et intenses, et je veux remercier toutes les personnes de mon administration qui ont participé à cette libération. »

Des « mois d’enfer » pour l’Américaine et ses proches

Présente au côté du président américain à la Maison Blanche, la femme de Brittney Griner, Cherelle, a eu du mal à cacher son émotion. « Au cours des neuf derniers mois, vous avez tous été témoins d’un des moments les plus sombres de ma vie. Et donc aujourd’hui, je suis debout ici, submergée par l’émotion. Mais l’émotion la plus importante que j’ai en ce moment est une sincère gratitude pour le président Biden et toute son administration. Il vient de dire que cette affaire n’avait pas été facile, ça a en effet été le cas », a-t-elle reconnu.

« Ces derniers mois ont été un enfer pour Brittney, son épouse Cherelle, sa famille et ses coéquipières, a ajouté Joe Biden. Je suis heureux de pouvoir vous dire que Brittney a le moral, elle est soulagée de rentrer enfin chez elle. Il faudra lui laisser le temps pour digérer le traumatisme de ces derniers mois avec ses proches. » L’Américaine avait été condamnée cet été à neuf ans de prison en Russie, une peine plus que sévère dans un contexte géopolitique intenable à la suite de l’invasion russe en Ukraine.

Un échange « déséquilibré » ?

La monnaie d’échange pour Griner, Viktor Bout, était lui condamnée à 25 ans de prison aux États-Unis. Le marchand d’armes a longtemps prospéré grâce aux guerres civiles africaines, en Afghanistan et en Amérique du Sud. L’échange semble alors « déséquilibré », écrit Le Monde. « L’administration Biden est consciente de l’interprétation qui pourrait être faite de cet échange déséquilibré de prisonniers : une sportive contre un trafiquant d’armes, dont la funeste réputation a même inspiré un film, Lord of War, avec l’acteur Nicolas Cage. »

« La Maison Blanche estime qu’il existe une forme d’« obligation morale » à tout faire pour ramener au pays des Américains détenus injustement dans le monde. Mais il serait faux d’imaginer qu’un échange de prisonniers de cette nature puisse devenir la nouvelle norme, explique un haut responsable. Ce dernier rappelle qu’avant Joe Biden, d’autres présidents avaient aussi consenti à de telles mesures, dans « des cas rares et extraordinaires » », ajoute le quotidien français.

 

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