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Dans un abattoir, la plus grande production de cannabis d’Europe [GREENEWZ]

La plus grande production de cannabis indoor

Dans un abattoir, la plus grande production de cannabis d’Europe

En Allemagne, dans un ancien abattoir, se cache la plus grande production de cannabis « indoor » d’Europe. C’est au beau milieu des champs, dans la région de Dresde, que se dresse le bâtiment rénové et adapté à la culture de la plante. Là, l’entreprise Demecan la produit en toute légalité, notamment pour fournir le marché du cannabis médical, autorisé en Allemagne depuis 2017. Elle fait partie des rares entreprises à avoir obtenu une licence de production outre-Rhin.

Bien sûr, Demecan est dans les starting-blocks. La firme attend avec impatience la légalisation du cannabis récréatif pour les adultes allemands, prévue à l’horizon 2024 par la coalition au gouvernement.

Une force de production prête à être déployée

Cet ancien abattoir, l’AFP est allée le visiter. « En entrant dans le bâtiment, une forte odeur prend au nez, alors que des centaines de pousses de marijuana fleurissent dans plusieurs salles, sous une lumière jaune aveuglante », écrit l’agence. Le complexe fait 120 000 mètres carrés et la production atteint une tonne par an. « Demecan livre aux pharmacies de petites boites, où sont entreposées les boules de cannabis séchées, destinées à être vapotées par les patients dans le but d’apaiser des douleurs », continue l’AFP.

Mais Demecan ne tourne pas à plein régime. L’entreprise pourrait « multiplier par 10 sa production » très rapidement afin de répondre à la potentielle demande massive prévue en 2024. Car si la légalisation est adoptée en Allemagne, chaque adulte pourra acheter de 20 à 30 grammes de cannabis récréatif. Celui-ci sera en vente au sein d’un réseau de points de vente agréés par l’État allemand. Un cannabis que le gouvernement veut à 100% local, même si pour le moment Demecan est autorisé à importer 20 tonnes par an du Canada.

La poule aux oeufs d’or allemande

Demecan fournit déjà « 55% du marché allemand » du cannabis médical. Elle se place en « pole position » chez nos voisins, estime Philipp Goebel, directeur général de l’entreprise. Et avec les estimations des experts, on comprend pour Demecan veut garder sa première place sur la grille. Le chiffre d’affaires en Allemagne pour le cannabis récréatif pourrait atteindre 4 milliards d’euros selon une étude de l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf. À condition que la production suive.

Mais la lutte va être rude et les places très chères. Cantourage, start-up berlinoise productrice de médicaments à base de cannabis à « introduit 15% de son capital à la bourse de Francfort » mi-novembre. Cansativa, unique plateforme allemande de vente en ligne de cannabis thérapeutique « a levé 15 millions de dollars en février… notamment auprès du rappeur américain Snoop Dogg », écrit l’AFP. Sanity Group, société de Berlin, est l’un des leaders européens du CBD et a « récolté fin septembre 37,6 millions de dollars ».

L’État se frotte les mains, malgré les contestations

Parallèlement, l’Allemagne espère près de 4,5 milliards d’euros de gains pour les finances publiques, toujours selon les estimations de l’université de Düsseldorf. Pourtant, le projet de légalisation et de production locale ne fait pas l’unanimité. Le président de l’association allemande des médecins le trouve « cynique », trouvant qu’il « est choquant de légaliser une substance dont nous savons qu’elle peut provoquer des dépendances et des troubles mentaux. » Dans l’opposition, on estime que c’est « un signal dangereux pour toute l’Europe ».

Cependant, de nombreuses voix s’élèvent pour une nouvelle réglementation autour du cannabis en Europe et dans l’Union européenne, appelant à mettre fin à la prohibition et à des années d’un tout répressif qui ne se sont conclues que par des échecs. Ces voix viennent notamment des industriels du cannabis, pour qui les avantages à un « New Drug Deal » européen seraient nombreux, mais aussi de certains pays membres, dont l’Allemagne ou la République Tchèque.

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Les industriels du cannabis poussent l’Europe à reformer [GREENEWZ]

Les industriels du cannabis et l'Europe

Les industriels du cannabis poussent l’Europe à reformer

Certains pays européens commencent à revoir leur politique vis-à-vis du cannabis, et les industriels du secteur voient évidemment cela d’un bon oeil. Ils sont nombreux à vouloir investir dans de nouveaux marchés, au sein de pays développés où les perspectives de bénéfices sont immenses. Avec l’exemple de certains pays, comme les États-Unis, où le poids du cannabis légal en fait l’un des moteurs économiques de bien des États, les industriels poussent l’Union Européenne à revoir sa copie, mettre un terme à la prohibition en évaluant la situation de près.

Ainsi, une vingtaine d’industriels du cannabis, de Suisse, d’Allemagne, du Royaume-Uni ou encore du Danemark, ont envoyé une lettre ouverte à la commission européenne invitant à diriger les efforts de l’Europe « vers un nouveau marché européen du cannabis ». Outre de nombreux industriels, la lettre est également signée par le Hanfverband, association pro-législation allemande, ainsi que des entreprises actives sur le marché du cannabis médical.

Une évaluation demandée par les industriels du cannabis

« Nous, représentants de l’industrie et des associations européennes du cannabis, prenons note du fait qu’à l’international, une approche progressive de l’usage de cannabis à usage adulte prévaut depuis plusieurs années », initient les industriels dans leur courrier. « Dans l’Union européenne, un nombre croissant d’États membres, dont Malte, le Luxembourg, la République tchèque et les Pays-Bas, commencent à réformer leurs anciennes politiques prohibitives en matière de drogues d’une manière orientée vers une réelle efficacité, ce qui permet de mettre en place un nouveau cadre politique pour le cannabis couvrant toutes les situations d’utilisation. »

« Plus récemment, le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne a présenté un document sur les points clés par lesquels il entend transformer le marché du cannabis à usage adulte, auparavant illégal, en un cadre réglementé », ajoutent les signataires. « Ces réformes ne contredisent en rien les objectifs mondiaux d’amélioration de la protection de la santé. Nous souhaiterions donc que la Commission européenne procède à une évaluation approfondie et opportune des capacités de la politique européenne en matière de drogues dans le cadre des conventions mondiales. »

Des politiques anti-drogue « tournées vers l’avenir »

« En partageant l’interprétation allemande de ces conventions, la Commission permettra aux États membres de mener des politiques anti-drogue tournées vers l’avenir afin de réaliser les intentions de nos conventions mondiales de contrôle des drogues de manière beaucoup plus efficace que les tentatives précédentes d’interdiction générale. » Les industriels du secteur demandent donc clairement la fin de la prohibition stricte. Tout en s’assurant d’un cadre légal solide à l’échelle de l’Union Européenne.

« L’échec des politiques anti-drogue de ces dernières décennies a permis au crime organisé de générer des milliards de dollars de revenus année après année », regrettent les signataires. « La consommation, la disponibilité et la teneur en THC du cannabis sur le marché illicite non réglementé ont augmenté. » Et ce, car « pendant longtemps, la culture, la distribution et la consommation de cannabis ont voulu être réduites par des politiques prohibitives et répressives en matière de drogues ».

L’exemple de l’Allemagne à suivre ?

« La proposition de l’Allemagne vise à protéger efficacement la jeunesse et la santé et s’attaque aux faiblesses immédiates de l’ancien paradigme de la prohibition, telles que l’expansion du marché illicite et la propagation de substances contaminées. Le but de cette approche est donc conforme à l’objectif des conventions des Nations unies de 1961 et 1988 contre le trafic de stupéfiants et de substances psychotropes et aux objectifs de la stratégie anti-drogue de l’UE pour 2021-2025. »

Pour les industriels du secteur, « l’approche allemande actuelle » retentit « comme un signal important pour progresser vers une réforme urgente de la politique européenne en matière de drogues. Nous sommes convaincus que la Commission européenne soutiendra tous les efforts visant à renforcer un changement de paradigme dans la politique en matière de drogues ». Et ces derniers se tiennent prêts, notamment à être les premiers partenaires et partager leur expérience dans l’élaboration d’un « New Drug Deal » européen.

 

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L’Europe du cannabis s’organise grâce aux efforts de certains pays [GREENEWZ]

Vers une Europe du cannabis ?

L’Europe du cannabis s’organise grâce aux efforts de certains pays

L’Europe va-t-elle petit à petit s’organiser autour d’un grand marché international du cannabis ? C’est une possibilité, car les pays qui sont en voie de légaliser le cannabis, qu’il soit médical ou récréatif, sont de plus en plus nombreux. L’Allemagne, notamment, devrait être en 2023-2024 le premier pays européen à légaliser l’usage récréatif du cannabis pour les adultes. Mais nos voisins d’outre-Rhin pourraient se faire griller la priorité par la République Tchèque, dont le projet avance vite et qui veut entraîner l’Europe dans son sillage.

La République Tchèque avant l’Allemagne ?

« Il y a une très forte possibilité que la République Tchèque termine avant l’Allemagne. Outre la protection de la santé publique, le gouvernement tchèque de droite affirme vouloir s’assurer des avantages économiques que la réforme du cannabis apportera », explique Benjamin-Alexandre Jenroy, du cabinet de conseil Augur Associates, à BusinessCann. De fait, la République Tchèque veut être la première d’Europe afin de pouvoir profiter du marché allemand.

Le gouvernement tchèque « anticipe le potentiel d’exportation vers le marché allemand, en fonction de la manière dont il est légalisé, et il se félicite des recettes fiscales supplémentaires qu’un marché commercial réglementé apportera aux finances publiques », ajoute l’expert. L’Allemagne doit surmonter l’absence de majorité à la Chambre haute, le Bundesrat, les problèmes causés par les conservateurs qui ralentissent la réforme du cannabis, tandis que les divergences actuelles entre les membres de la coalition ne doivent pas être sous-estimées. »

Vers une Europe du cannabis ?

Si le projet de légalisation du cannabis en République Tchèque, pays de 10 millions d’habitants, est assez similaire à celui qui a été proposé en Allemagne, la petite nation européenne veut aller plus loin. Présidente durant ces six derniers mois de l’UE, la République Tchèque, avec les efforts de Jindrich Voboryl, coordinateur national en matière de drogues, pousse pour une réforme du cannabis à l’échelle de l’Europe. Ainsi, elle s’est réunie avec l’Allemagne, Malte, le Luxembourg et les Pays-Bas pour étudier une approche commune.

Mais légiférer à hauteur de l’Union Européenne reste compliqué, surtout en matière de cannabis. 100 ans de prohibition n’ont pas rendu la tâche facile et « il semble y avoir une tendance à la sur-réglementation », décrypte Benjamin-Alexandre Jenroy. « Les gouvernements ont encore les réflexes de la prohibition. Ils devront écouter, débattre. Cela n’a jamais été fait en Europe avant, alors il y aura des désaccords et des contradictions, et cela risque de prendre du temps ».

La République Tchèque, locomotive de l’Europe ? 

« La République Tchèque a une occasion unique de diriger l’Union Européenne dans l’évolution de la politique en matière de drogues, qui commence à aller au-delà de l’interdiction dépassée du cannabis », estime pour sa part Stephen Murphy, PDG de Prohibition Partners. La structure juridique de la future légalisation tchèque est donc très attendue et scrutée. « Nous devons voir comment cette structure traitera l’engagement de la République Tchèque envers la convention unique sur les stupéfiants. Il est peu probable que ce pays ou n’importe lequel procède en violation du droit international et européen ».

Reste que le processus prend du temps, et qu’il n’est pas rare que ces projets prennent du retard. Cependant, la République Tchèque, qui accélère grandement sur le sujet, peut vraiment se poser comme locomotive du cannabis en Europe. « La République tchèque a la plus forte prévalence de consommation de cannabis de tous les pays d’Europe, ce qui signifie que la légalisation représente un grand pas en avant pour l’industrie, mais aussi pour la protection des centaines de milliers de consommateurs du pays », se réjouit Stephen Murphy.

 

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Des tests salivaires inadaptés pour des années de galère… [GREENEWZ]

Des tests salivaires remis en question

Des tests salivaires inadaptés pour des années de galère…

Avec l’arrivée sur le marché du CBD, la question des tests salivaires se pose de plus en plus. Ces tests utilisés par les forces de l’ordre à l’occasion de contrôles routiers sont censés détecter, chez les automobilistes, la présence ou non de THC dans leur organisme. Jusqu’alors, cet examen binaire ne faisait pas l’unanimité, car il pouvait détecter la molécule psychotrope du cannabis des jours après consommation. Désormais, de véritables petits drames du quotidien se nouent. En cause, les produits au CBD, qui peuvent contenir en France jusqu’à 0,3% de THC.

Des consommateurs de CBD positifs au THC

Avec des tests salivaires qui permettent de savoir seulement si, oui ou non, la personne contrôlée à du THC dans l’organisme, il y a de plus en plus souvent maldonne. Et cela peut coûter cher, très cher. Sud Ouest raconte par exemple l’histoire de Damien, un Girondin de 36 ans, dont la vie a basculé en mai 2021. Au volant de son camion, il est impliqué dans un accident sur l’autoroute. Le véhicule de ce chauffeur routier est percuté par un poids lourd, tout comme une voiture. Les trois occupants sont indemnes, les gendarmes effectuent des dépistages d’alcoolémie et de stupéfiants, dont des tests salivaires. Et les ennuis commencent pour Damien.

Son test ressort positif. Il est pourtant catégorique : il ne consomme que du CBD légal, avec un taux de THC inférieur à 0,2%, la limite en 2021. Des analyses sont effectuées sur le test, qui confirme la présence de THC. Damien fournit de son côté une analyse sanguine réalisée en laboratoire, démontrant qu’il ne présente pas de trace de THC psychoactif. Mais aussi une analyse du CBD qu’il consomme, provenant d’une entreprise luxembourgeoise.

Des tests salivaires à la galère

Une alternative aux poursuites lui est proposée, mais il refuse. « Cela signifiait que j’avouais avoir pris du cannabis, alors que c’était faux », explique Damien à la presse régionale. Il voit son permis de conduire suspendu par la préfecture, un drame pour ce chauffeur routier. « J’ai été mis à pied avant d’être licencié. J’ai fait une dépression. J’ai retrouvé un permis probatoire au printemps 2022, après de nouvelles analyses, des tests psychotechniques. Je devais passer une visite médicale tous les six mois. Tout ça à mes frais, alors que je ne trouvais pas de boulot, le permis probatoire rebutant les recruteurs. Aujourd’hui, je travaille à une reconversion. »

Pour son avocat, Julien Plouton, le souci est clair : « Dans cette affaire, comme dans d’autres qui se multiplient, le fond du problème, ce sont les tests salivaires. Ils sont inadaptés. » Il ajoute : « Cette absence de seuil est une vraie difficulté sur laquelle le législateur doit se pencher. Car le CBD est un produit autorisé, s’il contient moins de 0,3 % de THC. De plus en plus de personnes en consomment. Et on voit des automobilistes sanctionnés alors qu’ils pensent être dans la légalité. »

Une relaxe sur vice de procédure

Le 25 novembre 2022, Damien est enfin relaxé par le tribunal correctionnel de Bordeaux. « Quand j’ai appris ma relaxe, j’ai fondu en larmes », avoue le père de famille. La fin d’une sale histoire « après plus d’un an de galère ». Et c’est un vice de procédure qui lui a permis de voir le bout du tunnel. En effet, chaque individu a droit à une contre-expertise urinaire ou sanguine à la suite de tests salivaires positifs. « La loi prévoit qu’on puisse demander une deuxième analyse, mais celle-ci ne délivre pas forcément le taux. Dans le cas de notre client, ce droit n’a d’ailleurs pas été respecté », précise l’avocat. Ce qui a conduit à la relaxe de Damien.

 

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Un « faux départ » pour la fleur de CBD française ? [GREENEWZ]

Faux départ pour la fleur de CBD française

Un « faux départ » pour la fleur de CBD française ?

C’était la première année de récolte officielle pour la fleur de CBD 100% française, pourtant la question d’un « faux départ » se pose, estime Ouest-France. En cause ? Une récolte assez maigre et malgré tout une difficulté à écouler les stocks. Alors que le CBD est présent en France depuis plusieurs années, cette première récolte et son usage restent très timides. Mais est-ce si étonnant pour un secteur qui navigue encore largement à vue, à cause d’un flou juridique toujours bien présent et qui tarde à être éclairci.

Seulement 300 à 500 hectares pour la fleur française

Ce faux départ se voit premièrement dans le nombre d’hectares cultivés en France destinés au marché du CBD. 300 à 500 hectares de cannabis ont poussé en France cette année pour la première récolte officielle, même si certains n’avaient pas attendu le feu vert pour planter. C’est peu, notamment quand on compare ces quelques centaines d’hectares avec les plus de 20 000 destinés au chanvre industriel dans l’Hexagone.

Les chiffres sont fournis par l’Uivec, le « syndicat professionnel rassemblant les acteurs économiques de poids intéressés par l’exploitation du cannabidiol », qui fait néanmoins remarquer que la culture de fleurs de CBD est plutôt équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. Pourtant, le CBD a largement conquis le pays, avec des centaines de boutiques et points de vente aux quatre coins de la France. On pourrait donc croire que cette petite récolte a été néanmoins facile à écouler. Mais là aussi, c’est un faux départ.

Un faux départ entre prudence et timidité

Alors comment expliquer qu’il soit difficile de vendre ce CBD, alors que six millions de Français disent l’avoir déjà essayé, sous forme de fleurs brutes, d’huile, de produits alimentaires ou cosmétiques ? Le tout alors que la grande distribution semble avoir dopé le marché, notamment l’alimentaire, et que les professionnels attendent un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros pour 2022, après les 200 millions de l’année 2021.

Le coût est une première réponse à ce faux départ et à la difficulté qu’ont les agriculteurs à écouler leur marchandise. Les isolats de CBD, couramment utilisés pour la fabrication d’huiles et de produits alimentaires, coûtent « trois à quatre fois moins chers » aux États-Unis, indique l’Uivec. Il en va de même pour la fleur de CBD, dont la Suisse s’est fait experte, produite dans de nombreux pays d’Europe depuis plusieurs années, qui bénéficient donc d’une certaine expérience en la matière.

Un flou juridique qui pèse lourd

Pour remédier à ce premier problème et apprendre de ce faux départ, l’Uivec travaille à la création d’un label CBD français, notamment avec des acteurs comme Interchanvre et l’Afnor, normé et encadré. Malgré tout, la « filière navigue toujours dans le flou juridique, qui gène davantage les opérateurs français (…) que les entreprises étrangères ». Elle attend encore la décision du Conseil d’État sur la légalité de l’arrêté de décembre 2021, tandis que « l’autorité européenne de sécurité des aliments doit statuer sur les demandes d’autorisation de la molécule comme ingrédient alimentaire ». De quoi expliquer la frilosité de la grande distribution notamment.

« En l’absence de cadre réglementaire stable, il est difficile de s’engager auprès d’un agriculteur », a regretté Claire Guignier, responsable des affaires publiques du Synadiet (syndicat national des compléments alimentaires) à l’occasion du congrès de l’Uivec. Mais en attendant, la filière fait avec une certaine tolérance nationale. « Des mesures transitoires » sont en cours de négociation avec « l’administration française », explique le président de l’Uivec Ludovic Rachou, qui espère voir germer « une doctrine de contrôle » au cours de l’année 2023. Parallèlement, le Sénat pousse de son côté le gouvernement à rapidement encadrer le marché du chanvre et réglementer celui du CBD.

 

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Atteinte d’endométriose, une Irlandaise accède au cannabis médical [GREENEWZ]

endométriose et cannabis en Irlande

Atteinte d’endométriose, une Irlandaise a accès au cannabis médical

Après des années de combat, une Irlandaise de 30 ans atteinte d’endométriose a enfin reçu l’autorisation d’utiliser du cannabis thérapeutique pour lutter contre les symptômes de la maladie. En Irlande, des licences ministérielles sont accordées au compte-goutte pour permettre à des patients de se soigner à l’aide de médicaments au cannabis. 70 seulement auraient été distribuées à des personnes souffrant de maux qui n’entrent pas dans le cadre de l’expérimentation nationale du cannabis médical.

En effet, ce programme d’accès, relativement récent, est réservé aux Irlandais souffrant de douleurs ou nausées liées à une chimiothérapie, d’épilepsie sévère résistante aux traitements habituels et de maux provoqués par la sclérose en plaque. Rien au sujet des douleurs chroniques, qui touchent 1,5 million d’Irlandais, et encore moins de l’endométriose, mal méconnu et longtemps invisibilisé, qui provoque des symptômes très douloureux et souvent incapacitants.

Un combat contre l’endométriose, mais pas seulement…

Pour Aimee Brown, il faut que les choses changent. Son endométriose a été diagnostiquée il y a dix ans, lorsqu’elle en avait 20. Mais elle en a souffert depuis toute petite. Dès ses 8 ans, Aimee Brown connait sa première hospitalisation. Au cours de la vingtaine, elle découvre que le cannabis l’aide à gérer les douleurs provoquées par l’endométriose et l’adénomyose qui la touchent. Mais entre une maladie méconnue et qui n’est souvent pas prise au sérieux et le regard d’autrui sur l’usage du cannabis, la route a été longue et tortueuse pour la jeune Irlandaise.

Six ans de lutte seule contre tous

« Au fil des ans, ma famille et mes amis m’ont fait honte, m’ont stigmatisé et se sont éloignés de moi pour avoir consommé du cannabis, mais j’ai toujours gardé mes valeurs fortes et la tête haute. Je savais que c’était un médicament », explique celle qui est devenu une véritable militante du cannabis thérapeutique à Cannabis Health. « La dure vérité, c’est qu’il m’a fallu plus de six ans pour en arriver là. Mon premier consultant en douleur, que j’ai attendu cinq ans avant de voir, m’a dit d’« émigrer » si je choisissais de consommer du cannabis ».

Du cannabis médical acheté illégalement

Pendant des années, elle se fournit donc illégalement en cannabis via une société néerlandaise. Pour vivre avec l’endométriose, elle ne voit que le cannabis. « C’est la seule constante que j’ai eue pendant des années d’agonie physique et émotionnelle, mais pendant tout ce temps, je risquais une peine de prison », raconte Aimee Brown. « Heureusement, un autre consultant en douleur m’a écouté et a accepté d’essayer de demander la licence si j’essayais d’abord ses procédures. Il a tenu parole et a accepté de postuler après que trois procédures échouées n’aient pas aidé ».

« Enfin, je peux désormais consommer sans crainte d’une descente de police au domicile de mes parents, sans crainte de perdre mon permis de conduire, sans crainte d’éventuelles poursuites », se réjouit la jeune femme. « Ce n’est pas seulement pour moi. C’est pour chaque jeune fille qui n’a été prise au sérieux, qui a été rejetée et ignorée ». Une première victoire pour Aimee Brown, qui espère maintenant que la reconnaissance du cannabis comme véritable médicament contre les symptômes de l’endométriose soit étendue à toutes les personnes atteintes.

Aimee Brown continue ses luttes

Et l’Irlandaise ne compte pas s’arrêter dans son combat. « La prochaine étape consiste à implorer notre gouvernement d’inclure la prescription de cannabis dans le système de paiement des médicaments qui plafonne le prix maximum payé par mois par un patient, un prix abordable et réaliste », a-t-elle ajouté. « Je fais économiser beaucoup d’argent à l’État chaque mois en n’ayant pas besoin de tous les médicaments sur ordonnance tels que les opioïdes que j’avais l’habitude d’obtenir. J’espère qu’ils comprendront bientôt. »

 

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Caroline Janvier, l’élue de la majorité qui veut légaliser le cannabis [GREENEWZ]

Caroline Janvier assemblée nationale

Caroline Janvier, l’élue de la majorité qui veut légaliser le cannabis

Ils sont très rares parmi la majorité présidentielle à vouloir légaliser le cannabis. Pourtant la députée du Loiret, Caroline Janvier, fait partie de ces quelques membres du camp Macron à souhaiter en finir avec le tout répressif. À 40 ans, et à l’occasion de son deuxième mandat, l’élue va continuer ses efforts pour faire bouger les lignes, notamment celles du ministère de l’intérieur, qui a fait du cannabis la cause de nombreux maux du pays. « La drogue, c’est de la merde. On ne va pas légaliser cette merde », avait déclaré très subtilement en 2020 le patron de la place Beauvau, Gérald Darmanin.

Caroline Janvier, elle, ne l’entend pas de cette oreille. Et son discours sur le cannabis tranche au sein de la majorité. Tout autant, « elle mélange positions libertaires et convictions plus autoritaires comme quand elle souhaite freiner l’usage des écrans chez les enfants », écrit Libération. « Elle peut aussi bien être favorable au voile pour les mères accompagnant les sorties scolaires que refuser l’aide médicalisée à mourir ». Mère de trois enfants, Caroline Janvier a fait de la protection de la jeunesse son cheval de bataille.

« J’ai le sentiment qu’il n’y a pas de courage politique »

Et dans cet ordre d’idée, sa réflexion sur le cannabis se situe dans le même registre que celle sur l’exposition des enfants aux écrans. Une question de santé publique et de protection de la jeunesse donc. « On a des ados laissés à l’abandon, qui consomment des substances bien plus dangereuses que si le marché était encadré », explique-t-elle au quotidien national. « Cela fait partie des sujets que je considère comme des angles morts pour lesquels j’ai le sentiment qu’il n’y a pas de courage politique », n’hésite pas à lâcher la député, comme un tacle à son propre parti.

Caroline Janvier dénonce une répression inefficace

Pour Caroline Janvier, il est temps de changer de cap. « Pour le cannabis, l’État dépense un milliard d’euros par an dans la prohibition. Les infractions liées à l’herbe représentent plus d’un million d’heures de travail », décrypte la députée du Loiret. « Et ça n’empêche pas de générer de la criminalité et de l’insécurité. » Caroline Janvier dénonce une politique qui cible toujours plus « le consommateur » et une répression qui dure depuis « cinquante années avec les résultats que l’on connait ».

En 2021 déjà, avec ses collègues Jean-Baptiste Moreau et Ludovic Mendes, elle présente un rapport de 281 pages démontrant « l’inefficacité de la prohibition » et délivrant « les clés pour penser la régulation contrôlée du cannabis en France ». Alors prêts « à faire tomber les dogmes et briser le tabou », la poignée de députés voit ce rapport disparaître au fond d’un tiroir. Même si elle avait alors réussi à placer la question du cannabis à l’ordre du jour à l’Assemblée, Caroline Janvier se heurte bel et bien à la politique répressive du ministère de l’intérieur.

Un sujet qui va revenir vite à l’ordre du jour

L’élue de la majorité ne perd cependant pas espoir. Sa consultation citoyenne a récolté près de 250 000 réponses, une preuve concrète, pour Caroline Janvier, que le sujet « intéresse ». Elle ajoute : « Au cours des cinq ans à venir, on va forcément en reparler. Et ce débat, on l’aura. » D’autant plus qu’au Sénat, des voix se font de plus en plus fortes pour pousser le gouvernement à prendre au sérieux les questions du chanvre, du CBD, mais aussi du cannabis chargé en THC et de sa prohibition.

Malheureusement pour Caroline Janvier, il reste du chemin à faire. Un chemin surtout encombré de nombreux obstacles. La députée a notamment vu son amendement visant à généraliser l’expérimentation du cannabis thérapeutique débutée en 2021 refusé à l’Assemblée. Car même pour le volet médical, nombreux sont les membres de la majorité qui freinent des deux pieds…

 

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Le béton de chanvre démontre petit à petit sa valeur [GREENEWZ]

Béton de chanvre

Le béton de chanvre démontre petit à petit sa valeur

Le béton de chanvre commence à se faire une place dans le monde de la construction et de la rénovation. Un matériau d’un genre nouveau, qui n’est pourtant pas une découverte récente, tant les qualités du chanvre et de ses fibres sont connues de longue date. Mais les promoteurs et entrepreneurs du bâtiment l’utilisent de plus de plus, à mesure que les prix des matériaux habituels augmentent, et que la notion d’éco-responsabilité entre petit à petit dans les têtes. Cela se traduit, notamment en France, par une multiplication des initiatives incluant très largement le chanvre dans le processus de conception.

Qu’est-ce que le béton de chanvre ?

Le béton de chanvre est un mélange de chènevotte – de la paille de chanvre -, de chaux et d’eau, qui se transforme après séchage en un matériau aussi dur que le ciment, en pesant seulement un sixième de son poids. Il est également plus souple que le béton classique. On peut utiliser le béton de chanvre en enduit, pour le remplissage des constructions ou des murs à structure de bois. On en fait aussi des dalles pour des chapes isolantes, pour les planchers ou l’isolation des toitures. Il laisse parallèlement respirer les murs, ce qui en fait un excellent allié contre l’humidité. Le tout étant, de plus, biodégradable et issu d’une agriculture responsable qui répond aux enjeux environnementaux.

Rénover avec du béton de chanvre

Matériau moins cher à produire, avec des qualités inestimables, et bio-sourcé, le béton de chanvre convainc de plus en plus dans le bâtiment. Ainsi, dans le Nord, le premier bailleur social des Hauts-de-France, Maisons & Cités, a pris la décision de réhabiliter 24 000 logements du bassin minier d’ici 10 ans grâce notamment au béton de chanvre. « Une réflexion autour d’une alternative aux isolants classiques et 5 années d’expérimentation ont identifié le béton de chanvre comme le matériau le plus adapté aux habitations traditionnelles en briques, dominantes sur le territoire », peut-on lire dans La Voix du Nord.

Pour Franck Mac Farlane, responsable recherche et expertise de Maisons & Cités, « l’objectif est de prouver aux acteurs du bâtiment que cela marche, d’autant plus que le chanvre a une durée de vie très longue ». 115 logements ont déjà été rénovés de la sorte à Pecquencourt, et 40 le seront prochainement à Onnaing (59). « En parallèle nous menons une démarche collaborative en travaillant avec les locataires sur l’usage du logement, la manière d’occuper le logement réhabilité », afin que l’expérimentation ne s’arrête pas à la conception, mais que l’usage parle également.

Développer une filière régionale

« Notre objectif est de favoriser l’émergence d’une filière régionale pour qu’il y ait une réappropriation du chanvre par toute la chaîne de construction et, par la suite, une réduction des coûts qui permettrait de généraliser cette pratique. L’enjeu est donc de parvenir à réunir l’ensemble des acteurs autour de la table parmi lesquels agriculteurs, entreprises de transformation, entreprises de BTP, organismes de formation et partenaires sans oublier les habitants, dernier maillon de la chaîne, qui vivront dans ces logements, pour bâtir une véritable filière régionale du chanvre à usage du BTP d’ici 5 ans », espère Franck Mac Farlane.

Quelques kilomètres au sud, Amiens Métropole fait venir son chanvre de Champagne-Ardennes, première région productrice de France, pour un chantier inédit. La construction d’une nouvelle médiathèque, en bois et béton de chanvre, de près de 1000 m2, est un projet de grande ampleur, qui se veut une vitrine régionale. Pour cela, « nous utilisons une projection mécanique », explique Raphaël Giralt directeur général du maître-d’oeuvre. « La pâte de chaux et le chanvre se rencontrent dans la lance à air comprimé », qui projet le béton de chanvre dans des coffrages.

Du chanvre dans tout le processus

« À Amiens, les restes de projection sont récupérés et revalorisés sous forme banchée pour constituer l’absorbant acoustique de la salle d’action culturelle », précise Le Moniteur. Preuve que rien ne se perd avec le chanvre, et que le développement d’une filière solide est d’une importance capitale à l’avenir. Le Sénat a récemment appelé le gouvernement à orienter ses réflexions en ce sens.

 

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Les rillettes au CBD, le nouvel OVNI culinaire de la folie CBD [GREENEWZ]

Rillettes au CBD

Les rillettes au CBD, le nouvel OVNI culinaire de la folie cannabidiol !

Les rillettes au CBD, les chipolatas au cannabis… Une blague ? On pourrait le croire, mais avec la folie du cannabidiol, on voit maintenant vraiment tout ! Tous les acteurs de l’alimentation ou de la restauration s’en rendent compte, il est possible de mettre du chanvre dans tout, du moment qu’il est légal. On a alors vu émerger ces dernières années des mets conventionnels dans leur version au CBD, comme du miel, des gâteaux ou toutes sortes d’aliments déjà utilisés dans le monde du cannabis chargé en THC, qui ont fait la célébrité des space cakes notamment.

Mais désormais, on voit apparaître des boissons et des denrées au CBD, dont l’association paraît plus étonnante. On voit a récemment parlé du vin aux fleurs de chanvre, avec ce producteur reconnu par ses pairs de Loire-Atlantique. Ou encore des pizzas au CBD il y a déjà plus d’un an. Plus étonnant encore, on a vu un fromager proposer de la raclette au CBD… Mais un nouvel OVNI a débarqué sur la planète cannabidiol : les rillettes au CBD ! Un boucher-charcutier de la Sarthe a osé et Ouest-France est allé à sa rencontre.

Les rillettes au CBD avant… les chipolatas ?

Le créateur un peu fou des rillettes au CBD s’appelle Thomas Laurent, boucher-charcutier à Mézières-sur-Ponthouin, dans la Sarthe (72). Première idée : réaliser des chipolatas au chanvre. « Mais l’été, le temps des barbecues, touchait à sa fin », explique l’artisan. Trop tard pour ces saucisses aux herbes un peu particulières. « Alors j’ai pensé aux rillettes » au CBD. Il s’associe avec un distributeur de cannabidiol du Mans, qui « souhaitait lui aussi intégrer du CBD dans des produits alimentaires ». Le gérant des boutiques lui fournit donc un mélange de fleurs et de feuilles broyées, une sorte de Trim.

La recette des rillettes au CBD, elle, est bien gardée par Thomas Laurent. Un secret de fabrication. « Il faut qu’on sente la plante, mais sans dénaturer les rillettes. Je l’ai fait goûter, les retours sont bons. » Ouest-France leur reconnait « un petit goût herbacé en fin de bouche ». Ces rillettes au CBD sont « un produit ludique, à partager entre amis », explique Amandine Laurent, l’épouse du charcutier. Une petite découverte insolite, comme la charcuterie sait si bien le faire, et une manière d’attirer une nouvelle clientèle, notamment plus jeune, dans cette petite commune de seulement 700 habitants.

https://twitter.com/lemainelibre/status/1595868835743137793

Rillettes de concours ?

Pour le fournisseur de Thomas Laurent, « c’est aussi une occasion de découvrir le CBD et ses nombreux bienfaits. Tout le monde peut en consommer, sans risque ni accoutumance ». Mais il faudra surtout voir la présence de chanvre dans ces rillettes comme l’ajout d’une herbe aromatique, plus que comme un produit alimentaire qui apportera quelque chose de très différent sur le point de la santé. Les rillettes restent les rillettes ! Le charcutier sarthois, lui, « espère que sa clientèle lui pardonnera cette excentricité », écrit le quotidien régional, notamment en voyant des feuilles de cannabis orner ces pots au contenu un peu particulier.

Et qu’elle ne tiquera pas en voyant le prix, 5,95€ les 230 grammes, soit deux euros que ses rillettes traditionnelles, bien sûr toujours en vente. Thomas Laurent envisage cependant de présenter ses rillettes au CBD au concours national de Mamers, très réputé en la matière. Et il attend l’été avec impatience, car il n’a pas oublié son idée première : les chipolatas au chanvre ! « Ce sera pour l’année prochaine », se réjouit déjà le Sarthois. Si leurs idées paraissent parfois fantaisistes, ou sous le coup d’un effet de mode, impossible de reprocher à nos artisans de ne pas tenter par tous les moyens de mettre le cannabis et le CBD en valeur, eux qui sont encore si décriés en France.

 

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Guillaume Gontard, le sénateur premier soutien du cannabis [GREENEWZ]

Guillaume Gontard fait entrer le chanvre au Sénat

Guillaume Gontard, le sénateur premier soutien du cannabis en France

Le sénateur de l’Isère, Guillaume Gontard, 51 ans, a décidé de faire entrer le chanvre et le cannabis par la grande porte du Sénat. Président, au sein de la haute chambre, du groupe écologiste, solidarité et territoires depuis 2020, l’élu n’a eu de cesse de mettre en avant les qualités du chanvre, en particulier dans le secteur industriel, pour le développement d’une production et d’une énergie vertes, mais pousse également pour une meilleure réglementation du marché du CBD, ainsi que pour une légalisation du cannabis, qu’il soit médical ou récréatif. Alors que le gouvernement semble ralentir toutes les avancées de ce type, Guillaume Gontard a réussi à faire bouger les choses au Sénat.

« L’écologie implique de penser avec son environnement, ses ressources et ses limites », a-t-il déclaré, à propos de son engagement principal. Passé de maire du Percy (Isère), où il fut élu à 36 ans, au rôle de sénateur en 2017, Guillaume Gontard voit en sa position une occasion unique de faire évoluer certaines lignes. Car au Sénat, « on travaille en profondeur sur des sujets transversaux, qui n’ont pas nécessairement de couleur politique », se réjouissait-il à l’issue de son élection en 2017, au micro de France Bleu.

Le chanvre et le cannabis, des sujets d’avenir

C’est dans ce cadre que Guillaume Gontard a fait du chanvre l’un des « fils rouges de [s]on mandat ». Pour développer la filière, il a mené un projet de résolution historique, tout récemment adopté au Sénat, à une immense majorité (179 voix pour, 7 contre). « Depuis 2018, je me mobilise notamment pour une clarification règlementaire permettant la légalisation complète des produits CBD et l’encadrement de leur production en France. Je me mobilise aussi pour l’accompagnement de la filière chanvre, indispensable à la transition écologique notamment dans les secteurs du bâtiment ou du vêtement », explique-t-il dans un entretien accordé au Cannabiste.

L’élu espère notamment que « le gouvernement revoit sa copie » sur le sujet du CBD, afin de « légaliser les produits au cannabidiol sans attendre la décision de la justice administrative », alors que le jugement du Conseil d’État sur l’arrêté de décembre 2021 – suspendu en janvier – se fait toujours attendre. Cependant, sur le sujet du CBD, le gouvernement reste « seul maître. Cette résolution est le maximum de ce que je peux effectuer comme parlementaire », reconnait Guillaume Gontard, qui assure qu’il continuera « de plaider pour en finir avec cette réglementation absurde ».

Guillaume Gontard souhaite légaliser le cannabis

Concernant le cannabis, celui qui est actuellement interdit, chargé en THC, Guillaume Gontard prône la légalisation. « Comme l’immense majorité des écologistes, je suis favorable à la légalisation du cannabis avec un encadrement public sur le modèle de celui du tabac (revendeurs agréés, fiscalité spécifique, interdiction de la publicité, etc…). C’est une indispensable mesure de santé publique pour contrôler les produits mis sur le marché et pour déployer une prévention efficace vis-à-vis des consommateurs. C’est aussi une mesure de sécurité pour stopper les trafics, diminuer le nombre de réseaux criminels et apaiser des quartiers entiers. »

Parallèlement, Guillaume Gontard aimerait voir le taux de THC autorisé dans les produits au CBD relevé à 1% (actuellement 0,3% en Europe). « La résolution invite à élargir le catalogue des variétés de chanvre autorisées à toutes celles contenant 1% ou moins de THC. J’y suis donc favorable. » Malheureusement, la résolution du sénateur n’a aucun pouvoir de contrainte. « Elle invite le gouvernement à revoir la réglementation mais ne peut pas le contraindre. »

Et sur la question du CBD, « on va se retrouver dans une situation étrange où le gouvernement refuse d’exercer son pouvoir et laisse la justice trancher. Cela étant dit, vu la rapidité avec laquelle le Conseil d’Etat a suspendu les dispositions de l’arrêté qui interdisait la vente au détail de fleurs de chanvre, on peut espérer que son jugement « au fond » soit bénéfique pour la filière. » En attendant, Guillaume Gontard maintient le cannabis – sous toutes ses formes – dans les débats au sein des plus hautes instances du pays.

 

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Transformer le chanvre en énergie verte, c’est possible ! [GREENEWZ]

Transformer le chanvre en énergie verte

Transformer le chanvre en énergie verte, c’est possible !

Transformer le chanvre en énergie verte, c’est l’idée un peu folle de Jean Foyer, le président de Qairos Energies, une start-up basée dans la Sarthe. Son projet d’usine de transformation de chanvre en hydrogène vient d’être récompensé au salon des maires à Paris. Le jeune entrepreneur a hérité du coup de coeur du jury dans la catégorie « énergies renouvelables ». Pour lui, « c’est une grande fierté d’être reconnu au niveau national comme producteur d’énergies renouvelables », a-t-il réagi auprès de France Info.

« C’est un projet qu’on mène depuis trois ans d’arrache-pied pour montrer qu’on peut faire des énergies renouvelables sur le territoire grâce aux agriculteurs. Ce qui a été retenu, c’est le caractère inédit entre production de gaz vert et monde agricole. C’est le côté innovant, inédit et industriel de la solution qui a été mis en avant », se réjouit le président de la société basée à Loué. D’autant que l’hydrogène qu’il compte produire est plébiscité par l’État pour « décarboner le secteur industriel ».

Transformer le chanvre en hydrogène : oui mais comment ?

L’usine pour transformer le chanvre en hydrogène se situe à Trangé, près du Mans, mais n’est pas encore fonctionnelle. Prévue pour un démarrage d’activité en 2022, elle attend toujours les autorisations nécessaires au lancement. Jean Foyer, lui, est prêt. Il fait pousser son chanvre sans « concurrencer les cultures vivrières. Je m’inscris en tête d’assolement, en début de culture là où les terres ne sont pas utilisées. Le chanvre fait reposer la terre puisqu’il la nourrit ». Le tout dans un rayon de 35 km autour de la ville du Mans, avec l’appui des agriculteurs.

Puis vient le moment de transformer le chanvre. « Le chanvre sera transformé par gazéification. On va le broyer et le chauffer à très haute température. L’action de la température transformera ce chanvre en gaz, qui va ensuite être séparé pour faire du méthane, de l’hydrogène et du CO2 », explique Jean Foyer. Il espère une production d’environ 40 gigawatt-heure chaque année, de quoi chauffer 10 000 foyers et fournir l’énergie nécessaire aux déplacements de leurs habitants.

« Le méthane pourrait être utilisé par des industriels ou pour chauffer des bâtiments. C’est pourquoi Qairos Energies travaille en étroite collaboration avec des entreprises sarthoises et Gaz de France (GDF). Quant au CO2, il est très utilisé dans l’agroalimentaire, notamment pour faire des bulles dans des boissons. Il pourrait donc être acheté par des entreprises d’agroalimentaire locales », écrit France Info.

Produire de l’hydrogène vert

Transformer du chanvre en gaz, c’est une avancée majeure dans l’optique d’énergies vertes. « L’hydrogène, c’est une des solutions pour réussir notre transition énergétique. Pour être propre, ça dépend de son mode de production. Si on produit de l’hydrogène avec du charbon ou du pétrole, l’hydrogène ne sera pas très propre. Avec le chanvre, c’est un cycle très court du carbone, ça pousse en trois mois et demi. En plus, c’est une graine pour nourrir les animaux », détaille Jean Foyer, qui aimerait néanmoins que les choses s’accélèrent, notamment au niveau de l’État. Car si son idée est prometteuse et maintenant reconnue, il reste encore quelques doutes à lever.

« Comme tout mode de production, il faut bien analyser les enjeux, les impacts, les gisements. La grosse incertitude qui me reste, c’est ce rachat des molécules de gaz énergétique qui vont être produits. Et là, en fait, c’est toute une filière qui est en attente. À partir du moment où on aura une validation par l’Etat de la reconnaissance du mode de production de gaz divers, on pourra dérouler. Mais personne aujourd’hui ne sait quand est ce que ce mécanisme de soutien sera présent », explique l’entrepreneur sarthois.

Mais son usine pour transformer le chanvre en gaz sera opérationnelle tout de suite. Celui qui s’est vu remettre son prix par Schneider Electric, GRDF et le maire du Mans, Stéphane Le Foll, garde bon espoir : « J’ai beaucoup de signaux positifs. » Transformer le chanvre en gaz pour produire des énergies vertes, voilà un argument de plus en faveur de la plante qui pousse en France sur plus de 20 000 hectares.

 

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Les 32 tonnes de cannabis saisies étaient-elles du chanvre légal ? [GREENEWZ]

32 tonnes saisies en Espagne

Les 32 tonnes de cannabis saisies étaient-elles en fait du chanvre légal ?

« L’opération « Jardines » menée depuis plusieurs semaines en Espagne a permis de saisir 32 tonnes de têtes de cannabis, ce samedi 5 novembre. Un record mondial selon la police », peut-on lire dans les colonnes de La Dépêche. « Pas de Guinness book pour ce record : la police espagnole a annoncé samedi avoir mis la main sur 32 tonnes de têtes de cannabis, soit « la plus grande saisie de cette substance au niveau international », au terme d’une enquête ayant entraîné l’arrestation de vingt personnes », nous dit de son côté Le Parisien.

Toute la presse française, à la suite d’une dépêche de l’AFP, s’est faite l’écho de cette incroyable prise de la Guardia Civil, la police espagnole. L’équivalent de 1,1 millions de plants de cannabis saisis, une vingtaine de personnes interpellées… L’organisation « contrôlait l’ensemble du processus de production et de distribution de la drogue », expliquent les autorités espagnoles. Le crime organisé à grande échelle et un énorme coup pour la police contre les trafics.

32 tonnes de cannabis… légal ?

Mais la Guardia Civil aurait-elle été plus vite que la musique ? Deux semaines après l’opération, la question se pose très sérieusement. Pour le patron de l’entreprise E-Canna, Francisco Carbo, elle ne se pose même pas. L’homme d’affaires espagnol a vu son nom et celui de sa société publiés partout dans la presse, les faisant passer pour un véritable gang. Mais lui l’affirme : le cannabis saisi n’a rien d’illégal, il s’agit de chanvre au taux de THC quasi-nul, comme ce que produit E-Canna depuis octobre 2021.

Soraya Calvo, directrice administrative de l’entreprise, raconte l’opération de police à BusinessCann. « Ils sont arrivés cagoulés et armes à la main, obligeant tout le monde à s’allonger sur le sol, comme si nous étions des trafiquants de drogue. C’était inutile, nos portes sont toujours ouvertes et nous rendons compte d’absolument tout ce qui entre et sort d’E-Canna », dit-elle, estimant même que la police s’est trompée en annonçant 32 tonnes saisies : il n’y en avait selon elle que 25.

L’entreprise apporte les preuves de son innocence

 » Il y a une persécution nationale concernant la criminalisation et la stigmatisation du cannabis », juge Francisco Carbo. « Pour eux, tout ce qui concerne le chanvre est un délit et comme ce n’est pas le cas, les autorités commettent des abus. Ce qui se passe ici, c’est de la prévarication », c’est-à-dire un grave manquement des autorités. Mardi 15 novembre, le patron d’E-Canna a comparu pour la première partie du procès. Il a fourni toutes les preuves à la justice, qui a décidé de ne pas détruire les 32 tonnes (ou 25 ?) de fleurs et de permettre à E-Canna de poursuivre ses activités.

Le discours de Francisco Carbo ? « Si c’est de la drogue et que je suis un criminel, arrêtez-moi demain. Mais si ce n’est pas de la drogue, libérez les fleurs demain. » L’homme d’affaires reste serein et sûr de son fait. « Avant même de faire l’objet d’une enquête de la part des forces de l’État, je suis allé devant les tribunaux et j’ai dit : « Messieurs, voici mon activité. Voici mes documents. Si c’est un crime, mettez-moi en prison ». »

Les résultats des analyses très attendus

Malgré tout, le président de E-Canna reste surpris des méthodes employées par les autorités espagnoles. « Je m’attendais à une attaque frontale, avec des inspections normales. Je n’ai jamais imaginé que cette attaque viendrait de derrière, avec une accusation sortie de nulle part et qui ne tient absolument pas la route », regrette-t-il. L’analyse des échantillons testés parmi les 32 tonnes saisies devraient déterminer avec précision les taux de cannabinoïdes présents dans les plantes. On saura alors si le cannabis d’E-Canna est légal ou non.

Francisco Carbo, lui, ne compte pas lâcher le business du chanvre. « Je ne vais pas abandonner une industrie qui est en pleine croissance et qui a un potentiel économique important, qui est sur le point d’être professionnalisée, car si nous, qui sommes des professionnels, fuyons, elle restera stigmatisée pour toujours. »

 

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Le développement de la filière du chanvre approuvé par le Sénat [GREENEWZ]

Le développement de la filière du chanvre approuvé au Sénat

Le développement de la filière du chanvre approuvé par le Sénat

Le groupe écologiste au Sénat a vu sa proposition de développement de la filière du chanvre et d’une meilleure réglementation du CBD adoptée, le 17 novembre 2022. Guillaume Gontard, porteur de cette proposition et président du groupe écologiste de la haute assemblée, s’est félicité de cette avancée sur le sujet du chanvre et du cannabis légal, qu’il considère comme « l’un des fils rouges de [s]on mandat ». Le texte a largement été soutenu dans l’hémicycle, avec179 voix pour et seulement 7 contre.

Bien sûr, cette résolution n’oblige en rien le gouvernement, mais « elle marque l’expression d’un souhait ou d’une préoccupation des parlementaires », explique Public Sénat. Et c’est en effet un projet porté de longue date par le groupe écologiste, appuyé par plusieurs forces politiques de tous bords, qui est largement à l’origine des débats sur le développement de la filière du chanvre, mais également de la filière du CBD, beaucoup plus sujet de controverse.

Un développement de la filière du chanvre nécessaire

Encore une fois, les nombreux atouts de la plante ont servi d’arguments forts pour pousser au développement de la filière. « Les débouchés sont considérables, mais largement sous exploités, a rappelé l’élu de l’Isère. La France est le troisième producteur mondial de chanvre. Le premier européen avec seulement 22 000 hectares […] La culture du chanvre ne nécessite pas de produits phytosanitaires, ni d’irrigation. Elle restructure et dépollue les sols et s’inscrit donc opportunément dans les rotations de cultures. »

Pour le sénateur socialiste Gilbert-Luc Devinaz, la filière du chanvre est un « pilier de la réindustrialisation écologiquement responsable. Qu’il s’agisse de filière de construction locale, des industries textiles, du développement des bioplastiques plus légers et compostables, d’une filière papier réinventée, du développement des produits cosmétiques, pharmaceutiques et de bien-être ». De quoi pousser rapidement au développement de la filière quand, en termes d’hectares cultivés, la France est en avance sur ses voisins européens.

Le gouvernement a confiance dans le chanvre…

Le groupe Les Républicains espère aussi le développement de la filière, notamment en termes économiques. Laure Darcos a par exemple regretté « l’impossibilité pour les maîtres d’ouvrage de valoriser financièrement le béton de chanvre par le biais des certificats d’économie d’énergie […] les maîtres d’œuvre ne peuvent donc pas prétendre aux aides de l’Etat au titre de la rénovation de l’habitat ». Des points qu’il est important de vite modifier pour pleinement intégrer le chanvre dans l’économie française.

Du côté du gouvernement, on admet que la « diversité des soutiens montre l’importance du sujet », comme l’a déclaré Dominique Faure, secrétaire d’État à la ruralité. « Sans en partager la totalité des préconisations, en particulier s’agissant de la réglementation des produits issus du chanvre, le gouvernement se saisira de cette résolution pour poursuivre et accélérer les réflexions indispensables pour un développement maîtrisé et ambitieux de la filière », a-t-elle ajouté, exprimant également l’attention du ministère de l’agriculture.

…Mais pas dans le CBD

Dominique Faure l’a bien exprimé, elle ne partage pas toutes les recommandations du Sénat. « Si le cannabidiol (l’une des principales substances actives du chanvre) n’est pas classé comme un stupéfiant, il s’agit quand même d’une substance psychoactive dont les risques pour la santé sont encore en cours d’analyse » […] Il n’a pas été établi que le CBD est dangereux mais il n’a pas non plus été établi scientifiquement dans quelle limite de consommation, il ne l’est pas […] Seule la science doit éclairer nos décisions », dit-elle à ce sujet.

« Le CBD n’entraîne pas d’addiction et les effets psychotropes sont inexistants, rétorque l’écologiste Thomas Dossus. Pourtant cette confusion règne au sommet de l’Etat […] Il faut cesser d’urgence cette confusion entretenue à dessein dans des buts moraux car des emplois et une filière agricole, industrielle ainsi que commerciale, sont en jeu ». Dont « plus de 30 000 emplois », estime-t-il.  « Il ne s’agit pas de contourner le débat sur la législation du cannabis. Il faut avoir une attitude rationnelle », souhaite de son côté la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Le développement de la filière du chanvre avance donc, mais celui du CBD reste flou.

 

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Au Royaume-Uni, où diriger les recherches sur le cannabis ? [GREENEWZ]

Le cannabis médical au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, où diriger les recherches sur le cannabis ?

Au Royaume-Uni, des scientifiques ont cherché à prendre le contre-pied de ce qui se fait habituellement dans la recherche sur le cannabis médical. Jusqu’à présent, les programmes établis autour du cannabis thérapeutique ont été le fait de l’industrie pharmaceutique ou du milieu universitaire, mais pas des patients ou des soignants, pourtant directement en lien avec les expériences de traitement. Ainsi, des chercheurs ont demandé directement aux patients les champs qu’ils considéraient comme prioritaires pour les futures recherches au Royaume-Uni.

Une équipe de chercheurs, associée à la Sapphire Medical Clinics de Londres, a donc interrogé un groupe de 30 patients sous traitement au cannabis thérapeutique pour toute une gamme de pathologies. C’est sous la forme de groupes de discussion que ces malades ont été invités à échanger, entre décembre 2021 et février 2022. Les résultats ont par la suite été compilés et utilisés pour tenter de prioriser certaines directions d’études, à mesure que le potentiel thérapeutique du cannabis se développe.

Les priorités des patients au Royaume-Uni

S’ils pouvaient donner des axes pour orienter le financement des recherches sur le cannabis thérapeutique, les patients du Royaume-Uni attribueraient la plus grande proportions de l’argent disponible à « l’évaluation de l’effet du cannabis sur des symptômes spécifiques ». Les personnes interrogées espèrent donc voir la recherche se spécialiser, ou s’hyper-spécialiser, afin de voir émerger des produits médicamenteux à base de cannabis traitant des pathologies précises. Preuve que la plante commence désormais à être mieux connue, et que ses usages doivent maintenant mieux cibler ce dont souffrent les patients.

Au-delà de ce thème majeur dans l’opinion des patients au Royaume-Uni, d’autres points-clés ont émergé de ces discussions. Notamment des demandes d’études sur les effets secondaires ou indésirables des traitements au cannabis, ou encore des idées telles que la comparaison des différents médicaments disponibles, la pharmacologie, mais aussi une volonté de mieux connaître l’origine des produits, de la culture de la plante à la fabrication des médicaments.

L’impact social du cannabis en question

Les patients britanniques ont aussi abordé l’impact social du cannabis, avec la volonté que davantage de recherches soient menées sur la connaissance du cannabis thérapeutique et des traitements disponibles par le corps médical et les professionnels de santé. Mais également sur des éléments comme la stigmatisation de la consommation de cannabis et ses usagers, les effets sur la conduite, la compatibilité des traitements avec l’environnement professionnel. Des points qui n’auraient peut-être pas été soulevés par les habituels concernés par ce type de sondage.

« Il n’y a pas eu de précédent quant à des tentatives de caractériser les priorités des patients en matière de recherche biomédicale. Nous sommes heureux de fournir cette première contribution à la littérature scientifique sur le sujet du cannabis médical », s’est félicité pour sa part le docteur Simon Erridge, responsable de la recherche de Sapphire Clinics et co-auteur de cette étude menée au Royaume-Uni. « Nous espérons vraiment que cela fournira une base pour orienter les subventions gouvernementales quant aux types de recherches que les patients veulent voir. »

Continuer à écouter tous les patients

Mais il faudra aller encore plus loin dans l’écoute des patients. De tous les patients. Car l’étude était ici limitée à ceux qui détenaient une ordonnance de cannabis légale au Royaume-Uni. Ainsi, elle n’est pas représentative de toutes les personnes utilisant le cannabis à des fins thérapeutiques, mais qui passent encore par le marché illicite. « Nous reconnaissons que les critères d’inclusion limitent l’étude à ceux qui ont une prescription légale. De fait, elle n’est pas pleinement représentative de tous les individus », fait remarquer Simon Erridge.

Environ 1,8 million de personnes se tournent encore vers le marché illicite du cannabis au Royaume-Uni pour se soigner.

Sondage YouGov de novembre 2022.

« Malheureusement, afin de garantir que l’étude résiste à l’examen de la communauté scientifique, nous ne pouvions faire autrement, à l’heure actuelle, que de la limiter aux personnes disposant d’une prescription légale ». Cependant, « avec nos collaborateurs, nous avons un large éventail de recherches en cours qui intègrent ceux qui ont une prescription légale au Royaume-Unis et ceux qui n’en ont pas », a reconnu le docteur londonien. De quoi continuer « d’aller de l’avant », après cette première étape.

 

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La Croatie pense au chanvre industriel pour sortir de la crise [GREENEWZ]

La Croatie pense au chanvre industriel

La Croatie pense au chanvre industriel pour sortir de la crise

Après la crise économique de 2008, la Croatie a été l’un des pays d’Europe les plus touchés par celle du Covid-19 en 2020. Sur les bords de l’Adriatique, on relève petit à petit la tête, alors que l’un des moteurs économiques du pays, le tourisme, avait cessé pendant de long mois. Après avoir retrouvé la croissance en 2021, la Croatie pense désormais au chanvre industriel afin de se positionner comme une puissance forte en la matière sur un marché européen en plein boum.

Directeur de la coopérative Dom konoplje, Mihael Zlovolic est persuadé que la culture massive de chanvre industriel ne peut que faire un bien fou, économiquement, à la Croatie. « Je suis convaincu que si tout ce projet était réalisé correctement et si des investissements systématiques étaient faits dans l’industrie à un niveau plus large, nous serions en mesure de nous débarrasser de toutes les dettes du pays et de sortir de la crise économique dans le mandat d’un seul gouvernement. Tout cela avec l’aide du chanvre industriel », lance-t-il dans les colonnes de Dnevnik, un quotidien industriel.

Un nécessaire cadre pour le chanvre industriel en Croatie

Mais pour y arriver, la Croatie doit encore s’ouvrir au chanvre, du côté des autorités notamment, qui ont tendance à rester dans un schéma très conservateur. « Il y a des cas où des gens se sont retrouvés au tribunal et où le juge n’était pas au courant des dernières modifications apportées à la loi sur la prévention de l’abus de drogues. Sans parler de la police. Mais je dois les féliciter, nous coopérons activement avec la police et les inspecteurs compétents qui nous aident beaucoup, mais il y a souvent des fonctionnaires qui voient un plant de cannabis et pensent immédiatement à la drogue », explique Mihael Zlovolic.

« Ces cas se produisent le plus souvent dans les petites communautés où non seulement les fonctionnaires ne connaissent pas le cadre juridique, mais où ils subissent également la pression de la population locale. Nous vivons encore dans une société conservatrice qui, lorsqu’elle voit quelqu’un planter un champ de chanvre industriel, réagit souvent de manière négative », poursuit le président, dont la coopérative réunit bon nombre des producteurs de chanvre croate.

Éduquer les Croates au chanvre

Il y a donc tout un travail d’éducation au chanvre à effectuer en Croatie. « Tout d’abord, il y a tellement de cas où les gens volent sans vergogne les plantes des petits producteurs que c’est devenu quelque chose qui doit être pris en compte dans le coût de production », regrette Mihael Zlovolic. Un phénomène que l’on croise aussi chez nous en France, où les vols de plants de chanvre industriel ou de CBD se multiplient, parfois avec une confusion du côté des voleurs, qui pensent subtiliser du cannabis chargé en THC quand il s’agit de CBD, ou en CBD quand il s’agit de chanvre industriel.

« Nous devrions travailler à éduquer la population et à fournir une base saine pour le développement de l’industrie croate du chanvre. L’objectif est de former une sorte de portail internet et de centre de connaissances et d’informations, où les personnes qui possèdent des connaissances et des compétences avérées seront en mesure d’éduquer tout le monde – non seulement les producteurs et les cultivateurs, mais aussi les gens ordinaires – parce que le chanvre est l’avenir », explique le directeur de la coopérative croate.

Un vrai désir de se lancer dans le chanvre en Croatie

Pour ce dernier, la Croatie est une terre prometteuse pour le chanvre. « Nous avons les connaissances, nous avons les conditions et nous le faire. Surtout quand vous avez ds personnes qui ont aussi une telle volonté et un tel désir de se lancer. La question est maintenant de savoir comment faire en sorte que les gens ordinaires le reconnaissent », s’interroge Mihael Zlovolic.

 

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Au Club des Haschischins, on expérimentait les effets du cannabis [GREENEWZ]

Club des Haschischins

Au Club des Haschischins, on expérimentait les effets du cannabis

Plus de 150 ans après son existence, le Club des Haschischins reste dans les mémoires. Notamment parce que s’y sont côtoyées certaines des personnalités les plus en vue du milieu du XIXe siècle, des artistes surtout, comme les peintres Eugène Delacroix ou Honoré Daumier, l’écrivain Honoré de Balzac, ou encore les poètes Charles Baudelaire et Théophile Gautier. Mais que faisait-on dans ce fameux Club des Haschischins ? À une époque où l’esthétique du voyage était de mode, souvent sous la forme d’une quête initiatique, comme Stendhal à Rome, certains ont souhaité découvrir des voyages plus… imaginaires.

Moreau de Tours fonde le Club des Haschischins en 1844

C’est le docteur Jacques-Joseph Moreau de Tours, qui crée à Paris en 1844 le Club des Haschischins. Au gré de ses voyages en Égypte, en Syrie et en Asie Mineure, il expérimente le cannabis, lui qui est spécialisé dans l’aliénation. Le tout dans un contexte où l’opium et le haschich se répandent en Europe, et en particulier dans les milieux littéraires et scientifiques, quelques années après la parution des Confessions d’un mangeur d’opium anglais de Thomas de Quincey. Moreau de Tours convie donc à Paris, dans l’hôtel de Pimovan, ses contemporains pour des séances mensuelles, où l’on consomme de l’opium mais surtout du haschich, sous prétexte de curiosité esthétique et d’observation pseudo-scientifique.

De 1844 à 1849, Moreau de Tours invitera donc de nombreuses personnalités à faire l’expérience de certaines drogues, dont le poète Théophile Gautier, l’un des premiers à faire partie de ce cercle. Il écrira plus tard Le Club des Haschischins, dont l’introduction raconte son invitation au club.

« Un soir de décembre, obéissant à une convocation mystérieuse, rédigée en termes énigmatiques compris des affiliés, inintelligibles pour d’autres, j’arrivai dans un quartier lointain, espèce d’oasis de solitude au milieu de Paris, que le fleuve, en l’entourant de ses deux bras, semble défendre contre les empiètements de la civilisation, car c’était dans une vieille maison de l’île Saint-Louis, l’hôtel Pimodan, bâti par Lauzun, que le club bizarre dont je faisais partie depuis peu tenait ses séances mensuelles, où j’allais assister pour la première fois. »

Théophile Gautier, Revue des deux mondes, février 1846.

Les premières expériences de Théophile Gautier

Mais un peu plus tôt, dès juillet 1843, paraît dans La Presse un article de Théophile Gautier titré « Le Hachisch », dans lequel le poète raconte sa toute première expérience avec le cannabis.

Il évoque notamment sous quelle forme il est consommé au sein du Club des Haschischins. « Le hachisch est un extrait de la fleur de chanvre, que l’on fait cuire avec du beurre, des pistaches, des amandes et du miel, de manière à former une espèce de confiture assez ressemblante à la pâte d’abricot, et d’un goût qui n’est pas désagréable. C’était du hachisch que faisait manger le Vieux de la Montagne aux exécuteurs des meurtres qu’il commandait, et c’est de là que vient le mot assassin, hachachin (mangeur du hachisch). »

Comment manger cette pâte ? « La dose d’une cuillerée suffit aux gens qui n’ont pas l’habitude de ce régal de vrai croyant. L’on arrose le hachisch de quelques petites tasses de café sans sucre à la manière arabe, et puis l’on se met à table comme à l’ordinaire, car l’esprit du chanvre n’agit qu’au bout de quelque temps. »

Viennent alors les premières observations entre les murs du Club des Haschischins : « Le Dr X., qui a fait de longs voyages en Orient, et qui est un déterminé mangeur de hachisch, fut pris le premier ; en ayant absorbé une plus forte dose que nous, il voyait des étoiles dans son assiette, et le firmament au fond de la soupière ; puis il tourna le nez contre le mur, parlant tout seul, riant aux éclats, les yeux illuminés, et dans une jubilation profonde. »

« J’entendais le bruit des couleurs »

Un peu plus tard, c’est au tour de Théophile Gautier de ressentir lui aussi les effets de ce que les convives appellent le dawamesk. « Au bout de quelques minutes, un engourdissement général m’envahit. Il me sembla que mon corps se dissolvait et devenait transparent, je voyais très nettement dans ma poitrine le hachisch que j’avais mangé, sous la forme d’une émeraude d’où s’échappaient des millions de petites étincelles. Les cils de mes yeux s’allongeaient indéfiniment, s’enroulant comme des fils d’or sur de petits rouets. »

« Je voyais encore mes camarades à certains instants, mais défigurés, moitié hommes, moitié plantes, avec des airs pensifs d’ibis, debout sur une patte d’autruche, battant des ailes, si étranges que je me tordais de rire dans mon coin (…) L’un de ces messieurs m’adressa en italien un discours que le hachisch, par sa toute-puissance, me transposa en espagnol. »

Les effets se calment, puis reviennent, différents. « Mon ouïe s’était prodigieusement développée : j’entendais le bruit des couleurs. Des sons verts, rouges, bleus, jaunes, m’arrivaient par ondes parfaitement distinctes. Un verre renversé, un craquement de fauteuil, un mot prononcé bas, vibraient et retentissaient en moi comme des roulements de tonnerre. »

« Caprimulges, coquecigrues, oysons bridés, licornes, griffons, cochemards »…

Dans un troisième accès, Théophile Gautier pense devenir fou. Il voit des « caprimulges, coquecigrues, oysons bridés, licornes, griffons, cochemards », c’est-à-dire « toute la ménagerie des rêves monstrueux [qui] trottait, sautillait, voletait, glapissait par la chambre ». Il est pris de l’envie de les dessiner. « Grâce au hachisch, j’ai pu faire d’après nature le portrait d’un farfadet. Jusqu’à présent, je les entendais seulement geindre et remuer la nuit, dans mon vieux buffet. »

Une puissante première expérience au Club des Haschischins, « mais voilà bien assez de folies. Pour raconter tout entière une hallucination du hachisch, il faudrait un gros volume, et un simple feuilletoniste ne peut se permettre de recommencer « l’Apocalypse » », conclut le poète. La fin d’une première fantasia, comme ont été appelées ces séances du Club des Haschischins par les participants. Et on comprend pourquoi !

 

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Kif Takwine, une formation au futur cannabis médical marocain [GREENEWZ]

Le programme Kif Takwine forme le personnel de santé marocain

Kif Takwine, une formation au futur cannabis médical marocain

Le Maroc s’organise en vue de prescrire légalement du cannabis médical à sa population et forme, avec le projet Kif Takwine, son personnel de santé. « Dans trois mois, nous aurons au Maroc la première production de cannabis thérapeutique et, pour cela, il faut une préparation du terrain avec des formations des acteurs de la santé, comme les médecins, les infirmiers ou les pharmaciens », a expliqué le Professeur Redouane Rabii, président de l’AMCUC, l’Agence marocaine consultative d’utilisation du cannabis, à l’occasion de la troisième phase du programme de formation Kif Takwine, début novembre.

Organisées par l’AMCUC, ces formations se déroulent à la Pharmacademy de Bouskoura, en partenariat avec Pharma 5, l’un des trois laboratoires pharmaceutiques ayant obtenu une licence d’exploitation du cannabis au Maroc. « Le cannabis n’est pas une plante que l’on connait. Il faut pourtant tout savoir de ses effets secondaires, ses constituants, ses dosages et surtout les indications validées actuellement par la science », a tenu à préciser Redouane Rabii.

Le programme Kif Takwine destiné à la maîtrise du produit

Pour cela, le programme Kif Takwine a donc proposé de nombreuses thématiques englobant tout le domaine du cannabis médical, avec notamment la venue d’experts israéliens et américains. « C’est une formation organisée en collaboration avec des professeurs et chercheurs en cannabis internationaux. Elle consiste à connaître très bien cette plante médicinale, ses constituants et ses composantes, puisque chaque année on découvre de nouvelles composantes. Mais on va s’intéresser cette année aux composantes déjà validées par des chercheurs depuis 30 ou 40 ans ».

« De la plante à la place thérapeutique » du cannabis, il y a donc tout un champ à explorer et maîtriser pour le système de santé marocain. « Il faut absolument préparer en aval les professionnels de la santé qui vont prescrire ces traitements à base de cannabis médical. D’autres formations seront lancées par la suite aux infirmiers, qui surveilleront ces protocoles et accompagneront ces traitements », décrypte Redouane Rabii. « Maîtriser ce mécanisme, c’est comme un pré-requis. »

S’enrichir de l’expérience internationale

À l’occasion de cette troisième phase du programme Kif Takwine, la collaboration internationale est de mise. Des cours ont été et seront dispensés par des experts et des médecins venus des États-Unis et d’Israël, « deux pays jouissant d’une grande expertise dans le domaine du renforcement de l’industrie médicale sur le cannabis », précise Le Desk. L’idée était donc de saisir « ce qui se fait ailleurs, dans les pays qui ont précédé [le Maroc] et qui ont bien clarifié le fonctionnement et la prescription ».

Ainsi, l’AMCUC a signé des partenariats avec des universités, aussi bien locales qu’internationales, des laboratoires, centres de recherche, et bon nombre d’acteurs du secteur de l’industrie médicale. « De là, on va enchaîner sur les indications validées par les recherches au niveau de ces médicaments, et comment les manipuler parce qu’ils sont très différents des médicaments normaux. Il faut une surveillance pour adapter la posologie à chaque patient dans l’avenir. »

Avoir un « langage commun »

Le programme Kif Takwine doit donc permettre d’emmagasiner des connaissances aussi bien théoriques que pratiques, tout en s’intégrant « dans un langage commun », celui du cannabis médical. Une fois ces bases solides maîtrisées, à l’aide aussi de formations « interactives, pour répondre à toutes les questions et interrogations des personnels de santé », le Maroc saura « très bien, s’il y a des prescriptions pour des pathologies, quelles indications sont validées ».

Il sera alors possible de franchir un palier. Et de préciser, spécialiser, les formations du programme Kif Takwine. « Dans l’avenir, il y aura de plus en plus de formations ponctuelles sur des pathologies précises, décortiquées au profit des personnes intéressées dans ce domaine », conclut le professeur Redouane Rabii. Avec pour but de faire du Maroc un pays d’experts du cannabis médical.

 

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Les troubles bipolaires peuvent-ils être limités grâce au cannabis ? [GREENEWZ]

Les troubles bipolaires limités grâce au cannabis ?

Les troubles bipolaires peuvent-ils être limités grâce au cannabis ?

Les personnes touchées par des troubles bipolaires pourraient-elles trouver une aide dans le cannabis ? C’est ce que suggère une récente étude, qui estime que la plante pourrait présenter des « avantages uniques » pour les malades de ces troubles de l’humeur. Pour rappel, « le trouble bipolaire est une maladie psychique chronique responsable de dérèglements de l’humeur avec le plus souvent une alternance d’états d’exaltation et de dépression. Favorisée par des facteurs biologiques et génétiques, cette maladie apparaît le plus souvent chez l’adulte jeune », explique l’Assurance Maladie sur son site internet.

Les troubles bipolaires, fréquemment diagnostiqués, peuvent également entraîner des problèmes de santé mentale ou encore des déficits en termes de prise de décision, attention, apprentissage… On leur oppose souvent des traitements médicamenteux comme des modulateurs de sérotonine et des benzodiazépines. Des traitements souvent longs à faire effet, et qui provoquent parfois des effets secondaires assez lourds, tout en n’étant pas d’une efficacité certaine. D’où la recherche de nouveaux traitements des troubles de l’humeur par les experts des sciences du cerveau.

Du cannabis pour réguler la dopamine ?

Avec 2 à 5% de la population potentiellement sujette à des troubles bipolaires, des chercheurs de San Diego, aux États-Unis, ont mené des études sur les effets antidépressifs et anxiolytiques de produits comme la psilocybine, un champignon, ou le cannabis. Ils ont tout d’abord remarqué que nombreuses personnes subissant des troubles de l’humeur avaient recours au cannabis pour tenter d’y faire face. Les scientifiques ont pu lier ce phénomène à des résultats de précédentes études, suggérant que les personnes touchées de troubles bipolaires avaient « une activité dopaminergique accrue en raison d’une expression réduite du transporteur de la dopamine ».

La dopamine, un neurotransmetteur, agit directement sur le comportement, et influe énormément sur les humeurs, car cette substance procure notamment un sentiment de plaisir, ou de satisfaction. « Il a été démontré que la consommation chronique de cannabis réduit la libération de dopamine, ainsi la consommation chronique de cannabis peut entraîner un retour à l’homéostasie (l’équilibre, ndlr) de la dopamine chez les personnes atteintes de troubles bipolaires. »

Stabiliser les troubles bipolaires et de l’humeur

« La consommation chronique de cannabis peut avoir des effets bénéfiques uniques chez les personnes atteintes de ces troubles », précise l’étude, dans le sens où le cannabis permettrait de « normaliser » certains excès ou déficit, notamment dans le cas de la dopamine. « La consommation chronique de cannabis était associée à une amélioration modeste de certaines fonctions cognitives. Elle était également associée à une normalisation de la prise de décision à risque et de la motivation à l’effort chez les personnes atteintes de troubles bipolaires, mais pas chez les participants en bonne santé », a conclu l’étude.

Mais la question de la stabilité de l’humeur à long terme reste un enjeu majeur pour les malades et celle-ci doit encore trouver une réponse. Pour cela, bien sûr, des recherches complémentaires doivent être menées.

Des recherches complémentaires nécessaires

Lisa Monteggia, du Vanderbilt Brain Institute du Tennessee, a d’ailleurs précisé que ces études n’avaient pas vocation à « évaluer le bénéfice thérapeutique potentiel » du cannabis dans ce domaine mais de sonder « comment il exerce ses effets sur le cerveau ». Cependant, à terme, il conviendra de « s’engager dans des études supplémentaires qui explorent ce potentiel ».

« La recherche présentée aujourd’hui contribue à la preuve croissante que ces composés peuvent offrir de nouvelles voies pour le soulagement des symptômes dans de nombreux problèmes de santé mentale », a ajouté la chercheuse. Des pistes qui continueront d’être étudiées par les professionnels du cerveau et de sa santé.

 

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Cannabis dans les textes anciens : les restes d’une vision antique [GREENEWZ]

La cannabis dans les textes anciens

Cannabis dans les textes anciens : les restes d’une vision antique

Quand on aborde le sujet du cannabis dans les textes anciens, on se rend rapidement compte du nombre de sources disponibles et des multiples références à la plante qu’ont écrites nos ancêtres dans l’histoire. Connu depuis 15 000 ans, le cannabis a de tous temps été utilisé, dans le cadre médicinal, liturgique, artisanal… Et petit à petit, on a commencé à en comprendre les effets sur l’organisme, ou ses qualités notamment dans le domaine textile.

Avec, au cours de l’Antiquité, l’avénement d’une tradition écrite, le cannabis dans les textes anciens s’est révélé être bien présent. Les auteurs antiques ont commencé à classifier les plantes, leurs effets, leur utilisation, dans des volumes presque encyclopédiques. Ainsi, nous avons sélectionné trois personnages des Ier et IIe siècles après J.-C., les Grecs Dioscoride et Galien, ainsi que le Latin Pline l’Ancien qui, sur une centaine d’années, vont à plusieurs reprises faire mention du cannabis dans leurs écrits.

Dioscoride, médecin, pharmacologue et botaniste grec

Médecin mais aussi botaniste, Dioscoride (né vers 20-40, mort vers 90 ap), a pris soin de décrire le cannabis dans son oeuvre De materia medica. « Le cannabis cultivé que certains appellent cannabion et les autres schoenostrophion et d’autres asterion, est une plante utile pour la confection de cordages solides. Ses feuilles sont comme celles du frêne. Il donne une odeur désagréable et a de longues tiges creuses. Le cannabis sauvage que certains appellent hydrastina et les Romains terminalis, a des tiges comme la mauve mais plus rugueuses, plus petites de taille et de couleur plus foncée », a-t-il écrit.

Le sujet du cannabis dans les textes anciens est vaste, mais pour ce qui est des effets de la plante, Dioscoride reste peu loquace. « Ses graines ont une forme sphérique, d’en trop manger diminue la puissance sexuelle », dit-il. « Le jus de graines fraîches, instillé dans les oreilles, est utile dans le traitement des otalgies », ajoute cependant le médecin.

Pline l’Ancien et son Histoire naturelle

Pline l’Ancien, disparu à la suite de l’éruption du Vésuve en 79, dont de nombreux écrit nous sont parvenus, en dit bien plus sur les aspects médicinaux du cannabis, notamment dans son Histoire naturelle. « Initialement le chanvre poussait dans les bois. Les feuilles étaient de couleur plus foncée et plus rugueuses. Sa graine, dit-on, supprime le sperme. Le jus de graines fait sortir de l’oreille les vers et les insectes qui y sont entrés mais au prix de maux de tête ». Au sujet du cannabis dans les textes anciens de Pline, on retrouve des notions présentes chez Dioscoride, comme l’idée d’impuissance sexuelle et/ou d’infertilité, mais aussi l’utilisation de l’huile de graines pour traiter des maux auriculaires.

Pline l’Ancien ajoute : « Mélangé à l’eau de boisson du bétail, [le cannabis] régularise le transit intestinal. La racine de cannabis, bouillie dans de l’eau est utile lorsque les articulations sont « grippées », mais aussi en cas de goutte et d’attaques de ce genre. Les applications de graines crues aident au traitement des brûlures mais il faut veiller à renouveler les applications avant qu’elles ne se dessèchent. » Ici, on note des usages « redécouverts » de nos jours, comme l’alimentation du bétail ou le traitement de douleurs articulatoires.

Galien dans la lignée de ses prédécesseurs

Pour Galien, médecin grec né à Pergame en Asie Mineure au IIe siècle, « la graine de cannabis élimine les gaz intestinaux et déshydrate à tel point que celui qui en a trop mangé éteint ses capacités sexuelles. Certains pressent les graines encore vertes pour en obtenir un jus qu’ils utilisent dans le traitement des otalgies ». Ses observations, issues de son oeuvre De simplicium medicamentorum temperamentis ac facultatibus, rejoignent celles de Dioscoride et Pline l’Ancien. Le cannabis dans les textes anciens des Ier et IIe siècles a donc des usages et des effets observés très similaires.

« La plante est en partie semblable au poivre sauvage. La graine est difficile à digérer, mauvaise pour l’estomac et donne des maux de tête. Certains mangent les graines frites avec des sucreries. J’appelle sucrerie les nourritures servies au dessert pour inciter à boire. Les graines apportent une sensation de chaleur et si consommées en grandes quantités, affectent la tête en lui envoyant des vapeurs chaudes et toxiques », ajoute Galien, qui ici fait mention d’effets psychotropes, ce que ne mentionnent pas les deux autres auteurs cités.

Le cannabis dans les textes anciens, une histoire riche

Le cannabis dans les textes anciens des deux premiers siècles après J.-C., qu’ils nous proviennent du monde grec ou de la sphère romaine, est donc relativement bien connu. Si tous ses effets ne sont pas clairement identifiés, les différentes façons de le consommer ont permis aux auteurs antiques de dévoiler une partie de ses secrets. Certains éléments reviennent systématiquement, comme ceux liés à la sexualité ou aux otalgies, des douleurs localisées au niveau des oreilles. Mais certains de ces auteurs ont-ils été aussi consommateurs ? Nous en parlerons dans un prochain article, grâce à d’autres mentions potentiellement liées au cannabis dans les textes anciens.

 

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Qui est Raphael Mechoulam, ce chercheur à qui le CBD doit beaucoup ? [GREENEWZ]

Raphael Mechoulam, le CBD lui doit beaucoup

Qui est Raphael Mechoulam, ce chercheur à qui le CBD doit beaucoup ?

Quand on aborde le sujet du cannabis, difficile de ne pas citer Raphael Mechoulam. Chercheur israélien, né en 1930 à Sofia, en Bulgarie, il a été l’un des pionniers des recherches sur les cannabinoïdes. De nombreux spécialistes le considèrent comme « le père du cannabis moderne », en particulier de son penchant thérapeutique, sur lequel Raphael Mechoulam a passé une grande partie de sa vie.

Raphael Mechoulam
Raphael Mechoulam.

Raphael Mechoulam, le père du cannabis moderne

Le CBD doit beaucoup à Raphael Mechoulam. Biochimiste, spécialisé dans les substances végétales, ce chercheur israélien s’intéresse dans les années 1960 au cannabis. « Je me suis mis à chercher un sujet de recherche à l’âge de 34 ans. Mon choix n’a aucun rapport avec la période hippie. Un scientifique se doit de choisir un sujet original afin de réaliser des progrès significatifs. Personne ne s’était vraiment intéressé au cannabis, ce qui m’a étonné, déclarait-il à Vice. À l’époque, la morphine avait été isolée de l’opium et la cocaïne de la feuille de coca, mais personne n’avait pris soin d’étudier la composition de la marijuana. »

Au sein de l’Université hébraïque de Jérusalem, Raphael Mechoulam est le premier à découvrir, en 1963, la structure exacte du CBD. Celle-ci se compose de 21 atomes de carbone, 30 d’hydrogène et 2 d’oxygène. Cette découverte, comme celle de la composition du THC en 1964, a permis de déterminer que le CBD n’était pas une substance psychotrope. Ainsi, cet état de fait transforme en profondeur les travaux sur le cannabis et toute son industrie.

« Découverte d’un système physiologique insoupçonné »

La porte s’ouvre donc sur d’autres études. Celles-ci vont être menées de par le monde, mais le Dr Mechoulam n’en sera jamais loin. Pourtant, rien ne fut simple. Libération écrivait, en le citant : « Sa prohibition dès 1937 aux Etats-Unis, puis son classement sur la liste des stupéfiants par l’ONU en 1961 « ont imposé des tracasseries dissuasives pour qui voulait avoir du cannabis pour l’étudier ». » Malgré tout, Mechoulam, 92 ans aujourd’hui, est l’auteur de plus de 450 publications scientifiques.

Grâce à ses découvertes, l’usage thérapeutique du chanvre est désormais reconnu. En Israël, il en est un acteur majeur, où plus de 11 000 patients ont accès au cannabis. « L’étude de la marijuana inaugurée par le professeur Mechoulam a mené non seulement à une compréhension de ses mécanismes d’action mais aussi à la découverte d’un système physiologique insoupçonné », écrit encore Libération : le système endocannabinoïde. « Il semble être un système majeur de protection de l’organisme, il ouvre des pistes extraordinaires », s’enthousiasmait le chercheur.

Le système endocannabinoïde, « primordial » pour Raphael Mechoulam

En 1992, alors qu’il a été démontré qu’un récepteur, nommé CB1, au sein de notre système nerveux est dévolu à l’interaction avec le THC, Raphael Mechoulam découvre lui une substance produite par notre organisme, l’anandamide, qui correspond à ce récepteur. Avec un récepteur dédié et une substance produite par notre organisme, le tout très proche du cannabis, les faits sont clairs pour Raphael Mechoulam et son équipe : le système endocannabinoïde est prouvé.

« Ce système est primordial, est convaincu Raphael Mechoulam. L’immense majorité des maladies est liée à ce système, d’une manière ou d’une autre. C’est très étrange, quand on y pense. On parle de pathologies touchant les poumons, le cœur, le foie, les reins, etc. Le mécanisme ressemble à celui de la dopamine : si votre corps en produit trop, vous pouvez développer Parkinson ; s’il en produit trop peu, vous pouvez souffrir de schizophrénie. Il en va de même avec les cannabinoïdes. »

Trente ans après ces découvertes, l’industrie du médicament reste frileuse avec le cannabis, même si les choses avancent dans le bon sens, notamment avec un phénomène de légalisation qui touche de plus en plus de pays.

 

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