Publié le

Les néocannabinoïdes passés à la loupe par le Canada [GREENEWZ]

Les néocannabinoïdes passés au cribe.

Les néocannabinoïdes passés à la loupe par le Canada

Méconnus, les néocannabinoïdes arrivent sur le marché légal dans certaines régions du monde. Mais leur nouveauté et le manque de données les concernant poussent les autorités sanitaires à prendre leurs précautions. C’est notamment le cas au Canada, où plusieurs provinces ont suspendu la distribution de certains produits, notamment ceux contenant du delta-8 THC, très proche du THC traditionnel (delta-9), en attendant les conseils de Santé Canada.

Le delta-8 THC est naturellement présent dans la plante, mais cette molécule issue du cannabis s’y trouve en taux très faibles. Plusieurs laboratoires en conçoivent néanmoins, souvent à partir de CBD, pour fabriquer des produits comme des liquides de vape ou comestibles. Mais ce néocannabinoïde, comme on l’appelle, reste psychotrope et donc potentiellement dangereux, tout en étant méconnu scientifiquement.

Un néocannabinoïde méconnu

Au Canada, donc, en attente de l’évaluation de l’organe de santé, certaines provinces ont pris les devants. L’Ontario ou la Colombie britannique ont annoncé suspendre toute approbation de nouveaux produits contenant du delta-8 THC. « Le delta-8-THC est un néocannabinoïde enivrant (comprendre « psychotrope ») et l’un des nombreux cannabinoïdes trouvés ou produits naturellement par la plante de cannabis », explique Santé Canada.

« Les produits à base de cannabis contenant du delta-8-THC présentent des risques potentiels pour la santé et la sécurité qui peuvent être similaires à ceux du delta-9-THC, dont certains peuvent être graves ou mettre la vie en danger. Les produits contenant des niveaux élevés de delta-8 THC ont peu ou pas d’antécédents d’utilisation, de sorte que la compréhension scientifique et médicale de leurs effets biologiques et des risques pour la santé est encore en développement », décrypte l’organisme canadien.

Quand Santé Canada se penche sur l’affaire

« Santé Canada commande actuellement des projets de recherche préliminaires chez les rongeurs pour commencer à comparer les effets psychoactifs de divers cannabinoïdes autres que le delta-9-THC. Cela aidera à mieux informer l’équivalence d’intoxication de ces cannabinoïdes non-delta-9 THC au delta-9-THC. Les données générées par ce projet et d’autres projets potentiels sur ce sujet pourraient aider à éclairer les efforts d’éducation et de sensibilisation du public, les évaluations des risques potentiels ainsi que toute politique ou réglementation concernant ces substances », peut-on lire chez StratCann.

« Les résultats de ce projet pilote initial sont attendus au cours de l’année civile 2023 » et « Santé Canada surveille de près l’émergence de produits contenant des niveaux élevés de delta-8 THC, ainsi que des produits pouvant contenir des niveaux élevés d’autres nouveaux cannabinoïdes enivrants, sur le marché canadien ». Président de Dynaleo, producteur canadien de cannabis, Michael Krestell voit tout de même cette prudence d’un bon oeil : « Nous sommes ravis que tout le monde adopte une approche mesurée voit quelle est l’expérience réelle avec le produit sur le marché. »

Un produit récent et pas très populaire

Malgré tout, Krestell regrette que le Canada voit ces produits à travers le prisme américain. « Je pense que le problème auquel nous sommes confrontés ici au Canada, c’est que la catégorie delta-8 est examinée injustement sous l’angle de ce qui se passe dans les marchés non réglementés, très précisément aux États-Unis. Nous comprenons que les régulateurs et les distributeurs provinciaux recherchent une meilleure compréhension et nous pensons qu’il est important d’avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe », a-t-il ajouté.

Et puis, le manque d’éducation au produit se fait sentir à chaque étape de la chaîne. Produit méconnu, ce néocannabinoïde a été peu mis en valeur par les producteurs et, donc, ensuite, par les vendeurs. Et il ne connaît qu’une faible popularité. « Je pense que (les producteurs) doivent faire beaucoup plus d’éducation, non seulement pour les clients mais aussi pour les vendeurs. Ils ne nous ont même jamais dit que c’était disponible », regrette Omi Sahota, qui gère deux établissements en Ontario.

Santé Canada donne ses premiers conseils

Si le résultat des expérimentations de Santé Canada ne sera rendu public que plus tard dans l’année, l’organisme a quand même fait quelques recommandations. « Bien qu’il n’y ait actuellement aucune exigence légale similaire pour d’autres cannabinoïdes enivrants comme le delta-8-THC, Santé Canada recommande fortement que la quantité totale de cannabinoïdes enivrants ne dépasse pas les limites réglementaires fixées pour le delta-9 THC, et que des tests et des descriptions précises du contenu enivrant de néocannabinoïde soit clairement indiqué sur les étiquettes des produits. »

En attente donc, de données plus précises sur ce néocannabinoïde, Santé Canada se calque sur les taux de THC traditionnel. Mais l’organisme est clair : il « continuera de surveiller les effets et les risques de tous les produits à base de cannabis, y compris les produits à forte teneur en delta-8 THC, et prendra les mesures appropriées si nécessaire ».

 

Bannière pub Super Lemon Haze CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Quand l’armée italienne fait pousser du cannabis médical… [GREENEWZ]

Quand l'armée italienne produit du cannabis...

Quand l’armée italienne fait pousser du cannabis médical…

L’armée italienne productrice de cannabis ? Non ce n’est pas une blague ! Et c’est le cas depuis 2015. En effet, dans un bâtiment sécurisé situé à Florence, l’armée cultive son propre cannabis thérapeutique, dans le but de fournir une partie des patients autorisés à se soigner grâce à des médicaments créés à partir à la plante controversée. Légal en Italie depuis 2013, le cannabis médical était pourtant difficile à se procurer dans la Botte, souvent à des prix presque prohibitifs.

C’est pour cette raison que l’armée a décidé, en 2014, de prendre les choses en main. « Le but de cette opération [était] de fournir un nombre grandissant de patients en produit médical qui [n’était] pas toujours facilement accessible sur le marché, à un prix plus intéressant pour l’utilisateur », expliquait alors le colonel Antonio Medica au Corriere della sera.

L’armée et le secteur médical liés

Si on peut s’étonner de voir l’armée italienne produire du cannabis, ça l’est moins de la savoir confectionner des médicaments. En effet, secteurs médical et militaire sont intimement liés. Le « laboratoire » de l’armée se situe dans un bâtiment militaire, surveillé et protégé. À l’origine, on y fabriquait des médicaments destinés aux militaires. Il a aussi été utilisé pour produire un demi-million de tablettes d’iode lors de l’accident de Tchernobyl en 1986.

« Nous sommes tous des professionnels de la chimie-pharmacie », expliquait le directeur des lieux, le général Gian Carlo Anselmino. « C’est stimulant d’un point de vue scientifique, mais nous avons aussi l’espoir de montrer que l’administration publique fonctionne bien et peut devenir un modèle à exporter ». Le but était alors de produire 100 kg de cannabis médical par an. Un chiffre qui a bien augmenté depuis.

1 500 kg de cannabis médical nécessaires en Italie

Car les patients qui se soignent au cannabis sont de plus en plus nombreux en Italie. Le pays a besoin d’environ 1500 kg de cannabis par an pour produire les médicaments nécessaires. Et les efforts de l’armée ne comblent pas ce besoin. L’Italie se tourne alors vers les Pays-Bas, le Canada, le Danemark ou l’Allemagne pour importer une partie de son cannabis. En 2016, l’armée espérait produire « jusqu’à 100 kg de cannabis chaque année, strictement destiné aux patients atteints de cancer, de sclérose en plaques et aux personnes souffrant d’autres pathologies qui pourraient être soulagées par le médicament ».

Depuis 2017, la production de l’armée a oscillé entre 30 et 200 kg par an. Entre 2020 et 2021, elle a fourni 3% puis 8% du cannabis médical fourni aux malades italiens. L’objectif, pour 2023, est d’atteindre les 700 kg, afin de répondre à la moitié des besoins du pays. Pour y parvenir, « les techniciens perfectionnent l’éclairage, l’arrosage, la température et la ventilation, et ils utilisent un mélange de nutriments secrets développés en interne destiné à une culture en irrigation hydroponique », peut-on lire sur Defense News.

Objectif autosuffisance ?

Pour le directeur de l’Agence italienne des industries de la Défense, Nicola Latorre, « la prochaine étape, c’est l’autosuffisance ». C’est « l’ambition » de l’armée. Elle s’appuie sur un certain savoir-faire en matière de standardisation des médicaments. « À Florence, nous fabriquons un produit hautement standardisé. Ainsi, le dosage ne varie pas », explique Gabriele Picchioni, actuellement chef de l’installation. Mais pour atteindre les 700 kg en 2023, il faudra faire mieux que 2022 et les six récoltes issues des six chambres de floraison, contenant chacune 50 à 125 plants.

Cela ne fait pas peur à l’armée italienne, qui « fabrique également des médicaments dits orphelins, c’est-à-dire des médicaments destinés à soigner des maladies ou des affections rares que les grandes entreprises ignorent en raison des faibles taux de production ». Elle a aussi produit « des antidotes contre la guerre chimique et des pilules contre la malaria pour les soldats ». Et c’est grâce à cette longue expérience du secteur pharmaceutique qu’elle compte bien remplir ses objectifs.

 

Bannière 2023 desk

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Le dépistage du cannabis au volant va-t-il devoir évoluer ? [GREENEWZ]

Dépistage au cannabis lors d'un contrôle de police.

Le dépistage du cannabis au volant va-t-il devoir évoluer ?

Le dépistage du cannabis au volant pourrait changer de forme. En effet, depuis l’apparition du CBD dans nos vies, nombreux sont les automobilistes qui se sont vus retirer leur permis de conduire en raison d’un test positif au THC. Cependant, certains n’avaient consommé que des produits au cannabidiol, molécule non-psychotrope de la plante. De longues procédures suivent alors pour pouvoir prouver sa bonne foi, avec en attendant un important préjudice avec la suspension du droit de conduire.

Depuis 2016, les forces de l’ordre ont le droit, lors d’un contrôle routier, de soumettre le conducteur ou la conductrice à un dépistage anti-drogues. « Il s’agit d’un dispositif qui permet de récolter un peu de salive dans la bouche du conducteur. Le prélèvement est ensuite enclenché dans un petit appareil, qui recherche la présence des quatre grandes familles de stupéfiants : la cocaïne, les opiacés, les amphétamines et le cannabis », explique le docteur Gaulier, toxicologue au CHU de Lille, à France Info.

Les tests salivaires dans le collimateur

Depuis l’arrivée du CBD, un problème se pose. Les produits au cannabidiol peuvent en effet contenir des traces résiduelles de THC, qui est autorisé dans les produits vendus en-dessous d’un taux de 0,3%. Ces très faibles traces de la molécule psychoactive du cannabis peuvent néanmoins entraîner lors des dépistages un « faux positif » au THC, un peu de la même façon que les auto-test au Covid-19, car le test ne permet que de prouver la présence de THC, pas son taux. Avec un dépistage positif, c’est une suspension de permis immédiate avant de longs mois de procédure.

« À partir du moment où on est capable d’identifier formellement la présence de THC dans le prélèvement, l’infraction est constituée, indépendamment de sa concentration », rappelle le docteur Gaulier. Et les sollicitations d’automobilistes se comptent par « dizaines », reconnait l’avocat Antoine Régley. « Je les invite à produire des factures prouvant qu’ils ont acheté du CBD, à ne pas renoncer à leur droit à effectuer une contre-expertise. Ils peuvent également faire ensuite des analyses d’urine en laboratoire. Si leur test ne détecte pas de THC dans leur organisme 48 heures après celui fait par la police, cela peut accréditer leur position auprès du juge. »

Une décision du Conseil d’État qui change tout ?

Cependant, la décision du Conseil d’État d’annuler l’arrêté interministériel de décembre 2021 pourrait entraîner un changement dans les tests salivaires. En effet, la haute juridiction a notamment répondu à l’argument des problèmes de différenciation de fleurs chargées en THC ou en CBD lors des contrôles. Mais le Conseil d’État est clair. Il « a relevé que le taux de THC des fleurs et de feuilles pouvait être contrôlé au moyen de tests rapides et peu coûteux permettant d’identifier les variétés présentant des propriétés stupéfiantes ».

Alors, faudra-t-il rapidement changer la méthode dépistage ? « Avec les modes de prélèvement actuels, nous sommes incapables de connaître la quantité de salive présente dans l’écouvillon que nous transmettent les forces de l’ordre, commente le docteur Gaulier. On pourrait dans l’absolu évaluer une concentration de THC ou de CBD mais, sans connaître le volume dans lequel elle a été mesurée, cette concentration ne signifierait rien. »

Vers une nouvelle méthode de dépistage

En Europe, certains pays adoptent déjà des méthodes de dépistage plus précises. La Belgique et l’Allemagne ont équipé leurs polices de tests permettant de récolter une quantité de salive précise et de la conserver pour que les laboratoires émettent des analyses formelles quant aux taux de THC et/ou de CBD. Des tests qui « coûtent entre 3 et 5 euros l’unité, alors que ceux actuellement utilisés valent environ 4 centimes », fait remarquer Jean-Michel Gaulier.

En Suisse, la police utilise des tests rapides et peu coûteux, qui permettent de déterminer la présence de THC dans un produit s’il dépasse un taux limite d’environ 1%. Si le ministère de l’Intérieur français ne communique pas sur la question, le spécialiste du CHU de Lille fait une confidence : « Les autorités sont en train de mettre en œuvre les modalités de changement du dispositif de recueil salivaire utilisé par la police. » Une bonne nouvelle pour les automobilistes consommateurs de CBD.

 

Bannière pub miel CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

La vente légale de cannabis démarre doucement à New York [GREENEWZ]

La vente légale de cannabis à New York

La vente légale de cannabis démarre doucement à New York

Voilà deux ans que New York a légalisé le cannabis, mais la vente légale met du temps à se mettre en place. Au tournant de 2023, les New-Yorkais vont enfin pouvoir acheter légalement du cannabis dans des boutiques dédiées. Mais le temps presse avant que le marché noir ne supplante définitivement le marché autorisé, alors que quelques lenteurs se font ressentir dans le processus. Pourtant, c’est une véritable mine d’or vert sur laquelle est assis l’État, qui pourrait devenir le deuxième plus gros marché du cannabis au monde.

La vente légale de cannabis débute à New York

Les premières boutiques de vente légale de cannabis ont enfin ouvert à New York. Ce, deux ans après la légalisation de la plante dans l’une des plus célèbres et visitées villes du monde. La mégalopole a rejoint en 2021 le nombre croissant d’endroits aux États-Unis où il est possible de consommer du cannabis récréatif. Pourtant, il aura fallu attendre près de deux ans avant de voir se créer les premiers points de vente légaux, soumis à l’obtention d’une licence spécifique.

36 premières licences de détaillants ont été accordées le 20 novembre dernier. Il s’agit d’entrepreneurs locaux, car New York veut éviter la création de grandes entreprises qui géreraient tous le processus, de la culture de la plante à sa vente. C’est la raison pour laquelle 277 licences séparées ont été attribuées à des agriculteurs qui, eux, devront faire pousser leur cannabis dans l’État, afin de bien séparer les secteurs d’activité.

Trop d’incertitude pour ouvrir une boutique ?

D’autres difficultés existent pour les futurs petits entrepreneurs du cannabis. La vente légale s’accompagnant de l’ouverture d’une boutique, nombreux sont ceux qui ont besoin de l’appui des banques. Cependant, celles-ci sont encore bien frileuses à l’idée de prêter de l’argent pour des investissements ou la création d’entreprise dans le secteur du cannabis. Car pour les établissements bancaires, le risque est grand compte tenu de l’interdiction encore en vigueur dans certaines zones du pays.

Si la majorité démocrate au Congrès souhaite faire voter un « Safe Banking Act », afin de « décriminaliser les prêts » bancaires pour le cannabis, la bascule à droite en janvier de la chambre change la donne. Et ce, malgré les tentatives de Joe Biden de dédiaboliser le cannabis et les personnes condamnées pour des délits mineurs qui y sont liés, notamment en accordant une grâce pour ces Américains souvent durement sanctionnés.

La priorité : le commerce illicite ?

Pendant que les commerçants s’échinent à trouver des prêts, des locaux, des autorisations, la ville de New York, quant à elle, met l’accent sur la répression du commerce illégale. Car les petits vendeurs discrets n’ont pas attendu pour se mettre au travail et ont un coup d’avance. « Le premier geste des autorités après l’attribution des licences commerciales a donc été de lancer la chasse aux vendeurs sauvages. Dans leur boutique ou leur camionnette, ils ont pignon sur rue », écrivent Les Échos.

« La priorité est de réprimer ce commerce illégal et dangereux, aux revenus évalués par Cannabis Public Policy Consulting à 1,95 milliard de dollars dans l’Etat en 2022 », continue le journal économique. Face à la vente légale qui tarde à démarrer, ce commerce illicite prend ses aises. Avec souvent un cannabis de mauvaise qualité, « près de 40 % des produits illicites sont contaminés au plomb ou avec des bactéries comme la salmonelle ». Un défi de plus pour la vente légale de cannabis.

Un marché et un potentiel énormes

Pour le maire de New York, Eric Adams, il est urgent de réguler tout cela, avant que le marché illicite supplante la vente légale et ne devienne incontrôlable. Car pour la ville, à la clé, ce sont près de 19 000 à 24 000 emplois qui devraient être créés, pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dollars espéré l’année prochaine.

Et cela va de pair avec la politique de justice social mené par le gouvernement. « Au cours des trente dernières années, les New-Yorkais noirs ont été 15 fois plus susceptibles d’être arrêtés pour détention de cannabis que les Blancs. Pour les Latinos, c’est 8 fois plus. Par conséquent, la majorité des licenciés du jour sont des personnes de couleur », s’est réjouit le bureau de gestion du cannabis de l’Etat le 20 novembre, en dévoilant les 36 premiers licenciés.

 

Bannière Sugar Bomb Punch CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Le Conseil d’État annule l’interdiction de vente de fleurs de CBD [GREENEWZ]

Le Conseil d'État annule l'interdiction de vente de fleurs de CBD.

Le Conseil d’État annule l’interdiction de vente de fleurs de CBD

Le Conseil d’État a enfin livré son verdict définitif sur l’arrêté ministériel du 30 décembre 2021, qui interdisait notamment la vente de fleurs de CBD en France. Déjà suspendue dans le courant du mois de janvier 2022, cette décision du ministère de l’Intérieur a été définitivement annulée par le Conseil d’État. Celui-ci l’a jugée « disproportionnée ». Un camouflet pour le gouvernement et un soulagement pour les acteurs du secteur du cannabidiol. Et une excellente nouvelle pour commencer l’année 2023.

Le Conseil d’État rend une décision définitive

Petit rappel des faits. Le 30 décembre 2021, le gouvernement autorisait la vente de produits au CBD en fixant une nouvelle limite de teneur en THC inférieure à 0,3%. Un taux rehaussé de 0,1% pour se conformer aux décisions européennes. Mais, parallèlement, l’arrêté interministériel interdisait la vente de fleurs et de feuilles de CBD, malgré ce très faible dosage en THC. Alors que 60 à 70% du chiffre du marché reposent sur ces produits, le secteur craignait une rapide descente aux enfers.

Saisi par des professionnels de la filière, le Conseil d’État était rapidement amené à se prononcer sur cet élément de l’arrêté, et le suspendait courant janvier 2022, au grand soulagement de tous les acteurs du secteurs. Cependant, il restait encore à la haute juridiction de se prononcer définitivement sur l’arrêté. Jeudi 29 décembre, quasiment un an jour pour jour après la décision soudaine du gouvernement, le Conseil d’État l’annulait définitivement.

Une interdiction des fleurs de CBD « disproportionnée »

Au final, le Conseil d’État a jugé « disproportionnée l’interdiction générale et absolue de commercialisation à l’état brut des feuilles et fleurs de cannabis à faible teneur de THC, c’est-à-dire sans propriétés stupéfiantes. Il annule en conséquence cette interdiction fixée par l’arrêté du 30 décembre 2021 ».

« Il conclut des éléments scientifiques produits dans le cadre de l’instruction que la consommation des feuilles et fleurs de variétés de cannabis présentant un taux de THC inférieur à 0,3 % ne crée pas de risques pour la santé publique justifiant une mesure d’interdiction générale et absolue de leur commercialisation », ajoute le Conseil d’État pour motiver sa décision. Le point concernant la santé publique était le principal argument avancé pour motiver la décision d’interdiction des fleurs de CBD.

Le Conseil d’État établit l’existence d’un cannabis non-psychotrope

Plus intéressant encore, le Conseil d’État établit désormais clairement et noir sur blanc l’existence d’un cannabis non-psychotrope, quand sa teneur en THC est faible.  « Les données scientifiques avancées par les parties ont montré que le CBD a des propriétés décontractantes et relaxantes et des effets anticonvulsivants, mais n’a pas d’effet psychotrope et ne provoque pas de dépendance, à la différence du THC. Il existe ainsi des variétés de cannabis, celles qui ont un faible taux de THC, qui ne peuvent pas être considérés comme des produits stupéfiants », explique la haute juridiction.

« L’instruction menée au fond par le Conseil d’État a établi que la teneur en CBD et en THC varie très fortement entre les différentes variétés de cannabis. Ces deux substances, le CBD et le THC, sont les principaux cannabinoïdes végétaux essentiellement concentrés dans les fleurs et les feuilles de cannabis, mais leurs effets sont très différents. »

Les forces de l’ordre ont la possibilité de différencier THC et CBD

Autre argument avancé, celui de la difficulté voire de l’impossibilité pour les forces de l’ordre de faire la différence entre des fleurs de cannabis chargées en CBD ou en THC. « Le ministre des solidarités et de la santé faisait valoir devant le Conseil d’État que la circulation des fleurs et feuilles de variétés de cannabis dépourvues de propriétés stupéfiantes, par leur ressemblance avec les fleurs et feuilles issues de variétés de cette plante présentant des propriétés stupéfiantes, compromettrait l’efficacité de la politique de lutte contre les stupéfiants. »

Là encore, le Conseil d’État reprend le gouvernement. « Le Conseil d’État a relevé que le taux de THC des fleurs et de feuilles pouvait être contrôlé au moyen de tests rapides et peu coûteux permettant d’identifier les variétés présentant des propriétés stupéfiantes. » Il ajoute : « Le Conseil d’État estime donc que l’efficacité de la politique de lutte contre les stupéfiants ne peut justifier l’interdiction de commercialisation, à l’état brut, de fleurs et feuilles de cannabis avec un taux de THC inférieur à 0,3 %. » Concluant ainsi une nouvelle bataille judiciaire remportée par le CBD en France.

 

Lemon Hash CBD bannière pub

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

L’UPCBD se bat pour une fleur de CBD française et réglementée [GREENEWZ]

L'UPCBD défend la filière française

L’UPCBD se bat pour une fleur de CBD française et réglementée

Parmi les mouvements pro-chanvre en France, l’UPCBD fait partie de ceux qui défendent avec ferveur la filière CBD. L’Union des professionnels du CBD n’a peut-être qu’un an d’existence, mais on doit notamment aux deux avocats à sa tête, Xavier Pizarro et Charles Morel, la suspension de l’arrêté de décembre 2021 interdisant la vente de fleurs de cannabidiol. Le premier s’était déjà fait un nom dans la filière en étant impliqué dans l’affaire Kanavape, dont la décision a permis au secteur de se développer en France.

Mais qui compose l’UPCBD ? « Nous nous adressons à tous les professionnels, nos adhérents sont très majoritairement des boutiques spécialisées, physiques ou digitales, indépendants ou franchisés. Nous comptons des franchiseurs , des grossistes, des laboratoires d’analyse, quelques producteurs », explique à Zeweed Charles Morel. Avec un objectif principal : « La défense des intérêts de la filière du CBD. »

L’UPCBD contre l’arrêté de décembre 2021

L’UPCBD a déjà un important fait d’armes à son palmarès : la suspension de l’arrêté ministériel de décembre 2021 interdisant la vente de fleur de CBD. « L’UPCBD a fait le choix de saisir le Conseil d’État le 1er janvier sur la base d’un référé liberté, ce qui était un choix risqué mais à notre sens indispensable », relate l’avocat Charles Morel. « Face à cette situation intenable, profondément anxiogène, Il y avait urgence, il fallait que le Conseil d’État se décide vite. »

« Du jour au lendemain, ils sont passés d’un statut de commerçant à celui de trafiquant, avec des marchandises qualifiées de stupéfiants, quel que soit le taux de THC présent, et des produits impossibles à vendre aux consommateurs ou à restituer aux fournisseurs. Une vraie perte sèche, sans la moindre indemnisation ni délai de mise en œuvre. On a vu la brutalité avec laquelle le gouvernement a agi la veille du Réveillon », regrette Charles Morel.

L’UPCBD vigilante face aux décisions de l’État

Cette suspension obtenues par les avocats de l’UPCBD n’est qu’un première étape, même s’ils pensent voir cette décision entérinée. « Il s’agit d’une suspension mais avec bon espoir de l’emporter au fond, auquel cas ce qui n’était que provisoire deviendra définitif. » Ce que l’UPCBD veut avant tout, c’est la reconnaissance de la légalité de la fleur. Mais il y a d’autres menaces qui pèsent sur la filière telle qu’elle est constituée aujourd’hui. Notamment la question de la qualification thérapeutique. »

« Nous avons vu avec l’arrêté du 30 décembre 2021 que l’État était prêt à liquider la filière du jour au lendemain, cela nous contraint à une grande vigilance. Nous sommes confiants sur le sens de la décision que rendra le Conseil d’État, mais toujours attentifs aux autres tentatives de déstabilisation », déclare avec prudence Charles Morel.

L’espoir de voir une vraie filière française du CBD émerger

Alors dans cette optique conflictuelle, quels espoirs pour la filière ? « Emmanuel Macron avait l’air assez libéral sur le sujet en 2017 et finalement, les circonstances politiques ont fait dévier le centre de gravité de sa politique vers la droite, avec la nomination de gens plutôt réfractaires à une vision libérale. Nous faisons face pour l’instant de la part de l’Etat à un mélange de démagogie et de méconnaissance du sujet. »

« La légalisation du cannabis récréatif en Allemagne n’a pas encore eu lieu, mais elle peut créer une énergie, une dynamique qui peut se diffuser en France. Quelle conclusion en tirera Emmanuel Macron ? » Notamment en voyant de nombreux pays européens franchir petit à petit le pas. « Quel que soit le gouvernement, Il n’y a aucune raison d’appliquer à un produit non-stupéfiant une prohibition qui a échoué sur les stupéfiants. »

L’objectif final, pour l’UPCBD, est de créer une filière solide et réglementée pour le CBD français. « Nous voulons une fleur naturelle et française. C’est le deuxième volet de la règlementation que nous proposons : mettre en place des mécanismes sécurisant et consolidant la filière agricole française des cannabiculteurs, leur permettre d’investir et d’obtenir des revenus stables correspondant à la valeur de leur travail. »

 

Bannière pub miel CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Dans un abattoir, la plus grande production de cannabis d’Europe [GREENEWZ]

La plus grande production de cannabis indoor

Dans un abattoir, la plus grande production de cannabis d’Europe

En Allemagne, dans un ancien abattoir, se cache la plus grande production de cannabis « indoor » d’Europe. C’est au beau milieu des champs, dans la région de Dresde, que se dresse le bâtiment rénové et adapté à la culture de la plante. Là, l’entreprise Demecan la produit en toute légalité, notamment pour fournir le marché du cannabis médical, autorisé en Allemagne depuis 2017. Elle fait partie des rares entreprises à avoir obtenu une licence de production outre-Rhin.

Bien sûr, Demecan est dans les starting-blocks. La firme attend avec impatience la légalisation du cannabis récréatif pour les adultes allemands, prévue à l’horizon 2024 par la coalition au gouvernement.

Une force de production prête à être déployée

Cet ancien abattoir, l’AFP est allée le visiter. « En entrant dans le bâtiment, une forte odeur prend au nez, alors que des centaines de pousses de marijuana fleurissent dans plusieurs salles, sous une lumière jaune aveuglante », écrit l’agence. Le complexe fait 120 000 mètres carrés et la production atteint une tonne par an. « Demecan livre aux pharmacies de petites boites, où sont entreposées les boules de cannabis séchées, destinées à être vapotées par les patients dans le but d’apaiser des douleurs », continue l’AFP.

Mais Demecan ne tourne pas à plein régime. L’entreprise pourrait « multiplier par 10 sa production » très rapidement afin de répondre à la potentielle demande massive prévue en 2024. Car si la légalisation est adoptée en Allemagne, chaque adulte pourra acheter de 20 à 30 grammes de cannabis récréatif. Celui-ci sera en vente au sein d’un réseau de points de vente agréés par l’État allemand. Un cannabis que le gouvernement veut à 100% local, même si pour le moment Demecan est autorisé à importer 20 tonnes par an du Canada.

La poule aux oeufs d’or allemande

Demecan fournit déjà « 55% du marché allemand » du cannabis médical. Elle se place en « pole position » chez nos voisins, estime Philipp Goebel, directeur général de l’entreprise. Et avec les estimations des experts, on comprend pour Demecan veut garder sa première place sur la grille. Le chiffre d’affaires en Allemagne pour le cannabis récréatif pourrait atteindre 4 milliards d’euros selon une étude de l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf. À condition que la production suive.

Mais la lutte va être rude et les places très chères. Cantourage, start-up berlinoise productrice de médicaments à base de cannabis à « introduit 15% de son capital à la bourse de Francfort » mi-novembre. Cansativa, unique plateforme allemande de vente en ligne de cannabis thérapeutique « a levé 15 millions de dollars en février… notamment auprès du rappeur américain Snoop Dogg », écrit l’AFP. Sanity Group, société de Berlin, est l’un des leaders européens du CBD et a « récolté fin septembre 37,6 millions de dollars ».

L’État se frotte les mains, malgré les contestations

Parallèlement, l’Allemagne espère près de 4,5 milliards d’euros de gains pour les finances publiques, toujours selon les estimations de l’université de Düsseldorf. Pourtant, le projet de légalisation et de production locale ne fait pas l’unanimité. Le président de l’association allemande des médecins le trouve « cynique », trouvant qu’il « est choquant de légaliser une substance dont nous savons qu’elle peut provoquer des dépendances et des troubles mentaux. » Dans l’opposition, on estime que c’est « un signal dangereux pour toute l’Europe ».

Cependant, de nombreuses voix s’élèvent pour une nouvelle réglementation autour du cannabis en Europe et dans l’Union européenne, appelant à mettre fin à la prohibition et à des années d’un tout répressif qui ne se sont conclues que par des échecs. Ces voix viennent notamment des industriels du cannabis, pour qui les avantages à un « New Drug Deal » européen seraient nombreux, mais aussi de certains pays membres, dont l’Allemagne ou la République Tchèque.

Bannière pub Green Punch CBD
Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Les industriels du cannabis poussent l’Europe à reformer [GREENEWZ]

Les industriels du cannabis et l'Europe

Les industriels du cannabis poussent l’Europe à reformer

Certains pays européens commencent à revoir leur politique vis-à-vis du cannabis, et les industriels du secteur voient évidemment cela d’un bon oeil. Ils sont nombreux à vouloir investir dans de nouveaux marchés, au sein de pays développés où les perspectives de bénéfices sont immenses. Avec l’exemple de certains pays, comme les États-Unis, où le poids du cannabis légal en fait l’un des moteurs économiques de bien des États, les industriels poussent l’Union Européenne à revoir sa copie, mettre un terme à la prohibition en évaluant la situation de près.

Ainsi, une vingtaine d’industriels du cannabis, de Suisse, d’Allemagne, du Royaume-Uni ou encore du Danemark, ont envoyé une lettre ouverte à la commission européenne invitant à diriger les efforts de l’Europe « vers un nouveau marché européen du cannabis ». Outre de nombreux industriels, la lettre est également signée par le Hanfverband, association pro-législation allemande, ainsi que des entreprises actives sur le marché du cannabis médical.

Une évaluation demandée par les industriels du cannabis

« Nous, représentants de l’industrie et des associations européennes du cannabis, prenons note du fait qu’à l’international, une approche progressive de l’usage de cannabis à usage adulte prévaut depuis plusieurs années », initient les industriels dans leur courrier. « Dans l’Union européenne, un nombre croissant d’États membres, dont Malte, le Luxembourg, la République tchèque et les Pays-Bas, commencent à réformer leurs anciennes politiques prohibitives en matière de drogues d’une manière orientée vers une réelle efficacité, ce qui permet de mettre en place un nouveau cadre politique pour le cannabis couvrant toutes les situations d’utilisation. »

« Plus récemment, le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne a présenté un document sur les points clés par lesquels il entend transformer le marché du cannabis à usage adulte, auparavant illégal, en un cadre réglementé », ajoutent les signataires. « Ces réformes ne contredisent en rien les objectifs mondiaux d’amélioration de la protection de la santé. Nous souhaiterions donc que la Commission européenne procède à une évaluation approfondie et opportune des capacités de la politique européenne en matière de drogues dans le cadre des conventions mondiales. »

Des politiques anti-drogue « tournées vers l’avenir »

« En partageant l’interprétation allemande de ces conventions, la Commission permettra aux États membres de mener des politiques anti-drogue tournées vers l’avenir afin de réaliser les intentions de nos conventions mondiales de contrôle des drogues de manière beaucoup plus efficace que les tentatives précédentes d’interdiction générale. » Les industriels du secteur demandent donc clairement la fin de la prohibition stricte. Tout en s’assurant d’un cadre légal solide à l’échelle de l’Union Européenne.

« L’échec des politiques anti-drogue de ces dernières décennies a permis au crime organisé de générer des milliards de dollars de revenus année après année », regrettent les signataires. « La consommation, la disponibilité et la teneur en THC du cannabis sur le marché illicite non réglementé ont augmenté. » Et ce, car « pendant longtemps, la culture, la distribution et la consommation de cannabis ont voulu être réduites par des politiques prohibitives et répressives en matière de drogues ».

L’exemple de l’Allemagne à suivre ?

« La proposition de l’Allemagne vise à protéger efficacement la jeunesse et la santé et s’attaque aux faiblesses immédiates de l’ancien paradigme de la prohibition, telles que l’expansion du marché illicite et la propagation de substances contaminées. Le but de cette approche est donc conforme à l’objectif des conventions des Nations unies de 1961 et 1988 contre le trafic de stupéfiants et de substances psychotropes et aux objectifs de la stratégie anti-drogue de l’UE pour 2021-2025. »

Pour les industriels du secteur, « l’approche allemande actuelle » retentit « comme un signal important pour progresser vers une réforme urgente de la politique européenne en matière de drogues. Nous sommes convaincus que la Commission européenne soutiendra tous les efforts visant à renforcer un changement de paradigme dans la politique en matière de drogues ». Et ces derniers se tiennent prêts, notamment à être les premiers partenaires et partager leur expérience dans l’élaboration d’un « New Drug Deal » européen.

 

Bannière pub miel CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

L’Europe du cannabis s’organise grâce aux efforts de certains pays [GREENEWZ]

Vers une Europe du cannabis ?

L’Europe du cannabis s’organise grâce aux efforts de certains pays

L’Europe va-t-elle petit à petit s’organiser autour d’un grand marché international du cannabis ? C’est une possibilité, car les pays qui sont en voie de légaliser le cannabis, qu’il soit médical ou récréatif, sont de plus en plus nombreux. L’Allemagne, notamment, devrait être en 2023-2024 le premier pays européen à légaliser l’usage récréatif du cannabis pour les adultes. Mais nos voisins d’outre-Rhin pourraient se faire griller la priorité par la République Tchèque, dont le projet avance vite et qui veut entraîner l’Europe dans son sillage.

La République Tchèque avant l’Allemagne ?

« Il y a une très forte possibilité que la République Tchèque termine avant l’Allemagne. Outre la protection de la santé publique, le gouvernement tchèque de droite affirme vouloir s’assurer des avantages économiques que la réforme du cannabis apportera », explique Benjamin-Alexandre Jenroy, du cabinet de conseil Augur Associates, à BusinessCann. De fait, la République Tchèque veut être la première d’Europe afin de pouvoir profiter du marché allemand.

Le gouvernement tchèque « anticipe le potentiel d’exportation vers le marché allemand, en fonction de la manière dont il est légalisé, et il se félicite des recettes fiscales supplémentaires qu’un marché commercial réglementé apportera aux finances publiques », ajoute l’expert. L’Allemagne doit surmonter l’absence de majorité à la Chambre haute, le Bundesrat, les problèmes causés par les conservateurs qui ralentissent la réforme du cannabis, tandis que les divergences actuelles entre les membres de la coalition ne doivent pas être sous-estimées. »

Vers une Europe du cannabis ?

Si le projet de légalisation du cannabis en République Tchèque, pays de 10 millions d’habitants, est assez similaire à celui qui a été proposé en Allemagne, la petite nation européenne veut aller plus loin. Présidente durant ces six derniers mois de l’UE, la République Tchèque, avec les efforts de Jindrich Voboryl, coordinateur national en matière de drogues, pousse pour une réforme du cannabis à l’échelle de l’Europe. Ainsi, elle s’est réunie avec l’Allemagne, Malte, le Luxembourg et les Pays-Bas pour étudier une approche commune.

Mais légiférer à hauteur de l’Union Européenne reste compliqué, surtout en matière de cannabis. 100 ans de prohibition n’ont pas rendu la tâche facile et « il semble y avoir une tendance à la sur-réglementation », décrypte Benjamin-Alexandre Jenroy. « Les gouvernements ont encore les réflexes de la prohibition. Ils devront écouter, débattre. Cela n’a jamais été fait en Europe avant, alors il y aura des désaccords et des contradictions, et cela risque de prendre du temps ».

La République Tchèque, locomotive de l’Europe ? 

« La République Tchèque a une occasion unique de diriger l’Union Européenne dans l’évolution de la politique en matière de drogues, qui commence à aller au-delà de l’interdiction dépassée du cannabis », estime pour sa part Stephen Murphy, PDG de Prohibition Partners. La structure juridique de la future légalisation tchèque est donc très attendue et scrutée. « Nous devons voir comment cette structure traitera l’engagement de la République Tchèque envers la convention unique sur les stupéfiants. Il est peu probable que ce pays ou n’importe lequel procède en violation du droit international et européen ».

Reste que le processus prend du temps, et qu’il n’est pas rare que ces projets prennent du retard. Cependant, la République Tchèque, qui accélère grandement sur le sujet, peut vraiment se poser comme locomotive du cannabis en Europe. « La République tchèque a la plus forte prévalence de consommation de cannabis de tous les pays d’Europe, ce qui signifie que la légalisation représente un grand pas en avant pour l’industrie, mais aussi pour la protection des centaines de milliers de consommateurs du pays », se réjouit Stephen Murphy.

 

Bannière Sugar Bomb Punch CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Des tests salivaires inadaptés pour des années de galère… [GREENEWZ]

Des tests salivaires remis en question

Des tests salivaires inadaptés pour des années de galère…

Avec l’arrivée sur le marché du CBD, la question des tests salivaires se pose de plus en plus. Ces tests utilisés par les forces de l’ordre à l’occasion de contrôles routiers sont censés détecter, chez les automobilistes, la présence ou non de THC dans leur organisme. Jusqu’alors, cet examen binaire ne faisait pas l’unanimité, car il pouvait détecter la molécule psychotrope du cannabis des jours après consommation. Désormais, de véritables petits drames du quotidien se nouent. En cause, les produits au CBD, qui peuvent contenir en France jusqu’à 0,3% de THC.

Des consommateurs de CBD positifs au THC

Avec des tests salivaires qui permettent de savoir seulement si, oui ou non, la personne contrôlée à du THC dans l’organisme, il y a de plus en plus souvent maldonne. Et cela peut coûter cher, très cher. Sud Ouest raconte par exemple l’histoire de Damien, un Girondin de 36 ans, dont la vie a basculé en mai 2021. Au volant de son camion, il est impliqué dans un accident sur l’autoroute. Le véhicule de ce chauffeur routier est percuté par un poids lourd, tout comme une voiture. Les trois occupants sont indemnes, les gendarmes effectuent des dépistages d’alcoolémie et de stupéfiants, dont des tests salivaires. Et les ennuis commencent pour Damien.

Son test ressort positif. Il est pourtant catégorique : il ne consomme que du CBD légal, avec un taux de THC inférieur à 0,2%, la limite en 2021. Des analyses sont effectuées sur le test, qui confirme la présence de THC. Damien fournit de son côté une analyse sanguine réalisée en laboratoire, démontrant qu’il ne présente pas de trace de THC psychoactif. Mais aussi une analyse du CBD qu’il consomme, provenant d’une entreprise luxembourgeoise.

Des tests salivaires à la galère

Une alternative aux poursuites lui est proposée, mais il refuse. « Cela signifiait que j’avouais avoir pris du cannabis, alors que c’était faux », explique Damien à la presse régionale. Il voit son permis de conduire suspendu par la préfecture, un drame pour ce chauffeur routier. « J’ai été mis à pied avant d’être licencié. J’ai fait une dépression. J’ai retrouvé un permis probatoire au printemps 2022, après de nouvelles analyses, des tests psychotechniques. Je devais passer une visite médicale tous les six mois. Tout ça à mes frais, alors que je ne trouvais pas de boulot, le permis probatoire rebutant les recruteurs. Aujourd’hui, je travaille à une reconversion. »

Pour son avocat, Julien Plouton, le souci est clair : « Dans cette affaire, comme dans d’autres qui se multiplient, le fond du problème, ce sont les tests salivaires. Ils sont inadaptés. » Il ajoute : « Cette absence de seuil est une vraie difficulté sur laquelle le législateur doit se pencher. Car le CBD est un produit autorisé, s’il contient moins de 0,3 % de THC. De plus en plus de personnes en consomment. Et on voit des automobilistes sanctionnés alors qu’ils pensent être dans la légalité. »

Une relaxe sur vice de procédure

Le 25 novembre 2022, Damien est enfin relaxé par le tribunal correctionnel de Bordeaux. « Quand j’ai appris ma relaxe, j’ai fondu en larmes », avoue le père de famille. La fin d’une sale histoire « après plus d’un an de galère ». Et c’est un vice de procédure qui lui a permis de voir le bout du tunnel. En effet, chaque individu a droit à une contre-expertise urinaire ou sanguine à la suite de tests salivaires positifs. « La loi prévoit qu’on puisse demander une deuxième analyse, mais celle-ci ne délivre pas forcément le taux. Dans le cas de notre client, ce droit n’a d’ailleurs pas été respecté », précise l’avocat. Ce qui a conduit à la relaxe de Damien.

 

Bannière pub miel CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Atteinte d’endométriose, une Irlandaise accède au cannabis médical [GREENEWZ]

endométriose et cannabis en Irlande

Atteinte d’endométriose, une Irlandaise a accès au cannabis médical

Après des années de combat, une Irlandaise de 30 ans atteinte d’endométriose a enfin reçu l’autorisation d’utiliser du cannabis thérapeutique pour lutter contre les symptômes de la maladie. En Irlande, des licences ministérielles sont accordées au compte-goutte pour permettre à des patients de se soigner à l’aide de médicaments au cannabis. 70 seulement auraient été distribuées à des personnes souffrant de maux qui n’entrent pas dans le cadre de l’expérimentation nationale du cannabis médical.

En effet, ce programme d’accès, relativement récent, est réservé aux Irlandais souffrant de douleurs ou nausées liées à une chimiothérapie, d’épilepsie sévère résistante aux traitements habituels et de maux provoqués par la sclérose en plaque. Rien au sujet des douleurs chroniques, qui touchent 1,5 million d’Irlandais, et encore moins de l’endométriose, mal méconnu et longtemps invisibilisé, qui provoque des symptômes très douloureux et souvent incapacitants.

Un combat contre l’endométriose, mais pas seulement…

Pour Aimee Brown, il faut que les choses changent. Son endométriose a été diagnostiquée il y a dix ans, lorsqu’elle en avait 20. Mais elle en a souffert depuis toute petite. Dès ses 8 ans, Aimee Brown connait sa première hospitalisation. Au cours de la vingtaine, elle découvre que le cannabis l’aide à gérer les douleurs provoquées par l’endométriose et l’adénomyose qui la touchent. Mais entre une maladie méconnue et qui n’est souvent pas prise au sérieux et le regard d’autrui sur l’usage du cannabis, la route a été longue et tortueuse pour la jeune Irlandaise.

Six ans de lutte seule contre tous

« Au fil des ans, ma famille et mes amis m’ont fait honte, m’ont stigmatisé et se sont éloignés de moi pour avoir consommé du cannabis, mais j’ai toujours gardé mes valeurs fortes et la tête haute. Je savais que c’était un médicament », explique celle qui est devenu une véritable militante du cannabis thérapeutique à Cannabis Health. « La dure vérité, c’est qu’il m’a fallu plus de six ans pour en arriver là. Mon premier consultant en douleur, que j’ai attendu cinq ans avant de voir, m’a dit d’« émigrer » si je choisissais de consommer du cannabis ».

Du cannabis médical acheté illégalement

Pendant des années, elle se fournit donc illégalement en cannabis via une société néerlandaise. Pour vivre avec l’endométriose, elle ne voit que le cannabis. « C’est la seule constante que j’ai eue pendant des années d’agonie physique et émotionnelle, mais pendant tout ce temps, je risquais une peine de prison », raconte Aimee Brown. « Heureusement, un autre consultant en douleur m’a écouté et a accepté d’essayer de demander la licence si j’essayais d’abord ses procédures. Il a tenu parole et a accepté de postuler après que trois procédures échouées n’aient pas aidé ».

« Enfin, je peux désormais consommer sans crainte d’une descente de police au domicile de mes parents, sans crainte de perdre mon permis de conduire, sans crainte d’éventuelles poursuites », se réjouit la jeune femme. « Ce n’est pas seulement pour moi. C’est pour chaque jeune fille qui n’a été prise au sérieux, qui a été rejetée et ignorée ». Une première victoire pour Aimee Brown, qui espère maintenant que la reconnaissance du cannabis comme véritable médicament contre les symptômes de l’endométriose soit étendue à toutes les personnes atteintes.

Aimee Brown continue ses luttes

Et l’Irlandaise ne compte pas s’arrêter dans son combat. « La prochaine étape consiste à implorer notre gouvernement d’inclure la prescription de cannabis dans le système de paiement des médicaments qui plafonne le prix maximum payé par mois par un patient, un prix abordable et réaliste », a-t-elle ajouté. « Je fais économiser beaucoup d’argent à l’État chaque mois en n’ayant pas besoin de tous les médicaments sur ordonnance tels que les opioïdes que j’avais l’habitude d’obtenir. J’espère qu’ils comprendront bientôt. »

 

Bannière pub miel CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Caroline Janvier, l’élue de la majorité qui veut légaliser le cannabis [GREENEWZ]

Caroline Janvier assemblée nationale

Caroline Janvier, l’élue de la majorité qui veut légaliser le cannabis

Ils sont très rares parmi la majorité présidentielle à vouloir légaliser le cannabis. Pourtant la députée du Loiret, Caroline Janvier, fait partie de ces quelques membres du camp Macron à souhaiter en finir avec le tout répressif. À 40 ans, et à l’occasion de son deuxième mandat, l’élue va continuer ses efforts pour faire bouger les lignes, notamment celles du ministère de l’intérieur, qui a fait du cannabis la cause de nombreux maux du pays. « La drogue, c’est de la merde. On ne va pas légaliser cette merde », avait déclaré très subtilement en 2020 le patron de la place Beauvau, Gérald Darmanin.

Caroline Janvier, elle, ne l’entend pas de cette oreille. Et son discours sur le cannabis tranche au sein de la majorité. Tout autant, « elle mélange positions libertaires et convictions plus autoritaires comme quand elle souhaite freiner l’usage des écrans chez les enfants », écrit Libération. « Elle peut aussi bien être favorable au voile pour les mères accompagnant les sorties scolaires que refuser l’aide médicalisée à mourir ». Mère de trois enfants, Caroline Janvier a fait de la protection de la jeunesse son cheval de bataille.

« J’ai le sentiment qu’il n’y a pas de courage politique »

Et dans cet ordre d’idée, sa réflexion sur le cannabis se situe dans le même registre que celle sur l’exposition des enfants aux écrans. Une question de santé publique et de protection de la jeunesse donc. « On a des ados laissés à l’abandon, qui consomment des substances bien plus dangereuses que si le marché était encadré », explique-t-elle au quotidien national. « Cela fait partie des sujets que je considère comme des angles morts pour lesquels j’ai le sentiment qu’il n’y a pas de courage politique », n’hésite pas à lâcher la député, comme un tacle à son propre parti.

Caroline Janvier dénonce une répression inefficace

Pour Caroline Janvier, il est temps de changer de cap. « Pour le cannabis, l’État dépense un milliard d’euros par an dans la prohibition. Les infractions liées à l’herbe représentent plus d’un million d’heures de travail », décrypte la députée du Loiret. « Et ça n’empêche pas de générer de la criminalité et de l’insécurité. » Caroline Janvier dénonce une politique qui cible toujours plus « le consommateur » et une répression qui dure depuis « cinquante années avec les résultats que l’on connait ».

En 2021 déjà, avec ses collègues Jean-Baptiste Moreau et Ludovic Mendes, elle présente un rapport de 281 pages démontrant « l’inefficacité de la prohibition » et délivrant « les clés pour penser la régulation contrôlée du cannabis en France ». Alors prêts « à faire tomber les dogmes et briser le tabou », la poignée de députés voit ce rapport disparaître au fond d’un tiroir. Même si elle avait alors réussi à placer la question du cannabis à l’ordre du jour à l’Assemblée, Caroline Janvier se heurte bel et bien à la politique répressive du ministère de l’intérieur.

Un sujet qui va revenir vite à l’ordre du jour

L’élue de la majorité ne perd cependant pas espoir. Sa consultation citoyenne a récolté près de 250 000 réponses, une preuve concrète, pour Caroline Janvier, que le sujet « intéresse ». Elle ajoute : « Au cours des cinq ans à venir, on va forcément en reparler. Et ce débat, on l’aura. » D’autant plus qu’au Sénat, des voix se font de plus en plus fortes pour pousser le gouvernement à prendre au sérieux les questions du chanvre, du CBD, mais aussi du cannabis chargé en THC et de sa prohibition.

Malheureusement pour Caroline Janvier, il reste du chemin à faire. Un chemin surtout encombré de nombreux obstacles. La députée a notamment vu son amendement visant à généraliser l’expérimentation du cannabis thérapeutique débutée en 2021 refusé à l’Assemblée. Car même pour le volet médical, nombreux sont les membres de la majorité qui freinent des deux pieds…

 

Bannière pub California CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Guillaume Gontard, le sénateur premier soutien du cannabis [GREENEWZ]

Guillaume Gontard fait entrer le chanvre au Sénat

Guillaume Gontard, le sénateur premier soutien du cannabis en France

Le sénateur de l’Isère, Guillaume Gontard, 51 ans, a décidé de faire entrer le chanvre et le cannabis par la grande porte du Sénat. Président, au sein de la haute chambre, du groupe écologiste, solidarité et territoires depuis 2020, l’élu n’a eu de cesse de mettre en avant les qualités du chanvre, en particulier dans le secteur industriel, pour le développement d’une production et d’une énergie vertes, mais pousse également pour une meilleure réglementation du marché du CBD, ainsi que pour une légalisation du cannabis, qu’il soit médical ou récréatif. Alors que le gouvernement semble ralentir toutes les avancées de ce type, Guillaume Gontard a réussi à faire bouger les choses au Sénat.

« L’écologie implique de penser avec son environnement, ses ressources et ses limites », a-t-il déclaré, à propos de son engagement principal. Passé de maire du Percy (Isère), où il fut élu à 36 ans, au rôle de sénateur en 2017, Guillaume Gontard voit en sa position une occasion unique de faire évoluer certaines lignes. Car au Sénat, « on travaille en profondeur sur des sujets transversaux, qui n’ont pas nécessairement de couleur politique », se réjouissait-il à l’issue de son élection en 2017, au micro de France Bleu.

Le chanvre et le cannabis, des sujets d’avenir

C’est dans ce cadre que Guillaume Gontard a fait du chanvre l’un des « fils rouges de [s]on mandat ». Pour développer la filière, il a mené un projet de résolution historique, tout récemment adopté au Sénat, à une immense majorité (179 voix pour, 7 contre). « Depuis 2018, je me mobilise notamment pour une clarification règlementaire permettant la légalisation complète des produits CBD et l’encadrement de leur production en France. Je me mobilise aussi pour l’accompagnement de la filière chanvre, indispensable à la transition écologique notamment dans les secteurs du bâtiment ou du vêtement », explique-t-il dans un entretien accordé au Cannabiste.

L’élu espère notamment que « le gouvernement revoit sa copie » sur le sujet du CBD, afin de « légaliser les produits au cannabidiol sans attendre la décision de la justice administrative », alors que le jugement du Conseil d’État sur l’arrêté de décembre 2021 – suspendu en janvier – se fait toujours attendre. Cependant, sur le sujet du CBD, le gouvernement reste « seul maître. Cette résolution est le maximum de ce que je peux effectuer comme parlementaire », reconnait Guillaume Gontard, qui assure qu’il continuera « de plaider pour en finir avec cette réglementation absurde ».

Guillaume Gontard souhaite légaliser le cannabis

Concernant le cannabis, celui qui est actuellement interdit, chargé en THC, Guillaume Gontard prône la légalisation. « Comme l’immense majorité des écologistes, je suis favorable à la légalisation du cannabis avec un encadrement public sur le modèle de celui du tabac (revendeurs agréés, fiscalité spécifique, interdiction de la publicité, etc…). C’est une indispensable mesure de santé publique pour contrôler les produits mis sur le marché et pour déployer une prévention efficace vis-à-vis des consommateurs. C’est aussi une mesure de sécurité pour stopper les trafics, diminuer le nombre de réseaux criminels et apaiser des quartiers entiers. »

Parallèlement, Guillaume Gontard aimerait voir le taux de THC autorisé dans les produits au CBD relevé à 1% (actuellement 0,3% en Europe). « La résolution invite à élargir le catalogue des variétés de chanvre autorisées à toutes celles contenant 1% ou moins de THC. J’y suis donc favorable. » Malheureusement, la résolution du sénateur n’a aucun pouvoir de contrainte. « Elle invite le gouvernement à revoir la réglementation mais ne peut pas le contraindre. »

Et sur la question du CBD, « on va se retrouver dans une situation étrange où le gouvernement refuse d’exercer son pouvoir et laisse la justice trancher. Cela étant dit, vu la rapidité avec laquelle le Conseil d’Etat a suspendu les dispositions de l’arrêté qui interdisait la vente au détail de fleurs de chanvre, on peut espérer que son jugement « au fond » soit bénéfique pour la filière. » En attendant, Guillaume Gontard maintient le cannabis – sous toutes ses formes – dans les débats au sein des plus hautes instances du pays.

 

Bannière pub Super Lemon Haze CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Les 32 tonnes de cannabis saisies étaient-elles du chanvre légal ? [GREENEWZ]

32 tonnes saisies en Espagne

Les 32 tonnes de cannabis saisies étaient-elles en fait du chanvre légal ?

« L’opération « Jardines » menée depuis plusieurs semaines en Espagne a permis de saisir 32 tonnes de têtes de cannabis, ce samedi 5 novembre. Un record mondial selon la police », peut-on lire dans les colonnes de La Dépêche. « Pas de Guinness book pour ce record : la police espagnole a annoncé samedi avoir mis la main sur 32 tonnes de têtes de cannabis, soit « la plus grande saisie de cette substance au niveau international », au terme d’une enquête ayant entraîné l’arrestation de vingt personnes », nous dit de son côté Le Parisien.

Toute la presse française, à la suite d’une dépêche de l’AFP, s’est faite l’écho de cette incroyable prise de la Guardia Civil, la police espagnole. L’équivalent de 1,1 millions de plants de cannabis saisis, une vingtaine de personnes interpellées… L’organisation « contrôlait l’ensemble du processus de production et de distribution de la drogue », expliquent les autorités espagnoles. Le crime organisé à grande échelle et un énorme coup pour la police contre les trafics.

32 tonnes de cannabis… légal ?

Mais la Guardia Civil aurait-elle été plus vite que la musique ? Deux semaines après l’opération, la question se pose très sérieusement. Pour le patron de l’entreprise E-Canna, Francisco Carbo, elle ne se pose même pas. L’homme d’affaires espagnol a vu son nom et celui de sa société publiés partout dans la presse, les faisant passer pour un véritable gang. Mais lui l’affirme : le cannabis saisi n’a rien d’illégal, il s’agit de chanvre au taux de THC quasi-nul, comme ce que produit E-Canna depuis octobre 2021.

Soraya Calvo, directrice administrative de l’entreprise, raconte l’opération de police à BusinessCann. « Ils sont arrivés cagoulés et armes à la main, obligeant tout le monde à s’allonger sur le sol, comme si nous étions des trafiquants de drogue. C’était inutile, nos portes sont toujours ouvertes et nous rendons compte d’absolument tout ce qui entre et sort d’E-Canna », dit-elle, estimant même que la police s’est trompée en annonçant 32 tonnes saisies : il n’y en avait selon elle que 25.

L’entreprise apporte les preuves de son innocence

 » Il y a une persécution nationale concernant la criminalisation et la stigmatisation du cannabis », juge Francisco Carbo. « Pour eux, tout ce qui concerne le chanvre est un délit et comme ce n’est pas le cas, les autorités commettent des abus. Ce qui se passe ici, c’est de la prévarication », c’est-à-dire un grave manquement des autorités. Mardi 15 novembre, le patron d’E-Canna a comparu pour la première partie du procès. Il a fourni toutes les preuves à la justice, qui a décidé de ne pas détruire les 32 tonnes (ou 25 ?) de fleurs et de permettre à E-Canna de poursuivre ses activités.

Le discours de Francisco Carbo ? « Si c’est de la drogue et que je suis un criminel, arrêtez-moi demain. Mais si ce n’est pas de la drogue, libérez les fleurs demain. » L’homme d’affaires reste serein et sûr de son fait. « Avant même de faire l’objet d’une enquête de la part des forces de l’État, je suis allé devant les tribunaux et j’ai dit : « Messieurs, voici mon activité. Voici mes documents. Si c’est un crime, mettez-moi en prison ». »

Les résultats des analyses très attendus

Malgré tout, le président de E-Canna reste surpris des méthodes employées par les autorités espagnoles. « Je m’attendais à une attaque frontale, avec des inspections normales. Je n’ai jamais imaginé que cette attaque viendrait de derrière, avec une accusation sortie de nulle part et qui ne tient absolument pas la route », regrette-t-il. L’analyse des échantillons testés parmi les 32 tonnes saisies devraient déterminer avec précision les taux de cannabinoïdes présents dans les plantes. On saura alors si le cannabis d’E-Canna est légal ou non.

Francisco Carbo, lui, ne compte pas lâcher le business du chanvre. « Je ne vais pas abandonner une industrie qui est en pleine croissance et qui a un potentiel économique important, qui est sur le point d’être professionnalisée, car si nous, qui sommes des professionnels, fuyons, elle restera stigmatisée pour toujours. »

 

Bannière pub California CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Au Royaume-Uni, où diriger les recherches sur le cannabis ? [GREENEWZ]

Le cannabis médical au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, où diriger les recherches sur le cannabis ?

Au Royaume-Uni, des scientifiques ont cherché à prendre le contre-pied de ce qui se fait habituellement dans la recherche sur le cannabis médical. Jusqu’à présent, les programmes établis autour du cannabis thérapeutique ont été le fait de l’industrie pharmaceutique ou du milieu universitaire, mais pas des patients ou des soignants, pourtant directement en lien avec les expériences de traitement. Ainsi, des chercheurs ont demandé directement aux patients les champs qu’ils considéraient comme prioritaires pour les futures recherches au Royaume-Uni.

Une équipe de chercheurs, associée à la Sapphire Medical Clinics de Londres, a donc interrogé un groupe de 30 patients sous traitement au cannabis thérapeutique pour toute une gamme de pathologies. C’est sous la forme de groupes de discussion que ces malades ont été invités à échanger, entre décembre 2021 et février 2022. Les résultats ont par la suite été compilés et utilisés pour tenter de prioriser certaines directions d’études, à mesure que le potentiel thérapeutique du cannabis se développe.

Les priorités des patients au Royaume-Uni

S’ils pouvaient donner des axes pour orienter le financement des recherches sur le cannabis thérapeutique, les patients du Royaume-Uni attribueraient la plus grande proportions de l’argent disponible à « l’évaluation de l’effet du cannabis sur des symptômes spécifiques ». Les personnes interrogées espèrent donc voir la recherche se spécialiser, ou s’hyper-spécialiser, afin de voir émerger des produits médicamenteux à base de cannabis traitant des pathologies précises. Preuve que la plante commence désormais à être mieux connue, et que ses usages doivent maintenant mieux cibler ce dont souffrent les patients.

Au-delà de ce thème majeur dans l’opinion des patients au Royaume-Uni, d’autres points-clés ont émergé de ces discussions. Notamment des demandes d’études sur les effets secondaires ou indésirables des traitements au cannabis, ou encore des idées telles que la comparaison des différents médicaments disponibles, la pharmacologie, mais aussi une volonté de mieux connaître l’origine des produits, de la culture de la plante à la fabrication des médicaments.

L’impact social du cannabis en question

Les patients britanniques ont aussi abordé l’impact social du cannabis, avec la volonté que davantage de recherches soient menées sur la connaissance du cannabis thérapeutique et des traitements disponibles par le corps médical et les professionnels de santé. Mais également sur des éléments comme la stigmatisation de la consommation de cannabis et ses usagers, les effets sur la conduite, la compatibilité des traitements avec l’environnement professionnel. Des points qui n’auraient peut-être pas été soulevés par les habituels concernés par ce type de sondage.

« Il n’y a pas eu de précédent quant à des tentatives de caractériser les priorités des patients en matière de recherche biomédicale. Nous sommes heureux de fournir cette première contribution à la littérature scientifique sur le sujet du cannabis médical », s’est félicité pour sa part le docteur Simon Erridge, responsable de la recherche de Sapphire Clinics et co-auteur de cette étude menée au Royaume-Uni. « Nous espérons vraiment que cela fournira une base pour orienter les subventions gouvernementales quant aux types de recherches que les patients veulent voir. »

Continuer à écouter tous les patients

Mais il faudra aller encore plus loin dans l’écoute des patients. De tous les patients. Car l’étude était ici limitée à ceux qui détenaient une ordonnance de cannabis légale au Royaume-Uni. Ainsi, elle n’est pas représentative de toutes les personnes utilisant le cannabis à des fins thérapeutiques, mais qui passent encore par le marché illicite. « Nous reconnaissons que les critères d’inclusion limitent l’étude à ceux qui ont une prescription légale. De fait, elle n’est pas pleinement représentative de tous les individus », fait remarquer Simon Erridge.

Environ 1,8 million de personnes se tournent encore vers le marché illicite du cannabis au Royaume-Uni pour se soigner.

Sondage YouGov de novembre 2022.

« Malheureusement, afin de garantir que l’étude résiste à l’examen de la communauté scientifique, nous ne pouvions faire autrement, à l’heure actuelle, que de la limiter aux personnes disposant d’une prescription légale ». Cependant, « avec nos collaborateurs, nous avons un large éventail de recherches en cours qui intègrent ceux qui ont une prescription légale au Royaume-Unis et ceux qui n’en ont pas », a reconnu le docteur londonien. De quoi continuer « d’aller de l’avant », après cette première étape.

 

Bannière pub Fleur CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Au Club des Haschischins, on expérimentait les effets du cannabis [GREENEWZ]

Club des Haschischins

Au Club des Haschischins, on expérimentait les effets du cannabis

Plus de 150 ans après son existence, le Club des Haschischins reste dans les mémoires. Notamment parce que s’y sont côtoyées certaines des personnalités les plus en vue du milieu du XIXe siècle, des artistes surtout, comme les peintres Eugène Delacroix ou Honoré Daumier, l’écrivain Honoré de Balzac, ou encore les poètes Charles Baudelaire et Théophile Gautier. Mais que faisait-on dans ce fameux Club des Haschischins ? À une époque où l’esthétique du voyage était de mode, souvent sous la forme d’une quête initiatique, comme Stendhal à Rome, certains ont souhaité découvrir des voyages plus… imaginaires.

Moreau de Tours fonde le Club des Haschischins en 1844

C’est le docteur Jacques-Joseph Moreau de Tours, qui crée à Paris en 1844 le Club des Haschischins. Au gré de ses voyages en Égypte, en Syrie et en Asie Mineure, il expérimente le cannabis, lui qui est spécialisé dans l’aliénation. Le tout dans un contexte où l’opium et le haschich se répandent en Europe, et en particulier dans les milieux littéraires et scientifiques, quelques années après la parution des Confessions d’un mangeur d’opium anglais de Thomas de Quincey. Moreau de Tours convie donc à Paris, dans l’hôtel de Pimovan, ses contemporains pour des séances mensuelles, où l’on consomme de l’opium mais surtout du haschich, sous prétexte de curiosité esthétique et d’observation pseudo-scientifique.

De 1844 à 1849, Moreau de Tours invitera donc de nombreuses personnalités à faire l’expérience de certaines drogues, dont le poète Théophile Gautier, l’un des premiers à faire partie de ce cercle. Il écrira plus tard Le Club des Haschischins, dont l’introduction raconte son invitation au club.

« Un soir de décembre, obéissant à une convocation mystérieuse, rédigée en termes énigmatiques compris des affiliés, inintelligibles pour d’autres, j’arrivai dans un quartier lointain, espèce d’oasis de solitude au milieu de Paris, que le fleuve, en l’entourant de ses deux bras, semble défendre contre les empiètements de la civilisation, car c’était dans une vieille maison de l’île Saint-Louis, l’hôtel Pimodan, bâti par Lauzun, que le club bizarre dont je faisais partie depuis peu tenait ses séances mensuelles, où j’allais assister pour la première fois. »

Théophile Gautier, Revue des deux mondes, février 1846.

Les premières expériences de Théophile Gautier

Mais un peu plus tôt, dès juillet 1843, paraît dans La Presse un article de Théophile Gautier titré « Le Hachisch », dans lequel le poète raconte sa toute première expérience avec le cannabis.

Il évoque notamment sous quelle forme il est consommé au sein du Club des Haschischins. « Le hachisch est un extrait de la fleur de chanvre, que l’on fait cuire avec du beurre, des pistaches, des amandes et du miel, de manière à former une espèce de confiture assez ressemblante à la pâte d’abricot, et d’un goût qui n’est pas désagréable. C’était du hachisch que faisait manger le Vieux de la Montagne aux exécuteurs des meurtres qu’il commandait, et c’est de là que vient le mot assassin, hachachin (mangeur du hachisch). »

Comment manger cette pâte ? « La dose d’une cuillerée suffit aux gens qui n’ont pas l’habitude de ce régal de vrai croyant. L’on arrose le hachisch de quelques petites tasses de café sans sucre à la manière arabe, et puis l’on se met à table comme à l’ordinaire, car l’esprit du chanvre n’agit qu’au bout de quelque temps. »

Viennent alors les premières observations entre les murs du Club des Haschischins : « Le Dr X., qui a fait de longs voyages en Orient, et qui est un déterminé mangeur de hachisch, fut pris le premier ; en ayant absorbé une plus forte dose que nous, il voyait des étoiles dans son assiette, et le firmament au fond de la soupière ; puis il tourna le nez contre le mur, parlant tout seul, riant aux éclats, les yeux illuminés, et dans une jubilation profonde. »

« J’entendais le bruit des couleurs »

Un peu plus tard, c’est au tour de Théophile Gautier de ressentir lui aussi les effets de ce que les convives appellent le dawamesk. « Au bout de quelques minutes, un engourdissement général m’envahit. Il me sembla que mon corps se dissolvait et devenait transparent, je voyais très nettement dans ma poitrine le hachisch que j’avais mangé, sous la forme d’une émeraude d’où s’échappaient des millions de petites étincelles. Les cils de mes yeux s’allongeaient indéfiniment, s’enroulant comme des fils d’or sur de petits rouets. »

« Je voyais encore mes camarades à certains instants, mais défigurés, moitié hommes, moitié plantes, avec des airs pensifs d’ibis, debout sur une patte d’autruche, battant des ailes, si étranges que je me tordais de rire dans mon coin (…) L’un de ces messieurs m’adressa en italien un discours que le hachisch, par sa toute-puissance, me transposa en espagnol. »

Les effets se calment, puis reviennent, différents. « Mon ouïe s’était prodigieusement développée : j’entendais le bruit des couleurs. Des sons verts, rouges, bleus, jaunes, m’arrivaient par ondes parfaitement distinctes. Un verre renversé, un craquement de fauteuil, un mot prononcé bas, vibraient et retentissaient en moi comme des roulements de tonnerre. »

« Caprimulges, coquecigrues, oysons bridés, licornes, griffons, cochemards »…

Dans un troisième accès, Théophile Gautier pense devenir fou. Il voit des « caprimulges, coquecigrues, oysons bridés, licornes, griffons, cochemards », c’est-à-dire « toute la ménagerie des rêves monstrueux [qui] trottait, sautillait, voletait, glapissait par la chambre ». Il est pris de l’envie de les dessiner. « Grâce au hachisch, j’ai pu faire d’après nature le portrait d’un farfadet. Jusqu’à présent, je les entendais seulement geindre et remuer la nuit, dans mon vieux buffet. »

Une puissante première expérience au Club des Haschischins, « mais voilà bien assez de folies. Pour raconter tout entière une hallucination du hachisch, il faudrait un gros volume, et un simple feuilletoniste ne peut se permettre de recommencer « l’Apocalypse » », conclut le poète. La fin d’une première fantasia, comme ont été appelées ces séances du Club des Haschischins par les participants. Et on comprend pourquoi !

 

Bannière Sugar Bomb Punch CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Kif Takwine, une formation au futur cannabis médical marocain [GREENEWZ]

Le programme Kif Takwine forme le personnel de santé marocain

Kif Takwine, une formation au futur cannabis médical marocain

Le Maroc s’organise en vue de prescrire légalement du cannabis médical à sa population et forme, avec le projet Kif Takwine, son personnel de santé. « Dans trois mois, nous aurons au Maroc la première production de cannabis thérapeutique et, pour cela, il faut une préparation du terrain avec des formations des acteurs de la santé, comme les médecins, les infirmiers ou les pharmaciens », a expliqué le Professeur Redouane Rabii, président de l’AMCUC, l’Agence marocaine consultative d’utilisation du cannabis, à l’occasion de la troisième phase du programme de formation Kif Takwine, début novembre.

Organisées par l’AMCUC, ces formations se déroulent à la Pharmacademy de Bouskoura, en partenariat avec Pharma 5, l’un des trois laboratoires pharmaceutiques ayant obtenu une licence d’exploitation du cannabis au Maroc. « Le cannabis n’est pas une plante que l’on connait. Il faut pourtant tout savoir de ses effets secondaires, ses constituants, ses dosages et surtout les indications validées actuellement par la science », a tenu à préciser Redouane Rabii.

Le programme Kif Takwine destiné à la maîtrise du produit

Pour cela, le programme Kif Takwine a donc proposé de nombreuses thématiques englobant tout le domaine du cannabis médical, avec notamment la venue d’experts israéliens et américains. « C’est une formation organisée en collaboration avec des professeurs et chercheurs en cannabis internationaux. Elle consiste à connaître très bien cette plante médicinale, ses constituants et ses composantes, puisque chaque année on découvre de nouvelles composantes. Mais on va s’intéresser cette année aux composantes déjà validées par des chercheurs depuis 30 ou 40 ans ».

« De la plante à la place thérapeutique » du cannabis, il y a donc tout un champ à explorer et maîtriser pour le système de santé marocain. « Il faut absolument préparer en aval les professionnels de la santé qui vont prescrire ces traitements à base de cannabis médical. D’autres formations seront lancées par la suite aux infirmiers, qui surveilleront ces protocoles et accompagneront ces traitements », décrypte Redouane Rabii. « Maîtriser ce mécanisme, c’est comme un pré-requis. »

S’enrichir de l’expérience internationale

À l’occasion de cette troisième phase du programme Kif Takwine, la collaboration internationale est de mise. Des cours ont été et seront dispensés par des experts et des médecins venus des États-Unis et d’Israël, « deux pays jouissant d’une grande expertise dans le domaine du renforcement de l’industrie médicale sur le cannabis », précise Le Desk. L’idée était donc de saisir « ce qui se fait ailleurs, dans les pays qui ont précédé [le Maroc] et qui ont bien clarifié le fonctionnement et la prescription ».

Ainsi, l’AMCUC a signé des partenariats avec des universités, aussi bien locales qu’internationales, des laboratoires, centres de recherche, et bon nombre d’acteurs du secteur de l’industrie médicale. « De là, on va enchaîner sur les indications validées par les recherches au niveau de ces médicaments, et comment les manipuler parce qu’ils sont très différents des médicaments normaux. Il faut une surveillance pour adapter la posologie à chaque patient dans l’avenir. »

Avoir un « langage commun »

Le programme Kif Takwine doit donc permettre d’emmagasiner des connaissances aussi bien théoriques que pratiques, tout en s’intégrant « dans un langage commun », celui du cannabis médical. Une fois ces bases solides maîtrisées, à l’aide aussi de formations « interactives, pour répondre à toutes les questions et interrogations des personnels de santé », le Maroc saura « très bien, s’il y a des prescriptions pour des pathologies, quelles indications sont validées ».

Il sera alors possible de franchir un palier. Et de préciser, spécialiser, les formations du programme Kif Takwine. « Dans l’avenir, il y aura de plus en plus de formations ponctuelles sur des pathologies précises, décortiquées au profit des personnes intéressées dans ce domaine », conclut le professeur Redouane Rabii. Avec pour but de faire du Maroc un pays d’experts du cannabis médical.

 

Moon Rock CBD pub

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Les troubles bipolaires peuvent-ils être limités grâce au cannabis ? [GREENEWZ]

Les troubles bipolaires limités grâce au cannabis ?

Les troubles bipolaires peuvent-ils être limités grâce au cannabis ?

Les personnes touchées par des troubles bipolaires pourraient-elles trouver une aide dans le cannabis ? C’est ce que suggère une récente étude, qui estime que la plante pourrait présenter des « avantages uniques » pour les malades de ces troubles de l’humeur. Pour rappel, « le trouble bipolaire est une maladie psychique chronique responsable de dérèglements de l’humeur avec le plus souvent une alternance d’états d’exaltation et de dépression. Favorisée par des facteurs biologiques et génétiques, cette maladie apparaît le plus souvent chez l’adulte jeune », explique l’Assurance Maladie sur son site internet.

Les troubles bipolaires, fréquemment diagnostiqués, peuvent également entraîner des problèmes de santé mentale ou encore des déficits en termes de prise de décision, attention, apprentissage… On leur oppose souvent des traitements médicamenteux comme des modulateurs de sérotonine et des benzodiazépines. Des traitements souvent longs à faire effet, et qui provoquent parfois des effets secondaires assez lourds, tout en n’étant pas d’une efficacité certaine. D’où la recherche de nouveaux traitements des troubles de l’humeur par les experts des sciences du cerveau.

Du cannabis pour réguler la dopamine ?

Avec 2 à 5% de la population potentiellement sujette à des troubles bipolaires, des chercheurs de San Diego, aux États-Unis, ont mené des études sur les effets antidépressifs et anxiolytiques de produits comme la psilocybine, un champignon, ou le cannabis. Ils ont tout d’abord remarqué que nombreuses personnes subissant des troubles de l’humeur avaient recours au cannabis pour tenter d’y faire face. Les scientifiques ont pu lier ce phénomène à des résultats de précédentes études, suggérant que les personnes touchées de troubles bipolaires avaient « une activité dopaminergique accrue en raison d’une expression réduite du transporteur de la dopamine ».

La dopamine, un neurotransmetteur, agit directement sur le comportement, et influe énormément sur les humeurs, car cette substance procure notamment un sentiment de plaisir, ou de satisfaction. « Il a été démontré que la consommation chronique de cannabis réduit la libération de dopamine, ainsi la consommation chronique de cannabis peut entraîner un retour à l’homéostasie (l’équilibre, ndlr) de la dopamine chez les personnes atteintes de troubles bipolaires. »

Stabiliser les troubles bipolaires et de l’humeur

« La consommation chronique de cannabis peut avoir des effets bénéfiques uniques chez les personnes atteintes de ces troubles », précise l’étude, dans le sens où le cannabis permettrait de « normaliser » certains excès ou déficit, notamment dans le cas de la dopamine. « La consommation chronique de cannabis était associée à une amélioration modeste de certaines fonctions cognitives. Elle était également associée à une normalisation de la prise de décision à risque et de la motivation à l’effort chez les personnes atteintes de troubles bipolaires, mais pas chez les participants en bonne santé », a conclu l’étude.

Mais la question de la stabilité de l’humeur à long terme reste un enjeu majeur pour les malades et celle-ci doit encore trouver une réponse. Pour cela, bien sûr, des recherches complémentaires doivent être menées.

Des recherches complémentaires nécessaires

Lisa Monteggia, du Vanderbilt Brain Institute du Tennessee, a d’ailleurs précisé que ces études n’avaient pas vocation à « évaluer le bénéfice thérapeutique potentiel » du cannabis dans ce domaine mais de sonder « comment il exerce ses effets sur le cerveau ». Cependant, à terme, il conviendra de « s’engager dans des études supplémentaires qui explorent ce potentiel ».

« La recherche présentée aujourd’hui contribue à la preuve croissante que ces composés peuvent offrir de nouvelles voies pour le soulagement des symptômes dans de nombreux problèmes de santé mentale », a ajouté la chercheuse. Des pistes qui continueront d’être étudiées par les professionnels du cerveau et de sa santé.

 

Bannière pub California CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Cannabis dans les textes anciens : les restes d’une vision antique [GREENEWZ]

La cannabis dans les textes anciens

Cannabis dans les textes anciens : les restes d’une vision antique

Quand on aborde le sujet du cannabis dans les textes anciens, on se rend rapidement compte du nombre de sources disponibles et des multiples références à la plante qu’ont écrites nos ancêtres dans l’histoire. Connu depuis 15 000 ans, le cannabis a de tous temps été utilisé, dans le cadre médicinal, liturgique, artisanal… Et petit à petit, on a commencé à en comprendre les effets sur l’organisme, ou ses qualités notamment dans le domaine textile.

Avec, au cours de l’Antiquité, l’avénement d’une tradition écrite, le cannabis dans les textes anciens s’est révélé être bien présent. Les auteurs antiques ont commencé à classifier les plantes, leurs effets, leur utilisation, dans des volumes presque encyclopédiques. Ainsi, nous avons sélectionné trois personnages des Ier et IIe siècles après J.-C., les Grecs Dioscoride et Galien, ainsi que le Latin Pline l’Ancien qui, sur une centaine d’années, vont à plusieurs reprises faire mention du cannabis dans leurs écrits.

Dioscoride, médecin, pharmacologue et botaniste grec

Médecin mais aussi botaniste, Dioscoride (né vers 20-40, mort vers 90 ap), a pris soin de décrire le cannabis dans son oeuvre De materia medica. « Le cannabis cultivé que certains appellent cannabion et les autres schoenostrophion et d’autres asterion, est une plante utile pour la confection de cordages solides. Ses feuilles sont comme celles du frêne. Il donne une odeur désagréable et a de longues tiges creuses. Le cannabis sauvage que certains appellent hydrastina et les Romains terminalis, a des tiges comme la mauve mais plus rugueuses, plus petites de taille et de couleur plus foncée », a-t-il écrit.

Le sujet du cannabis dans les textes anciens est vaste, mais pour ce qui est des effets de la plante, Dioscoride reste peu loquace. « Ses graines ont une forme sphérique, d’en trop manger diminue la puissance sexuelle », dit-il. « Le jus de graines fraîches, instillé dans les oreilles, est utile dans le traitement des otalgies », ajoute cependant le médecin.

Pline l’Ancien et son Histoire naturelle

Pline l’Ancien, disparu à la suite de l’éruption du Vésuve en 79, dont de nombreux écrit nous sont parvenus, en dit bien plus sur les aspects médicinaux du cannabis, notamment dans son Histoire naturelle. « Initialement le chanvre poussait dans les bois. Les feuilles étaient de couleur plus foncée et plus rugueuses. Sa graine, dit-on, supprime le sperme. Le jus de graines fait sortir de l’oreille les vers et les insectes qui y sont entrés mais au prix de maux de tête ». Au sujet du cannabis dans les textes anciens de Pline, on retrouve des notions présentes chez Dioscoride, comme l’idée d’impuissance sexuelle et/ou d’infertilité, mais aussi l’utilisation de l’huile de graines pour traiter des maux auriculaires.

Pline l’Ancien ajoute : « Mélangé à l’eau de boisson du bétail, [le cannabis] régularise le transit intestinal. La racine de cannabis, bouillie dans de l’eau est utile lorsque les articulations sont « grippées », mais aussi en cas de goutte et d’attaques de ce genre. Les applications de graines crues aident au traitement des brûlures mais il faut veiller à renouveler les applications avant qu’elles ne se dessèchent. » Ici, on note des usages « redécouverts » de nos jours, comme l’alimentation du bétail ou le traitement de douleurs articulatoires.

Galien dans la lignée de ses prédécesseurs

Pour Galien, médecin grec né à Pergame en Asie Mineure au IIe siècle, « la graine de cannabis élimine les gaz intestinaux et déshydrate à tel point que celui qui en a trop mangé éteint ses capacités sexuelles. Certains pressent les graines encore vertes pour en obtenir un jus qu’ils utilisent dans le traitement des otalgies ». Ses observations, issues de son oeuvre De simplicium medicamentorum temperamentis ac facultatibus, rejoignent celles de Dioscoride et Pline l’Ancien. Le cannabis dans les textes anciens des Ier et IIe siècles a donc des usages et des effets observés très similaires.

« La plante est en partie semblable au poivre sauvage. La graine est difficile à digérer, mauvaise pour l’estomac et donne des maux de tête. Certains mangent les graines frites avec des sucreries. J’appelle sucrerie les nourritures servies au dessert pour inciter à boire. Les graines apportent une sensation de chaleur et si consommées en grandes quantités, affectent la tête en lui envoyant des vapeurs chaudes et toxiques », ajoute Galien, qui ici fait mention d’effets psychotropes, ce que ne mentionnent pas les deux autres auteurs cités.

Le cannabis dans les textes anciens, une histoire riche

Le cannabis dans les textes anciens des deux premiers siècles après J.-C., qu’ils nous proviennent du monde grec ou de la sphère romaine, est donc relativement bien connu. Si tous ses effets ne sont pas clairement identifiés, les différentes façons de le consommer ont permis aux auteurs antiques de dévoiler une partie de ses secrets. Certains éléments reviennent systématiquement, comme ceux liés à la sexualité ou aux otalgies, des douleurs localisées au niveau des oreilles. Mais certains de ces auteurs ont-ils été aussi consommateurs ? Nous en parlerons dans un prochain article, grâce à d’autres mentions potentiellement liées au cannabis dans les textes anciens.

 

Bannière pub Green Punch CBD

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !
Publié le

Qui est Raphael Mechoulam, ce chercheur à qui le CBD doit beaucoup ? [GREENEWZ]

Raphael Mechoulam, le CBD lui doit beaucoup

Qui est Raphael Mechoulam, ce chercheur à qui le CBD doit beaucoup ?

Quand on aborde le sujet du cannabis, difficile de ne pas citer Raphael Mechoulam. Chercheur israélien, né en 1930 à Sofia, en Bulgarie, il a été l’un des pionniers des recherches sur les cannabinoïdes. De nombreux spécialistes le considèrent comme « le père du cannabis moderne », en particulier de son penchant thérapeutique, sur lequel Raphael Mechoulam a passé une grande partie de sa vie.

Raphael Mechoulam
Raphael Mechoulam.

Raphael Mechoulam, le père du cannabis moderne

Le CBD doit beaucoup à Raphael Mechoulam. Biochimiste, spécialisé dans les substances végétales, ce chercheur israélien s’intéresse dans les années 1960 au cannabis. « Je me suis mis à chercher un sujet de recherche à l’âge de 34 ans. Mon choix n’a aucun rapport avec la période hippie. Un scientifique se doit de choisir un sujet original afin de réaliser des progrès significatifs. Personne ne s’était vraiment intéressé au cannabis, ce qui m’a étonné, déclarait-il à Vice. À l’époque, la morphine avait été isolée de l’opium et la cocaïne de la feuille de coca, mais personne n’avait pris soin d’étudier la composition de la marijuana. »

Au sein de l’Université hébraïque de Jérusalem, Raphael Mechoulam est le premier à découvrir, en 1963, la structure exacte du CBD. Celle-ci se compose de 21 atomes de carbone, 30 d’hydrogène et 2 d’oxygène. Cette découverte, comme celle de la composition du THC en 1964, a permis de déterminer que le CBD n’était pas une substance psychotrope. Ainsi, cet état de fait transforme en profondeur les travaux sur le cannabis et toute son industrie.

« Découverte d’un système physiologique insoupçonné »

La porte s’ouvre donc sur d’autres études. Celles-ci vont être menées de par le monde, mais le Dr Mechoulam n’en sera jamais loin. Pourtant, rien ne fut simple. Libération écrivait, en le citant : « Sa prohibition dès 1937 aux Etats-Unis, puis son classement sur la liste des stupéfiants par l’ONU en 1961 « ont imposé des tracasseries dissuasives pour qui voulait avoir du cannabis pour l’étudier ». » Malgré tout, Mechoulam, 92 ans aujourd’hui, est l’auteur de plus de 450 publications scientifiques.

Grâce à ses découvertes, l’usage thérapeutique du chanvre est désormais reconnu. En Israël, il en est un acteur majeur, où plus de 11 000 patients ont accès au cannabis. « L’étude de la marijuana inaugurée par le professeur Mechoulam a mené non seulement à une compréhension de ses mécanismes d’action mais aussi à la découverte d’un système physiologique insoupçonné », écrit encore Libération : le système endocannabinoïde. « Il semble être un système majeur de protection de l’organisme, il ouvre des pistes extraordinaires », s’enthousiasmait le chercheur.

Le système endocannabinoïde, « primordial » pour Raphael Mechoulam

En 1992, alors qu’il a été démontré qu’un récepteur, nommé CB1, au sein de notre système nerveux est dévolu à l’interaction avec le THC, Raphael Mechoulam découvre lui une substance produite par notre organisme, l’anandamide, qui correspond à ce récepteur. Avec un récepteur dédié et une substance produite par notre organisme, le tout très proche du cannabis, les faits sont clairs pour Raphael Mechoulam et son équipe : le système endocannabinoïde est prouvé.

« Ce système est primordial, est convaincu Raphael Mechoulam. L’immense majorité des maladies est liée à ce système, d’une manière ou d’une autre. C’est très étrange, quand on y pense. On parle de pathologies touchant les poumons, le cœur, le foie, les reins, etc. Le mécanisme ressemble à celui de la dopamine : si votre corps en produit trop, vous pouvez développer Parkinson ; s’il en produit trop peu, vous pouvez souffrir de schizophrénie. Il en va de même avec les cannabinoïdes. »

Trente ans après ces découvertes, l’industrie du médicament reste frileuse avec le cannabis, même si les choses avancent dans le bon sens, notamment avec un phénomène de légalisation qui touche de plus en plus de pays.

 

Bandeau Huile CBD 40%

Avec les Greenewz, ne ratez rien de l’actualité du CBD, du chanvre et du cannabis !