À New York, réinsertion dans le cannabis pour d’anciens condamnés
En avril 2021, New York devenait le 15e État américain à légaliser le cannabis, quelque temps après son voisin, le New Jersey. Le potentiel est énorme : un marché estimé à 4,6 milliards de dollars, avec une marge de croissance de 1 milliard de dollars par an. Le gouverneur de New York en 2021, Andrew Cuomo, en attendait 350 millions de dollars de recettes fiscales annuelles.
Dans l’une des villes les plus célèbres du monde, l’enjeu économique se pare d’un enjeu social. Car l’octroi des licences commerciales ne se fera pas sans réflexion. Et près d’un an et demi après la légalisation, l’État a seulement ouvert cet été le dépôt des dossiers. Mais il existe certaines particularités.
Un potentiel économique énorme pour New York
La légalisation du cannabis, c’est un potentiel énorme au niveau de l’emploi. La création de 30 000 à 60 000 emplois est espérée. Alors avec l’ouverture des candidatures, beaucoup essayent de se faire connaître. Les Échos racontent une rencontre avec Alex et sa société WiseHerb, qui tient un stand à Prospect Park, à Brooklyn. Il y présente ses produits : des fleurs, un baume à lèvres.
« On ne vend rien, on donne juste des échantillons pour faire connaître notre entreprise », précise-t-il, en démontrant les qualités d’un baume qu’il donne aussi à sa grand-mère. Moyennant 2000 dollars, il pourra déposer un dossier pour, peut-être, obtenir une licence pour commercialiser ses produits issus du cannabis.
Le principe de « réparation sociale »
Mais un principe inédit vient avec cette autorisation commerciale : « favoriser ceux qui ont été condamnés (ou un membre de leur famille) pour détention de marijuana ». Derrière ce projet, un objectif de réinsertion, mais surtout de « justice sociale » avec l’idée de « réparation sociale » envers certaines minorités ethniques.
« À New York comme dans le reste du pays, les Afro-Américains et les Hispaniques ont été historiquement surreprésentés dans les arrestations pour possession de cannabis, alors que la consommation de cette drogue est loin d’être aussi radicalement marquée », écrivent Les Échos. Car aux États-Unis, les statistiques ethniques existent et les situations en fonction de l’origine sont mesurées avec précision.
« Un début insuffisant »
Rashawn Ray, sociologue à l’université du Maryland, explique la réflexion de l’État fédéral. « La logique, c’est que les Noirs sont exclus de la croissance économique du cannabis après avoir été incarcérés pour cette raison pendant si longtemps ». D’où l’idée de réparation sociale, alors que la question « des conséquences de l’esclavage sur l’évolution socio-économique des Afro-Américains est toujours vive » aux États-Unis.
« Il reste à voir quel sera l’impact de cette mesure. Ce n’est pas suffisant, mais c’est un début. Il est important de s’attaquer simultanément à l’incarcération de masse et aux inégalités économiques », estime Rashawn Ray. D’autres partagent cet avis, jugeant les mesures locales insuffisantes, comme William Darity, professeur de politique publique à Duke, partisan d’actions beaucoup plus larges.
Du cannabis légal pour financer les réparations
Ainsi à New York, avoir fait l’objet d’une condamnation liée au cannabis peut donner un « bonus » sous forme de réparation sociale « défendu par l’État ». Et le secteur du cannabis légal finance d’autres initiatives du genre ailleurs dans le pays. « À Evanston, près de Chicago (Illinois), ce sont aussi les recettes issues du cannabis qui doivent financer des réparations pour les Afro-Américains victimes de la politique du logement dans les années 1960 ».
Une part des marchés publics est également réservée aux entreprises détenues par des minorités ethniques avec le Disadvantaged Business Enterprise, tandis que l’ancien maire Bill de Blasio a créé, avant son départ « une commission sur la justice raciale ».
En attendant, Les Échos prennent l’exemple de Jeremy Rivera, « sorti de prison en 2018 après une condamnation pour détention de drogue » et désormais « consultant dans le secteur de la construction », qui remplit parfaitement deux des conditions pour obtenir une licence de commercialisation de cannabis à New York : « avoir été condamné pour un délit lié à la marijuana et avoir détenu et exploité une entreprise rentable pendant au moins deux ans ».
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Le Japon dévoile son passé de terre de chanvre au musée
Aujourd’hui, le Japon vit un moment compliqué de son histoire avec le cannabis. Le pays possède des lois très strictes quant à l’usage et la possession de cannabis et n’autorise pas plus son utilisation dans le cadre médical et thérapeutique. La plante jouit plutôt d’une mauvaise réputation et les cultures industrielles se font, elles aussi, rares. Pourtant, le Japon et le chanvre ont, par le passé, partagé une riche histoire commune. Une exposition retrace ces liens forts tissés avec la plante au pays du soleil levant.
Le Japon, ancienne terre de chanvre
Si vous passez par Barcelone, n’hésitez pas à faire un tour au Hash Marihuana & Hemp Museum. L’antenne catalane de ce musée d’Amsterdam fête ses dix ans en 2022 et propose, pour l’occasion, une exposition sur le chanvre au Japon, intitulée Cannabis Japonica. Celle-ci offre « un fascinant voyage dans le monde de la mode vestimentaire japonaise mettant en lumière les liens culturels du Japon avec la plante de cannabis ».
C’est donc au regard de vêtements, pièces de tissus et accessoires que l’exposition permet de découvrir un pan de l’histoire du pays. « Cannabis Japonica révèle les liens profonds de l’archipel avec la plante de cannabis et son rôle essentiel dans la création de vêtements uniques et magnifiques d’une grande importance culturelle », informe le musée.
L’apprenti qui voulait devenir ninja
Pour démontrer ces « liens profonds » entre le chanvre et le Japon, l’exemple donné est celui d’une histoire traditionnellement racontée aux enfants. Elle décrit l’entraînement au saut des apprentis ninja, où le chanvre tient le rôle principal. « L’étudiant ninja plante un lot de chanvre lorsqu’il commence sa formation et s’efforce de sauter par-dessus les plantes tous les jours », commence l’histoire.
« Au début, ce n’est pas un défi, mais le chanvre croît très vite, tout comme la capacité de saut du ninja. À la fin de la saison de croissance, le guerrier peut sauter au-dessus de pieds de chanvre de 3 à 4 mètres de haut », se conclut-elle. Une image qui dépeint surtout une époque où le cannabis prenait une place importante au sein de la société japonaise, ce que l’exposition Cannabis Japonica propose de découvrir.
Chigusa no hana, Kono Bairei, 1890
Une matière première commune mais précieuse
Le musée invite donc dans cette époque où le chanvre poussait communément dans l’archipel. « À l’approche du printemps, chaque ménage rural plantait quatre à cinq rangées de graines de chanvre. Le tout dans le but principal d’en récolter les fibres. « Le chanvre cultivé était la principale source de fibres de la famille pour le tissage des vêtements. Et c’était aussi une importante source de revenus, car les marchands de la ville achetaient les meilleures fibres de chanvre ».
Grâce au tissage du chanvre, les Japonais ont fabriqué de superbes étoffes, du quotidien ou d’apparat, pour toutes les classes de la société. « Ce chanvre aux qualités soyeuses a été utilisé pour créer les vêtements les plus précieux, des kimonos d’été aux armes de samouraï » en passant par les « vêtements des prêtres shintoïstes ». Des pièces que le HempMuseum de Barcelone met parfaitement en valeur, le tout accompagné de belles archives iconographiques et photographiques.
« Au soleil couchant
Sur le chanvre fauché
Une averse de passage »
Haïku de Masaoka Shiki
Le chanvre, une affaire de femmes au Japon
Tous les aspects de la culture du chanvre sont abordés. Notamment le lien spécial entre le femmes japonaises et la plante. « Chaque aspect du travail lié au chanvre, de la plantation au tissage, était le travail des femmes. Et cela a continué à être le cas pendant l’ère Meiji, lorsque le Japon est rapidement devenu un empire industrialisé ».
Comme au sein de nombreux pays industrialisés au XXe siècle, le cannabis et le chanvre vont largement être supplantés par le pétrole, notamment dans le secteur textile avec l’arrivée du nylon. Il va aussi être diabolisé, interdit et lourdement puni. Aujourd’hui, un consommateur de cannabis dans l’archipel risque jusqu’à cinq ans de prison.
L’exposition Cannabis Japonica est à voir à Barcelone au Hash Marihuana & Hemp Museum jusqu’au 26 février 2023. L’entrée est gratuite !
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Hildegarde de Bingen et son usage du chanvre au Moyen-Âge
L’utilisation de la plante appelée communément cannabis n’est pas récente. Et Hildegarde de Bingen, moniale et abbesse (mais pas seulement) allemande du XIIe, a participé à donner au chanvre ses lettres de noblesse. Si la plante est connue depuis déjà des millénaires, les écrits de Hildegarde de Bingen vont servir de référence en la matière pendant longtemps.
Ses connaissances botaniques, médicales, mais aussi sa forte spiritualité accompagnée de sa part de mystique nous permettent de mieux comprendre comment et pourquoi le cannabis était utilisé au Moyen-Âge, le tout étant consigné dans une de ses oeuvres majeures : Physica ou De la nature.
Qui est Hildegarde de Bingen ?
Hildegarde de Bingen est une personnalité singulière de l’Église catholique. Elle naît vers 1098 dans l’actuelle Hesse, au coeur de l’Allemagne d’aujourd’hui. Dixième enfant d’une famille noble, elle fut, dès sa naissance, vouée au service de Dieu par ses parents. Elle « fut offerte à l’état religieux » à huit ans, et reçoit le voile à 14 ou 15 ans. En 1136, elle est élue abbesse du monastère de Disibodenberg, avant de fonder l’abbaye de Rupertsberg entre 1147 et 1150.
Dès son plus jeune âge, Hildegarde de Bingen est prise de visions. « Dans la troisième année de mon âge, j’ai vu une telle lumière que mon âme en a été ébranlée, mais à cause de mon enfance je n’ai rien pu en dire », écrit-elle. Plutôt réticent au sujet des femmes visionnaires, la papauté reconnait néanmoins les dons de cette « véritable mystique », grâce notamment à l’appui de Bernard de Clairvaux.
L’oeuvre de Hildegarde
« Femme cultivée, spirituellement élevée et capable d’affronter avec compétence les aspects liés à l’organisation de la vie » d’une abbaye, Hildegarde de Bingen profite de son savoir, de sa position et de ses visions pour rédiger de nombreuses oeuvres, notamment théologiques.
Mais ses écrits sont très variés : poésie, musique, médecine… L’abbesse aborde alors bien des thématiques. « Tout ce que j’ai écrit en effet lors de mes premières visions, tout le savoir que j’ai acquis par la suite, c’est aux mystères des cieux que je le dois (…) Ma vision, ce sont les yeux intérieurs de mon esprit, et les oreilles intérieures qui me l’ont transmise », explique-t-elle.
Le chanvre dans Physica
Voyante et guérisseuse, Hildegarde de Bingen est considérée comme la première naturaliste d’Allemagne. Elle étudie la nature et la médecine grâce à d’anciens récits savants, des coutumes populaires et sa propre expérience. Les jardins du monastère lui donnent un accès direct aux plantes. Elle réunit ce savoir dans Physica, une compilation de description de plus de 300 plantes et de dizaines d’animaux. Ses écrits ont des visées thérapeutiques, Hildegarde décrit donc les effets des plantes sur le corps humain.
Et le cannabis a toute sa place. Elle dit notamment de sa graine qu’elle « contient la santé et, pour les gens en bonne santé, le chanvre constitue une saine nourriture ; dans l’estomac, il est léger et utile, parce qu’il diminue quelque peu les écoulements d’humeurs, et on peut le digérer facilement, et il diminue les humeurs mauvaises et renforce les bonnes ».
Une bandelette de chanvre est excellente pour panser les ulcères et les plaies.
Elle ajoute : « À celui qui a la tête en bonne santé et le cerveau plein, il ne fait point de mal ». Autre conseil ? « Une bandelette de chanvre est excellente pour panser les ulcères et les plaies, parce qu’il y a en elle une chaleur modérée ». Il « réconforte et remet en place » l’estomac si on l’utilise sur le ventre dans un linge chaud. Mais attention, « si on a la tête fatiguée et le cerveau vide, et que l’on mange du chanvre, celui-ci provoquera facilement une légère douleur dans la tête ».
Sainte Hildegarde de Bingen
Maux de ventre, de tête… Les écrits de Hildegarde de Bingen nous renseignent sur les pratiques du Moyen-Âge, dont l’usage du cannabis que l’on retrouverait dans les jardins médicinaux des monastères. La vie bien remplie de cette femme unique prend fin en 1179. Mais elle sera canonisée et nommée Docteur de l’Église en 2012, par le pape Benoît XVI.
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Pivot, Bardot… Des arnaques au CBD visent des célébrités
Quel est le point commun entre Bernard Pivot, Brigitte Bardot et Alain Delon ? Ce n’est pas l’énoncé d’une blague. Ou alors d’une très mauvaise, pour les trois intéressés. En effet, le marché du CBD a connu une très forte croissance en France ces dernières années. La concurrence est rude et les marques se livrent une bataille acharnée. D’autres, moins scrupuleux, montent des arnaques plus ou moins élaborés pour tromper clients et consommateurs…
Un marché juteux qui fait des envieux
Depuis l’arrivée du CBD en France, au tournant 2020, des milliers de boutiques ont fait leur apparition dans nos centres-villes, et internet a vu fleurir un nombre incalculable de sites marchands. La fleur de cannabis et sa molécule non-psychotrope rencontrent un immense succès, qu’elles servent d’alternative au THC ou pour leur potentiel relaxant, anti-stress ou anti-douleurs. D’après le Syndicat Professionnel du Chanvre, ce marché pourrait atteindre 1,5 milliard d’euros en 2023.
Il est donc assez commun de voir parallèlement se monter des arnaques. Avec tellement d’argent et de potentiels clients en jeu, les moins scrupuleux n’hésitent pas à franchir le pas de la légalité. Bien sûr, dans le monde du cannabis comme ailleurs, les arnaques sont légion. Nous vous parlions d’ailleurs récemment de l’affaire Juicy Fields, que plusieurs avocats impliqués appellent le coup du siècle. Le CBD n’est pas, non plus, épargné.
Brigitte Bardot : « C’est une arnaque ! »
En effet, ces dernières semaines, plusieurs personnalités françaises se sont signalées en dénonçant des usurpations d’identité. Tout a commencé en mai 2022 avec un message de Brigitte Bardot, posté sur les réseaux sociaux. La star du cinéma français, aujourd’hui engagée dans la protection des animaux, a vu son nom associé à des produits au CBD. Dans une campagne promotionnelle, le nom de Brigitte Bardot était effectivement accolé à celui d’une huile au cannabidiol.
Elle a donc rapidement prévenu les personnes la suivant sur les réseaux sociaux. Dans un message intitulé « Usage abusif de mon nom et de mon image », elle prévient : « Je mets en garde tous les internautes concernant une publicité et de fausses interviews diffusées sur les réseaux sociaux pour une ligne d’huiles essentielles que j’aurai créée (…) ayant pour vertus de réduire douleurs, anxiété et autres. C’est une arnaque ! »
« De nombreux internautes se sont fait piéger en commandant le produit qu’ils n’ont évidemment jamais reçu mais ont hélas vu leur compte bancaire débité de 89€ ! », ajoute Brigitte Bardot, 87 ans. La star invite « à saisir les services de police compétents », ce qu’elle affirme avoir fait pour lutter contre « cette escroquerie ».
Bernard Pivot aussi visé par une arnaque au CBD
Plus récemment, ce fut au tour de Bernard Pivot de dénoncer le même genre d’usurpation d’identité. L’homme de lettres et célèbre animateur a, lui aussi, tenu à informer ses followers sur les réseaux sociaux. « Des escrocs utilisent mon nom pour la promotion et la vente de produits CBD dont je ne connaissais pas l’existence jusqu’ici », a dénoncé Bernard Pivot.
En effet, comme l’écrit Le Figaro, des publications Facebook vantaient les bienfaits de bonbons au CBD labellisé Bernard Pivot ! « Vous découvrirez le meilleur remède pour soulager la douleur chronique et les problèmes liés à la douleur avec l’aide des meilleurs Bernard Pivot CBD Gummies », pouvait-on lire.
Des escrocs utilisent mon nom pour la promotion et la vente de produits CBD dont je ne connaissais pas l’existence jusqu’ici. Des publications complaisantes s’étonnent hypocritement de ma présence dans ce commerce. J’ai déposé plainte.
Au-delà de ce premier préjudice, Bernard Pivot en dénonce un autre, par ricochet. Car depuis que l’arnaque est ligne, d’autres publications se moquent de l’écrivain et journaliste. « Des publications complaisantes s’étonnent hypocritement de ma présence dans ce commerce », ajoute Bernard Pivot, 87 ans, sur Twitter. Ce dernier annonce en conclusion avoir « déposé plainte ».
Mais l’affaire pourrait toucher une autre célébrité française. Car on trouve également ces fameux « Bernard Pivot CBD Gummies » au nom de… Alain Delon. Le monstre du cinéma français serait donc lui aussi visé par une arnaque du même type. Point commun entre Brigitte Bardot, Bernard Pivot et Alain Delon, donc ? Dans cette arnaque : leur âge. 87, 87 et 86 ans.
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Envoyer du cannabis dans l’espace, une idée de fou ? L’entreprise américaine Redwire Corporation s’apprête à envoyer du chanvre dans les étoiles pour le cultiver au sein de la station spatiale internationale. Mais ce n’est pas la première fois que la plante est envoyée dans l’espace. Et l’objectif n’est pas d’alimenter les astronautes en produits psychotropes, loin de là !
Ce sont bien les effets de l’espace qui sont étudiés par les scientifiques et les astronautes. L’apesanteur, son absence notamment, la micro-gravité, et d’autres facteurs pourraient agir sur les plantes et les cultures. Et c’est ce qu’on essaye de démontrer depuis maintenant plusieurs années. Petite histoire des voyages spatiaux du cannabis !
En 2017, du cannabis à 32 km du plancher des vaches !
La première véritable incursion du cannabis dans l’espace a eu lieu en 2017. Associé au dispensaire de Scottsdale, Herban Planet a voulu tenter l’expérience d’envoyer de la marijuana dans les étoiles. Pour ce faire, Herban Planet a collaboré avec des scientifiques mais surtout avec Sent Into Space, une entreprise spécialisée dans… l’envoi de diverses choses dans l’espace !
C’est ainsi que quelques grammes de Girl Scout Cookie ont fait le grand voyage. « Nous voulons voir quels effets ces conditions défavorables peuvent avoir sur le cannabis. UV, rayonnement solaire, congélation… Tous ces phénomènes peuvent avoir un effet sur l’échantillon », expliquait alors le docteur Chris Rose. Accroché à un ballon météorologique, le cannabis est donc parti pour 32 km d’ascension !
Bien sûr, nous sommes aux États-Unis, les 450 grammes de cannabis ont ensuite été vendus sous le nom de Space Weed Bros, une variété… stratosphérique !
Les plantes subissent-elles des mutations dans l’espace ?
Sans doute un peu plus sérieusement, l’expérience menée en 2020 avait elle aussi un but scientifique, mais sans l’idée de faire le buzz ou du business. Pour déterminer si l’absence de gravité pouvait altérer génétiquement ou faire muter des organismes végétaux, la société de biotechnologie agricole Front Range Biosciencesa également envoyé du cannabis dans l’espace.
480 cultures de cellules végétales ont ainsi été placées dans un incubateur spécialement conçu pour l’espace et acheminées vers la station spatiale internationale via SpaceX. « C’est la première fois que quelqu’un étudie les effets de la microgravité et des vols spatiaux sur les cultures de cellules de chanvre et de café, déclarait Jonathan Vaught, cofondateur de Front Range Biosciences.
« Il existe des données scientifiques pour soutenir la théorie selon laquelle les plantes, dans l’espace, subissent des mutations. C’est l’occasion de voir si ces dernières se maintiennent une fois sur Terre, et s’il y a de nouvelles applications commerciales. » Après un mois dans l’espace, les cultures ont fait le retour sur la terre ferme et font toujours l’objet d’analyses.
Faire pousser des plantes dans l’espace, un défi important
Mais une nouvelle étape se prépare. Après l’envoi de cannabis et de cellules végétales, il est temps de faire pousser du chanvre dans l’espace. C’est l’objectif de Redwire et Dewey Scientific pour une expérimentation qui débutera au printemps 2023. Du chanvre industriel sera donc cultivé dans une serre pendant 60 jours à bord de la station spatiale internationale.
« Redwire Greenhouse élargira les possibilités de découvertes scientifiques afin d’améliorer la production végétale sur Terre et de permettre des recherches essentielles pour la production végétale dans l’espace, au profit des futurs vols spatiaux habités de longue durée », a expliqué Dave Reed, directeur des opérations de la firme.
« Les cultures dans l’espace seront un point critique pour les futures missions d’exploration, car les plantes fournissent de la nourriture, de l’oxygène et peuvent récupérer l’eau. La recherche sur la production végétale dans l’espace va fournir des informations essentielles pour les missions Artemis de la NASA et au-delà », a-t-il conclu. Rendez-vous en 2023 !
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Utiliser du chanvre au jardin pour un potager parfait !
Quand on pense au chanvre, on s’imagine ces plants de cannabis aux très intéressantes propriétés, comme leur capacité à nettoyer les sols ou leur faible besoin en eau. Mais utiliser du chanvre est possible de bien des manières. Nous avons déjà évoqué le cas de la ville de Decatur, qui va tenter de dépolluer son lac grâce à des plantations de chanvre. Mais la plante permet aussi de prévenir, avant de guérir. Et peut être utilisée directement dans votre jardin !
Du chanvre un peu partout en France
Le chanvre est cultivé un peu partout en France. Et pas seulement pour le secteur du CBD, bien au contraire. Car toutes les parties de la plante peuvent être utilisées. En cosmétique, pour les parties sommitales. Dans le bâtiment, pour l’isolation notamment, pour le corps de la plante. Ou pour faire du paillage, avec la partie basse aussi appelée chènevotte. Ainsi, on compte donc quelques 20 000 hectares de chanvre dans l’Hexagone.
Mais certaines des utilisations de la plante restent méconnues. France Infoprend notamment l’exemple de l’entreprise Géochanvre, basée en Bourgogne. Elle s’est spécialisée dans la confection de toiles de chanvre « destinées au jardin et aux entreprises du paysage ». Leur atout principal ? Éloigner les mauvaises herbes. Mais pas seulement, utiliser du chanvre sous forme de toiles permet de garder un sol plus frais.
Utiliser du chanvre dans son jardin, quels avantages ?
Gérald Bayette, directeur de Géochanvre, explique le concept. « Nos toiles s’utilisent partout où vous ne souhaitez pas avoir de mauvaises herbes. Concrètement, vous pouvez l’étaler dans une allée. Les produits sont disponibles sous forme de dalles, de disques de 2 à 3 millimètres d’épaisseur. Nous fabriquons aussi des rouleaux d’un poids maximum de 20 kg. C’est facile à porter et à dérouler ».
Toile de paillage en chanvre/Adobe Stock.
Et dans un potager, rien de plus simple. Utiliser du chanvre vous permet « d’entourer vos plantations de fraises, de tomates, de tous les légumes ». Mais les toiles de chanvre sont aussi prisées à plus grande échelle. « Nous travaillons aussi pour l’agroforesterie, précise Gérald Bayette. En 2021, nous avons fourni de la toile pour 400 km de plantations de haies. Les toiles sont pré-percées et il suffit de glisser les plants à l’intérieur des trous ».
De plus, les toiles de chanvre permettent, comme nous l’évoquions, de maintenir un sol frais. Son pouvoir isolant entraîne une baisse significative de la température. Certaines études ont prouvé « qu’en pleine canicule à 45°C, une dalle posée au pied d’un végétal fait chuter cette température de 15°C ».
Du chanvre pour remplacer le plastique ?
Utiliser du chanvre sous cette forme offre également une réponse à certains enjeux écologiques. « En termes d’éthique et de ligne de conduite, c’est pour nous la solution pour remplacer le plastique, utilisé dans les jardins et espaces verts. Cette réflexion nous a aussi amenés à fabriquer des produits dérivés en créant, par exemple, des sacs végétaux qui ont une longue durée de vie. En fin de vie, ces produits rejoignent le compost ou les déchets verts ».
Une forme, également, de retour aux sources, quand la France du XIXe siècle cultivait sur ses terres quelques 176 000 hectares de chanvre, en 1860. Puis, le tout plastique est passé par là, et le retour aux alternatives végétales et écologiques se fait très difficilement, malgré des enjeux majeurs.
De nouvelles alternatives
La production de Géochanvre va croissante. Au point d’ouvrir un deuxième site dans le sud-ouest de la France. Et de diversifier son activité. Une litière pour les animaux de compagnie sous forme de tapis. Des plages arrières pour les voitures. Mais aussi « des moquettes pour l’événementiel. Quand un salon est terminé, cette moquette rejoint le compost ou (…) est redécoupée pour être utilisée par les maraîchers ». Des débouchés nombreux et une belle alternative pour de nombreux secteurs.
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Du cannabis médical pour lutter contre les migraines ?
Du cannabis médical pour agir contre les migraines ? C’est l’hypothèse émise par un groupe de chercheurs de l’Université de l’Arizona. Dans une récente étude, ces scientifiques affirment que le cannabis médical peut réduire la fréquence des migraines, mais également les nausées et/ou vomissements qu’elles peuvent engendrer.
Dans le monde, on estime à près d’un milliard le nombre de personnes souffrant de maux de tête handicapants. C’est une des premières causes d’invalidité dans le monde. Et les moyens de traiter le problème des migraines sont limités. De plus, des études ont démontré que deux tiers des personnes touchées retardaient la prise de médicaments par crainte des effets secondaires.
Les effets positifs du cannabis médical face aux migraines
L’Université de l’Arizona a donc mené une étude afin de savoir si du cannabis médical pouvait être un moyen efficace et sûr pour le traitement de la migraine. Ces recherches, menées auprès de 2000 personnes majeures en Italie et aux États-Unis, a démontré que le cannabis médical était environ 50% plus efficace que les autres traitements. Après 30 jours, la fréquence des migraines est réduite, de même que les effets secondaires.
« Il existe des preuves prometteuses que le cannabis médical peut réduire les apparitions et la durée de la migraine chez les adultes », a déclaré Cecilia Rosales, membre de l’équipe de recherche, à Medical News Today.
« Nous savons que du cannabis médical peut être efficace dans le traitement de la migraine », a fait remarquer de son côté Medhat Mikhael, spécialiste de la gestion de la douleur au Orange Coast Medical Center, en Californie.
Fréquence et durée des migraines réduites
Les effets du cannabis médical sur la gestion de la migraine sont prometteurs. « L’étude a montré que les patients qui l’utilisaient présentaient moins de jours de migraine par mois. Même chose pour les épisodes aigus. Cela indique que le cannabis médical peut être utilisé pour la prévention de la migraine et peut également être utilisé comme mesure abortive pour la migraine aiguë », a ajouté Medhat Mikhael.
« Nous constatons une réponse très similaire chez les patients que nous traitons également », a constaté Sherry Yafai, urgentiste et spécialiste du cannabis au Providence Saint John’s Health Center à Santa Monica, en Californie. « Au lieu de maux de tête pouvant durer quelques jours voire quelques semaines, les patients voient leur situation s’améliorer au bout de quelques heures, selon le moment où intervient la prise de cannabis ».
Même constat pour les effets secondaires. « Nous remarquons une diminution ou un arrêt des nausées et/ou vomissements liés aux migraines », a continué Sherry Yafai. Parfois, chez certains patients, il est même possible de stopper d’autres traitements, ou de voir les effets secondaires des traitements classiques réduits.
Le système endocannabinoïde en cause ?
Ces résultats pourraient également alimenter une autre théorie scientifique. Celle-ci part du principe que la migraine pourrait notamment découler de carences de notre système endocannabinoïde, comme pour la fibromyalgie ou le syndrome du colon irritable.
« C’est peut-être la raison pour laquelle de nombreux médicaments jusqu’à présent n’ont pas bien fonctionné et pourquoi la migraine peut être très sensible aux médicaments à base de cannabis », explique Sherry Yafai.
De nécessaires études complémentaires
Néanmoins, ces premiers résultats nécessitent d’autres études complémentaires, reconnaissent les spécialistes. Les médicaments à base de cannabis peuvent eux aussi provoquer des effets secondaires. « Cela peut être désagréable pour les patients comme les docteurs d’avoir à traiter d’autres problèmes en plus du problème ! Il faut savoir si le jeu en vaut la chandelle », conclut Sherry Yafai.
Il faut également voir les effets sur le long terme de tels médicaments. L’usage du cannabis médical reste une pratique récente, qui n’est d’ailleurs pas autorisée partout. Mais ses résultats dans le cadre du traitement des migraines restent très prometteurs.
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Dans le monde du football, le CBD veut jouer titulaire
Après avoir conquis bien des domaines, le CBD tente toujours de se faire une place au soleil dans le monde du football. Mais le ballon rond est un milieu souvent discret sur ce genre de questions. Les joueurs font assez peu la promotion des produits qu’ils peuvent consommer au quotidien, durant leur carrière. Pourtant, le CBD est aujourd’hui un produit autorisé par la Fifa, la fédération internationale de football. Mais sa proximité avec le cannabis psychotrope maintient un certain tabou autour du cannabidiol.
Pourtant, plusieurs stars commencent à parler librement du CBD. La plupart du temps, outre l’intérêt porté aux potentiels bienfaits du produit, il y a également un but commercial, une marque à promouvoir. Et comme souvent, la libération de la parole au sujet du CBD nous est venue des États-Unis et du football féminin.
Les championnes du monde américaines plébiscitent le CBD
Deux des plus grands noms du football, ou soccer, aux États-Unis, n’hésitent pas à parler du CBD. Ainsi que de leur consommation. Mais sans être forcément désintéressés. L’exemple parfait est celui de Megan Rapinoe. Sans doute l’une des plus grandes joueuses de l’histoire : double championne de France, double championne du monde, championne olympique, Ballon d’Or… Mais aussi une personnalité aux prises de position importantes : défense des minorités sexuelles ou ethniques, égalité femme-homme. Une parole qui compte.
Voilà ce qu’elle disait du CBD, à Forbes. « Le CBD est devenu une part importante de mon système de récupération naturel. J’en utilise quotidiennement pour lutter contre des douleurs, des inflammations, stabiliser mon humeur et profiter d’un meilleur sommeil », explique-t-elle. « C’est le meilleur moyen de me calmer après un gros entraînement ou un match important, et mieux dormir. J’ai bien remarqué une diminution de mon stress et de mon anxiété en utilisant du CBD ».
Même chose pour Alex Morgan, coéquipière de Morgan Rapinoe en sélection et buteuse mondialement reconnue. « Le CBD joue un rôle important dans la réduction de mes douleurs musculaires et est d’une grande aide pour me relaxer avant de dormir », reconnait la joueuse du Wave de San Diego.
Dans le football, CBD rime avec monnaie
Mais derrière l’éloge au CBD, il y a souvent un business à promouvoir. Si Megan Rapinoe consomme du cannabidiol, c’est uniquement sous la forme des produits vendus par sa soeur. En tout cas, c’est ce qu’elle affirme. Le CBD de chez Mendi est le meilleur pour elle. La marque de Rachel Rapinoe apparaît donc dans tous les commentaires de la star sur le sujet. Même chose pour Alex Morgan, qui fait régulièrement la promotion des produits Just Live.
Alex Morgan promeut les produits Just Live.
Les footballeurs ne sont pas en reste. Mais ce sont plutôt les retraités qui se jettent dans le grand bain. David Beckham, ancien international anglais, a investi dans la firme Cellular Goods, devenant actionnaire minoritaire de cette entreprise de CBD. Tout récemment, c’est la star portugaise Luis Figo qui a lancé sa marque, LF CBD.
Une annonce accompagnée d’un aveu, de la part de l’ancien milieu de terrain du FC Barcelone et du Real Madrid. « Les produits naturels à base de CBD m’ont aidé à obtenir de grands résultats pendant les périodes difficiles de douleur et de longues blessures. Les effets positifs de l’utilisation de ces produits étaient incroyables. Ça a amélioré ma confiance en moi et mon niveau d’anxiété ! » Des commentaires élogieux, mais forcément intéressés.
Existe-t-il des joueurs qui consomment du CBD sans en faire la promotion ? Difficile de le savoir. Il est rare de trouver des commentaires de la part des professionnel(le)s du ballon rond. Peu d’entre eux s’expriment naturellement sur le sujet et il faudrait sûrement leur poser la question afin d’avoir un vrai regard sur le sujet du cannabidiol dans le football.
Les clubs, quant à eux, pourraient y voir une manne financière. Birmingham, durant la saison 2019-2020, s’était associé à Green Monkey CBD, proposant dans son stade de St Andrew’s des boissons au cannabidiol. Business is business.
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Du chanvre pour dépolluer le lac Decatur dans l’Illinois
Améliorer la qualité de l’eau ? Utiliser du chanvre pour assainir et dépolluer un lac dans l’Illinois, aux États-Unis ? C’est le projet de la ville de Decatur, située dans l’État de l’Illinois, entre Chicago et Saint-Louis. Pour ses 70 000 habitants, Decatur bénéficie d’un lac artificiel, créé en 1920, avec pour but d’alimenter la ville en eau.
Mais ce réservoir de 11 km², partie intégrante du paysage de la municipalité, pose plusieurs coûteux problèmes aux dirigeants locaux. L’utilisation du chanvre pourrait néanmoins régler la situation du lac Decatur.
À Decatur, un lac pollué
En 1920, Decatur met en place la création d’un lac artificiel. Ce dernier doit notamment servir l’industrie liée au maïs. Le traitement du maïs, en particulier sa transformation en éthanol, est en effet très gourmand en eau. Les industriels de la région voient donc du meilleur oeil cet important projet. En 2007, 76% de l’eau du lac Decatur étaient utilisés à des fins commerciales et industrielles. Cependant, au fil des décennies, des problèmes ont commencé à émerger.
En effet, les bassins versants du lac Decatur sont occupés par des terres agricoles, d’où provient du limon qui se dépose au fond du réservoir. Le limon, c’est le produit de l’érosion des terres des bassins versants, des particules minérales très fines. Elles peuvent se déposer dans le lit des rivières ou des fleuves, comme rester en suspension dans l’eau, la rendant ainsi trouble.
En raison également des cultures en amont, les niveaux de nitrate dans le lac Decatur sont élevés et peuvent entraîner la prolifération d’algues riches en azote et potentiellement dangereuses pour l’humain et l’animal.
Du chanvre pour éviter un autre coûteux dragage ?
La pollution du lac Decatur pose donc de nombreux problèmes, pour l’activité industrielle comme touristique du site. Le tout coûte très cher à la ville de Decatur et à l’État. En 2018, un projet de dragage des limons et algues s’est terminé. Il a duré quatre ans et, s’il a permis d’augmenter la capacité du lac de 30%, il a coûté la bagatelle de 91 millions de dollars. D’où l’idée d’utiliser du chanvre.
Mais comment ? Tout simplement en en plantant dans certaines zones ciblées, notamment vers les sous-bassins versants. Car le chanvre est une plante dont les racines ont des propriétés particulièrement intéressantes. Dans un premier temps, couvrir des espaces nus avec du chanvre permet de limiter l’érosion des sols, donc potentiellement du limon. Avec des sols plus stables, l’écoulement naturel emportera moins de particules.
Parallèlement, avec du chanvre, on peut dépolluer les sols. Les racines de la plante sont un excellent filtre qui permet notamment d’éliminer certains métaux lourds. Dans le cas de Decatur, le projet vise à réduire l’azote nitrique présent en bout de chaîne dans les eaux du lac. On estime que les plantations de chanvre pourraient réduire de 50% les sédiments et de 20% l’azote nitrique à Decatur.
« Accélérer l’industrie du chanvre » en montrant ses avantages
Et le projet plait. Decatur a reçu une aide fédérale de près de 10 millions de dollars de la part du ministère américain de l’agriculture. Il est par ailleurs soutenu par la NHA, National Hemp Association, et la HIF, Hemp Innovations Foundation, deux importants organismes qui agissent pour l’industrie du chanvre et son développement.
En accord avec la ville et l’association des cultivateurs de chanvre de l’Illinois, la NHA assure que « ce projet donnera un coup d’accélérateur à l’industrie du chanvre dans l’Illinois, tout en démontrant les avantages environnementaux et économiques » de l’utilisation de la plante.
« C’est une opportunité excitante de continuer nos efforts d’amélioration de la qualité des eaux du lac Decatur », s’est pour sa part réjouie Jennifer Gunter, responsable de la gestion du réservoir. Ce projet, étalé sur cinq ans, fait partie des « stratégies innovantes », en bonne « intelligence environnementale », que promeut la NHA, notamment dans le Midwest américain.
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Locronan, cité bretonne du chanvre et des tisserands
À Locronan, dans le Finistère, une riche histoire se présente aux yeux des passants. Dans cette petite cité bretonne de 800 âmes, et notamment autour de la Place de l’Église, de superbes demeures en granit témoignent de son passé prospère. On peut notamment y découvrir l’Hôtel de la Compagnie des Indes ou encore le Bureau des Toiles, bâtis au cours du XVIIe siècle. Deux noms qui évoquent ce qui donna ses lettres de noblesse à Locronan : le tissage des toiles et des voiles de lin, mais surtout de chanvre.
L’essor des toiles de chanvre de Locronan
C’est vers la fin du Moyen-Âge, au XIVe siècle, que la petite cité de Locronan commence son essor. Le climat de la Bretagne d’alors, ses nombreux cours d’eau, favorisent la culture du chanvre et du lin. Les tisserands transforment les plantes en toiles, puis les toiles en voiles pour équiper les bateaux. Mais Locronan bénéficie d’un contexte encore plus favorable. En effet, la cité attire de nombreux pèlerins en raison du prestige de Saint-Ronan et de la présence de son tombeau, notamment lors de la Troménie, une fête et tradition annuelle.
Locronan acquiert parallèlement la faveur des Ducs de Bretagne, qui lui accordent de nombreux privilèges et avantages fiscaux. Enfin, la cité bénéficie de la proximité du port de Pouldavid, aujourd’hui sur la commune de Douarnenez. Le chanvre, quant à lui, pousse en abondance dans les environs. Il est acheminé à Locronan, où s’installent petit à petit tisserands et marchands. La manufacture de toiles prend peu à peu son essor et les voiles de Locronan, robustes et d’excellente qualité, sont de plus en plus réputées.
Une renommée internationale
Aux XVIe et XVIIe siècles, la renommée de la manufacture de Locronan atteint son apogée. Ses voiles sont exportées dans toute l’Europe et acquièrent le surnom d’olonnes (ou poldavi/pouldavi, de Pouldavid), car vendues par les marchands finistériens sur les côtes vendéennes, notamment à La-Chaume-d’Olonne ou Saint-Gilles-d’Olonne. Mais elles restent aussi en Bretagne, où Penmarc’h est l’un des principaux ports d’armement européens, notamment pour la flotte commerciale.
De là, elles vont équiper les vaisseaux de la marine royale française, de nombreux navires anglais, mais aussi ceux de la compagnie des Indes, qui s’installe directement dans la cité bretonne. On dit aussi que les voiles de chanvre de Locronan équipaient l’invincible armada espagnole et les caravelles de Christophe Colomb.
Enfin, déformé par l’usage, on trouve notamment en Angleterre le terme « lockram » pour désigner une toile de chanvre ou de lin plus ou moins fine. Une déformation de Locronan, que l’on retrouve d’ailleurs dans Coriolan, de Shakespeare.
Une production de grande qualité…
Le succès des toiles de Locronan attire dans la cité marchands, artisans, tisserands, petite noblesse et petite bourgeoisie assurant une certaine prospérité. Le XVIIe siècle marque la constitution du patrimoine architectural encore visible aujourd’hui, notamment autour de l’église Saint-Ronan, avec de belles demeures de granit. En 1751, on compte encore 151 métiers à tisser à Locronan sur les 406 que compte la région.
Le sérieux des artisans se reflète dans la qualité des toiles, le tout encadré, au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, par un véritable cahier des charges émis par le Conseil d’État du Roi. La production passe par le Bureau des Toiles qui atteste de leur conformité et de leur qualité.
Mais rapidement, au cours du XVIIIe siècle, l’activité décline. En 1764, la cité doit faire face à la concurrence de la nouvelle manufacture royale de Brest, mais également à celle des toileries de Vitré et des noyales, un peu plus à l’Est. En 1771, un inspecteur des manufactures explique également ce déclin par « la mauvaise filature et de mauvais procédés de fabrication ». La condition des tisserands devient très difficile, si bien qu’on ne compte plus que 15 métiers à tisser à Locronan en 1813.
L’abandon progressive des voiles dans la marine, le développement du tissage mécanique et la disparition progressive de l’artisanat finissent d’achever l’activité et la prospérité de la cité, qui tombe peu à peu dans l’oubli. Un oubli qui a néanmoins permis la conservation du patrimoine architectural de Locronan, devenu l’un des plus beaux villages de France. Le dernier tisserand de Locronan, lui, a cessé son activité en 1914.
Aux États-Unis, la consommation de cannabis explose
Aux États-Unis, la consommation de cannabis chez les jeunes Américains a explosé en 2021. Une récente étude a dévoilé des chiffres très élevés, alors que d’autres produits, traditionnellement consommés dans le pays, ont chuté. L’étude de Monitoring The Future, sortie il y a quelques jours, fait référence. Elle est en effet mise en place par des experts de l’institut de recherche sociale de l’université du Michigan, spécialistes de l’observation des addictions de la population américaine depuis 1988.
Et la tendance est claire : la consommation de cannabis aux États-Unis atteint des records. Notamment chez les jeunes. Parmi les 5000 Américains de 19 à 30 ans interrogés, 43% ont consommé du cannabis au cours de l’année passée. Une augmentation nette par rapport aux chiffres de 2016 (34%) et 2011 (29%). Plus parlant encore, 34% ont dit avoir consommé du cannabis au cours du mois précédent le sondage, contre 21% en 2016 et 17% en 2011. Quant à la consommation quotidienne, elle a quasiment doublé en dix ans, passant de 6% en 2011 à 11% en 2021.
Aux États-Unis, le cannabis plus consommé que le tabac
Chez les Américains plus âgés, la tendance est aussi à la hausse, mais de manière moins significative. Les chiffres concernant la jeunesse américaine ont surpris Monitoring The Future. Ces taux sont en effet « les plus hauts jamais enregistrés depuis le début du relevé de ces tendances en 1988 », ont déclaré les experts. La consommation de cannabis dépasserait même celle du tabac. Gallup a demandé aux Américains quels produits ils avaient consommés au cours de la semaine écoulée. 16% déclaraient avoir consommé du cannabis, contre seulement 11% du tabac.
Comment expliquer cette augmentation au sujet du cannabis ? Plusieurs raisons existent, même si, bien sûr, le fait que « le cannabis à des fins récréatives est désormais légal dans près de 20 Etats à travers le pays », comme le rappelle France Info, pèse dans la balance. Il ne faut pourtant pas y voir l’unique explication à cette importante hausse. Car la consommation de produits psychotropes est souvent signe de mauvaise santé mentale.
Un signe de la mauvaise santé mentale des jeunes Américains ?
En effet, les chiffres concernant la consommation d’autres produits psychotropes augmentent également. Notamment l’alcool et sa « consommation excessive », qualifiée par le fait d’avoir bu cinq verres d’affilée ou plus, et sa « consommation à haute intensité », dix verres d’affilée ou plus. De quoi tirer la sonnette d’alarme pour Nora Volkow, directrice de la NIH, l’Institut national de la santé aux États-Unis.
Ces chiffres sont « très préoccupants. Ce qu’ils nous disent, c’est que le problème de la consommation de drogue chez les jeunes s’est aggravé dans ce pays et que la pandémie, avec tous ses facteurs de stress mental et ses bouleversements, a probablement contribué à cette augmentation », analyse Nora Volkow. Inquiétant, donc, pour les professionnels de la santé.
Le cannabis passe devant Starbucks
Résultat, aux États-Unis, le marché légal explose. 39 États américains ont légalisé au moins un des aspects du cannabis. En conséquence, les affaires marchent. Selon le MJBiz Factbook 2022, les ventes de cannabis légal ont dépassé celles des cafés Starbucks en 2021. Et ce, malgré une augmentation du chiffre d’affaires de la célèbre firme de 25%. Le secteur du cannabis aux États-Unis a vu ses ventes grimper de 30%, représentant une manne de près de 27 milliards de dollars.
Et ces chiffres ne vont pas baisser de sitôt. 20% de la population américaine vit encore dans des États où le cannabis n’est pas légalisé. Aux États-Unis, il faut désormais concentrer les efforts sur la jeunesse et faire la part entre consommation récréative et problématique. De tels profits impliquent la mise en place d’une prévention et d’un système d’accompagnement efficaces. Un palier primordial qu’il ne faudra pas manquer.
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En Thaïlande, du cannabis pour relancer le tourisme ?
Le « Royaume du sourire » carbure-t-il à la cigarette qui fait rire ? La « ganja », terme issu du sanskrit désignant le cannabis, a récemment été légalisée en Thaïlande. La plante peut être cultivée chez soi et vendue au sein de produits dérivés, à condition qu’elle soit de faible teneur en THC. « Dans les zones touristiques, les petits pochons d’une herbe de couleur vert clair sont désormais disponibles partout », écrit Libération.
Alors comment de l’herbe de cannabis peut remplir les étals des lieux à touristes en Thaïlande ? Si la plante a bien été retirée de la liste des produits stupéfiants en juin 2022, « de la législation à la pratique, il y a une épaisse zone grise où s’épanouissent les affaires », continue le quotidien français. En effet, les produits dérivés ou alimentaires, comme les huiles, doivent contenir moins de 0,2% de THC. Cependant, la loi « ne dit rien au sujet des feuilles [fleurs, ndlr] à l’état naturel ».
En Thaïlande, une zone grise bénéfique aux affaires
Il est seulement strictement interdit de fumer du cannabis en public. Une amende de 600 euros et trois mois de prison, voilà le risque encouru. Des sanctions très faibles par rapport aux autres pays d’Asie, comme à Singapour ou en Malaisie, où la peine de mort attend les trafiquants.
« Dès qu’ils ont annoncé que c’était dépénalisé, on a appelé nos fournisseurs. En fait, beaucoup de jeunes de Bangkok étaient déjà consommateurs, donc on a simplement changé d’échelle, on s’est mis à revendre », explique Tan Klongtawan, patron d’un bar discothèque à Bangkok.
« Khao San [quartier touristique de Bangkok] était devenu un quartier à l’abandon pendant la pandémie, continue Tan Klongtawan, toujours à Libération. C’est agréable de le voir revivre. Si le cannabis peut aider à attirer les touristes, tant mieux ». La plante est désormais en vente « sur les étals des marchés, dans les clubs de plage et même aux réceptions des hôtels », décrit le Guardian.
Le cannabis thaïlandais destiné au tourisme ? Pas sûr !
Pour le ministre de la santé Anutin Charnvirakul, d’abord porteur du projet de légalisation du cannabis à usage médical, puis de la législation récente, le but est de « légaliser la culture du cannabis « pour offrir un revenu d’appoint aux agriculteurs » et promouvoir la recherche ». Pas vraiment pour faire revenir les touristes en Thaïlande, alors que les dernières restrictions liées au Covid-19 ont été levées.
En effet, « le royaume ne veut pas d’étrangers qui viendraient uniquement pour fumer de la marijuana », précise de son côté Le Figaro. « Nous n’accueillons pas ce genre de touristes », a d’ailleurs déclaré le ministre de la santé.
L’ambassade de France en Thaïlande y est aussi allée de son message de prévention, le 17 août dernier. « L’ambassade de France en Thaïlande appelle les résidents et touristes de passage à la prudence concernant la consommation de cannabis en public. »
« Attention, la loi est claire, ajoute l’ambassade. Fumer du cannabis et du chanvre dans les lieux publics reste illégal en Thaïlande. Toute personne consommant du cannabis en public est passible d’une amende de 25 000 baths et de trois mois de prison ». La Thaïlande n’ambitionne donc pas – officiellement – à devenir un nouvel eldorado des consommateurs de cannabis.
Retour aux traditions en Thaïlande ?
Le cannabis a pourtant « toujours fait partie du paysage » en Thaïlande, raconte Libération. Un ingrédient de la pharmacopée qui « ne coûtait rien » et « poussait au bord de la route », explique un patron d’hôtel de 70 ans à Pattaya, célèbre station balnéaire. Une situation qui changera au cours de la guerre du Vietnam, alors que la Thaïlande sert notamment de base de repli aux soldats américains.
Ce retour aux sources, appuyé par un discours nationaliste, affronte de nombreuses critiques. Au sein du secteur médical, on accuse notamment le gouvernement « d’avoir privilégié les perspectives de gains financiers » au détriment de la santé des jeunes thaïlandais. Les récentes lois, où les failles sont nombreuses, sont critiquées. C’est notamment le parti Move Forward, « aile jeune, libérale et réformatrice du Parlement », qui s’élève face à « l’irresponsabilité » des « anciens militaires au pouvoir ».
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Brittney Griner, la star du basket devenue « pion politique »
L’histoire de Brittney Griner pourrait être racontée dans un film ou dans un documentaire à succès sur Netflix. Il y a six mois, en France, peu de gens pouvaient se targuer de connaître cette basketteuse américaine de 31 ans. Pourtant, quand on parle de basket-ball, notamment féminin, difficile de passer à côté de son nom et de son incroyable palmarès. Championne de la WNBA (la ligue majeure américaine), quintuple championne de Russie, quadruple vainqueur de l’Euroligue, double championne du monde et double championne olympique… Excusez du peu !
En février 2022, le conte de fée prend la tournure d’un scénario hollywoodien. Lors de la saison creuse aux Etats-Unis, Brittney Griner évolue dans le championnat russe. Mais cette fois, lors de son arrivée à Moscou, une mauvaise surprise l’attend. Dans ses bagages, la douane met la main sur un liquide pour vapoteuse à base de cannabis. Légal dans de nombreux états américains, mais pas en Russie. Elle est arrêtée. Débute alors son calvaire, qui prend rapidement une tournure diplomatique, alors qu’éclate quelques jours après son arrestation la guerre en Ukraine.
Brittney Griner condamnée à 9 ans de prison en Russie
Le 4 août, la sentence tombe. Et elle est très lourde. La star des parquets est condamnée à neuf ans de prison – la peine maximale encourue était de dix ans – et un million de roubles d’amende. Une décision « insensée » pour ses avocats, rapporte Le Monde.
Accusée de trafic de drogue par la Russie, Brittney Griner a eu beau plaider une « erreur de bonne foi », demandant à ses juges « une décision qui mettra pas fin à [s]a vie ici », elle semble faire les frais du contexte géo-politique actuel. Une crise diplomatique entre Russie et États-Unis, faisant de la basketteuse « une prise de guerre », comme l’écrit toujours Le Monde.
« Bien que les lois antidrogues soient très sévères en Russie, un étranger arrêté en possession d’une petite quantité – comme les deux cartouches d’huile de cannabis trouvées dans les bagages de Griner – risque en général un mois de prison, une amende et une expulsion », continue le quotidien. Mais avec l’invasion russe de l’Ukraine et la crise internationale, la situation est devenue bien plus complexe. Et Brittney Griner fait les frais de ces relents de guerre froide.
L’avenir de Brittney Griner écrit dans la « diplomatie silencieuse » ?
Bien sûr, la championne américaine a fait appel de la décision de la justice russe. Mais son avenir semble s’écrire loin des tribunaux. Car entre Washington et Moscou, la tendance est plutôt à la négociation. Un échange de prisonnier est envisageable. La Russie s’est dit « prête » à en discuter. « Les discussions sur le sujet très sensible d’un échange de (prisonniers) se déroulent via des canaux choisis par nos présidents », a expliqué Alexander Darchiev, directeur du département Amérique du Nord au ministère russe des Affaires étrangères.
Le « marchand de la mort » contre « BG » ?
En ce sens, les États-Unis affirment avoir fait une « offre conséquente » aux Russes. C’est là que l’histoire de Brittney Griner, qui pourrait être portée au cinéma, rejoint celle de Viktor Bout… dont la vie a déjà été adaptée sur grand écran ! Arrêté en Thaïlande en 2008 et purgeant une peine de 25 ans de prison aux États-Unis, Viktor Bout n’est autre qu’un célèbre trafiquant d’armes, surnommé « le marchand de la mort », ayant largement inspiré le film Lord of War et le personnage incarné par Nicolas Cage.
« La Russie cherche à obtenir la libération de Viktor Bout depuis longtemps », a confirmé Alexander Darchiev. « La diplomatie silencieuse continue et devrait porter ses fruits si, bien sûr, Washington se garde de tomber dans la propagande », a-t-il ajouté. Devenue un « pion politique » selon son agent, Brittney Griner espère simplement, avant de retrouver les parquets, « rentrer à la maison »…
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Juicy Fields, une arnaque à 500 millions d’euros ?
L’entreprise Juicy Fields a-t-elle arnaqué des milliers de clients ? C’est la question qui se pose actuellement alors que la société se voit notamment poursuivie en Espagne par plusieurs centaines de personnes lésées. De l’autre côté des Pyrénées, cette plainte collective vise la société Juicy Fields et l’accuse « d’escroquerie », de « détournement de fonds » et de « blanchiment d’argent », explique l’avocat espagnol Norberto Martinez à l’AFP. Elle regroupe en Espagne 1200 plaignants, mais le nombre de personnes touchées pourrait être bien plus important à travers le monde. Et les sommes envolées se compteraient en centaines de millions d’euros…
Juicy Fields, une pyramide de Ponzi ?
Mais comment fonctionne cette société ? Juicy Fields proposait aux internautes d’investir dans des plants de cannabis médicinal. Vous achetiez un certain nombre de plantes en ligne et la plateforme assurait un retour sur investissement quelques semaines plus tard de l’ordre de « 29 à 66% ». Cependant, c’est potentiellement une pyramide de Ponzi qui s’est édifié sous les yeux des acheteurs. Les premiers investisseurs étaient en effet rémunérés avec « les fonds apportés par les nouveaux entrants », écrit Libération.
Le succès avant la chute
Près de 10 000 connexions par jour au plus fort de la plateforme, des sommes astronomiques engagées de par le monde, des partenariats avec Canopy Growth ou Aurora (d’importants producteurs canadiens)… Juicy Fields a vécu de beaux jours jusqu’à cet été. Le 11 juillet, « les possibilités de retrait d’argent ont été bloquées et les comptes adhérents progressivement fermés ». Puis, « L’alarme a été donnée le 13 juillet, lorsque le site internet de Juicy Fields a cessé de fonctionner », précise le cabinet d’avocats Martinez-Blanco.
Ce dernier estime que « la baisse du nombre de nouveaux investisseurs, mais aussi la chute du marché des cryptomonnaies, auraient entraîné la faillite de la société », rapporte toujours Libération. Depuis les plaintes d’investisseurs ayant vu leur mise disparaître affluent. Près de 4500 victimes en Espagne, des plaintes individuelles également déposées en France et une action collective qui devrait rapidement être engagée, après des centaines de témoignages, indique à l’AFP l’avocat Arnaud Delomel.
Que s’est-il passé avec Juicy Fields ?
Selon l’avocat français cité par actu.fr, deux hypothèses existent. « Nous pouvons être face à une arnaque, auquel cas le but était dès le début d’escroquer les investisseurs ». Mais il est également possible que l’entreprise soit « victime d’un détournement de fonds par certains de ses dirigeants ou employés ». Difficile pour l’heure de connaître la vérité.
Quoi qu’il en soit, « on parlerait de dizaines de millions d’euros perdus par les investisseurs », continue Arnaud Delomel. Le site Vice parle de « la plus grosse arnaque de tous les temps dans le secteur du cannabis ». L’avocat suédois Lars Olofsson déclare à BusinessCann : « C’est tout simplement hallucinant, pourtant nous sommes des avocats endurcis qui en avons vu beaucoup ». Sa société spécialisée dans ce type de fraude estime à 700 millions d’euros d’investissements perdus. « Ce n’est en tout cas pas moins de 500 millions d’euros », précise-t-il.
La mafia russe impliquée ?
Lars Olofsson va plus loin dans son raisonnement. « Quand je regarde le modèle économique, l’équation ne tient pas. Et puis quand je regarde plus loin dans le montage, il y a toutes les marques de la conception d’une escroquerie », explique-t-il à BusinessCann, qui ajoute : « Du point de vue de M. Olofsson, cette affaire porte toutes les marques de mafia russe ». Depuis le montage, jusqu’aux personnes impliquées et même à la façon de communiquer.
« Tout disparaît, mais ils laissent derrière eux des personnes qui communiquent via les différents réseaux sociaux. Ils essayent de vous faire croire que vous n’avez pas été arnaqué. Il reste des gens pour communiquer et vous rassurer, c’est l’une des sophistications de l’arnaque ».
Lars Olofsson
Reste maintenant à savoir quelles procédures seront engagées. « C’est la JUNALCO (chargée de la lutte contre le crime organisée) qui décidera ou non d’enquêter, mais les faits rapportés relèvent selon moi d’une procédure pénale », estime l’avocat Arnaud Delomel. En attendant, selon Lars Olofsson, ce sont plus de 120 000 personnes qui pourraient avoir été piégées par Juicy Fields…
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Des sénateurs français veulent légaliser le cannabis
« Intenable ». C’est par ce terme que des sénateurs français ont qualifié la situation entourant le cannabis dans le pays. Ils sont 31 sénateurs, issus du groupe socialiste, écologiste et républicain, à signer une tribune dans Le Monde, plaidant pour la légalisation du cannabis. Sous la houlette de Gilbert-Luc Devinaz, le groupe de sénateurs français annonce lancer une concertation dans le but de déposer une proposition de loi légalisant le cannabis.
« Alors que c’est interdit, 1,5 million de personnes consomment » du cannabis récréatif en France, selon un rapport de l’Assemblée nationale. « Face à une situation qui nous échappe », écrivent les sénateurs, « il est de la responsabilité du législateur d’apporter des réponses aux préoccupations légitimes qui existent ». Pour cela, les signataires de cette tribune appellent à « sortir du procès en laxisme fait aux tenants d’une évolution du cadre légal » face à ce « sujet de société ». Ces sénateurs français socialiste souhaitent donc « apporter [leur] pierre à l’édifice ».
Une répression « inefficace, inefficiente et injuste »
Pour le groupe de sénateur, le constat est clair. « La répression engagée dans le cadre de la prohibition est inefficace, inefficiente et injuste ». Elle ne protège pas les jeunes, maintient « des quartiers dans une dépendance très forte » et mobilise d’importants moyens pour un résultat « quasi nul ». Parallèlement, les membres du Sénat jugent que les Français, eux, sont « prêts à débattre de la consommation du cannabis dit récréatif ». Ainsi, c’est dans la « perspective d’une législation efficace » que les signataires annoncent le début de leur concertation sur le sujet.
Des sénateurs français prônent « la légalisation » du cannabis
Face à « cette situation intenable », deux solutions se posent. Mais le groupe socialiste au Sénat ne veut pas entendre parler d’une dépénalisation du cannabis. Une « option démagogue et populiste », qui consiste selon eux à maintenir l’interdiction et supprimer les peines encourues. Autrement dit, « acheter la paix sociale avec un certain cynisme », estiment les signataires.
Ces derniers prônent donc l’autre solution : la légalisation. « Sans minimiser l’impact sanitaire de la consommation du cannabis, nous considérons, à l’instar des politiques publiques existantes pour le tabac et l’alcool ou encore les jeux d’argent, que la légalisation donnera les moyens d’agir plus efficacement pour protéger davantage nos concitoyens et notamment notre jeunesse. »
Celle-ci aurait potentiellement de nombreux bénéfices. Contrôle de la qualité des produits consommés, frein aux trafics, financement de la prévention et de la réinsertion par la taxation des produits et les recettes fiscales, redéploiement des moyens de répression vers d’autres missions.
Le Sénat doit jouer son rôle
En prenant le sujet à bras le corps, le groupe des sénateurs français signataires de cette tribune entend jouer son rôle de « régulateur » en tant que puissance publique. Ils comptent donc « déposer dans les mois à venir une proposition de loi pour répondre à cet enjeu ». Il reste « des arbitrages à rendre sur les modalités d’encadrement, sur l’âge légal de consommation ou encore sur les systèmes de production qu’il convient de mobiliser, en se basant sur le tissu économique de production de chanvre existant d’ores et déjà dans notre pays », à l’image de ce qu’a pu faire l’Allemagne récemment. « L’opinion publique est prête, il faut que le législateur agisse ».
LES 31 SIGNATAIRES
David Assouline, sénateur de Paris ; Joël Bigot, sénateur du Maine-et-Loire ; Nicole Bonnefoy, sénatrice de la Charente ; Rémi Cardon, sénateur de la Somme ; Marie-Arlette Carlotti, sénatrice des Bouches-du-Rhône ; Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France ; Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français établis hors de France ; Thierry Cozic, sénateur de la Sarthe ; Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice de Paris ; Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône ; Jérôme Durain, sénateur de la Saône-et-Loire ; Rémi Féraud, sénateur de Paris ; Martine Filleul, sénatrice du Nord ; Hervé Gillé, sénateur de la Gironde ; Laurence Harribey, sénatrice de la Gironde ; Olivier Jacquin, sénateur de la Meurthe-et-Moselle ; Patrice Joly, sénateur de la Nièvre ; Bernard Jomier, sénateur de Paris ; Patrick Kanner, sénateur du Nord ; Eric Kerrouche, sénateur des Landes ; Jean-Yves Leconte, sénateur des Français établis hors de France ; Monique Lubin, sénatrice des Landes ; Didier Marie, sénateur de la Seine-Maritime ; Michelle Meunier, sénatrice de la Loire-Atlantique ; Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme ; Emilienne Poumirol, sénatrice de la Haute-Garonne ; Angèle Préville, sénatrice du Lot ; Christian Redon-Sarrazy, sénateur de la Haute-Vienne ; Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine ; Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise ; Jean-Claude Tissot, sénateur de la Loire.
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Votre nouveau webshop Greenboyz CBD version 2 n’attend plus que vous !
Voilà un petit tour d’horizon des changements et nouveautés apportés à notre boutique CBD ! N’hésitez pas à vous promener sur le site pour en découvrir d’autres, comme une page Infos CBD au rythme de publication désormais quotidien, pour vous tenir au courant de l’actualité du chanvre et du CBD. Nous espérons que cette nouvelle version de notre e-boutique vous plaira et serons constamment à votre écoute pour améliorer votre expérience chez Greenboyz et vous proposer de nouveaux produits de qualité !
CBD ou THC ? Quand la confusion règne, tout le monde y perd
CBD ou THC ? Les forces de l’ordre et la justice françaises commencent à mesurer à quel point la confusion entretenue par les autorités et un manque d’encadrement peuvent poser problème. Depuis novembre 2020 et la décision de la Cour européenne de justice dans l’affaire Kanavape, la vente de CBD est légale en France. Cependant, un véritable encadrement de la filière peine à voir le jour. La politique répressive menée par le gouvernement n’affiche toujours aucun résultat positif. Et l’arrêté ministériel du 30 janvier 2021, tentative de cadrer le secteur, a été suspendu par le Conseil d’Etat. Ce, en raison du point sensible de l’interdiction de la vente de fleurs de CBD.
Le flou demeure donc en France, pendant que les boutiques se multiplient. Le Monde estimait récemment à 2500 le nombre de CBD Shops dans le pays, sans compter la vente en ligne. Et à laisser une telle situation perdurer, on permet à de mauvaises pratiques – que l’on voyait venir – d’émerger, de s’installer, de se multiplier… Jusqu’à créer des situations potentiellement dangereuses pour le consommateur comme pour les acteurs de la filière. Il suffit, pour s’en rendre compte, de jeter un petit coup d’œil à la presse de ces dernières semaines.
Les faits divers, reflets d’une situation étrange
Dans cet article, nous allons vous parler de plusieurs faits divers, où la confusion entre CBD et THC est de mise. Bien sûr, la question de la bonne ou mauvaise foi des personnes ennuyées par le justice va se poser et souvent rester sans réponse ! Nous vous laisserons vous faire une idée. Mais nous souhaitons surtout mettre en avant les problèmes engendrés par des mois de flou et de manque d’encadrement de la filière.
Au volant, CBD ou THC ?
Notre premier exemple nous mène en Haute-Garonne. Plus précisément du côté de Luscan, petite commune aux porte des Pyrénées. Nous sommes le 9 octobre 2021 en début de matinée, relate La Dépêche. Un homme circule avec sa femme et ses enfants quand il fait l’objet d’un contrôle routier. Double problème : il conduit alors que son permis a été annulé et il est positif au THC, la molécule psychotrope du cannabis. Il n’en est malheureusement pas à son coup d’essai. La Dépêche fait part de 11 mentions sur son casier judiciaire, notamment des « délits routiers » dont « des conduites sous alcool et stupéfiants ». En récidive, l’homme sait qu’il risque gros.
Pourtant, au sujet du cannabis, il a une explication. « Je ne comprends pas pourquoi je suis positif. Je fume du CBD, un à deux joints par jour. Le CBD est autorisé, il est en vente libre », déclare-t-il au tribunal. La substitut du procureur lui répond : « Certes, sur les stupéfiants, vous êtes de bonne foi. Mais il y avait dans votre organisme 11 nanogrammes de THC ». L’avocat, lui, défend son client et pointe l’ambiguïté autour du CBD. « Les consommateurs sont tentés par un produit qui a pignon sur rue et représente pour beaucoup un moyen de transition pour arrêter [le THC]. Il est difficile de comprendre la limite sur les taux », plaide-t-il.
Dans la confusion, le doute s’installe
Mensonge ou non du prévenu, cette situation expose plusieurs problèmes. Celui, connu de longue date, des tests salivaires, qui sortent positifs parfois des jours après la consommation de stupéfiants. Il est parallèlement possible que l’homme ici soit de bonne foi. Et qu’il soit victime de mauvaises pratiques, que nous avons déjà évoquées dans un précédent article. En effet, il n’est pas rare de trouver sur le marché français des produits au cannabidiol dont le taux de THC ne respecte pas la norme française et européenne. Celui-ci doit être strictement inférieur à 0,2%. Mais on trouve des produits vendus comme tels affichant en réalité 1% de THC. Selon les consommations, il est donc possible de sortir positif d’un test salivaire. Et ce, sans penser une seconde être en possession d’un produit trop chargé en THC. Le manque d’encadrement et de contrôle de la filière se fait donc sentir ici.
« C’est du CBD ! » L’excuse à la mode ?
C’est souvent en raison du flou artistique que le doute est permis. Consommateur de CBD piégé par une filière mal encadrée ou consommateur de THC avec une nouvelle bonne excuse pour essayer de s’en tirer ? Certains tentent le coup, comme cet habitant d’Aujac, dans le Gard. Toulouse Infos relate l’histoire de ces gendarmes en patrouille, qui discernent des pieds de cannabis dans un jardin. Interrogé, le résident explique que ce sont bien ses plantes, mais qu’il s’agit de CBD. « Testés sur place, il n’en est rien puisqu’il s’agit en fait de plants de cannabis », disent les gendarmes. Comprendre « de cannabis chargé en THC », évidemment… Ici, les forces de l’ordre ont pu facilement tester et constater que les 22 pieds, les 5 en train de sécher, l’herbe et les feuilles étaient illégaux.
Car s’il est généralement possible de dénouer le vrai du faux, cela peut néanmoins prendre du temps. Plus de temps qu’avec les outils adaptés. Ouest-Franceraconte la mésaventure d’un membre d’un groupe de musique devant se produire au festival 7e Vague, en Vendée. À la descente du train, un dispositif de gendarmerie attend les voyageurs, avec une équipe cynophile. « Notre coéquipier a attiré l’attention du chien », explique l’un des artistes. Confirmation d’un gendarme : « On a trouvé une petite quantité d’herbe en sa possession ». Mais l’homme est formel : c’est du CBD ! Cependant ici, pas de test pratique sur place pour discerner CBD et THC, comme par exemple ceux dont est équipée la police suisse. Direction le poste pour une vérification. La fin de l’histoire ne dit pas s’il s’agissait bien de CBD…
CBD ou THC ? Des pistes pourtant évidentes pour en finir
Au regard de ces quelques exemples, tous parus dans la presse au cours de la dernière semaine de mai 2022, on voit bien à quel point le manque d’encadrement de la filière et de volonté des autorités de le faire après une vraie réflexion peut mener à des situations inutiles. Au lieu de vouloir interdire la fleur de CBD, pourquoi ne pas équiper les forces de l’ordre de tests « à la suisse ». Il suffirait alors de 30 secondes pour faire la différence entre CBD et THC. Par ailleurs, sans encadrement, les mauvaises pratiques prolifères. Comme la vente de CBD avec un taux de THC de 1% et donc parfaitement illégal. Une vraie réglementation, moderne, en accord avec son temps et les pratiques actuelles des consommateurs de CBD, se fait toujours attendre…
Allemagne : la légalisation du cannabis approche à grands pas
« Il n’y a guère d’autre sujet de politique des drogues qui préoccupe autant les gens depuis des décennies que le cannabis », a récemment déclaré Burkhard Blienert, commissaire fédéral aux drogues en Allemagne. Il faut dire que chez nos voisins, le sujet a pris une nouvelle ampleur depuis novembre 2021. En effet, en Allemagne, la légalisation du cannabis figurait dans le programme d’une nouvelle coalition politique. Désormais au pouvoir, celle-ci vient de lancer, le 6 mai 2022, un « processus de consultation approfondi » afin de « rassembler les connaissances et les expériences, mais aussi d’aborder très ouvertement les objections et les réserves » quant à la légalisation du cannabis. Greenboyz décrypte ce qu’implique et comment sera mis en place ce changement majeur de l’autre côté du Rhin, et ce que la décision allemande peut changer en France.
Bientôt le « premier joint légal » en Allemagne ?
Le nouveau gouvernement allemand prépare une sacrée révolution. Verte, celle-ci ! « Nous introduisons la distribution contrôlée de cannabis aux adultes à des fins récréatives dans des magasins agréés », a déclaré la coalition tripartite à la tête du pays de 82 millions d’habitants. Un bouleversement outre-Rhin, même si l’Allemagne autorise déjà l’usage du cannabis thérapeutique depuis 2017. Pour rappel, ce n’est qu’en mars 2020 que la France a lancé l’expérimentation de l’herbe médicinale. Cependant, libéraliser le cannabis récréatif pour toute la population majeure n’implique pas les mêmes moyens ni les mêmes enjeux. C’est pour cela que la coalition lance « un processus de consultation approfondi » et prend son temps avant la rédaction d’un texte de loi, prévu d’ici la fin de l’année 2022. Les préparatifs impliqueront donc les Länder (les régions), les communes, les scientifiques, les associations et la société civile, précise Libération.
Tous les sujets seront donc abordés d’ici l’automne. « La protection de la santé, la culture, les chaînes d’approvisionnement ou encore la taxation », écrit le quotidien français. Le tout avec comme mot d’ordre « la protection de la jeunesse », ajoute Burkhard Blienert. « Au final, ce n’est évidemment pas plus mais moins de jeunes qui doivent consommer du cannabis en Allemagne ». Fin 2018, on estimait à 4 millions le nombre d’Allemands consommateurs annuels de cannabis, contre environ 5 millions en France pour une population moindre. Pas question, donc, d’aller trop vite en besogne, même si le processus avance bien. Le projet de loi doit être déposé d’ici la fin de l’année, pour une application au premier semestre 2022. « Mon objectif personnel est que l’année prochaine, nous soyons prêts à vendre peut-être le premier joint légal », déclarait début mai Marco Buschmann, ministre de la justice.
Allemagne : la légalisation preuve d’un changement des mentalités
Des propos qu’on n’a pas l’habitude d’entendre de ce côté-ci de la frontière. Tout cela semble notamment venir d’un basculement des mentalités. Comme l’indiquent les déclarations de Karl Lauterbach, ministre de la santé allemand. « J’ai changé d’avis à ce sujet au cours des deux dernières années. J’ai toujours été opposé à la légalisation du cannabis, mais j’ai revu ma position. Je pense que les dangers d’une non-légalisation sont plus importants », a-t-il expliqué à Handelsblatt. Des dangers notamment liés au cannabis de synthèse. Une étude de l’université d’Ulm constatait huit fois plus de cas de psychoses liées à la consommation de cannabis en 2019 qu’en 2011. La cause : de l’herbe coupée aux adhésifs de synthèse et des taux de THC délirants. La légalisation du cannabis permettra une production encadrée, alors que près de Dresde, les premières récoltes d’un cannabis 100% allemand, destiné au marché médical, viennent d’être effectuées.
Mais le sujet fait-il débat au sein de la population allemande ? « On en parle, mais sûrement moins que si cela se passait en France », juge Johan, expatrié à Erhfurt depuis quatre ans. « C’est un sujet de conversation, mais pas beaucoup plus. Et c’est encore à l’état de projet. Je pense que la majorité des jeunes est pour la légalisation du cannabis. Chez les plus âgés, il y a encore quelques réticences ». Les mentalités évoluent donc, mais les restes de décennies d’un discours diabolisant se font encore sentir. « On entend encore des choses comme le cannabis est un tremplin vers d’autres drogues, mais les jeunes sont plus préoccupés par les dégâts engendrés par une herbe coupée ou trop forte », explique Johan. Des craintes que la légalisation pourrait faire disparaître. « Globalement, l’Allemagne est plus ”cool” que la France sur le cannabis », conclut-il.
Une manne financière, quatre ans d’expérimentation
La coalition entre les Verts, les socio-démocrates du SPD et les libéraux du FDP s’accorde également sur la question de la légalisation du cannabis en Allemagne. Chaque ministre y va de son commentaire. Celui des finances, Christian Lindner, écrivait le 6 mai sur Twitter : « Une question que de nombreuses personnes me posent sans cesse : quand la Bubatz [argot allemand pour le cannabis] sera-t-elle légale ? Je dirais : bientôt. » Pour les caisses de l’État allemand, c’est évidemment une énorme manne financière. La légalisation du cannabis pourrait rapporter 4,7 milliards d’euros de recettes fiscales annuelles. Ainsi que créer environ 21 000 emplois, selon une étude de l’université de Düsseldorf.
Les professionnels, déjà engagés dans la production d’un cannabis à but thérapeutique, se frottent évidemment les mains. « Au début, on se demandait s’il fallait légaliser ou pas. Maintenant, le débat c’est comment faire cela correctement. Avec la légalisation, tout le monde est gagnant », estime le PDG de Demecan, Constantin Von der Groeben. Le cannabis est déjà là, mais il se vend sur le marché noir en toute illégalité. Cela doit et peut changer si on régule tout cela intelligemment ». L’Allemagne a donc totalement changé son point du vue sur le cannabis. Un basculement dans les plus hautes sphères du pouvoir qui donne un énorme coup d’accélérateur à la filière. Prudente, elle testera sur une période de quatre ans son cannabis récréatif légal, avant de tirer un premier bilan. La France, souvent prompte à suivre son voisin, s’inspirera-t-elle du futur modèle allemand ?
La prohibition du cannabis aux États-Unis et son impact mondial
Nombre d’états américains autorisent désormais la commercialisation du cannabis, y compris dans le cadre récréatif. Pourtant les États-Unis ont organisé, dans les années 1930, la prohibition du cannabis. À grand renfort de slogans effrayants, de faits divers glauques, poussés par le racisme inhérent à la société américaine et les lobbyistes, les USA ont déclaré le cannabis ennemi public numéro un, avant de faire récemment, état par état, machine arrière. Et même si le cannabis refleurit de par le monde, l’impact de sa diabolisation reste fort dans certains pays. Et quelques-uns de nos politiques utilisent les mêmes arguments que les acteurs de cette prohibition il y a plus de 80 ans. Revenons donc quelques dizaines d’années en arrière et penchons-nous sur la façon dont l’administration américaine a tenté de façonner l’opinion de ses citoyens. Et accusé le cannabis de tous les maux.
Une prise de conscience au tournant du XXe siècle
Dès 1800, l’Amérique entre de plain-pied dans l’ère des drogues médicales. La morphine s’impose et se vend librement comme des petits pains. Aucune prescription n’est nécessaire pour s’en procurer et 400 000 soldats reviennent dépendants à la suite de la guerre de Sécession (1861-1865). À cela s’ajoute l’arrivée en force de l’opium sur le territoire américain, notamment dans les bagages des immigrés chinois venus travailler sur les chemins de fer des États-Unis. L’automédication est encore la règle et, en 1900, plus de 600 médicaments contiennent des opiacés ou de la morphine. Tout est légal, les dangers de ces produits sont largement méconnus et on estime, au début du XXe siècle, à 330 000 le nombre d’Américains consommateurs réguliers de morphine ou d’opium.
Le début de la guerre contre la drogue
Aux États-Unis, comme dans le monde entier, une prise de conscience s’effectue. Au pays de l’Oncle Sam, ce sont les médias qui vont les premiers mettre en avant les dangers de ces « médicaments » et de la drogue en accès libre. On raconte les ravages de ces produits dans les journaux et, petit à petit, les premières législations se mettent en place. Le Food and Drug Act est mis en place en 1905. Une convention sur l’opium se tient à Shanghai en 1905, avant que le premier traité international de lutte contre la drogue soit signé en 1912 à La Haye. Puis, en 1919, la Cour Suprême américaine interdit purement et simplement la prescription de drogues par les médecins, y compris la morphine. L’approche américaine est pourtant mauvaise, considérant la toxicomanie non pas comme une dépendance, mais comme un vice.
Les effets pervers de la prohibition et une propagande teintée de racisme
Ignorer la dépendance, cela signifie notamment de laisser pour compte les soldats revenus de la Grande Guerre morphinomanes. Cela sera également un argument quelques années plus tard, on entendra notamment dire que les drogués sont faibles, puisqu’ils… se droguent. Mais cette guerre contre les drogues s’accompagne d’une forte prohibition. Et ses effets pervers se voient immédiatement, notamment dans le cas de l’alcool. On verra sur cette période (1920 à 1933) une consommation qui ne diminue pas. Et des produits plus forts s’imposer, comme le whisky à la place de la bière, ainsi que de moins bonne qualité, voire frelatés. Parallèlement, la criminalité liée aux trafics va croissante. Mais l’effort des USA contre les drogues est conséquent et s’accompagne d’une propagande puissante, orientant le regard de la société vers ce qu’on considère comme un véritable fléau national.
Cette manipulation de masse a deux objectifs : faire peur à la population et en stigmatiser une autre partie. Et, comme souvent aux États-Unis, le racisme et la xénophobie tiennent une place importante dans les discours politiciens. Hamilton Wright accuse notamment les Chinois de pervertir la jeunesse américaine avec l’opium, en visant principalement les jeunes filles blanches. Il déclare ensuite, en 1910, que « la cocaïne est la cause directe des viols commis par les nègres (sic) ». La drogue rendrait les Afro-Américains violents, presque invincibles et surpuissants face aux armes de la police. Une police qui va, pour cette raison, passer du calibre 32 au calibre 38 dans le Sud des USA. La presse relaie largement ces propos et images dévastateurs, le moindre fait divers tend à accuser la drogue et le non-blanc.
Prospectus d’avertissement distribué dans les transports en commun américains dans les années 1930.
Harry Anslinger, le « McCarthy de la drogue »
Vingt ans après les propos de Hamilton Wright, les choses n’ont pas vraiment changé aux États-Unis. Le courant et la pensée politiques sont les mêmes, la prohibition de l’alcool est toujours en cours. Un certain Harry Anslinger en est d’ailleurs le commissaire auxiliaire, avant de prendre le poste, en août 1930, de premier commissaire du Federal Bureau of Narcotics. Puritain à l’extrême et ultra-conservateur, il va faire de la lutte contre le cannabis son cheval de bataille, cherchant notamment à asseoir son poste après la fin de la prohibition de l’alcool. Anslinger va mettre en place les mêmes techniques et arguments que Wright. Sa propagande est violente et largement relayée. « La marijuana est la drogue qui a causé le plus de violence dans l’histoire de l’humanité », dit-il. « Elle nous dirige vers le pacifisme et le lavage de cerveau communiste ».
Il ajoute : « Combien de meurtres, de suicides, de vols, d’agressions criminelles, de cambriolages et d’actes de folie maniaque le joint provoque-t-il chaque année ? Personne ne sait, lorsqu’il porte un joint de marijuana à ses lèvres, s’il deviendra un fêtard joyeux, un fou insensé, un philosophe ou un assassin ? » Anslinger utilise un horrible fait divers face au Congrès américain, en 1937, pour appuyer sa propagande. Il raconte l’histoire du massacre opéré par Victor Lacata, qui tua toute sa famille à la hache, rendu fou, selon Anslinger, par sa consommation de marijuana. Les scientifiques ne sont pas d’accord. Sur les 30 qu’Anslinger interrogent, 29 estiment que les effets du cannabis sont négligeables. Le patron du Bureau des Narcotiques ne publie que le trentième avis, qui abonde en son sens. Résultat : la même année, le Congrès fait de la possession de marijuana un crime fédéral, en votant le Marihuana Tax Act.
Affiche du film Reefer Madness (1936).
Une prohibition du cannabis déguisée, un racisme affiché
Le Marihuana Tax Act instaure la taxation de tous les acteurs de la filière du chanvre. Des importateurs aux producteurs, en passant par les industriels, les médecins, tous y sont soumis et les peines en cas d’infraction sont si lourdes qu’elles dissuadent de l’usage du cannabis.
Parallèlement, Anslinger continue ses efforts de diabolisation, en insistant toujours plus sur la question raciale. Avec les Afro-Américains, les Mexicains sont aussi des boucs-émissaires. Toujours avec les mêmes arguments. Des jeunes femmes blanches corrompues et perverties par des Noirs ou des Mexicains fumeurs de marijuana, drogue qui libèrent leurs instincts. Des instincts bestiaux et dépravés selon Anslinger. Ses propos sont hallucinants. Il dit : « Le joint fait croire aux Nègres qu’ils sont aussi bons que les Blancs. La plupart des fumeurs de marijuana sont des gens de couleur, des musiciens de jazz et des artistes. Leur musique satanique est animée par la marijuana, et sa consommation par des femmes blanches les pousse à avoir des relations sexuelles avec des Nègres. C’est une drogue qui cause la folie, la criminalité et la mort ». Le lavage de cerveau est massif, et ce lien entre drogue et racisme va longtemps perdurer.
La Une du Ogden Standard en 1915.
De puissants lobbies appuient la prohibition du cannabis
Si Anslinger est persuadé de son combat, il n’est pas seul dans sa sombre entreprise. En effet, la mise au ban du chanvre arrange de nombreux industriels. Forestiers et papetiers ne voient pas d’un bon œil l’usage du chanvre prendre potentiellement le pas dans leur business. Le nylon et le coton sont favorisés dans le très large secteur du textile au détriment du chanvre. Le pétrole prédomine et éclipse les biocarburants naturels. Les vendeurs de pesticides comptent bien, quant à eux, profiter au maximum de leur activité. Les lobbies industriels appuient donc fortement la politique de prohibition du cannabis menée par Harry Anslinger. Et ce dernier est à ce point obnubilé par le cannabis qu’il laisse passer la diffusion massive des amphétamines, légales jusqu’en 1970. Cette politique va profondément changer l’image du cannabis et l’usage du chanvre de par le monde. La production s’effondre, le cannabis est diabolisé. Mission accomplie pour Anslinger.
https://www.youtube.com/watch?v=QR9sDYPjNfI
Les Dangers de l’addiction à la Marijuana, 1951.
Les dégâts d’une politique hypocrite et raciste
Harry Anslinger reste le patron du Bureau jusqu’en 1962 et ses 70 ans, âge obligatoire de la retraite pour de telles fonctions. Sa fin de carrière est marquée par ses tentatives de blocage de publications critiquant la guerre contre la drogue. Et, donc, des actes d’insubordination. Mais son héritage reste ancré dans les mentalités américaines et sa vision sert des intérêts politiques. En 1968, le futur président Richard Nixon reprend cette thématique comme axe fort de sa campagne. En 2016, un conseiller de l’époque, John Ehrlichman, raconte que la véritable cible n’était pas le trafic de drogue.
« Nixon, dans sa campagne de 1968, puis son administration, avaient deux ennemis : la gauche anti-guerre du Vietnam et les Noirs. Nous savions que nous ne pouvions pas rendre illégal le fait d’être contre la guerre ou contre les Noirs, d’où l’idée d’amener le public à associer les hippies à la marijuana et les Noirs à l’héroïne. Si nous criminalisions lourdement les deux, nous pourrions perturber ces communautés. Nous pourrions arrêter leurs dirigeants, perquisitionner leurs maisons, interrompre leurs réunions et les dénigrer nuit après nuit aux nouvelles du soir. Est-ce qu’on savait qu’on mentait pour la drogue ? Bien sûr que oui. »
John Ehrlichman, conseiller de Richard Nixon en 1968.
Après de longues décennies, la fin de la prohibition du cannabis ?
Les dégâts de décennies de War on Drugs sur les minorités, aux États-Unis mais pas seulement, les mentalités et les populations sont incalculables. Nous en subissons toujours les conséquences aujourd’hui. Mais la question du cannabis se porte désormais plus sur sa légalisation que sur son interdiction. Aux USA, le Marihuana Tax Act laisse sa place en 1970 par le Controlled Substances Act après le cas Thimothy Leary. Condamné en 1965 à 30 ans de prison pour possession illégale de marijuana, il prouva en appel, en vertu du 5e amendement, que la loi étant anticonstitutionnelle, entraînant son acquittement.
Mais il faudra attendre 2012 pour que le Colorado et l’état de Washington deviennent pionniers en matière de légalisation du cannabis. Aujourd’hui, les États-Unis restent divisés sur la question. 18 états ont franchi le cap de l’usage récréatif et 36 de l’usage médical. Et les mentalités évoluent également. Deux tiers des Américains sont désormais favorables à la légalisation du cannabis, contre seulement un tiers en 2000. Nous dirigeons-nous petit à petit vers un monde où le cannabis sera légal partout ?
Quiz CBD #1 : testez vos connaissances sur le chanvre et le CBD !
Depuis maintenant de nombreux mois, Greenboyz vous informe sur le CBD et le chanvre. Nous vous proposons donc un Quiz CBD afin de tester vos connaissances ! Ce tout premier questionnaire devrait vous permettre de réviser les bases concernant le cannabidiol, mais aussi les autres cannabinoïdes et le cannabis en général. Science, histoire, botanique, chimie, législation… Ce premier Quiz CBD est un véritable petit tour d’horizon de l’univers du chanvre ! Et d’ailleurs, pas de piège : toutes les réponses aux questions peuvent être trouvées sur greenboyz.fr !
Et comme une récompense fait toujours plaisir, Greenboyz vous offre l’occasion de gagner plusieurs lots grâce à vos bonnes réponses. En effet, jusqu’au vendredi 6 mai, les trois personnes avec les meilleurs scores se verront offrir un lot au choix, parmi plusieurs gains possibles. 10 grammes de fleurs de CBD de votre choix parmi la Banana Kush, la Watermelon Cookie et la Strawberry Diesel. Ou encore un flacon d’huile de CBD Broad Spectrum à 20% ou deux flacons d’huiles à 10%. Au-delà du vendredi 6 mai 2022, vous pourrez toujours répondre au quiz, mais uniquement pour le plaisir. Bonne chance !
Si le Quiz CBD n’apparait pas ou ne s’affiche pas correctement, cliquez sur ce lien.
Et n’oubliez pas, si vous avez un doute, la page « infos » de Greenboyz est là pour vous. Toutes les réponses figurent dans nos articles, alors si vous êtes assidus, vous ne devriez avoir aucun mal à vous en sortir avec une note parfaite ! Notez bien la date du vendredi 6 mai 2022, dernier jour pour tenter de remporter l’un des trois lots mis en jeu pour ce quiz. En effet, les trois meilleurs pourront choisir entre des fleurs de CBD ou des huiles de CBD ! Et en cas d’égalité, nous tirerons au sort les trois vainqueurs parmi les meilleurs scores. C’est à vous de jouer !
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